Acte IV, scène m
Raciuc, Alexandre, acte III, scène VI.
Cléopatre. — 0 Est-cllc aiis?i grande que moi' ?
Le Messager. — « Non, matlamc.
Cléopatre. — « L'as-lu enlenduc parler? A-t-elle la voix claire ou rauque'/
Le Messager. — « Oui, madame , je l'ai entendue parler : le son de sa voix est sourd.
Cléopatre. — « Ce son de voix n'est pas gracieux. Oh ! il ne peut l'aimer longtemps.
Char.mion, une des femmes de Cléopatre. — « L'aimer? Oh ! par Isis ! cela est impossible.
Cléopatre. — « Je le crois comme toi.Charmion; une langue épaisse et une laille de nain! — Quelle noblesse a-t-elle dans sa démarche? Rappelle-toi : as-tu remarqué de la majesté dans son port?
Le Messager. — « Elle se meut sans grâce. Soit qu'elle marche, soit qu'elle se repose, c'est la môme cho."c ; nulle dignité. Elle oiïre un beau corps, mais sans àmc et sans vie, une statue inanimée plutôt qu'une créature qui respire.
Cléopatre. — « En es-tu bien sûr?
Le Messager. — « Oui, ou je ne m'y connais pas.
Charmion. — « 11 n'y a pas trois hommes en Egypte qui soient plus en état que lui d'en juger.
Cléopatre. — « 11 est plein d'intelligence, Je le sais bien. Je ne vois encore en elle rien de bien redoutable. Cet homme a du jugement. »
Cette scène est comique, mais d'un comique vulgaire. Cléopatre a l'inquiétude et la curiosité d'une rivale; elle n'a pas celte confiance en elle-même qui faisait une partie d€ son pouvoir.
' Cléopatre était petite, et cette question est naïve et comique. Toote la icèae est du même genre.
404 DE l'amour conjugal.
Quand Corneille prclc à Cléopâlre le ton de la comédie, il s'en sert mieux que Shakespeare. Au lieu d'en faire seulement une rivale de comédie, il en fait la rivale politique de son frère Ptolémée, qui avait usurpé sa part de royauté. Dès que Cléopâtre sent qu'elle va devenir reine par l'arrivée de César, elle repousse avec une ironie piquante les avances que lui fait son frère pour se réconcilier avec elle. La scène est de la comédie, mais de la haute comédie.
PTOLÉMÉE
Savez-vous le bonheur dont nous allons jouir,
Ma sœur?
CLÉOPATRE
Oui, je le sais : le grand César arriv Sous les lois de Photin je ne suis plus captive.
PTOLÉMÉE
Vous haïssez toujours ce fidèle sujet?
CLÉOPATRE
Non ; mais en liberté je ris de son projet.
PTOLÉMÉE
Quel projet faisait-il dont vous pussiez vous plaindre?
CLÉOPATRE
J'en ai souffert beaucoup, et j'avais plus à craindre.
Un si grand politique est capable de tout,
Et vous donnez les mains à tout ce qu'il résout.
PTOLÉMÉE
Si je suis ses conseils, j'en connais la prudence.
CLÉOPATRE
Si j'en crains les effets, j'en vois la violence.
PTOLKMÉE.
Pour le bien de l'État tout est juste en un roi.
CLÉOPATRE
Ce genre de justice est à craindre pour moi'.
