André Ghénier, dans ce passage, traduit Aristophane
*EvTeu6£V ôpY^ neptxXeiriç OùXuiiirioç ,
'HffTpaiCT', èèpovTa, |uvey.uy.a tt^v 'EÀÀà$oc.
(/IcAar/i., v. 54.)
54 UTTERATURC GRECQUE.
de cet orateur quinze discours, qui sont des plaidoyers composés pour la défense de citoyens accusés d'homicide.
Andocide d'Athènes (468-400 av. J. C), fils de Léogoras, d'une illustre famille qui prétendait remonter jusqu'à Mercure en passant par Ulysse, prit une part active aux affaires publiques-, il commanda la flotte auxiliaire des Athéniens dans la guerre des Corinthiens contre les Corcyréens. Ami d'Alcibiade , il fut accusé d'avoir pris part à la mutilation des statues de Mercure ; il échappa au supplice en dénonçant ses complices. Plus tard, il fut obligé de s'expatrier. Sous le gouvernement des Quatre-Cents , il reparut dans Athènes. Chassé de nouveau, il revint après la chute des trente tyrans; mais, chargé d'une ambassade auprès de Lacédémone, il y échoua, et, n'osant rentrer à Athènes» il mourut dans l'exil. Il reste de cet orateur quatre discours qui ont une certaine importance bisto-^ rique.
Lysias, né k Athènes (459-380 av. J. C), fut un habile orateur et un bon citoyen. A quinze ans^ il prit part k la fondation de Thurium, colonie grecque élevée sur les ruines de Sybaris. Ce fut en Sicile, à Syracuse, qu'il reçut des leçons d'éloquence sous le rhéteur Tisias. Jusqu'à cinquante ans, il fut mêlé, comme orateur et homme d'État, au gouvernement de Thurium; mais, poursuivi comme partisan des Athéniens, il retourna dans sa ville natale , où il se distin^a par son éloquence et son patriotisme. La tyrannie des Trente le força de se retirer k Mégare-, il s'associa ensuite à l'heureuse entreprise de Thrasybule, et mourut dans Athènes,
Ju'il avait contribué k affranchir. Les trente -quatre iscours qui nous restent de cet orateur (suivant Photius, il en avait composé deux cent trente-trois) appartiennent tous au genre judiciaire , k l'exception
de Poraiscm funèbre des AthéoieDS morts dans une bataille où commandait Iphicrate, harangue qui passe pour son chef-d'œuvre. Lysias est remarquable par la pureté du langage, le sentiment des convenances, la clarté et la grâce *, mais il manque de force et de pathétique.
IsocRATE d'Athènes (436-338 av. J. C), élevé k l'école des rhéteurs Gorgias, Prodicus et Tisias, forma les plus grands orateurs de la Grèce , Isée , Hypéride, Lycurgue et Démosthène. La faiblesse de son organe l'empêcha de prendre part aux luttes de la tribune; mais il dirigeait par ses leçons, il éclairait de ses conseils les courageux défenseurs de la liberté d'Athènes, et, dans Toccasion, les discours qu'il publiait le mêlaient aux affaires publiques. Homme d'État philosophe, et maître habile dans l'art de l'éloquence, du fond de son école, il influait puissamment sur la politique et Tadministration. L'issue funeste de la bataille deChéronée brisa son cœur; il refusa dès lors de prendre aucune nourriture. Aucun écrivain n'a porté l'élégance et l'art âa langage aussi loin qu'Isocrate : il voulait sans doute suppléer par le charme du style , qui attache le lecteur, la puissance de la parole , qui entraine les assemblées. Ce soin extrême donné k la forme ne doit pas affaiblir à nos yeux l'importance des sujets qu'il traite , ni l'élévation des principes qu'il professe. La haute moralité de ses doctrines , la constance de son patriotisme , le placent au premier rang des bons citoyens dans une* époque de décadence; et il faut. bien se garder de le confondre avec les rhéteurs parce qu'il aura composé par délassement ou par malice les Éloges d* Hélène et de Busiris : il n'en demeure pas moins l'auteur du Panégyrique, cet hommage solennel reudu à sa patrie devant la Grèce assemblée , et du Discours à Démonique, où les préceptes d'une excellente morale
sont parés de toutes les grâces de l'élocation. Fé* nelon, dans sa Lettre à l'Académie, où il se montre si sévère contre Isocrate, oublie trop le citoyen, l'orateur, le moraliste , pour ne voir en lui que les artifices du style , les mignardises du bel esprit et les fleurs de la rhétorique.
IsÉE , de Chalcis ou d'Athènes , reçut des leçons d'Isocrate et de Lysias et il compta Démostliène parmi ses disciples. Moins naturel que Lysias, il est aussi élégant et plus méthodique. Les onze discours de cet orateur qui ont été conservés sont des actions judiciaires relatives k des affaires de succession.
