THOAS
« Adieu ' ! »
Et c'est ainsi qu'ils se quittent, tous heureux et contents les uns des autres.
Il est une dernière remarque que je dois faire. Que devient, dans la pièce de Goethe, cet amour
I Scène dernière.
fraternel si bien exprimé par Euripide, et qui tempère heureusement l'horreur attachée naturellement au personnage d'Oreste ? Cet amour fraternel disparait au milieu des méditations et des rêveries du frère et de la sœur, ou plutôt il se confond avec les autres vertus que Goethe a données à ses personnages. Euripide avait fait d'Oreste un personnage intéressant, quoique criminel, et de sa reconnaissance avëfc Iphigénie une scène calme et solennelle, quoique pathétique. Gœthe a outré et défiguré les deux pensées d'Euripide. D'une part, son Oreste, quoiqu'il ait eu le malheur de tuer sa mère , est une sorte de Grandisson qui a toutes les vertus et qui surtout parle de toutes les vertus en véritable philosophe. Voilà l'excès dans le personnage. D'un autre côté, le calme tragique du poète grec est devenu, dans le poète allemand, une immobilité systématique qui détruit l'intérêt et arrête l'émotion. A la vie active qui doit être essentiellement celle du drame, Gœthe, dans son Iphigénie en Tawide^â substitué la vie contemplative.