G0 DE L*AMOUR
Mona, dernier refuge des dniidesses et des mystères de la religion cellique ' •
Les valkyries du Nord ont des traits moins sombres que les druidesses de la Gaule. €e sont de belles et hardies guerrières , qui, comme les héroïnes de la chevalerie, courent les aventures; mais, plus sévères encore que ces héroïnes, elles ont une chasteté farouche et sanguinaire. Pour s*en faire aimer, il faut les vaincre. Elles peuvent se marier à qui bon leur semble, car elles ne dépendent pas du consentement de leurs parents; elles sont aussi libres et aussi indépendantes que les guerrier» qu'elles combattent; mais elles n'épousent que leurs vainqueurs \ Tantôt c'est Brunehaut, à la fois prophétesse et guerrière, à quiOdin a prédit, pour se venger de la victoire qu'elle avait remportée sur Gunnar, grand guerrier. ' et grand ami d'Odin, qu'elle n'obtiendra plus jamais la victoire dans les combats, mais qu'elle sera mariée comme une simple femme (ce qui est le comble du déslionneur pour une valkyrie ). < Moi alors , dit Brunchaut, je fis le vœu de n'épouser que celui qui ne craindrait rien. » Ainsi, à défaut d'un vainqueur, qu'elle est désormais trop sûre de rencontrer, grâce à la fatale prédiction d'Odin, Brnnehaut ne veut
1 Tacite, àwmUs, liv. XIV, «-k. xsx.
^ Voyez daos Grammatious Saxo les lois da roi HoUion, un de ces rots fabuleux dont il aime h raconter les aventures : «Leçe cavitutlemioiB oisin « niatrimoniuiB cédèrent quibus inconsulto pâtre nupsissent. » (Lir. Y, p. 77.) -— « Ântiqui in matrimoniorum dclectu libéra nopturas optione « dontverant. (ïbid.j pag. 6 s). — « NuIIi qaondani illustrium fenilna- « ram connubiis idonei censebantur, nisi qui sibi ingens famn pre* « tium çestaram insigniter renim fulgore struiissent. » (fhid., p« 6 s.)
CHEZ LES PEl'PLES nARBARES. 361
épouser qu*uii homme qui ne craindra rien \ Tantôt, au lieu d*une prophétesse guerrière , ce n'est plus qu'une simple jeune fille, la belle Alvida, qui, pour rester toujours chaste et pure, a vécu renfermée depuis son enfance dans un château solitaire, avec un serpent et une vipère, qu'elle a élevés soigneusement, afin qu'ils servissent de gardiens à son honneur. Mais Alf , fils de Sigar, roi de Danemark, sachant la beauté et la vertu d'Alvida, a pénétré dans le château redouté et a vaincu les deux gardiens. Cette prouesse ne touche pas encore le cœur d'Alvida, et, ne se fiant plus qu'à elle-même pour défendre cette gloire de la chasteté qu'elle préfère à tous les bonheurs du monde, elle s'habille en guerrier, équipe un vaisseau, et, déjeune fille timide et modeste, se fait pirate. Elle engage plusieurs jeunes filles dans son entreprise et à leur tète court les aventures, partout redoutée et toujours invincible, jusqu'à ce qu'un jour, surprise par Alf au fond d'un golfe, elle est vaincue et reconnue : car d'un grand coup d'épée Alf fit tomber le casque de la guerrière. Cela termina le combat, et, cédant à Tamour non moins qu'au courage de son vainqueur, Alvida consentit à l'épouser*.
Voilà les mœurs de ces femmes guerrières, qui étaient les égales de l'homme par le courage et ses maîtresses par la beauté, mais qui le dédaignaient et le fuyaient avec une sorte de chasteté hautaine et farouche. C'était, aussi bien, cette chasteté qui faisait leur force et leur renommée. Elles étaient Iiar-
« Voyei VEdda,
^ CiiainuuiticusSaxo, Hy. Vn, p. lii et lii.