C. de Litt. — Rouleau Emile
tempérament el usent les organes. Une âme menée par la crainte en est toujours plus faible. »
Vous supposerez qu'à propos de ce passage, une lettre est écrite à Rollin par le marquis d'Argenson (1694-1757), intendant du Hainaut de 1720 à 1724, conseiller d'État, secrétaire d'État des affaires étrangères de 1744 à 1747. C'était un homme de mœurs simples, que ses ennemis appelaient à la cour « d'Argenson la Bête », fort intelligent, avec une tendance à l'utopie. Il a laissé des Mémoires où il raconte que, faisant ses études au collège Louis-le-Grand, il reçut le fouet pendant sa seconde année de rhétorique ; il avait alors dix-sept ans.
(Lille. — Baccalauréat classique et moderxe, (juillet 1895.)
Lettre de J.-J. Rousseau à une mère qui gâte son enfant. Exposer, en particulier, quelques-unes des idées contenues dans le livre II de l'Emile.
(Jura. — Brevet supériel-r, oct. 1889.
Aspirantes.)
Un de vos amis, instituteur comme vous, vous a dit dans une de ses lettres qu'il a été étonné de voir un livre de Y Emile figurer au programme du Brevet supérieur. Quant à lui, il a parcouru cet ouvrage, et n'y a trouvé que des théories bizarres et erronées. Chargez-vous de lui répondre.
(Seine. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1888.)
On sait que Rousseau déclare que les livres sont des instruments « de la plus grande misère des enfants ». Il ne voudrait pas qu'on les mît entre leurs mains avant l'âge de douze ans, « la lecture étant le plus grand fléau de l'enfance ».
Dans une lettre écrite à une de vos amies, vous direz ce que vous pensez de celte opinion; et si vous ne partagez pas le sen-
timent de J.-J. Rousseau, vous montrerez quels avantages les enfants peuvent retirer de la lecture.
(Alger. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1888.)
Lettre de Voltaire à d'Alembert sur l'Emile.
Mme d'Houdetol écrit à Rousseau après avoir lu Y Emile.
Début affectueux et attristé, tiré, d'une part, de souvenirs encore récents de leur amitié et de leur séparation; de l'autre, des persécutions auxquelles est en butte l'auteur de V Emile.
Idées et sentiments qu'elle goûte pleinement dans ce livre et pour leur nouveauté et pour leur vérité.
Légères critiques qu'elle croit pouvoir se permettre et qui devront porter moins sur l'éducation d'Emile que sur celle de Sophie.
H 11 e forme pour son ami des vœux de repos et d'apaisement plus encore que de gloire.
De 1777 à 1780, Mirabeau, dont les désordres de jeunesse avaient fait scandale, fut enfermé au donjon de Vincennes, à la requête de son père, le fougueux auteur de l'Ami des hommes. C'est en 1778 que moururent, à quelques mois de distance, Voltaire et Rousseau. Mirabeau dut être ému surtout de voir disparaître celui qu'il appelle, dans une lettre du 10 juillet 1778, md Rousseau, et dont il admire le « magniGque poème d'Emile '. » On suppose qu'il écrit à son oncle, le bailli de Mirabeau, vaillant marin, qui l'avait toujours défendu.
I. u Sur le tout (l'éducation du premier ;ts- . lia M. de Buflbn, qui en moins autant que toi et les autres; lis le grand Rousseau tu entends biei n'est pas du faiseur de vers que je parle), lis son magnifique poème à' 1 admirable ouvrage, où se trouvent tant de % »r ités neuves. Laisse les tous, les envieux, les bégueules, hommes el femmes, et les sots s'en moquer et <lir" que c'est un homme à système. Il est trop \rai que, vn notre dépressièn, tout es qu'il propose n'est pas faisable, et en vérité il n y a pas là de quoi nous vanter; partie de son ouvrage qui traite de l'éducation physique et de celle du premier âge n'est point dans ce cas. et c'est là ou tu trouveras les vrais pi in. ;
Il se croit assez puni de ses fautes par les rigueurs d'une captivité qu'il essaye pourtant de rendre utile et même féconde par la lecture et la méditation.
Les deux morts si rapprochées de Voltaire triomphant et de Rousseau désespéré, l'ont touché vivement; mais leur œuvre ne mourra pas.
