‹ Cours de littérature (volume 2)Chapitre 31 sur 68 · VI IL · texte numérisé non relu

VI IL

Comment et jusqu'à quel point Rousseau, dans YÊmile, s'est-il inspiré des Essais de Montaigne?

(Toulouse. — Licence es lettres.)

Que pensez-vous de ce paradoxe de Rousseau : « Toule l'éducation des femmes doit être relative aux hommes. Leur plaire, leur être utile, se faire aimer et honorer d'eux, les élever jeunes, les soigner grands, les conseiller, les consoler, leur rendre la vie douce et agréable, voilà les devoirs des femmes dans tous les temps. » Rapprocher de cette théorie celle de Fénelon dans Y Éducation des filles.

(Agrégation de l'enseignement secondaire des filles, 1000.)

J.-.I. Rousseau dit, dans V Emile : « Rendez votre élève attentif aux phénomènes de la nature, bientôt vous le rendrez curieux; mais, pour nourrir sa curiosité, ne vous pressez jamais de la satisfaire. Mettez les questions à sa portée et laissez-les-lui résoudre. Qu'il ne sache rien parce que vous le lui avez dit, mais parce qu'il Ta compris lui-même: qu'il n'apprenne pas la science, qu'il l'invente. » Discuter cette opinion.

1° On montrera qu'elle repose sur une conception élevée de l'enseignement, et qu'elle tend à pénétrer de plus en plus dans la pratique; on fera comprendre l'attrait qui peut en résulter pour l'élève, et plus encore pour une classe.

2° On demandera toutefois si l'auteur ne s'est pas exprimé sous une forme trop absolue ; et, prenant par exemple une quelconque des sciences physiques ou naturelles, on indiquera dans quelle mesure il est avantageux et nécessaire d'y combiner la méthode préconisée par Rousseau avec les procédés didactiques ordinaires.

(Certificat d'aptitude a l'enseignement secondaire des jeunes filles, 1885.)

J.-J. Rousseau a dit : « La continuité des petits devoirs toujours bien remplis ne demande pas moins de force que les actions héroïques..., et il vaut mieux avoir toujours l'estime des hommes que quelquefois leur admiration. » Celte pensée estelle vraie et, si elle l'est, l'approuvez-vous sans réserve?

(Certificat d'aptitude a l'enseignement secondaire dfs .1 runes filles, 1890.)

Développer cette pensée de Rousseau : « Ce que nous nous proposons de faire acquérir par l'éducation est moins la science que le jugement. » Appliquer cette maxime à l'enseignement primaire en général; indiquer ensuite les conséquences qu'on croira devoir en tirer pour la préparation même du personnel

enseignant, et en particulier pour les divers examens professionnels.

(Examen des aspirants a la direction des écoles normales, octobre 1883.)

Qu'est-ce que l'esprit d'observation? Quel intérêt y a-t-il à le cultiver chez les enfants? Quels sont les moyens les plus propres à le faire naître et à le développer?

(École normale supérieure d'enseignement primaire de Sa ixt-Cloud. — Concours d'admission, juillet 1886.)

Expliquer ce qu'il faut entendre par l'éducation naturelle progressive, dont Rousseau a tracé le programme. Discuter ces idées.

(Professorat des écoles normales. — Aspirantes. Leçon, 1890.)

Exposer et apprécier les idées émises par Rousseau dans le second livre de V Emile sur l'enseignement de l'histoire et de la géographie.

(Professorat des écoles normales. — Aspirants. Leçon.)

J.-J. Rousseau, précepteur des enfants de M. de Mably, se plaint du peu de progrès qu'il fait faire à ses élèves, et s'en accuse en disant : « Je ne savais employer auprès d'eux que trois instruments, toujours inutiles et souvent pernicieux auprès des enfants : le sentiment, le raisonnement, la colère. » Apprécier cette opinion.

(Certificat d'aptitude a l'inspection primaire et a la direction df.s écoles normales. — Pédagogie, 1894.)

Le P. Girard écrivait en i 810 : « L'histoire de l'éducation tracera, un jour, le parallèle des deux pédagogues suisses : Rousseau et Pestalozzi; l'un qui, pour un élève imaginaire, n'aura fait qu'un roman, mais dont les erreurs mêmes seront des avis salutaires; l'autre qui, sentant parfois trop vivement pour pouvoir s'exprimer bien, aura la gloire d'avoir passé sa vie au milieu d'une foule d'enfants, consacrant à leur éducation ses veilles, sa fortune et son co'ur. » Essayez d'esquisser le parallèle ainsi indiqué.