Corneille excelle dans s dialogues à la fois familiers et tragiques : familiers par le langage, tragiques par le sujet et par les personnages. Il sait que les princes ne sont pas tenus d'avoir toujours un langage majestueux , et qu'ils peuvent parler comme tout le monde. I es inlérêts ou les sentiments sont grands, les paroles sont simples; et ce contraste plaît à l'esprit. Cette familiarité surtout est charmante quand elle tourne à l'ironie, comme dans la scène que nous venons de voir. Corneille sait élever l'ironie sans effort à la dignité tragique ; dans Nicomède et dans Sitréna, il en fait l'arme des héros persécutés. C'est par là qu'il mêle la comédie à la tragédie avec un art admirable, qui a même trompé parfois son temps et la postérité, étonnés et presque choqués de rencontrer le comique où ils cherchaient le tragique, ne comprenant pas l'à-propos de ce mélange et s'en prenant au poëte de leur désappointement. Corneille, plus qu'aucun autre poêle, a mis des contrastes dans ses tragédies, non pas seulement le contraste des passions , qui fait le fond nécessaire des tragédies, ou celui des bons et des méchants, de la vertu persécutée par le vice, mais le contraste de la grandeur et de la bassesse, qui,
' Acte II, scène ni.
406 DE l'amour conjugal.
selon une poétique étroite, est moins propre à la tragédie. Étendant le cercle du drame, c'est-à-dire de l'imitation de la vie humaine, Corneille a mis sur son théâtre, comme dans le monde, des personnages petits et bas à côté des personnages grands et généreux : Félix, dans Polyeucte, à côté de Pauline, de Polyeucte et de Sévère ; Prusias, Ârsinoé et Flaminius, dans Nicomède, à côté de Nicomède et d'Âttale; Ptolémée et Cléopàtre enfin, dans la Mort de Pompée, à côté de Cornélie et de César.
SUITE DE l'amour CONJUGAL. — LE DEVOIR ET L'aMOUR. — LA PAULINE DE CORNEILLE. — LA JULIE DE J.-J. ROUSSEAU. — LA FERNANDE DE MADAME SAND. — LA HOMME DE RACINE. — LA ZLNOBIE DE CRÉOILLOK. — L'iDAHÉ de VOLTAIRE.
Saint-Évremond ne supportait la veuve de Pompée que parce qu'elle était une héroïne. Peut-être ne supportait-il aussi, dans la Pauline de Polyeucie, la fidélité de l'épouse, que parce que celte fidélilé luttait contre les souvenirs d'un premier amour : l'amante de Sévère excusait l'épouse de Polyeucte, Pauline, en effet, ne représente pas l'amour conjugal : elle n'en a ni l'ardeur, ni la confiance, ni la naïveté. KUe représente l'honneur conjugal; elle en a l'élévation, la pureté, la sévérité. Comme il y a en elle deux sentiments, la mémoire de l'amour qu'elle avait pour Sévère et la fidélité de l'épouse, elle a fait école sur notre théâtre de deux manières. D'abord elle représente le sentiment de Thonneiir conjugal, dont le théâtre et le roman ont souvent fait usage chez nous, témoin la Monime de Hithridate, la Zénobie de Crébillon dans Rhadamisie, l'Idamé de
408 DE l'amouu conjugal.
Voltaire dans V Orphelin de la Chine, la princesse
de Cièves dans M""' de La Fayette.
L'autre sentiment de Pauline est la mémoire de l'amour qu elle avait pour Sévère. Madame la dauphine, femme du grand dauphin , disait de Pauline, après une représentation de Polyeucte : Voilà cependant une très- honnête femme, qui n'aime pas son mari. Madame la dauphine avait raison : Pauline n'aimait pas son mari quand elle l'a épousé'. Cependant le devoir, comme cela arrive dans les âmes honnêtes, a créé l'affection, et Pauline maintenant aime Polyeucte, car elle craint pour ses jours et s'alarmo du songe qui semble menacer sa vie. Celle affection, née du devoir, peut -elle lutter contre l'inclination qu'elle a eue pour Sévère? Oui, dans l'âme de Pauline, le devoir peut lutter et l'emporter sur l'inclination; mais, où Pauline lutte et triomphe, d'autres pourront lutter et ne pas triompher , d'autres enfin pourront même ne pas lutter. C'est par là aussi que Pauline a fait école sans le vouloir, et a eu des disciples dont le premier soin a élé de ne pas imiter leur modèle.