L'orateur Lygurgue , né k Athènes , mort vers 325 av. J. C, disciple de Platon et d'Isocrate, travailla, de concert avec Démosthène, à maintenir Tindépendance d'Athènes. Il fit preuve de patriotisme et de désintéressement. Après sa mort, un décret du peuple mit k la charge de l'État l'entretien de ses enfants , et décida que Taîné de ses descendants serait à perpétuité nourri au Prytanée. Cette adoption héréditaire honore la probité deLycurgue et la reconnaissance des Athéniens. Ajoutons cependant qu'il fallut les y pousser : un discours d'Hypéride et une lettre écrite par Démosthène, alors exilé, provoquèrent cette décision ^ Le discours de Lycurgue contre Léocrate, seul reste de son éloquence, fait peu regretter la perte de ses autres harangues.
Hypérioe est placé au troisième rang parmi les orateurs , après Démosthène et Eschine. Il fut du
1. On peut voir par le passage suivant que les Athéniens eurent à revenir de loin pour rendre justice à Lycurgue : cf Que diront nos enfants en passant près du tombeau de l'orateur Lycurgue? II vécut dans la modestie et la sagesse. Devenu administrateur des finances athéniennes, il a augmenté les revenus de TÉtat, réparé le théâtre et POdéon ^ construit des arsenaux, des navires, creusé des ports. Sa patrie a llétri sa mémoire et mis ses enfants dans les fers. » Ainsi parlait un jour Hypéride au peuple athénien , si l'on en croit le rhéteur Apsinès. Stiévenakt, Chefs-d'œuvre de Démosthène et d'Esdiine.
parti opposé k Philippe de Macédoine, et, lorsqu' Athènes fut prise par Antipater, il aima mieux {^arracher la langue que de trahir les secrets de sa patrie. Il fut mis à mort par ordre du vainqueur (322 av. J. G.). Lorsque Démosthène fut soupçonné d'avoir reçu Tor des Perses, Hypéride se fit son accusateur-, mais ils étaient réconciliés lorsque ces deux soutiens de l'indépendance d'Athènes moururent martyrs de la noble cause qu'ils avaient défendue. Denys d'Halicarnasse loue la force, la simplicité et le plan des discours d'Hypéride ; mais le seul discours qu'on lui attribue parait devoir rester à Démosthène, de sorte que nous sommes réduits à l'admiration sur la foi de la renommée.
DiNARQUE de Gorinthe, né vers l'an 360 avant J. G. et mcwrt après 307, vécut a Athènes, et ne commença k y briller comme orateur que lorsqu'Hypéride et Démosthène eurent disparu. Il reste de lui quatre discours qui témoignent de son goût pour les accusations : tous ont pour objet d'accuser, et l'un d'eux est dirigé contre Démosthène.
Il nous reste h dire quelques mots des deux plus grands orateurs de la tribune athénienne , Eschine et Démosthène, rivaux par le talent et dans la politique.
EsGHiNE (387-312 av. J. G.), fils d'Atromate , né dans une condition obscure, se forma lui-même, et arriva au rôle d'homme d'Etat en passant par les planches du théâtre. Acteur pendant sa jeunesse, il devint plus tard avocat , et les luttes du barreau le préparèrent k celles de la politique. Ce laborieux apprentissage le mit en mesure de prendre part avec éclat au maniement des affaires publiques-, ses saccës comme orateur le désignèrent aux suffrages du peuple pour d'importantes missions k Lacédé* mone, auprès de Philippe de Macédoine et devant le conseil des amphictyons. Collègue de Démosthène
58 UTTÉRATURI GBEGQITK.
dans l'ambassade à la coor de Macédoine , ce fut Ik que leur inimitié se déclara. Ëschine se laissa prendre aui flatteries de Philippe, et peut-être k ses largesses : c'est là l'écueil des parvenus qui ont du talent sans moralité. Dans les assemblées du peuple, Eschine charmait la multitude par l'éclat de son organe, la yéhémence de l'action , l'heureux choii des mots, l'abondance et la clarté des idées : il atait les qualités extérieures qui séduisent et Tassuranee
3ui entraîne-, il lui manquait la considération qoe onnent une vie irréprochable, la fixité des principes et réiévation des sentiments. Après sa ruptuie avec Démosthène, il s'attacha au parti macédonieQ et caressa les penchants du peuple vers l'oisiveté et le bien-être, pendant que son rival, s' adressant aux nobles instincts du cœur, commandait au nom de la patrie de douloureux sacrifices.
