‹ Cours de litterature dramatique (volume 3)Chapitre 9 sur 42 · LA PÉNÉLOPE D'HOMÈRE · texte numérisé non relu

LA PÉNÉLOPE D'HOMÈRE

rendu célèbre dans toute la Grèce en vengeant son père. » Cruelle vengeance ! Minerve ou Mentor ne dit pas sur qui Oreste l'a accomplie. Seulement, à qui no fait rien encore pour son père, elle ne craint pas de montrer celui qui a trop fait pour le sien.

Dans cet entretien, qui ouvre l'esprit et affermit l'âme de Télémaque, ne considérez pas le merveilleux, la déesse qui parle au jeune homme ; considérez plutôt la peinture des premiers mouvements virils que ressent celui-ci, quand, entrant dans la vie, et y entrant, comme Télémaque, par le malheur, il se prépare à lutter contre les événements. Heure importante, que celle où, pour la première fois, l'adolescent se dit : Je suis un homme et je veux l'être, non pour la liberté ou le plaisir, mais pour la défense de mes droits et pour l'honneur de ma famille ! L'hôte qui attend vainement à la porte a été pour Télémaque rhcuie de réflexion et d'ambition qui d'un enfant fait un homme , et , à mesure qu'il s'est entretenu avec cet hôte, cet inconnu, qui est peut-être un diuu, il s'est senti plus ferme et plus hardi : heureux et naturel effet d'un bon sentiment , qui peut nailie dans l'âme d'un jeune homme sans rinlerventiou d'un dieu, mais que l'assistance divine soutient et affermit. Les païens pensaient, comme nous, que les bons sentiments viennent de Dieu ; ils croyaient à la grâce sans en faire une doctrine, et voil.i pourquoi Minerve, en quittant Télémaque, redouble en son cœur le souvenir de son père : c'est par là qu'elle lui inspire la force et le courage. Il se souvenait de son père pour le pleurer ; ii s'en souviendra maintenant pour le vengcï. A celte réflexion j'ajoute

Page 1