‹ Cours de littérature (volume 2)Chapitre 33 sur 68 · C. de Litt. — L'Encyclopédie · texte numérisé non relu

C. de Litt. — L'Encyclopédie

vre de cette ampleur, ne lisent que la préface, Diderot, quand cette œuvre fut entreprise, était beaucoup moins connu et moins estimé que d'Alembert. Jean le Rond, dit d'Alembert, fils naturel de Mme de Tencin et du chevalier Destouches, ne semblait pas destiné à une fortune brillante quand on le trouva, en 1717, sur les marches de Saint-Jean-le-Rond, église baplistère de Notre-Dame, et quand son éducation fut confiée à une pauvre vitrière du voisinage, Mme Rousseau. Mais si sa mère se détourna pour toujours de lui, il ne fut pas entièrement abandonné par son père, et put faire de solides études au collège des Quatre- Nations. A vingt-trois ans, il était membre de l'Académie des sciences, membre stagiaire, il est vrai, aucune vacance n'existant alors dans la Compagnie. A vingt-six ans (1743), dans son Traité de dynamique, il expose le célèbre principe qui porte son nom. Ses autres ouvrages scientifiques, Traité de l'équilibre et du mouvement des fluides (1744), Théorie générale des cents (1746), Recherches sur la précession des équinoxes (1749), sont antérieurs à la publication du premier volume de Y Encyclopédie. Précurseur de Lagrange dans la mécanique analytique, de Laplace dans la mécanique céleste, il parait grand, encore aujourd'hui, aux savants qui le jugent à distance. Mais alors il était « le prodigieux et aimable d'Alembert, le sublime géomètre1 »; la froide Mme du Deffand se passionnait pour lui; Voltaire, aussi peu enclin que son amie à l'enthousiasme, exaltait « ce géomètre qui unit à la délicatesse de Fonlenelle la force que Fontenelle n'a pas ». D'aucune façon, avant 1750, on ne pouvait comparer à ce savant qui vivait dans le fier isolement de sa pauvreté, cet homme de lettres débraillé de tenue et de vie, auteur de quelques traductions ou de quelques essais étrangement hardis, dont un, les Lettres sur les aveugles (1749), venait de lui valoir un séjour à Vincennes.

C'est seulement en 1754, après la publication des premiers volumes de l'Encyclopédie, que d'Alembert fut élu à l'Académie française, et, dans les conditions où elle se fit, cette élection fut un triomphe pour le parti philosophique, mais un triomphe qui le détourna de sa voie naturelle en faisant de lui un littérateur et un polémiste. Villemain l'a remarqué : esprit supérieur et même créateur dans les mathématiques, en littérature et en philosophie, d'Alembert écrit froidement, sans idées nouvelles.

i. Lettre de fies Alleurs à M"« du Deffand. 15 oct. 1743. Voir les ouvrages de Bertrand et Brunel cités à la Bibliographie.

Il critiquait volontiers la solennelle ampleur du style de Buflbn, qu'il appelait le grand phrasier. « Que voulez-vous, lui répondit un jour quelqu'un, il n'est pas donné à tout le monde d'être sec. » Son goût, tout voltairien, est souvent étroit, moins étroit cependant qu'on ne l'a dit quelquefois. Contre Voltaire lui-même il prend avec beaucoup de sincérité le parti du vieux Corneille ptembre 1761;. Sa réponse à la Lettre sur les spectacles, que Rousseau lui avait adressée, est une apologie élégante, mais superficielle, du théâtre, écrite par un « honnête homme » du xvine siècle. Certains arguments ont dû faire pitié à Rousseau. Pascal se fût indigné de certains autres. <c Il semble que les spectacles, à ne les considérer que du côté de l'amusement, peuvent être accordés aux hommes comme un. jouet qu'on donne à des enfants qui soutirent. » Mais voici, à coté, une page assez personnelle sur le drame bourgeois :

