‹ Cours de littérature dramatiqueChapitre 25 sur 76 · ORESTE ET IPHIGÉNIE · texte numérisé non relu

ORESTE ET IPHIGÉNIE

fraternel si bien exprimé par Euripide, et qui tempère heureusement Thorreur attachée naturellement au personnage d*Oreste ? Cet amour fraternel disparait au milieu des méditations et des rêveries du frère et de la sœur, ou plutôt il se confond avec les autres vertus que Gœthe a données à ses person-* nages. Euripide avait fait d'Oreste un personnage intéressant, quoique criminel, et de sa reconnaissance avec Iphigénie une scène calme et solennelle, quoique pathétique. Gœthe a outré et défiguré les deux pensées d'Euripide. D\ine part, son Oreste, quoiqu'il ait eu le malheur de tuer sa mère , est une sorte de Grandisson qui a toutes les vertus et qui surtout parle de toutes les vertus en véritable philosophe*. Voilà Texcès dans le personnage. D'un autre côté, le calme tragique du poète grec est devenu, dans le pocte allemand, une immobilité syst^ matique qui détruit l'intérêt et arrête l'émotion. A la vie active qui doit être essentiellement celle du drame, Gcethe , dans son Iphigénie en Tauride^ a substitué la \it. contemplative.

XXVf.

8WTE M L'AMOOII FRATEimEL. — JEATIIE BrAÏ»S , Otî LA SOFHR

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Je ne puis pas dissimuler l'embamis que j'éprouye quand je veux chercher dans les drames et dans les romans modernes des types dWectioa flliale ou fraternelle que je puisse opposer aux types de la poésie ancienne. Les types anciens ont une grandeur et une simplicité singulières; les sentiments qu'ils re^* présaitent ne sont mêlés d'aucune passion étrangère : Antigène est la plus pieuse des Qlles, Êledre la plus tendre et la plus dévouée des sosurs. Ce qui lyoute à la grandeur des types anciens, c'est qu'ils procèdent tous de la tradition. Oreste, Iphigénie» Electre» Antigène ne sont pas des personnages de Ëmtaisie inventés pour représenter certains sentiments de l'âme humaine : la poésie les a reçus de l'histoire. Ils ont vécu; ils ont ressenti, à travers les maux que leur a réservés la colère mystérieuse des dieux , les affections de l'humanité , et c'est par ces grandes et douces affections qu'ils se sont sentis soutenus et consolés. Aux dieux qui les poursuivent, Oreste et GEdipe opposent, l'un sa sœur, l'autre sa fille. La piété filiale et la tendresse fraternelle balancent les caprices de la divinité, et grao-

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