‹ Cours de littérature, conforme au plan d'études des LycéesChapitre 85 sur 109 · Mélanges de littérature · texte numérisé non relu

Mélanges de littérature

2. Aulu-Gelle (XV, *>.h) cite des vers d'un certain Volcatius Sédigittis, renfermant une classification des comiques latins dans un ordre bien opposé à l'opinion qui a prévalu. Voici ce curieux passage ;

Moltos Incertos certare hanc rem Tldimns, Palmam poel» comfco cal deleraot.

Eom meo Jadioio errorem dissolram tibi, Ul , contra si qois aentiat, nil sentiat.

Coecllto palmam StaUo do comico ; Plaatns aecoodns facile eisaperat c«teros; Dein IfiBTiiu , qui fenret, pretio tertio «ft;

CicéroD , ainsi qu'Attilius , qu'il caractérise par l'éj^ilhèle de ferreus. Turpilius est très-souvent cité par Varron elNonius-, Cicéron fait mention de Trabea, dont il rapporte quelques vers. Donat parle de Lucius, qui avait composé le Pison.

Aux yeux des modernes, toute la gloire de la comédie latine est dans Plautê et Térence , qui ont laissé dans leurs imitations de la comédie grecque des modèles que le théâtre moderne a souvent reproduits. Plante, Ombrien de naissance*, poète et acteur, avait gagné h ce métier quelque argent qu'il perdit dans des spéculations : réduit pendant quelque temps ^ tourner la meule au service d'un meiH nier, cette misérable condition ne l'empêchait pas de travailler pour le théâtre. Térence, né à Carthage^, d'abord esclave, puis affranchi, devint l'ami de Scipion et de Lélius, qui l'aidèrent, dit-on, dans la composition de ses comédies. Ces deux

Si erit quod quano detur, dabitur Llcioio ; Posl insequi Ûcinium facio Àttiliani ; In sexto sequitor hos loco Terentios ; Turpilius septimum , Trabea octarum obtinet; Nono loco esse Taclle facio Lucium ; Dccimum addo, causa aaliquilatis, Ennium.

Varron place Cécilius au premier rang pour Tintrigue , Térence pour les mœurs, Plaute pour le dialogue : « In argumento Cœcilius poscit palmam, in etiiesi Terentius, in sermonibus Plautus. » — Balzac dit queîqne part, à propos de cet étrange classement des poètes comiques de Sédigitus : » N*y a-t-il pas eu un certain faquin de l'antiquité qui , s'étant mêlé de donner des rangs aux poètes comiques , a eu Teffronterie d'en mettre six devant Térence, après lequel tous les autres doivent être? y eut-il jamais juge plus injuste que celui-là; qui méritât mieux de perdre sa charge, et d'être chassé de son tribunal avec ignominie? » Dissertation au P. André.

1. Né à Sarsine ou Saline, vers Tan 217; mort vers 184 avant J. C.

2. 193 avant J. C, mort vers Pan 159, peu de temps après un naufrage, au retour d^un voyage en Grèce, et, dit-on, de la douleur qu'il éprouva d'avoir perdu dans ce sinistre les manuscrits d'nn grand nombre de comédies traduites ou imitées de Ménandre qu'il rapportait à Rome.

Ï poètes imitèrent la comédie noovelle des Grecs, en 'appropriant au goût et aux mœurs des Romains. Plaute avait composé un très-grand nombre de comédies ; Varron porte à cent trente celles qu'on lui attribuait, mais il n'en reconnaît que vingt et une qui lui appartiennent réellement. Les autres avaient été mises soi/s le patronage de son nom. Il nous en reste vingt , dont voici les titres : Amphitryo f Asinaria, Aulularia , Captivi , Curculio, Casina , Cistellaria , Epidicus , Bacchides , -Jfostellaria, Menechmi, Miles gloriosus, Mercator, Pseudolus, Pœnulus, Persa , Rudens , Stichus, Tnnummus, TruciUentus \ UoMère , aprèsRotrou.a imité V Amphitryon de Plaute -, il lui a emprunté Y Avare, tiré de ÏAuMaria, Rotrou et Regnard ont traité \es Ménechmes , l'un comme traducteur ou ï peu près, l'autre en poète original.

Térence n'a laissé que six comédies : Andria» Eunuchus, Heautontimoroumenos , Adelphi^Phofmio, Hecyra, VAndrienne a été transportée sur la scène française par Baron ^ Molière a trouvé dans les deux Frères (Adelphi) le sujet de V École des Maris. Le Phormio a fourni l'idée des Fourberies de Scapin. M. Patin va nous dispenser de caractériser les deux comiques romains : a Plaute, a-t-il dit^, cesl le poète populaire qui veut plaire à tous, qui fait la part de tous-, qui a, au besoin, une élégance exquise même dans les emportements de sa licencieuse gaieté; pour la populace, au contraire, force lazzis et quolibets; pour la masse du public, de l'observation, du comique qui fait au vice une rude guerre, l'exposant tout nu sur la scène , sans pitié et sans

t. La traduction de Plante, par M. Naudet, reprodaît fidèlement les beautés de roriginal , et le saTant commentaire qui l'accompagne dissipe les obscurités du texte au double flambeaa <i€ rhfstoire et de la philologie.

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