Les trois discours qui nous restent d'Eschine se rattachent a la lutte des deux orateurs. Le premier est dirigé contre Timarque , citoyen d'Athènes, qui s'était uni k l'accusation de corruption que Déffi(>stbène intenta a son collègue d'ambassade. Parce discours, Esehine fit condamner Timarque comme dissipateur et déclarer son incapacité k prendre part aux discussions politiques. Démosthène , privé de cet auxiliaire , continua ses poursuites contre Eschine, qui se défendit par le discoors ice^l Ilapa- Tt^^^laç y dans lequel il expose sa condnite et repousse les allégations de son adversaire avec asses de vraisemblance pour détourner une condawiation. Mais si Dénftoslfaèoa ne réussit pas en attaquant direclament Eschi&e , ceiin*ci échoua pto complétemeat lors^writ voulut £aire condanMer la politique de son rival. On voit que nous voulonB parler de l'affaire de la couronne.
Démosthène ' (381*338 av. J. G.) BVrm pas sass
1. Né à Paeania, en Altiqne, fils de Démostliène , homme rfche et propriétaire d^une manufacture dVmes , et de Cléobule.
LITTÉRATURE GRECOCG. 59
efforts k l'éloquence, dont il a atteint les limites. Il débuta au barreau en plaidant contre des tuteurs infidèles qui avaient dilapidé son patrimoine \ 11 gagna sa cause, et ce premier succès Tenhardit à paraître k la tribune. Deux fois il ne recueillit que des huées, et peut-être aurait-il renoncé k parler en public, si Facteur Satyrus n eût relevé son courage. A force d'art et de patience , Démosthène triompha de ses défaats naturels-, par l'exercice, il fortifia sa poitrine, épura sa prononciation , corrigea ses gestes, et finit par devenir maître de tous ces secrets de l'action oratoire que les anciens mettaient à si haut prix. A vingt-cinq ans , il reparut k la tribune , où il prononça ses deux discours contre Leptine, et ne tarda pas k se mettre au premier rang des orateurs politiques. De bonne heure il devina les projets de l'ambitieux Philippe, qu'il pénétra tout k fait pendant son ambassade. Dès lors il n'eut plus qu'une pensée : ce fut de relever Athènes pour faire obstacle k la puissance toujours croissante do roi de Macédoine. Il lui cherche partout des ennemis; Philippe ne peut pas faire un pas que sa politique ne soit démasquée. Démosthène ne se lasse pas d'avertir Athènes du danger qu'elle court , et de la rappeler au sentiment de sa dignité et de ses devoirs. Les Philif piques et les Olynthknnes sont les monuments de cette vigilance patriotique. La prise d*Élatée éclaira enfin , mais trop tard , l'imprudente Athènes-, Talliance avec Thèbes fut conclue, et le dernier enjeu de l'indépendance de la Grèce fut perdu dans la plaine de Chéronéè. Démosthène s'asQocia k la fuite des vaincus sans perdre la confiance de ses concitoyens : car il fut chargé d'hono* rer la mémoire des guerriers morts dans le combat. I>ans l'annés.fR {^récaéda cette catastrophe , Ctésipfaon avait pro^posé de décerner une couronne k i)iéai06lbène sur le théâtre , pendant les fêtes de
Bacchos , et l'avis du sénat avait été favorable ï cette proposition. Ëschine en avait arrêté l'effet en attaquant Ctésiphon avant que l'avis du sénat eût été soumis au peuple. L'accusation resta suspendue pendant huit ans. La bataille de Ghéronée , les ef-* forts d'Athènes après la mort de Philippe , les menaces d'Alexandre triomphant, avaient rempli l'intervalle. Eschine profita de rabaissement et de la soumission d'Athènes pour reprendre son accusation. On sait les détails de ce mémorable procès. Eschine , n'ayant pu réunir la cinquième partie des suffrages, fut condamné k l'amende, et, ne pouvant la payer, il s'exila. Démosthène, au bruit de la mort d'Alexandre , essaye de réveiller la Grèce assoupie et provoque un nouvel effort, impuissant comme le premier, plus funeste pour lui-même. Condamné k mort par les Athéniens, il se réfugia dans le temple de Neptune à Calaurie, où, poursuivi par les satellites d'Antipater, il s'empoisonna. Ainsi Eschine vaincu devient rhéteur à Rhodes, et la défaite conduit Démosthène au martyre ; la destinée les paye tous deux selon leur mérite : le mercenaire, pour qui rélocjnence était un instrument de flatterie et de corruption, continue de vivre en vendant ses paroles-, le citoyen qui a mis son génie au service d'une noble cause meurt avec la lioerté qu'il n'a pu faire triompher.