(Certificat d'aptitede a l'inspection primaire et a la direction des écoles normales,

La femme chez Fénelon et chez Rousseau; comparaison et jugement.

(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)

Utilité de la comparaison entre Fénelon et Rousseau pédagogues : savoir comment se posait, au xvne et au xvme siècle, le problème que le xixe n'a pas encore complètement résolu.

Cette comparaison est surtout d'abord une opposition. Marquer les différences essentielles : 1° Des époques. — Mérite de Fénelon écrivant au xvne siècle. Fénelon et Bossuet comparés à ce point de vue. Progrès accompli de Fénelon à Rousseau; nouveauté du point de vue. 2° Des personnes. — Fénelon prêtre gentilhomme. Rousseau plébéien et protestant d'origine. 3° Des œuvres. — Fénelon écrit une lettre toute personnelle et particulière, et s'élève, il est vrai, à des considérations générales, mais sans jamais composer ce qu'on appelle, improprement ici, un « traité ». C'est un traité qu'écrit Rousseau et un traité sur l'éducation de l'homme, l'éducation de la femme ne venant qu'à la fin et comme complément de l'œuvre.

Comment pouvaient-ils et devaient-ils envisager la femme et son éducation? Aucun de ces deux pédagogues n'a, en fait, élevé des filles. Mais Fénelon, homme du monde, confesseur, directeur de conscience, est un psychologue à la fois mieux informé et plus délicat que Rousseau. — Sa psychologie de l'enfant et de la femme. — Sa supériorilé morale incontestable.

Éducation intellectuelle. — Montrer que les idées de Rousseau sont en germe chez Fénelon. « Il faut se contenter de suivre et d'aider la nature. » — « Montrez à l'enfant l'utilité des choses que vous lui enseignez: faites-lui-en voir l'usage par rapport au commerce du monde et aux devoirs des conditions. »

Mais montrer aussi que ces idées n*ont rien chez lui de systématique ni d'absolu: le « sens du réel » Gréard chez Fénelon, l'utopie chez Rousseau.

Moralement et intellectuellement donc il semble que la comparaison soit toute à l'avantage de Fénelon. Mais son idéal est bien particulier à lui-même et à son temps; c'est une jeune tille noble, une catholique qu'il élève; Rousseau, le premier, a essayé d'élever « la femme » sans distinction de caste, de religion, de patrie, « la femme de l'homme », comme il le dit. Cette entreprise nouvelle était dangereuse; il n'y a pas réussi parce qu'il es>t parti d'une idée fausse (subordination complète de la femme à l'homme. — Et celles qui ne se marient pas?. — Mais il a posé la question : « Que doit être la femme moderne? » (hors de toute confession, de toute classe et de tout pays, — idéalement , et cette question, nous nous la posons encore, entrevoyant, il est vrai, une réponse assez différente de celle que Rousseau a exprimée.

Faire dans le livre II de V Emile la part de l'idéal irréalisable et celle de l'idéal réalisable ou même déjà réalisé.

(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)

En quoi Rernardin de Saint-Pierre ressemble-t-il à son mai- Ire Rousseau? En quoi diffère-t-il de lui? En quoi conlinue-t-il son influence? En quoi exerce-t-il la sienne propre?

(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)

Est-il disciple de Rousseau? Oui, mais un disciple resté original.

Opposition de la vie et du caractère de Rousseau à la vie et au caractère de Bernardin. D'une part, sorte de rêve perpétuel

et d'exaltation continue, misanthropie croissante, aboutissant presque à la folie. D'autre part, voyages et aventures, humeur difficile aussi, mais à la fin succès incontesté, bonheur et gloire, savourés avec un attendrissement un peu égoïste, et une légère fatuité1.

Ses relations avec Rousseau; le sentiment de la nature les réunit. Ils herborisent ensemble dans les environs de Paris. Ce que peut être l'amitié de Rousseau vieilli, tel jour où sa misanthropie le reprend. « J'ouvre sa porte, nous dit-il; il me reçoit sans rien dire, d'un air austère et sombre. Je lui parle, il ne me répond que par monosyllabes, toujours en copiant sa musique... J'ouvre, pour me distraire, un livre qui était sur sa table : « Monsieur aime la lecture, » me dit-il d'une voix troublée. Je me lève pour me retirer; il se lève en même temps et me reconduit jusque sur l'escalier, en me disant, comme je le priais de ne pas se déranger : « C'est ainsi qu'on en doit user avec les personnes avec lesquelles on n'a pas une certaine familiarité. » Quel souvenir pourtant Bernardin a gardé de Rousseau, et quelle image il veut nous en laisser. « Cet excellent homme n'avait point de ressentiment; jamais il ne m'a dit de mal de ses plus grands' ennemis : tous ses défauts étaient dans sa tête, souvent troublée par les ressouvenirs de ses malheurs passés et par la crainte des malheurs à venir. » 11 imagine un entretien entre sa femme et sa fille Virginie, au bois de Boulogne, où il s'est promené souvent avec Jean-Jacques, qui emportait avec lui le Tasse, ou Plutarque, ou un livre composé de quelques pat'es de l'Ancien et du Nouveau Testament. « Virginie. Qu'est-ce que Jean-Jacques? Je ne l'ai jamais vu avec

