Crispus Salluâtius, né à Amiterne 85 ans avant J. C
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et d'Atticus. Nous ne pouvons pas le juger comme historien, puisque les Annales qu il avait composées ne nous sont pas parvenues ^ ses Vies des grands capitaines lui assurent un rang élevé parmi les biographes. Cornélius Népos écrit avec élégance et pureté ; mais on a relevé dans ses récits de graves inexactitudes.
TiTE-LivE, né k Padoue 59 ans avant J. C, consacra plus de vingt ans a la composition de sa grande Histoire romaine. Ce beau monument élevé à la gloire de Rome nous est arrivé mutilé par le temps. Des cent quarante livres qu'il contenait, nous n'en
Sossédons que trente-cinq , dont le rare mérite reouble les regrets qu'inspire la perte des autres. Tite-Live sait donner aux événements un intérêt dramatique ; il met en scène les héros de son histoire , et les discours qu il leur prête sont des modèles de convenance et d'éloquence. Son style, abondant et précis, a du nerf et de la couleur. Nous ne savons sur quelles parties porterait le reproche de patavinité, si Pollion l'adressait k ce style qui nous parait irréprochable * . L'accusation qui repose sur une trop grande facilité à accueillir des faits merveilleux est mieux fondée; mais Tite-Live les admet comme traditions accréditées et a titre d'ornements. Nous n'avons pas le courage de blâmer sa partialité en faveur des Romains *, car ce sentiment fait Tunité de son œuvre, et il lui a donné l'ardeur nécessaire pour accomplir cetimmense travail ^. ^ Trogue Pompée, contemporain de Tite-Live, est
1. On a dit, non sans yraisemblance, que ce grief porte sur les opinions de Tite-Live resté fidèle aux souvenirs de la répablique et à la mémoire de Pompée qui conservait encore , sous Auguste, de nombreux partisans à Padoue.
2. Tite-Live a été traduit en grande partie, avec talent, par M. Liez, professeur distingué et bahile administrateur, dont TUniversité a déploré la mort prématurée; voyez la Bibliotiièque latine publiée par C. L. F. Panckoucke.
placé par les anciens au rang des grands historiens. Malheureusement son Histoire universelle, qui comprenait quarante-quatre livres, ne nous est connue que par l'abrégé de Justin ^ , travail qui manque de critique et de proportion. Il est vraisemblable que cet abrégé , dont le style est inégal , contient , dans ses parties les plus estimées, des fragments assez étendus de l'ouvrage même de Trogue Pompée.
C. Velléius Paterculus, né 19 ans avant J. C, se distingua dans les armées avant d'écrire l'histoire. Il accompagnait Tibère dans ses expéditions en Germanie, en Pannonie et en Dalmatie. Il resta attaché à ce prince, et continua de le louer lorsque les vices et les cruautés de Tempereur eurent souillé les exploits du guerrier. On pense que Velléius, impliqué dans la disgrâce de Séjan , fut mis k mort avec les autres amis du ministre de Tibère. Son précis d'histoire universelle offre de grandes beautés. Velléius aime à tracer des portraits, qu'il dessine avec énergie; son récit abonde en réflexions judicieuses et profondes, et il serait un excellent moraliste s'il n'avait pas , dans l'illusion de son dévouement, atténué les torts de Tibère et de Séjan. On peut dire à sa décharge que , suivant Tacite luimême, r impénétrable Tibère ne se démasqua complètement qu'après la mort de Séjan. L'histoire de Velléius est malheureusement mutilée.
Valère-Maxime , contemporain de Velléius , est moins un historien qu'un compilateur. Il a recueilli en dix livres les dits et faits mémorables tirés de l'histoire des différents peuples. Le caractère de cet écrivain et son talent inspirent peu d'estime*, il flatte avec bassesse et compile sans discernement. Son unique mérite est d'avoir conservé quelques faits curieux.
De Valère-Maxime a Tacite , la transition est un