Hypermètre, qui excède la mesure. En effet, ce vers
Te pnetër în visas cûprês sos,
contient, outre les deux dipodiesïambiques, une syllabe longue.
4. « Quelle sueur pour les chevaux, quelle sueur pour les guer-
90 P0B3ie.
Le rhythme des chœurs tragiques el des hymnes de Pindare est beaucoup plus libre. Ces morceaux lyriques , dont la prosodie a fait le désespoir des critiques, paraissent n'être rigoureusement soumis qu'au retour périodique des temps forts et des temps faibles marqués par la musique qui les accompagnait. S'ils sont réellement mesurés par pieds , il est bien difficile de le reconnaître , puisque le dochmien , malgré toutes les métamorphoses qu'on lui attribue et sa merveilleuse élasticité , n'a pas corn* plétement répondu à l'espérance de ceux qui ont essayé de scander les strophes , antistrophes et épodes d'Eschyle et de Pindare.
Grammatîci certant et adhuc sub judice lis est^.
HOBÀCE.
Nous ajouterons seulement , pour compléter ces aperçus sur le vers métrique, qu'outre l'harmonie résultant du nombre et de la place des pieds, de la combinaison des longues et des brèves , de l'effet des césures et des enjambements ou rejets, la prosodie grecque et la prosodie latine empruntaient une puissance musicale dont il nous est difficile de nous faire une idée, à l'emploi de l'accent tonique, qui élevait la notation d'un certain nombre de syl* labes, sans en affecter la durée. Le temps fort, sur lequel la voix montait , s'appelle dfpaeç , et le temps faible, où la voix s'abaissait, Biaiç. On comprend combien le retour des accents de cette espèce devait rapprocher du chant la déclamation de la période poétique. Il est plus que vraisemblable que la ma-
riers I De combien de funérailles tu menaces les enfants de Dar> danus! Déjà Pallas prépare son casque et son égide, et son cbar et sa fureur.
1 . n Les critiques sont aux prises, et la cause est encore pendante. » Cette curieuse question a été récemment débattue , ao profit de la science, entre deux membres distingués de PUniTersité, MM. Rossignol et Vincent*
nière dont nous récitons les vers grecs et les vers latins aurait fait frémir les contemporains de So-phocle et de Virgile.
Be la Tersiflcation française.
Du vers syllabique. — Nous arrivons au vers syllabique, et, par la, a la versification française, dont le système diffère essentiellement de celui des Grecs et des Latins.
Du pîcd et de la césure. — Le vers syllabique ne mesure pas les syllabes , il les compte ; mais il est évident qu'un nombre déterminé d'articulations n'aurait d'autre résultat que de donner des lignes de prose à peu près égales. Pour compenser la quantité , dont il ne tient pas un compte rigoureux, et l'atténuation de l'accent tonique , le vers français devait chercher d'autres ressources^ il les a trouvées dans cette espèce de coupe qu'on appelle césure ^ , et dans le retour régulier des mêmes consonnances , quon appelle rime. La césure donne une suspension , et la rime un#lément musical , qui , combinés avec le nombre constant des syllabes, établissent une prosodie qui imprime aux mots ainsi assemblés un caractère profondément distinct de la prose. Nous verrons plus tard que la quantité ou l'accent temporel joue aussi dans ce système un rôle latent, mais réel, qu'on ne néglige pas impunément.
Le P. Du Cerceau, dans ses Réflexions sur la poésie française, a établi, en outre , qu'indépendamment de la rime, de la césure et du nombre des syllabes, la marche du vers doit être différente de l'allure de la prose, et il a montré que ce qui dis-
1 . Il 06 faut pas confondre la césure du vers syllabique avec celle du vers métrique : Tune coupe la phrase, Pautre le mot.
tingue essentielIemeDl notre versification, c^est la construction des mots soumis à l'inversion de manière k tenir Tesprit en suspens, sans toutefois faire naître l'obscurité. La prose, suivant Tordre logique, marche droit au but; le vers prend une route opposée et éveille plus viveipent l'attention par l'incertitude * .
La versification française enferme plusieurs espèces de vers ' : la plus importante est Yalexandrin ou hexamètre, qui se compose de six pieds de deux syllabes'. Le milieu du vers est marqué par une césure , ou suspension plus ou moins sensible, et la fin par un son plein qui doit se reproduire comme finale du vers suivant.