Polyeucte, Pauline et Sévère, c'est-à-dire le mari, la femme et l'amant, voilà la vieille trilogie qui fait le fond d'une grande partie de la littérature dramatique et de la littérature romanesque, et qu'il faut examiner avec soin; car l'allure différente de ces trois person-
Et moi, coniiiie à son lit je me vis destinée, Je donnai par devoir à sou affection Tout ce que l'autre avait par inclination.
(Acte I, scène m.)
LE DEVOIR ET l'aMOL'R. 409
nages dans le drame cl dans le roman témoigne des différences morales de la littérature.
De ces trois personnages, il est évident qu'il y en a un de trop. Lequel disparaîtra? voilà la question. Celui qui disparaît change selon les temps, les mœurs et les goûts. Quand c'est l'amant, la vertu applaudit ; mais il n'y a ni drame ni roman , et le cœur murmure. Il y a une tentation , une pensée coupable, qui peut être portée au confessionnal pour être avouée et absoute; il n'y a pas une action à mettre sur la scène. Dans Pohjeucte, c'est, il est vrai, l'amant qui se retire; mais il ne se retire qu'après s'être montre, non-seulement aux yeux, mais, si je puis le dire, dans le cœur de Pauline. Il fait le drame en paraissant, et la morale en se retirant.
Dans la Nouvelle Héloïse, des trois personnages de la trilogie, c'est la femme qui disparait. Elle meurt par accident, et elle meurt fidèle à ses devoirs; mais il était temps qu'elle mourût. Déjà, pendant la promenade aux rochers de la Meillerie, Julie avait compris, et nous avions compris avant elle, que M. de Volmar tentait une épreuve impossible en voulant que Saint-Preux vécût auprès de Julie, comme s'ils ne s'étaient jamais aimés ou comme s'ils ne pouvaient plus s'aimer encore ; comme s'il suffisait de la volonté pour étouffer les feux de la passion ; comme si la première sagesse n'était pas de fuir le danger et surtout de ne pas s'y plaire.
Dans un roman moderne, Jacques de madame Sand , ce n'est i)lus l'amant qui se retire, comme IV. 35
410 DE i.'amouu conjugal.
dans Polyeucte, ou la femme qui meurt, comme dans la Nouvelle Héloïse : c'est le mari qui disparaît. Comment et pourquoi? Ici j'ai besoin de quelques citations pour bien faire comprendre la comparaison que je veux établir entre la trilogie du mari, de la femme et de l'amant dans Polyeucte, dans la Nouvelle Héloïse et dans le roman moderne; comparaison toute dramatique et non point morale, entendons-le bien : car ce serait une puérilité ou une inconvenance que de comparer moralement l'ai! lire des trois personnages, dans Polyeucte, par exemple, et dans Jacques. D'un côté le bien , dé l'autre le mal : quelle comparaison morale y a-t-il à faire? Mais, du bien ou du mal, qu'est-ce qui dans le drame produit le plus d'effet? Qu'est-ce qui nous émeut le plus? Voilà la question que je veux traiter, question toute littéraire et où la morale n'a que faire, même pour être défendue.