Il vient de relire V Emile et le Contrat social. Ou il se trompe fort, ou une ère nouvelle va s'ouvrir pour les Français et pour les hommes.
Dans cette crise prochaine, la noblesse aura de grands devoirs à remplir. Avec elle ou sans elle, il est prêt à prendre en mains la cause de la liberté, trop heureux s'il persuade aux siens qu'ils n'auront plus à rougir de lui.
Lamartine écrit à son ami Guichard (19 août 1809) sur l'Emile : « Je veux faire de ce livre mon ami et mon guide. » On suppose que son ami est d'un sentiment assez différent et lui répond en indiquant ce qu'il trouve de systématique et même de paradoxal dans certaines théories de Rousseau.
L'éducation de l'homme. — Dès 1751, Fauteur des Considérations sur les mœurs, Duclos, se préoccupait de l'éducation, trop négligée en son temps, de l'homme et du citoyen.
« On trouve parmi nous, écrivait-il, beaucoup d'instruction et peu d'éducation. On y forme des savants, des artistes de toute espèce; mais on ne s'est pas encore avisé de former des hommes. » Et il exprimait la crainte qu'on ne profitât pas, pour réformer les méthodes d'instruction et surtout d'éducation, d'une « certaine fermentation de raison universelle » qu'il sentait se propager autour de lui.
D'Alembert, qui, cette même année, vient de publier les deux premiers volumes de Y Encyclopédie, les lui envoie en échange de ses Considérations.
Il a lu avec un vif plaisir, en particulier, ce chapitre II, sur l'Éducation et sur les Préjugés. Comme Duclos, il est d'avis que « dans l'éducation générale on doit considérer les hommes relativement à l'humanité et à la patrie ».
Ce qui manque à l'éducation qu'on donne alors à la jeunesse,
il ne l'ignore pas. et il s'entretient souvent de ce sujet avec un Genevois, M. Rousseau, connu depuis peu par un discours paradoxal contre les sciences et les arts, mais capable d'écrire des ouvrages plus sérieux.
Les deux volumes qu'il lui envoie lui prouveront qu'il n'est pas le seul à se préoccuper de préparer l'homme et le citoyen à une vie nouvelle et à de nouveaux devoir?.
DISSERTATIONS ET LEÇONS
Comparer les théories de Quintilien sur l'éducation à celles de Rousseau. Quels sont les emprunts de Rousseau? En quoi
est-il original?
Paris. — Leçon d'agrégation, 1878.)
Discuter cette pensée de Rousseau {Emile, II) : « J'aime mieux être un homme à paradoxes qu'un homme à préjugés. » (Paris. — Devoir de licence, juin 1881.)
Rousseau a-t-il raison de vouloir qu'on parle de Dieu à Emile seulement quand celui-ci aura atteint l'âge de seize ans ? (Aix. — Devoir de licence es lettres, 1880.)
Analyser et juger la Profession de foi du Vicaire savoyard.de J.-J. Rousseau.
(Clermont. — Devoir d'agrégation, 1899.)
« Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres des devoirs qu'ils dédaignent de remplir autour d'eux. Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d'aimer ses voisins. » (Emile, I.)
(Nancy. — Devoir de licence.)
Discuter, apprécier les services que Rousseau a rendus, surtout par le livre premier de Y Emile : 1° à l'enfance; 2° à la famille; 3° à la moralité française; 4° à l'éloquence et même à la poésie.
(Rennes. — Licence es lettres, 1886.)
Raconter, autant que possible d'après Rousseau lui-même, l'histoire de son principal ouvrage, Y Emile : 1° période de préparation; toute la vie de Fauteur, surtout depuis son arrivée à Paris (1740); 2° période de rédaction (1758-1761); ici quelques vues sur le mérite général, sur les erreurs et les excès que peut excuser le milieu corrupteur contre lequel Rousseau veut protéger l'enfant; 3° inquiétudes et persécutions, qui sont ses récompenses, jusqu'à sa mort (1778, cinq semaines après Voltaire). Consulter surtout les Confessions, livre premier, 8, vers la fin; 10 surtout 11 et 12. — Prononcez enfin votre jugement personnel sur le caractère de Rousseau.
(Rennes. — Devoir de licence.)