L'éloquence de Démosthène a été merveilleusement caractérisée par M. Yillemain , qui a su être neuf dans cette appréciation, après Cicéron, Denys d'Halicarnasse, Longin et Fénelon : « La précision de Démosthène n'ôte jamais rien aux développements , aux tableaux , aux effets, de l'éloquence ; autrement serait-il grand orateur? Hais la première vertu de son stjle , c'est le mouvemept : voilli ce qui le faisait triompher k la tribune; il fallait le suivre et marcher avec lui : k deux mille ans de
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Philippe et de la liberté , ses paroles entraient encore. La diction est soignée, énergique, familière ', les bienséances , adroites et nobles -, le raisonnement, d'une force incomparable ; mais c'est le discours entier qui est animé d'une vie intérieure et poussé d'un souffle impétueux. Au milieu de cette véhémence , on doit être frappé de la raison supérieure et des connaissances politiques de l'orateur. Ses discours, pleins de verve et de feu, renferment les instructions les plus salutaires sur les détails du gouvernement et de la guerre. L'orateur ne déclame jamais dans un sujet où la déclamation pouvait paraître éloquente. Il expose une entreprise de Philippe , en montre les moyens, les obstacles, les dangers; il peint la langueur des Athéniens, il les conjure de faire un grand effort , il les instruit de leurs ressources , il leur compose une armée , il leur trace un plan de campagne : une courte harangue lui a suffi pour tout dire. Cette précision de langage et cette plénitude de sens appartiennent à un véritable homme d'État ; le grand orateur a l'art d'y joindre la clarté et la popularité du langage. )>
Il existe de Démosthène soixante et un discours, qui se partagent ainsi : genre démonstratif, deux ; genre délibératif, dix-sept*, genre judiciaire, quarante-deux. Ses chefs-d'œuvre sont : les Philippin ques^ les OlynthienneSf et le Discours sur la Couronne, le premier de tous les monuments de l'éloquence antique. Nous avons, en outre, soixante - cinq exordes ou introductions que Démosthène avait composés pour s'en servir dans l'occasion * .
Aux noms de ces orateurs il faudrait ajouter ceux
1 . Un des membres les plus distingués de runiversiiéy M. Stiévenari, doyen de la faculté des lettres de Dijon, a publié une traduction complète de Démosthène. Ce trayail considérable recommande Clément l'helléniste et Pécrlvain. 11 est juste de signaler aussi, parmi les travaux récents sur Eschine et Démosthène, la belle tradoetion des deux IHscourt sur la couronne, par M. Ploogoulm.
62 LITTÉRAtUBE GRECQUE.
d'an grand nombre d'orateurs secondaires dont les discours ne nous sont pas parvenus. Citons seulement Callistràte, dont les succès déterminèrent la vocation oratoire de Démosthène ] Démade, le type de l'orateur démagogue, qui, de matelot et de marchand de poisson , devint orateur populaire aux gages de Philippe de Macédoine; Phogion (400- 317 av. J. C), qui fut incorruptible dans le parti opposé k Démosthène , et que celui-ci appelait la hache de ses discours, tant le laconisme de son langage et la simplicité de ses arguments avaient de puissance.
Après la chute de la liberté , l'éloquence politique brilla encore un instant, mais d'un éclat trompeur, avec Démétrius de Phalère , qui , sous le patronage des Macédoniens , gouverna en qualité d'archonte (316 av. J. C.) pendant quelques ansées les Athéniens , que charmaient la grâce abondante de ses paroles et la douceur de son administration. On lui éleva même trois cents statues, dont pas une ne demeura debout après sa chute. Vaincu par Démétrius Poliorcète , il s'était réfugié en Egypte , où il fut bien accueilli -, mais après la mort de Ftolémée Soter, Ptolémée Philadelphe le relégua dans la haute Éeypte (285 av. J. C.). Là, pour échapper h l'ennui ae l'exil , il se donna la mort. Avec lui se termine la série des orateurs politiques.
Troisièm» épo^iiA. — Les rbéteurs profanes. Les apologistes chrétiens.
. C324 av. J. C. — 306 »p. J. C.)
Sous les successeurs d'Alexandre, l'éloquence bannie de la place publique, se réfugia dans les écoles , et ce fut de celle qu'Eschine exilé fonda à Rhodes que sortit l'éloquence déclamatoire qui suc-
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céda à la m&Ie vigueur des orateurs altiques. Transitus vero fuit^ dit Quintilien , ab atHea ad ctëiaticam éloquentiam per rhodios oratores. A cette époque » la rhétorique ambitieuse succède à la grande éloquence. Les maîtres donnent k leurs disciples tantôt des sujets historiques, tantôt des causes, imaginaires k développer, et ils autorisent, par leurs préceptes comme par leurs exemples, une phraséologie sonore et vide, revêtue d'images éclatantes, propre à charmer Toreille sans éclairer ni nourrir l'intelligence. Ces exercices oratoires n'ont pas laissé de traces.
Dans le premier siècle de l'ère chrétienne, les rhéteurs grecs prirent faveur sous le nom de 5ophistes. Des écoles s'ouvrirent à Rome, et nous voyons , sous Tibère , un certain Leseonax dont il nous reste deux déclamations qui peuvent donner une idée des études oratoires k cette époque : l'une d'elles s'adresse aux Athéniens pour les engager a combattre les Lacédémoniens.
