‹ Cours de littérature, conforme au plan d'études des LycéesChapitre 99 sur 109 · M. Génin,daD8 la spirituelle et savante introdaction qnl · texte numérisé non relu

M. Génin,daD8 la spirituelle et savante introdaction qnl

précède son édition de la Farce de maître Patelin , dépossède Pierre Blanchet et fournit de nombreux arguments en faTeur d'Antoine de La Sale. Toutefois la question reste indécise.

2. On peut Totr sur ce sujet V Histoire du Théâtre , par les frères Parfait, et un travail fort curieux de M. Louis PAris : Toiki peintes et tapisseries de la ville de Reims , ou la mise en scène du théâtre des Confrères de la Passion.

a. L'histoire de la poésie» depuis Villon jusqu^à Malherbe, est esquissée dans plusieurs ouvrages qu'on lira avec fruit. Tindiquerai d*abord les Tableaux delà Littérature au onzième siècle, tracés par MM. SaintrMarc Girardin et Philarète Chaslea; l'Academie, appelée à choisir entre ces deux ouvrages, les a couronaés Pon et Tautre pour des mérites divers. L'Histoire de la poésie au seizième siècle , par M. Sainte-Beuve, contient plus de détails. On lira aussi avec intérêt le Tableau histâ^quê de la Littératwfe française au quinzième siècle, par M. Charpentier.

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originalité. Ce jeune libertin, que Louis XI disputa k la potence, ne parait pas intimidé par la perspective du supplice, et il trouve encore, k la vue du sinistre appareil, d'excellentes plaisanteries ; mais il ne plaisante pas toujours, et lorsqu'il s'attendrit sérieusement, il parle avec une grâce charmante et avec l'accent d'un poëte philosophe de la fragilité des biens de la terre. On sait par cœur sa touchante ballade sur les dames du temps jadis, dont on a mille fois oité le refrain :

Mais où sont les neiges d*antan {de Van passéi?

Cette beauté qui se fond et disparaît comme la neige, n'est-ce pas une pensée profonde et une image i)oétique? Que dire de ces méditations que lui inspire la vue du charnier des Innocents, où sa place est déjk marquée :

Quand je considère ces testes Eutass&s en ces charniers.

Tous furent maistres de requestes, Ou tous de la chambre aux deniers, Ou tous furent porte-paniers, Autant puys Tung que l*aultre dire.

Car d'evesques ou lanterniers Je n'y congnois rien à redire.

Et ycelles qui s'inclinoient Unes contre aultres en leurs vies Desquelles les unes regnoient Des autres craintes et servies, Là les voy, toutes assouvies Ensemble, en un tas pesle-mesle :

Seigneuries leur sont ravies , Clerc ne maistre ne s*y appelle.

Est-ce le même homme qui lègue si gaiement aux Quinze-Vingts ses grandes lunettes (sans Vétuy\ et qui demande avec tant d'enjouement au duc de Bourbon de venir en aide k sa détresse? Villon excelle dans la ballade. Ses principaux ouvrages sont le )Petit et le Grand Testament; on lui attribue k

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tort les Repws franches, dont il est le héros et non Fauteur.

Clément Marot \ de meilleure condition que Villon , d'un génie plus heureux peut-être et mieux cultivé , est le premier poète français qui ait laissé des modèles, dans des genres secondaires, il est vrai, mais enfin des modèles, c'est-k-dire des œuvres qu'on imite et qu'on ne surpasse pas. Marot a atteint la perfection dans l'épitre familière, le rondeau, la ballade, le madrigal, et surtout dans Fépigramme \ il a consacré une forme et même un langage qu'on a longtemps suivis, et qu'on a renouvelés plus tard avec succès. L'épître dans laquelle Marot raconte comment il a été dérobé par son valet est un chef-d'œuvre d'adresse et de fine plaisanterie. Ses épigrammes, dont le tour est constamment ingénieux , souvent fines ou piquantes, sont quelquefois pleines de délicatesse. Marot arrive même au ton noble et sévère dans le huilain sur la mort de Semblançay ^. Marot a réussi dans la satire ^ son style n'a pas assez de sensibilité pour l'élégie, qu'il a tentée , ni assez d'élévation pour le

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