DE LA RIVALITÉ ENTRE SOEURS
valeS) elles ne sont plus jalouses. Unies pair la même honte et par le môme repentir, et sœurs plus que jamais, elles s'encouragent mutuellement à mourir. A côté d'elles sont leur père, leur mère et leur frère, qui , cachés dans l'ombre du ^oe^ibule, ont tout entendu, la faute des deux sœurs, leur désespoir, leur résolution de mourir, et qui se montrent à ce der* nier moment, non pour les détourner de leur projet, mais pour les y aflermir et pour en hâter l'acoom^ plissement. Le jour n'a pas encore paru , et il. faut qu'avant qu'il paraisse, la bùaie de la famille soit expiée ; il faut que les dexa, sœurs n'aient pas à rougir à la clarté du jour. Pérolla, surtout, cette âme énergique et implacable qui a voulu deux fois la mort d'Annibal, qui ne le haïssait que comme l'ennemi des Romainsf, et qui sent maintenant qu'il haïssait aussi en lui , sans le savoir, l'ennemi de sa famille, Pérolla surtout n'hésite pas à condamner ses sœiirs à mourir; et, comme il craint que son père ne tremble à les condamner, parce qu'il est père d'abord et que ses empressements près d'An» nibal ont causé le malheur de ses filles, c'est ]ui, Pérolla, qui se fait le clief de la famille; c'est lui qui est le juge; c'est lui qui, au besoin, sera le bow** reau. « Venez donc, ô mes sœurs ! venez, à Tenvi l'une de l'autre, présenter la poitrine à ce glaive que j'espérais mieux employer contre votre séducteur ; et puisse votre sang eflacer la tache que vous avez faite à votre nom ! — Oui , dît Trasilla , j'ai taché l'honneiir de mon nom ; mais, pour l'effocer de mon sang, je n'ai pas besoin d'une autre main que la mienne. J'ai une épée aussi pour me percer