Le plus célèbre de ces rhéteurs est , sans contresdit , Dion Chrysostome, qui vécut sous Vespasien, Titus, Domitien, Nerva et Trapn. Dion fut un homme de cœur, dévoué aux intérêts de sa patrie adoptive , et plein des souvenirs républicains de Rome et d'Athènes. Il osa conseiller a Ye$|»asien de quitter l'empire. Proscrit par Domitien , il erra, k travers la Mésie, la Thrace et la Scytbie, déguisant son nom et vivant du travail de ses mains. Il s'était fib^é chez les Gètes , où il vivait obscurément, lorsqu'à la nouvelle de la mort de Domitien il pénétra, dans le camp de l'armée romaine, et détermina lesr soldats déjk mutinés k rentrer dbns l'ordre et a proclamer Nerva empereur. Dion avait composé un grand nombre de dissertations et de discours, dans lesquels se refiète Véloquenee antique avec Télévation des idées et la noblesse du langage. U a pris*
f^our modèles Platon et Dëmosthène. Philosophe de a secte stoïcienne , il a laissé soupçonner, par la pureté de sa morale , que les lumières du christianisme l'avaient éclairé.
Lucien , né k Samosate vers le milieu du second siècle de l'ère chrétienne , est rangé parmi les rhéteurs^ parce qu on trouve dans le recueil de ses nombreux ouvrages plusieurs morceaux qui se rattachent aux exercices de l'école. Il pratiqua d'ailleurs, pendant quelque temps, l'éloquence comme avocat ^ mais il doit surtout sa célébrité aux agréments de son esprit railleur, qui Ta souvent fait comparer à Voltaire. Nous n'avons pas à apprécier ici ce prodigieux écrivain , qui ne fatigue jamais, quoiqu'il montre toujours de Tesprit -, nous devons signaler seulement les opuscules qui se rapprochent de la forme oratoire : V Éloge de Démosthène , morceau sérieux et d'un genre élevé; Y Éloge de la moiiche, agréable badinage; le Médecin déshérité par son père, plaidoyer éloquent dans une cause imaginaire ; le Premier et le Second Phalaris , l'-Éloge de la Patrie , etc.
Maxime de Tyr, contemporain de Lucien et philosophe platonicien, écrivit des discours et des dissertations plus remarquables par la clarté et le naturel du style que par les idées. Longin (210-275 ap. J. C), ou l'auteur, quel qu'il soit, du TraiU du Sublime, s'est élevé k Téloquence dans un traité didactique.
Pendant que l'éloquence profane, qui avait perdu avec la liberté le principe de sa force, dégénérait en déclamation, une éloquence nouvelle commençait k naître sous l'inspiration de la pensée chrétienne. L'éloquence sacrée présente trois périodes distinctes : la première prédication , la lutte , et le triomphe ; de Ik les Pères apostoliques , les Pères apologistes, et les Pères dogmatiques. Nous arrive-
rons à ces derniers lorsque nous traiterons de la quatrième époque, qui commence vers Constantin.
Parmi les Pères grecs de la première de ces trois périodes de l'éloquence sacrée, il faut citer saint Barnabe (42 ap. J. C.)^ dont nous possédons une lettre adressée aux juifs hellénistes nouvellement convertis et encore attachés aux cérémonies du culte judaïque ; saint Clément, pape (91 ap. J. C), qui s'élève k la véritable éloquence dans une épitre adressée aux fidèles de TÉglise de Corinthe, déjà troublée par des divisions intestines^ saint Ignace, évéque d'Antioche, martyr sous Trajan (•<07 ap. J. C. ) , qui nous a laissé sept épitres d'un style noble et pur et d'une éloquence inspirée-, saint Dents, évéque d'Alexandrie, dont les homélies présentent quelques beaux passages.
Entre les apologistes grecs , voici les noms les plus remarquables :
Saint Justin (103-167 ap. J. C), né à Néapolis, en Samarie, d'abord païen, fut conduit par l'étude des philosophes, entreprise dans un désir sincère de trouver la vérité, à la foi des chrétiens. A peine converti, il devint apôtre et gagna le martyre. Outre une épitre aux gentils, dans laquelle il expose les motifs de sa conversion , qu'il discute ensuite dans un dialo^e avec le juif Tryphon , il a publié deux apologétiques, dont le premier est particulièrement estimé , et une lettre à Diognète , précepteur de Mare-Aurèlç, dans laquelle l'orateur chrétien repousse les imputations dirigées contre l'Église et démontre la folie du paganisme.
Hermïas (2^ siècle ap. J. C), philosophe chrétien, tourna contre les philosophes, au profit de la vraie religion, l'arme puissante de la raillerie, que Lucien employa seulement pour détruire.