Pourquoi dans Jacques est-ce le mari qui disparaît, comme faisant l'embarras de la trilogie, au lieu que dans Polyeucte c'est l'amant, et dans la Nouvelle Héloïse c'est la femme? 11 y a là toute une doctrine, dont le mari lui-même se fait le prédicateur dans une lettre que Jacques écrit à Fernande, sa fiancée, la veille même de son mariage : « La société, lui dit-il, va vous dicter une formule de serment ; vous allez jurer de m'être fidèle et de m'être soumise , c'est-à-dire de n'aimer jamais que moi et de m'obéir en tout. L'un de ces serments est une absurdité, l'autre une bassesse. Vous ne pouvez pas répondre de votre cœur, même quand je serais le plus grand et le plus parfait des hommes ; vous ne devez pas
LE DEVOIR ET L'aMOUR. 411
me promollre de m'obéir, parce que ce serait nous avilir riin cl l'aulrc '... »
Fernande, ainsi avertie, use de la libcrlc qui lui a été reconnue, et, dès qu'elle sent qu'elle aime un autre que son mari, elle se laisse aller sans scrupule à cet amour. Jacques lui-même, le mari, ne songe ni à s'élonner ni à se plaindre do la passion et par conséquent du droit que sa femme a contre lui : u Nulle créature humaine ne peut commander à l'amour, écrit Jacques à sa confidente Sylvia, et nulle n'est coupable pour le ressentir. Ce qui avilit la femme, c'est le mensonge... La résolution de perdre Octave (l'amant de Fernande) ne peut se soutenir dans cette àme puérilement sensible, que la plus petite soufTrance épouvante et qui succombe sous un véritable malheur. Est-ce sa faute? Ke serions-nous pas des insensés et des bourreaux, si nous exigions d'elle ce qu'elle ne peut accorder, si nous la frappions pour marcher quand ses jambes se dérobent sous elle?... Pauvre créature souffrante ! sensitive qui se crispe au souffle de l'air ! comment aurais-je le courage brutal de te tourmenter et l'orgueil stupide de te mépriser, parce que Dieu t'a faite si faible et si douce ? Oh! je t'ai aimée, simple fleur que le vent brisait sur sa tige, pour ta beauté délicate et pure, et je t'ai cueillie, espérant garder pour moi seul ton suave parfum , qui s'exhalait à l'ombre et dans la solitude ; mais la brise me l'a emporté en passant. Est-ce une raison pour que je te haïsse et le foule aux pieds ? Non ; je te reposerai doucement
' Jacqufs, p. 73, éJ. Charp.n'.'C,
412 DE l'amour conji:gal.
dans la rosée où je t'ai prise, et je te dirai adieu , puisque mon souffle ne peut plus te faire vivre, et qu'il en est un autre dans ton atmosphère qui doit te relever et te ranimer ^, »
Cependant Jacques, tout fort qu'il veut être et quelque fermeté qu'il emprunte à ses systèmes, Jacques ne peut pas supporter d'assister à l'amour de sa femme pour un autre. En vain Sylvia, sa confidente et son Égérie, et qui s'est fait aussi une morale à part, lui écrit : « Surmonte l'horreur que t'inspire Octave ; ce sera l'aflaire d'un jour... Laisselui sa place et prends-en une meilleure. Sois l'ami et le père, le consolateur et l'appui de la famille. N'es-tu pas au-dessus d'une vaine et grossière jalousie? Reprends le cœur de ta femme, laisse le reste à ce jeune homme. » Ces conseils , ridicules en dépit de leur prétendue austérité, ne persuadent et ne consolent pas Jacques. Aussi, pour tirer tout le monde d'embarras et pour en sortir lui-même, il va faire une promenade dans les montagnes du Tyrol et tombe, comme par accident, dans une crevasse de glacier.
Voilà la doctrine et voilà l'histoire. On aime tant qu'on peut. Le jour où l'amour passe , tout est fini, et, comme il n'y a pas de droit contre l'amour, comme les engagements de la conscience ne sont rien à côté des émotions du cœur, le mari qui n'est plus aimé n'est plus un mari, la femme qui n'aime plus n'est plus une épouse. Le mari alors doit, s'il est sage et s'il est ferme en sa sagesse, renoncer à sa femme et
' Jacques, p. 339 et 3 40.
