II. T
Voilà à quel prix elle arrive jusqu'aux pieds de Vem^ pereur et comme elle obtient la grâce de son pèie. A ce moment , son œuvre est achevée* Que lui resfe- 1>-il désormais à faire ici-bas?-^ A se marier avec ison amant, répond le roman, qui croit ou veut faire croire qu'on peut ici^bas être en même temps heufeux et héroïque; — à mourir, hélas! répond Thi»- (oire , qui sait que l'honuiie , s'il parvient à faire quelque chose de grand et de bon , y liasse sa vie pour prix du succès.
Nulle part la différenoe entre le roman et Thi»toire, entre Elisabeth el Prasoovie, n'est plus visiUe que dans le dénoûment. Praspovie avait fait vœu, si oile réussissait dans son projet, de prendre k voile : elle le prend donc, et donne à Dieu les restes de cette tîe sacrifiée à son père. La piété envers Dieu est, en effet , la seule affection qui puisse dignement succéder au dévouem^it filial : tout autre s^timent serait une décadence. Bientôt elle meurt dans son couvent, épuisée par les fatigues de son voyage; mais elle meurt après avoir revu ses parents délivrés de la Sibérie, aimée et respectée de toutes ses compagnes, heureuse enfin comme peut l'être une âme de cette nature, et pleine de la joie de son sacrifice. Tous les autres bonheurs sont au-dessous d'elle; réservonsles pour Elisabeth. Qu'Elisabeth retourne donc en Sibérie briser le3 chunes de son père; qu'elle y revienne riche et brillante des* bienfaits de l'empereur; <pie Smoioff raccompagne , qu'il l'épouse, et qu'ils vivent désormais avec tout le bonheur que peut donner l'amour. « Je n'irai pas plus loin , , — dit madame Cottin, que j'aime à citer à ce dernier m<Hiient; •*-«