Saint Clément d'Alexandrie, mort en 217 après J. C, sortit de l'école des philosophes pour venir se
6S LITTÉRATURB GREGOUB.
reposer dans la foi catholique. Jenne encore, il fot le dief de l'école chrétienne d'Alexandrie, dians laquelle il compta Origène parmi ses disciples. La per-r sécution de l'empereur Sévère (202 ap. J. C.) le força de fuir sans le décourager, et il alla porter en Orient, dans l'Asie Mineure, la Syrie, la Palestine, l'autorité de son enseignement et l'exemple de ses vertus. Saint Clément n'est pas moins remarquable par l'étendue de son érudition que par l'élégance de son style. Son Exhortation aux gentils ruine les fondements de l'idolâtrie et établit avec solidité les principes du christianisme. Son Pédagogue est un excellent guide de la vie chrétienne, et ses Stromates, recueil de pensées religieuses et philosophiques , sont un monument de saine morale et de profonde érudition.
Origène, né k Alexandrie (185 ap. J. C), formé par les leçons de saint Clément , succéda à son maître dans l'enseignement évangélique et le surpassa. Origène est un des plus beaux génies du christianisme naissant. La pureté des intentions n'a pas toujours préservé de l'erreur sa poissante intelligence dominée par l'imagination ; mais son enthousiasme religieux et l'austérité de ses mœurs lui serviraient d'excuse au besoin. Le Traité contre Celse est un chef-d'œuvre d'éloquence et de dialectique , où les défenseurs de la religion ont puisé, comme dans un arsenal, leurs armes les plus redoutal)les. Ses Homélies ou Sermons offrent encore d'excellents modèles aux prédicateurs : nous eu possédons plus de mille.
LITTÉRATURE GRECQUE* ffl
ftiiatriëme époque.— Les orateurs profanes. Les Pères grecs.
(306ap. J. C.)
Le règne de Constantin ouvre une époque dans laquelle l'éloquence prend un nouvel essor. La chaire peut dès lors opposer ses prédicateurs aux orateurs de la tribune antique, et le mouvement qu'elle imprime donne k ses adversaires mêmes une force qui manquait aux rhéteurs de l'époque précédente.
Parmi les orateurs profanes , on distingue Thé- MisTE, né en Paphiagonie au quatrième siècle après J. C, qui jouit d'une grande faveur auprès des empereurs Constance, Julien, Jovien, Valens et Théodose, et qui, pendant la réaction suscitée par l'empereur Julien , se porta comme médiateur entre le paganisme , qui essayait de ne pas mourir, et le christianisme, qui s'emparait de toutes les âmes. Thémiste est un philosophe auquel l'indifférence en matière de religion rend la tolérance facile ; mais il n'en faut pas moins le louer d'avoir eniployé son influence a prévenir de funestes collisions , des rigueurs homicides, et d'avoir su mériter l'estime et l'amitié^ des chrétiens, dont il ne partageait pas les croyances. Son discours consulaire prononcé après la mort de Jovien et le discours sur les religions adressé à Valens, pleins des maximes de la tolérance philosophique, rappellent, par la beauté du langage et l'élévation des idées, les bons orateurs de l'antiquité. Nous avons de Thémiste trente-trois discours qui sont, pour la plupart, ou des harangues officielles, ou des déclamations, soit littéraires, soit philosophiques-, de sorte que, malgré la beauté de son génie , c'est encore le rhéteur qui domine en lui le philosophe et l'orateur.
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Son disciple Libànius, né en 314 k Antioche sur rOronte , formé a l'école des philosophes , fut un païen zélé, tl s'associa aux efforts et aux passions de l'empereur Julien dans sa tentative rétrograde
f)our régénérer le culte défaillant des dieux de TOympe. Toutefois son ardeur pour le paganisme ne fit pas de lui un persécuteur; comme son maître Thémiste , il compta des amis et des admirateurs parmi les plus illustres défenseurs de la foi chrétienne. II enseigna l'éloquence k Gonstantinople ; mais l'envie , éveillée par Téclat de ses succès, le força de se retirer k Nicée et à Nicomédie : rappelé k Gonstantinople, il en fut éloigné de nouveau par les rivalités que son absence avait un instant désarmées. A l'âge de quarante ans, il se retira k Antioche, sa patrie, où il mourut.
L'éloquence des adversaires du christianisme pâlit k côté de celle des Pères de l'Église. L'ardeur de la foi, la vérité des doctrines, donnent aux discours de ces orateurs une puissance irrésistible et une inépuisable fécondité. Leur parole coule de source , alimentée par l'énergie des croyances , et poussée d'un mouvement impétueux par une conviction qui, en se répandant au dehors, veut pénétrer les âmes pour les sauver. Ici, l'éloquence n'est plus un exercice , mais un ministère ^ elle ne disserte pas, elle agit : comme elle est vraie, elle éclaire ; comme elle est sincère, elle entraîne.
