II
26 DE LA PtÉTÉ FILIALE.
moins que Taide des dieux , cette aide que le ohrifih tianisme appelle la grâce*. Socrate, en finissant» exhorte son fils à la solliciter par la prière; et e*est ainsi qu'en partant des plus simples pensées ^ le phi** losophe arrive peu à peu aux plus hautes. Il ne fait pas du respect filial la vertu des héros, il ne la ré^ serve pas pour les grands jours : il l'impose à tous les fils , il la mêle à toute notre vie donlestiqué » il en met le type près de nous , el cela sans l'abaisser; car la piété filiale que Lamproclès aura envers sa mère ne sera piss moins glorieuse » quoique appli« quée à souflrir les boutades de XantippBi que telle d'Antigone ou d'Antiloque, et elle ne sera pas moins chère aux dieux.
Nous avons quitté Apollon pour Soorate » et les subtilités de la théologie pour le bon sens de la sagesse. Revenons cependant à Oteéte^ à Minerve, à l'Aréopage, et voyons comment Minerve ei les Athéniens jugent entre les ï^uries et Apollon.
L'Aréopage hésite , et les suffrages étant partagés également pour et contre Oreste, Oreste se trouve absous. Les Furies d'abord s'indignent contre les nouveaux dieux qui abolissent ainsi les antiques lois ; mais Minerve les apaise peu à peu : c Vous n'êtes point vaincues, leur dit-elle; la cause reste iiicer^^ taine , les suffrages sont égaux. Gardez-vous donc d'être irritées contre cette ville qui , loin de vous mépriser, vous offre des autels, un sanctuaire, un bois sacré, de pieuses cérémonies. — Ah ! répondent
* • Fiat mihi possibile per gratiam qaod mihi impossibilè Viletar ■ pèr natoram.. » (De ImiUUione, lib. III| cap. ix.)