1. Voyez, dans le livre de M. Ed. de Pompery, Un Coin de Bretagne pendant la Révolution : Correspondance de Mm" Audouyn de Pompery avec son cousin et Bernardin de Saint-Pierre Lemerre, 1S84. I. Ier), cette lettre à une cliente frappée par un deuil de famille. « Je prends bien part à vos peines et je vous exhorte à les calmer par toutes les consolations que peut vous procurer l'amitié. Il en est une, sans doute, contre laquelle se brisent tous les orages de la vie : c'est la confiance en Dieu. Au milieu du conflit de tant de partis qui prétendent défendre sa cause, le seul moyen de conserver la paix du cœur est de s'attachera lui seul. C'est sur ce principe que j'ai dirigé la conduite de toute ma vie. composé nies Etudes de la nature et publié la suite des Vœux d'un Solitaire. Cet ouvrage se tend chez M. Didot jeune, mon libraire. »

A la première Ecole normale, où il fut nommé professeur, il ne Gt qu'une courte apparition, voulant se consacrer tout entier, disait-il, aux Eléments de morale que la Convention l'avait chargé de rédiger: mais il toucha fort régulièrement les appointements de son emploi. Voyez les ouvrages d'Arvède Barine et de Maury, cités à la Bibliographie, et aussi, pour les rectifier sur quelques points. Bernardin de Saint-Pierre, d'après su correspondance inédite, par Maurice Souriau, Société française d'imprimerie, 1898.

mon papa. — La mère. Il est mort il y a longtemps, ma fille. C'est un homme qui a été fort persécuté, parce qu'il prenait le parti des malheureux. Il aimait beaucoup les enfants. »

L'œuvre : y montrer à la fois l'influence de Rousseau et la personnalité indépendante de Bernardin. Sentiments et idées.

Sentiments. — La nature. — Voyage à Vile de France, antérieur aux plus belles pages pittoresques de Rousseau. Supériorité de Rousseau : profondeur de sentiment; L'âme et la nature; sobriété de traits dans la description. Nouveauté chez Bernardin : la nature exotique: le détail noté et peint; couleurs vives et nuancées. Montrer que par la Bernardin est lui-même un précurseur, en bien et en mal. Indiquer l'éloge de Napoléon: m Votre plume est un pinceau, » mais aussi la critique de Joubert : « Il y a dans le style de Bernardin de Saint-Pierre un prisme qui lasse les yeux. Quand on l'a lu longtemps, on est charmé de voir la verdure et les arbres moins colorés dans la campagne qu'ils ne le sont dans ses écrits. Ses harmonies nous font aimer les dissonances qu'il bannissait du monde, et qu'on y trouve à chaque pas. La nature a bien sa musique, mais elle est rare heureusement. Si la réalité offrait les mélodies que ces messieurs trouvent partout, on vivrait dans une langueur extatique, et l'on mourrait d'assoupissement. »

L'àme dans le cadre de la nature; le roman. La Nouvelle II glorification de la passion, orages, et V<nd et Virginie, idylle, d'ailleurs moins innocente qu'elle ne peut paraître d'abord. Au fond, même théorie : la vie selon la nature.

Les idées, surtout d'après les Etudes de la nature et les Harmonies de la nature. Exagération attendrie de Rousseau, en particulier pour l'éducation; horreur des livres, défiance des maîtres, levons en musique; ne montrer que les choses. Différences : le sentiment religieux développé de bonne heure par la mère chez l'enfant. Éducation moins négative, moins fictivement isolée; idée même d'une éducation collective et nationale. D'ailleurs même méthode, même fond de religion et de philosophie : le sentiment.

Double intérêt de cette comparaison : d'une part, les exagérations de Bernardin révèlent ce qu'il y a d'excessif dans le système de Rousseau; d'autre part on voit qu'il y a eu des intermédiaires entre Rousseau et le xixe siècle. Bernardin est un de ces intermédiaires, et le plus personnel. Lamartine l'avoue pour son maître.