Les plus remarquables parmi les Pères dogmatiques sont saint Alhanase, saint Grégoire de Nysse, saint Grégoire de Nazianze, et , au-dessus de tous, saint Basile et saint Jean Chrysostome,
L'éloquence chrétienne au quatrième siècle a trouvé dans M. Villemain un digne historien. Les
Pages consacrées au tableau de cette époque et à appréciation des orateurs qui l'ont illustrée ont rappelé l'attention sur les monuments primitifs de
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l'éloquence religieuse longtemps négligés, et dont Fétude avait fortifié et nourri le génie ae Bossuet, M. Villemain a tout vu dans cette époque qu'il a si bien comprise , et il a nettement indiqué les points qu'il ne lui convenait pas d'étendre. Une histoire complète développerait ce qu'il a resserré, et celui qui analyse ne peut que résumer et choisir, les yeux fixés sur le modèle.
La vie de saint Athanase est un long combat contre l'hérésie d'Arius et les empereurs fauteurs de 4'arianiàme ou restaurateurs du paganisme, combat mêlé de succès et de revers, couronné par une dernière victoire. Né à Alexandrie, vers Tan 296, d'une famille distinguée , saint Athanase se fit remarquer au concile de Nicée par le zèle de son orthodoxie et par son éloquence. Élevé à la dignité d'évêque d'Alexandrie, il fut l'âme de l'Église d'Egypte : intrépide dans sa foi, ardent k Taccomplissement de ses devoirs, il devint l'idole des catholiques; déposé et rappelé tour h tour par plusieurs conciles , favorisé ou persécuté par les empereurs Constantin, Constance, Jovien , Julien et Yalens, ses exils étaient des deuils publics , ses retours des triomphes. Il mourut enfin paisible et glorieux, sur son siège épiscopal, le 2 mai 373. Il avait été évéque pendant quarante-six ans. L'éloquence d' Athanase se distingue plutôt par la vigueur que par l'éclat , par le mouvement logique que par le pathétique. Son inflexible orthodoxie ne recherche pas les ornements, mais elle arrive à une simplicité lumineuse et forte qui instruit et qui entraine. Ses principaux ouvrages sont dirigés contre l'arianisme; ses discours ou traités dogmatiques offrent aussi de grandes beautés qui ont quelquefois inspiré Bossnet.
Saint Grégoire de Nazianze , que nous avons d^k rencontré parmi les poètes, se plaça aussi au
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premier rang des orateurs. Grégoire, fils de siÂnt Grégoire, évéque de Nasianze, en Cappadoee, naquit k Âzianze, bourg voisin de la ville, en 328. Il étudKa ks lettres et la philosophie dans les villes de Gésarée, d'Alexandrie et d'Athènes-, c'est dans cette dernière ville qu'il se lia d'amitié avec son condisciple Basile, dont il fit plus tard l'oraison funèbre. Nommé évéque de Constantinople , il résigna cette dignité qu'on lui disputait, se retira a Nazianze, dont il gouverna l'Église pendant quelques années, et finit ses jours (389) dans une paisible retraite que remplissaient les exercices de la piété et la culture de la poésie. Ame tendre et contemplative, ce fut par dévouement qu'il accepta les fonctions laborieuses de répiscopat-, il les remplit avec zèle, il les quitta sans regret. Les monuments de ses prédications sont nombreux, et présentent des modèles aux orateurs chrétiens. L'onction habituelle de ses paroles n'exclut pas l'énergie , et dans ses discours contre Julien l'Apostat , il a atteint la véhémence des Gatilinaires et des Philippiques.
Saint Basile, né k Gésarée en 329, mort en 379, condisciple et ami de Grégoire, fut le successeur d'Eusèbe au siège de Gésarée, qu'il occupa pendant vingt ans. « Sa vie , dit M. Villemain, n'offre pas ces vicissitude» aventureuses qui attachent a l'histoire d' Athanase ou de Jérôme , mais elle impose par le spectacle d'une vertu constante et d'un beau génie. Saint Basile fut le véritable évéque de l'Évangile, le père du peuple, Tami des malbeurenx, inflexible dans sa foi, mais infatigable dans sa charité. Pauvre lui-même de cette pauvreté qui derenait rare dans l'Église chrétienne, il â'avait qa'oîM seule tunique et ne vivait que de pai& et de >gro»^ siers légumes ; mais il employait des trésors i enhelUr Gésarée. »
Gîtons encore : « Saittt fiasik et Gré^re de |fa-
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zîanze sont les premiers modèles de cette docte et pieuse éloqueoce consacrée à l'enseignement régulier du peuple. Dans leur bouche , la religion n'a plus cette ardeur où se consumait le zèle d'Athanase; elle n'est plus le glaive qui coupe et qui divise, mais le lien qui rapproche et unit doucement les âmes. Moins occupée du dogme, elle s'applique surtout à la réforme des mœurs et k la consolation des affligés : souvent c'est le langage simple et tout moral des chaires protestantes , mais animé de cette grâce orientale et de ce jeune enthousiasme dont brillait le christianisme k sa naissance, v
Le#hefd' œuvre de saint Basile estVHexaméron, ou ouvrage de six jours , qui contient neuf homélies dans lesquelles l'orateur chrétien célèbre et explique les merveilles de la création. Ses œuvres se composent d'homélies dogmatiques et morales , de panégyriques, d'écrits polémiques, de traités ascétiques et de lettres, véritable trésor pour l'histoire et la morale.
