Volume m du recueil Poetœ latini nHnores
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a cette époque ses Fables, dont les sujets, empruntés il Ésope, sont relevés par le choix des détails et l'élégance du style. La vie et les Fables de Phèdre ont été l'objet de beaucoup de controverses * ; mais on est d'accord pour admirer la pureté et l'élégante simplicité de son style.
Cenre dramatique. — Les tragédies mises sous le nom de Sénêque (3-68 ap. J. C), au nombre de dix, ne sont pas , a proprement parler, des œuvres dramatiques. Composées pour l'école et non pour le théâtre , elles présentent peu d'intérêt ; mais elles offrent des détails ingénieux et une foule de vers remarquables. La recherche des antithèses, l'affectation de la forme sentencieuse, la subtilité des idées, sont rachetées de temps en temps par des beautés d'un ordre supérieur. La plupart des critiques attribuent ces compositions à Sénèque le philosophe, précepteur et victime de Néron ; d'autres pensent qu'elles sont d'un autre Sénèque, contemporain de Trajan. Quoi qu'il en soit, le style des deux auteurs présente beaucoup d'analogie -, le tragique, s'il est distinct du philosophe, aurait écrit en prose comme son homonyme, et le philosophe n'aurait pas écrit en vers autrement que le tragique ^.
Il nous reste, sous le nom de Sénèque, dix tragédies, dont voici les titres : Médée, Hippolyte, les Troyennes , Agamemnon , Œdipe, Thyeste , Hercule furieux. Hercule au mont Œta, la Thébàîde, Octavie, Celte dernière est la seule dont le sujet soit tiré des annales de Rome. On cite encore, sous les empereurs, d'autres poètes tragiques, entre autres Emilius Scaurus, qui, soupçonné d'une allu-
1. Ces discussions ont été résumées et éclaircies avec sagacité par un savant professeur de l'Université, M. FleuteTot» dans une dissertation intéressante qui précède sa traduction du fabuliste.
2. On peut consulter sur les poètes de cette époque Schœil, t. Il, Histoire de la Littératwe romaine, et M. D. Nisard, Études sur les poètes latins de la décadence.
sîon offensante et accusé par Tibère , se donna la mort (il avait composé un Âtrée)-^ Curatius Maternus, auteur d'une Médée, d'un Thyeste, et de quelques tragédies sur des sujets romains, tué par ordre de Domitien. Pomponius Sécundus, contemporain de Sénèque, a été loué par Pline le jeune et par Quintilien ^ mais les éloges contemporains ne font pas autorité \
Genre didactique. • — Le dixième livre du traité de CoLUMELLE, de Re rustica, étant écrit en vers appartient a la poésie didactique. Il a pour objet les jardins , cultus horlorutn. Columelle remplit avec une élégante simplicité la lacune que Virgile regrettait de laisser dans ses Géorgiques, lorsqu'il disait :
Verum haec ipse equidem «patiis exclusus iniqais Prœtereo, atque aliis post commemoraDda relinquo.
On rapporte ^ la même époque le poëme technique, et pourtant élégant, de Térentianus Maurus sur la
f prosodie latine. C'est dans ce poëme que se trouve 'hémistiche si souvent cité : Habent sua fata libelli. Priscien et AviÉNus ont mis en vers , h la même époque, la description de la terre.
1. Pline le jeune parle, dans une de ses lettres, de Verginivs RoMANus , qui avait réussi dans la comédie. Voici ce que dit sur ce poète M. Scliœll , dans son Histoire de la Littérature latine : n Après avoir fait des mimes dont Pline parle avec enthousiasme et des comédies dans lesquelles il imita Ménandre, et pour lesquelles il mérita d'être nommé à côté de Plante et de Térence, Yerginius s'essaya aussi dans le genre de Tancienne comédie^ et y montra du génie, de la grandeur, de Tesprit et de l'élégance. Il exalta, ajoute Pline» la vertu et châtia le vice, en usant avec décence des noms fictifs et avec vérité de ceux qui n^étaient pas déguisés. Après un tel éloge , il est bien à regretter pour l'histoire do thé&tre romain que le temps ne nous ait pas conservé le moindre fragment des pièces de Yerginius. Comment k Rome , et surtout sous les empereurs, pouvait-on reproduire, même dans les sociétés particulières, la liberté de l'ancienne comédie grecque antérieure à Ménandre? »
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Ctnatrième époque. — Ghate de la poésie.