En étudiant Y Emile clans son ensemble, montrer combien il se relie étroitement à l'œuvre entière de Rousseau.

(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)

Coup d'œil rapide jeté sur la vie et l'œuvre de Rousseau avant Y Emile; montrer d'une part que ses premières œuvres ont un caractère agressif et incomplet; de l'autre, que les principales idées qui feront le fond de Y Emile y sont en germe.

Expliquer : 1° comment Rousseau a pu se recueillir pour produire son œuvre maîtresse : période relativement calme de la vie; 2° pourquoi il a dû la produire. V Emile centre nécessaire et âme de l'œuvre entière de Rousseau. Idée naturelle de reprendre la société par la base, de refaire l'homme par et dans l'enfant. Par là aussi effet moral plus grand; conquête de la société même qu'on attaque; en tout cas, l'avenir préparé.

Etudier YÉmile en lui-même en marquant les rapports qu'il a avec les autres œuvres, mais aussi et surtout ce qu'il a de plus général, de plus philosophique, de plus humain. En particulier, caractériser les idées, les sentiments, et parmi eux le sentiment moral. Le bon Rousseau.

Double idéal : nature, conscience. Montrer que si le premier aujourd'hui paraît plus discutable, c'est qu'il y entre une part de satire et d'utopie qui a vieilli, mais qu'au fond tous deux n'en font qu'un.

En 1762, Rousseau écrivait : « Les premières facultés qui se orment et se perfectionnent en nous sont les sens. Ce sont les premières qu'il faudrait cultiver; ce sont les seules qu'on oublie ou celles qu'on néglige le plus. » La situation dépeinte par Rousseau s'est-elle modifiée de nos jours? Dites d'une façon sommaire ce que vous faites dans votre école pour l'éducation des sens.

^'Certificat d'aptitude pédagogique.)

Quelles sont, dans le livre II de YÉmile, les théories et les

observations qui ont le plus attiré votre attention? Exposez librement les diverses réflexions que cette lecture vous a suggérées.

(Seine. — Brevet supérieur. —Aspirants, 1882.)

Apprécier ces paroles de J.-J. Rousseau : « Emile n'apprendra jamais rien par cœur, pas même des fables, pas même celles de la Fontaine, toutes naïves, toutes charmantes qu'elles sont. » (Certificat d'aptitude au professorat des écoles normales, 1884. — Lyon et Nancy. Baccalauréat de l'enseignement spécial, 1886 et 1889.)

Faire le portrait d'un jeune homme qui aurait été élevé d'après les idées de J.-J. Rousseau exposées dans V Emile. (Lozère. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1887.)

Expliquez et commentez cette pensée de Rousseau : « II est des retours sur nos fautes qui valent mieux que de n'en avoir pas commis. » Dites aussi si vous pensez que l'idée morale qui a inspiré cette réflexion de Rousseau puisse devenir un principe d'éducation pour l'enfant.

(Cantal. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1887.)

Expliquer cette parole de Rousseau : « Sois ton valet afin d'être ton maître. »

(Charente. — Brevet élémentaire.

Aspirants, 1887.)

(juels sont les problèmes relatifs à l'éducation soulevés par Rousseau? Les a-t-il résolus? Dans le cas contraire, a-t-il fait œuvre inutile?

(Jura. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1888.)

Rousseau donne, au livre II de VÈmile, le conseil suivant ■ « Souvenez-vous qu'avant d'entreprendre déformer un homme il faut s être fait homme soi-même; il faut trouver en soi 1 exemple qu'il se doit proposer. »

Commenter cette pensée en l'appliquant à une institutrice ! et a ses élevés, et montrer quelles sont, d'après vous, les principales qualités à développer chez la femme.

(Morbihan. — Brevet supérieur.

Aspirantes, 1890.)

Développez et appréciez, en l'appliquant au livre II de VÈmile ce jugement porté par un grand philosophe Kant) sur l'œuvre de J.-J. Rousseau : «La première impression qu'un lecteur qui ne lit point par vanité et pour perdre le temps emporte de ses écrits, c est que cet écrivain réunit à une admirable pénétration degenie une inspiration noble et une âme pleine de sensibilité... I L impression qui suit immédiatement celle-là, c'est celle de 1 1 etonnement causé par les pensées extraordinaires et paradoxa- | les qu'il développe... Je dois lire et relire Rousseau, jusqu'à ce 1 que la beauté de l'expression ne me touche plus : c'est alors ' seulement que je puis disposer de ma raison pour le juger. » (Lot. — Brevet supérieur. —Aspirants, 1891.)

Villefranche-de.Rouergue. — J. Bardoux \xr,\>r.

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