Saint Grégoire de Nysse, frère puîné de Basile, courut la même carrière avec un éclat presque égal. Les mêmes études développèrent son génie; et, après avoir enseigné la rhétorique et pratiqué le barreau, il entra dans les ordres et devint, en 372, évêque de Nysse, siège qu'il occupa jusqu'à sa mort , en 396. Né vers 331 , il mourut âgé de soixante-cinq ans environ. La pureté, la force et la magnificence de son style le placent a un rang élevé parmi les orateurs chrétiens.
Le plus célèbre des Pères grecs, saint Jean GhrtsosTOME , n'a de rival dans l'éloquence chrétienne que saint Basile, qu'il surpasse au moins par sa fécondité. Chrysostome , né k Antioche vers l'an 344, fut formé k l'éloquence par Libanius, dont il conserva toujours l'amitié. Il passa par le barreau avant d'aborder la chaire chrétienne, dont il fut
Toracle. Pendant la révolte de sa ville natale, il déploya son éloquence pour apaiser les passions dn peuple , consoler ses misères et calmer les ressentiments de Théodose. Appelé plus tard au siège de Gonstantinople , il y montra le même zèle et la même puissance oratoire^ mais les intrigues d'une cour corrompue parvinrent k le déposséder, et ce glorieux apôtre de la foi chrétienne mourut dans l'exil, abreuvé d'outrages. Cette vie de dévouement et d'éloquence, terminée par le martyre, est une des plus belles pages de l'histoire du christianisme, comme les discours de l'orateur sont les plus magnifiques monuments du génie chrétien . Oni% souvent comparé Chrysostome k Cicéron , et Torateur romain n'a pas k se plaindre de la comparaison. La connaissance approfondie des œuvres de Chrysostome peut suffire k former un théologien consommé et un excellent orateur; c'est par l'étude assidue des Basile et des Chrysostome que ïéloquence chrétienne peut refleurir et produire de nouveaux miracles * .
. Après ces maîtres de la parole chrétienne, dans un rang inférieur, mais élevé encore , il convient de nommer Synésius , que nous avons déjk cité comme poète ] saint Astère, archevêque d'Âmasie, dont nous possédons six homélies pleines de mouvement et d'éclat -, Théodoret , évéque de Cyr, en Asie; saint Nil, ami de saint Chrysostome.
1. Les œuvres de saint Jean Chrysostome forment treize volumes , divisés en vingt-six tomes, dans la belle édition qo6 MM. Gaume ont publiée.
Historiens , moralistes , écrivains divers.
Les premiers historiens de la Grèce furent les poëtes épiques et cycliques, qui embellissaient dans leurs récits les traditions des âges précédents. Ils eurent pour successeurs les logographes , qui commencèrent h recueillir en prose les faits contemporains, préparant ainsi, par leurs travaux, la naissance ^e la véritable histoire, qui raconte et qui apprécie les événements.
Parmi les logographes , il faut nommer Hécatée de Milet et Hëllanicus de Lesbos, dont on a conservé quelques fragments. Hérodote , au début de son Histoire, mentionne Hécatée, et, quoiqu'il le combatte a plusieurs reprises , cette mention exclusive est, pour le chroniqueur, un signe d'estime et un titre d'honneur. Hécatée avait composé deux ouvrages importants, une Périégèse, ou tour du monde, travail exclusivement géographique, et, sous le titre de Généalogies, la suite des faits héroïques et historiques.
Réunissant ce qu'Hécatée de Milet avait séparé, renfermant dans un cadre unique la géographie, la chronologie et le tableau des événements dont il indique les causes et dont il montre les acteurs, Hérodote * a été proclamé ajuste titre le père de l'histoire. Ce grand homme, témoin de la lutte gui mît aux prises l'Orient et TOccident, formé par de longs voyages en Asie, en Egypte, en Grèce et en Italie , passa la première moitié de sa vie à recueillir les matériaux de son Histoire, et la seconde a
1. Né à Halicarnasse , en Carie, 484 ayaDt J. C. ; mort, selon Suidas, à Thuriuin, en Italie.