(139-476 ap. J. C.)
La quatrième époque de la poésie latine, où se produisent les premiers poètes chrétiens, ne présente parmi les païens que deux écrivains dignes d'attention : Caipurnius et Claudien.
Calpurnius, originaire de Sicile, vivait sous le règne de Dioctétien. Ce poète bucolique ne manque ni de grâce ni d'élégance. Né sous le même ciel que Théocrite, il a cultivé le même genre, et il a su conserver a la langue de Virgile, dans une époque de décadence, quelques-unes des qualités que lesgrands écrivains lui avaient données. On lit encore Caipurnius. Il serait injuste de ne pas nommer, k côté de Caipurnius, un autre poète bucolique d'un mérite î^peu près égal, Némésunus, dont nous possédons quatre églogues qui ne sont pas sans valeur. Caipurnius et Mémésianus manquent d'originalité.
Claudien (365-408 ap. J. C), né a Alexandrie, en Egypte, florissait sous Honorius et Arcadius. On ne sait pas s'il a survécu à la disgrâce de Stilicon, dans laquelle il fut enveloppé. Claudien excita l'admiration de ses contemporains-, il jouit delà faveur des princes, et on lui éleva une statue. L'emphase de ce poète, toujours tendu, devait plaire k un siècle dégénéré. Le style déclamatoire, la recherche constante de l'effet, la monotonie du rhythme, n'étouffent pas complètement certaines qualités qui maintiennent Claudien au rang des poètes. Il a souvent une force réelle et de l'élévation ; mais il manque de souplesse et fatigue par ses hyperboles. Ses invectives contre Rufin sont éloquentes. Le plus connu de ses poèmes, V Enlèvement de Proserpine, contient des discours et des descriptions qui , réserve faite des défauts communs k tous ses ouvrages, attestent le sentiment poétique : on s'étonne de trouver encore
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de pareilles inspirations dans le voisinage de la barbarie qui envahissait l'empire romain.
Au commencement du cinquième siècle, nous rencontrons un poëte, Gaulois d'origine, dont les vers ont encore une certaine élégance. Rutilius NuMATiANUs, né k Poitiers, devint préfet de Rome vers l'an 413, et revint en Gaule quelques années après. Ce voyage est le sujet d'un petit poème ou itinéraire dont la première partie noujs est parvenue. On y trouve une foule de détails agréables dans les descriptions ^et quelques traits de philosophie mélancolique bien exprimés. Je citerai le distique suivant :
Non indignemur mortalia corpora solvi :
Gernimus exemplis oppida posse mori.
Voici encore deux vers descriptifs qui font image :
Incipit obscures ostendere Corsica montes, Nubiferumque caput concolor unibra levât.
I Ajoutons le trait suivant, dont les nageurs apprécieront la vivacité pittoresque et la justesse poétique :
Captiva natantibus uuda ^ Sustinet alterno brachia lenta sono.
Rutilius était un païen zélé.
* Parmi les chrétiens, il faut citer les suivants :
AusoNE, né à Bordeaux l'an 309 de J. G., poète ingénieux et fécond ; il a traité avec talent un trèsgrand nombre de sujets, et a surtout réussi dans le genre épigrammatique et le genre desciîptif.
Saint Paulin, évêque de Nola, né vers Tan 353, formé a la poésie par les leçons d'Ausone, mais inférieur k son maître.
Prddence, né en Espagne (348 ap. J. G.), poète lyrique et didactique qui florissait dans les dernières années du quatrième siècle de notre ère. II a composé des hymnes pour les jours de fête et d'autres