‹ Cours de littérature dramatiqueChapitre 42 sur 76 · DE LA RIVALITÉ ENTRE SCEURS · texte numérisé non relu

DE LA RIVALITÉ ENTRE SCEURS

Corneille a vivement exprimé aussi la jalousie des soeurs de Psyclié dans le moment où, transportées par Zcphire dans le pakis que TAmour a bâti pour Psyché, elles admirent avec colère le séjour en* chanté qu^habite leur soeur. Ce palais magnifique^ ces jardins délicieux , ces nymphes empressées à servir Psyché, ces concerts invisibles qui charment les oreilles, tout cela est pour leur soeur : comm^it n'être pas jalouses? conunent supporter que Psyché, qu'elles croyaient livrée aux embrassements de quel« que monstre affreux et punie de sa beauté, soit ttai* tée en reine ou plutôt eh déesse? Ce qui les irrite surtout, c'est l'idée que l'amant ou l'époux de Psyché est jeune, beau, charmant; que c'est un dieu sans doute, à voir sa puissance, et un dieu amou«» reux, à voir les plaisirs dont il entoure Psyché '.

La Fontaine, qui a raconté les aventures de Psyché dans un récit mêlé de vers et de prose, La Fontaine exprime avec plus de naïveté encore que Corneille la jalousie des sœurs de Psyché. Transportées par Zéphire dans le palais de l'Amour, elles n'ont pas pu voir aussitôt leur sœur qui dormait encore, et les nymphes leur ont fait faire antichambre : premier grief. € Comment ! on les avait fait attendre que leur sœur fût éveillée! Étaiirelle d'un autre sang? avait-elle plus de mérite que ses aînées? Leur cadette être une déesse, et elles de chétives reines! La moindre chambre de ce palais valait dix royaumes comme ceux de leurs maris! Passe encore pour des richesses ; nuiis de la divinité ! c'était trop. Hé quoi !

* Ar.te IV, sct'iic 1

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