‹ Cours de littérature, conforme au plan d'études des LycéesChapitre 86 sur 109 · Mélanges de littérature · texte numérisé non relu

Mélanges de littérature

vergogne, ^ la risée des spectateurs-, le faisant expirer, en moraliste impitoyable , sous les coups d'un sanglant ridicule.

« Térence, c'est le poêle de la bonne compagnie, du beau monde, aimé des premiers rangs qu'il fait sourire, déserté de la foule dont il ne tient guère k provoquer la grosse gaieté; il ne peint que des vices aimables, d'intéressants désordres; il se complaît surtout dans la peinture naïvement élégante des affections les plus générales, les plus universelles du cœur humain, de celles qui résultent , pour l'homme, de la différence des sexes, de la diversité des âges, des rapports de famille. Le tableau des quatre âges, dans Horace, est comme une analyse du théâtre de Térence. Pour Plaute, je l'appellerais volontiers leJuvénaldeRome républicaine. »

Immédiatement après Térence, qui, comme Plaute , avait laissé a ses personnages le costume grec, tout en peignant souvent les mœurs romaines, la comédie prit un caractère plus national , en recherchant ses modèles dans la société romaine; de palliata qu'elle était , elle devint togaia , et elle eut pour principaux interprètes Atta ^ , que nous connaissons seulement par la mention qu'en fait Horace , et Afranius *, également cité par le satirique latin , et recommandé par les éloges que lui accorde Quintilien. Nous possédons quelques fragments d'Afranius.

Lorsque le goût frivole et fastueux des dernières années de la république eut arrêté l'essor de la comédie , on vit reparaître les Atellanes , canevas donnés par le poêle et brodés par les acteurs, petits drames plaisants et licencieux, ébauchés dans l'orgie. L. PoMPONius et Q. Névius s'y firent un nom.

i . Nonins rapporte quelques Yers isolés de ce poêle. 2. Le vers d'Horace sur Afranius est légèrement ironique : DIcitur Afrtni toga conTcnlsse Henandro.

Les Mimes, genre analogue aux atellanes, envahirent surtout le théâtre , et se rapprochèrent par la liberté du langage de la comédie ancienne des Grecs. La satire politique y prit place k côté des sentences morales. Les maximes recueillies sous le nom de Publius Strus sont tirées des mimes de ce poète, qui se distingua au théâtre , du temps de Jules César, avec ce Làbérius qui, forcé par Taulorité du dictateur de venir lui-même remplir un rôle dans une de ses pîèces , déplora cette contrainte imposée à la vieillesse d'un chevalier romain , dans des vers admirables que Macrobe nous a conservés. Cnéius Mattius écrivit aussi des Mimiambes en vers scazons.

Genre épiqne. — Les poëmes épiques de celte époque ont laissé peu de traces. Nous retrouvons dans ce genre les noms déjà illustrés par la tragédie ou la comédie. Livius Andronicus traduisait TOdjssée; Cn. Névius composa, dans le mètre saturnin , le récit héroïque de la première guerre punique. Ennius surpassa ces essais par ses Annales romaines , épopée historique qui , remontant jusqu^au berceau de Rome, s'arrêtait à l'époque où vivait ce poète. De nombreux fragments d'Ennius , malheureusement peu étendus, attestent une composition rude, mais vigoureuse.

Cicéron, dans sa jeunesse, composa sur les guerres de Marins un poëme héroïque dont nous possédons, entre autres fragments, une fort belle comparaison, que Voltaire a traduite. Plus tard, l'orateur romain célébra en vers son propre consulat. On serait tenté de croire que le vers rapporté par Juvénal :

fortuiratam natam me consule Ronoam * !

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