LE DEVOIR ET l'aMOLR. 413
la céder stoïquement à l'amant. S'il est faible et s'il ne peut supporter d'avoir perdu la tendresse qui faisait son bonheur, eli bien ! qu'il prenne son parti et qu'il aille visiter les glaciers et n'en revienne pas. — Mais quoi ? s'il faisait ce qui s'est souvent fait dans le monde et ce que la loi n'a pas cru devoir punir : s'il tuait l'amant? — Tuer l'amant ! y pensez-vous? L'amant a droit de vivre : il est aimé ; el, comme il n'y a pas, entre l'homme et la femme, d'autre droit et d'autre loi que l'amour, tuer l'amant serait à la fois une folie et un crime : une folie, puisque le mari ne recouvrerait pas de cette façon l'amour de sa femme; un crime, puisque l'amant étant aime, c'est l'amant qui a droit contre le mari, et non le mari contre l'amant. Dans le code civil renversé qu'ont établi Jacques et Sylvia, le cas de défense légitime doit être au profit de l'amant, et non au profit du mari.
Le suicide ou le renoncement, voilà la conclusion de la doctrine de Jacques. 11 faut même dire que le suicide chez lui est une inconséquence, une faiblesse. La véritable conclusion est le divorce par renoncement mutuel : le mari renonçant, par un sublime effort de sagesse, à sa femme qui ne l'aime plus; la femme renonçant plus facilement à son mari, parce qu'elle en aime un autre. J'ai bien lu qu'au temps de la primitive Église, il y avait des époux qui renonçaient mutuellement au mariage et qui embrassaient la chasteté. Dans Jacques^ le renoncement se fait au profit de l'adultère.
Je ne dis pas seulement que le renoncement de Jacques est immoral, puisqu'il assiste à l'amour de
414 LE l'amour conjugal.
sa f 'irme pour Octave; je ne dis pas seulement qu'iï est impossible, puisqu'il se lue plutôt que de le supporter; je laisse de côlé la question morale et ne m'occupe que de l'intérêt dramatique. Quel personnage que celui de Jacques, qui a toutes les infortunes de Georges Dandin, qui le sait et n'en a pas même les colères! Il y a des maris qui supportent le déshonneur de leur femme, d'autres qui s'en font une fortune ou une puissance : ceux-là sont à la fois méprisés et ridicules; il n'y en a pas qui soient plus infâmes. Jacques fait par système ce que ces maris font par calcul, et la différence des sentiments, qui empêche la ressemblance dans le mépris, n'empêche pas la ressemblance dans le ridicule.
Renoncement pour renoncement, j'aime mieux celui de Pauline, qui renonce à son amant. Ce renonccmcnt-là est honnête et touchant; il coûte à lame qui s'y résout, mais il ne lui coûte rien contre la dignité. Pauline a aimé Sévère; elle pourrait l'aimer encore, si elle ne consultait que le penchant de son cœur, si elle croyait, comme le dit Jacques, qu'il n'y a pas d'obligation supérieure à l'amour, « et que perce sonne n'est coupable pour le ressentir, » par conséquent aussi pour le témoigner. Pauline n'est pas une femme insensible; elle sait quel est son cœur, elle a aimé :
Une femme d'honneur peut avouer sans honte Ces surprises des sens que la raison surmonte; Ce n'est qu'en ces assauts qu'éclate la vertu, Et l'on doute d'un cœur qui n'a point combattu*.
' Po!>jeuc(e, aclc l''', sict.c ih.
LE DEVOin ET l'amour. 4 15
Si elle revoit Sévère, puisqu'enfin il n'est pas mort, elle pourra raimer encore. — Kli bien ! cet amour, renaissant avec Sévère ressuscité et jamais oublié, cet amour srra pour Pauline, croyons-en JaC'|ues, une obligation supérieure au serment qu'elle a fait à Polyoucte. Pourquoi donc ne veut-elle pas revoir Sévère? Félix, son père, la prie par politique et pour avoir en Sévère un appui , de recevoir son ancien amant, devenu le favori de l'emitcreur. « Moi ! moi ! répond-elle à son père,
Moi ! moi ! que je revoie un si puissant vainqueur Et m'expose à des yeux qui me percent le cœur ! Mon père, je suis femme et je sais ma faiblesse; Je sens déjà mon cœur qui pour lui s'intéresse Et poussera sans doute, en délit de ma foi, Quelque soupir indigne et de vous et de moi. Je ne le verrai point!