S'il m'est permis de juger de l'impression des autres par la mienne, j'avoue que je suis encore plus touché des scènes pathétique de l'Enfant prodigue que 'les pleurs d'Andromaque et i'Iphigénie. Les princes "t les grands >"iit trop loin de nous pour que nous prenions à leurs revers le même intérêt qu'aux nùtres. ne voyons, pour ainsi 'lire, les infortunes des roi- qu'en perspective; et dans le temps même où nous les plaignons, un sentiment c<>nfu- semble nous dire, pour nous consoler, que ces infortunes sont le prix de 1< grandeur suprême, et comm-- les degrés par lesquels la nature rapproche les prin

- hommes. Mai- les malheurs de la vie privée n'onl p<>int cette ressource à nous offrir : ils sont l'image fidèle d<s peines qui nous affligent ou qui nous

nt ; un roi n'est presque pis notre semblable, et le sort de nos pareils . plus de droits à nos larmes.

Ce qui me parait blâmable dans ce genre, ou plutôt dans la manière dont l'ont traité nos poètes, est 1'- mélange bizarre qu'iU y ont presque toujo du pathétique et du plaisant. Deux sentiments si tranchants et -

it pas faits pour être voisins, et quoiqu'il y ait dans la vie quelques cireonstances bizarre- .ai l'on rit et où L'on pleure à la fois, je demande .-i toutes les circonstances d - ntées sur le théâ

- intiment trouble et mal décidé qui résulte de cet alliag

pleurs est préférable au plaisir seul de pleurer, ou même au plaisir seul de rire.

Rien de tout cela, il est vrai, n'est bien nouveau ni bien bardi. L'essai d'apologie du drame bourgeois avait été tenté avec plus de décision par Corneille dans la préface de Don S anche, et, chez d'Alembert, la timidité classique reprend vite le dessus. Dans tel article de l'Encyclopédie Coût), il s'attaque au prosaïque Lamotte, qui ne sentait pas l'harmonie des vers, et déclare q u'y être insensible, c'est manquer d'un sens, comme les aveugles qui nieraient la couleur; mais il faut avouer qu'il n'est guère poète lui-même. La plupart de ses opuscules littéraires,

ses Réflexions sur la poésie ou sur l'histoire, son Apologie de l'étude, sont des morceaux de circonstance, dont l'intérêt pour nous s'est évaporé. Dans les éloges académiques qu'il écrivit lorsqu'il devint secrétaire perpétuel de l'Académie française 1772 , il parait, selon le mot de son contemporain Metra, ne s'être chargé de faire l'éloge des morts que pour faire la satire des vivants. 11 y a quelques bonnes pages dans les éloges de Boileau et de Bossuet, de Montesquieu et de Marivaux; mais, là même, que de hors-d'œuvre ! quelles préoccupations peu désintéressées! En tout ce qu'il dit, en tout ce qu'il fait, d'Alembert est incapable d'oublier qu'il est homme de parti; toute occasion lui est bonne soit pour plaider la cause des philosophes, soit pour attaquer leurs adversaires1.

Un peu âpre dans sa sincérité, d'Alembert n'en mérite pas moins l'estime par l'indépendance de son caractère et la dignité de si vie. « L'élévation de son caractère, dit M. Bertrand, égala celle de son esprit. » Jusqu'à l'âge de cinquante ans, il vécut dans une chambre sans air, chez la pauvre femme qui l'avait recueilli: nommé secrétaire perpétuel de l'Académie, il fit de son entresol du Louvre le rendez-vous des hommes de lettres et des savants, au moins de ceux qui n'étaient pas hostiles aux idées nouvelles. Mais, vingt ans auparavant, il avait refusé l'offre que lui faisait Frédéric II d'une pension de douze mille livres et d'un logement au chcàteau de Potsdam. Sa lettre de refus, adressée au marquis d'Argens (16 sept. 1732), le peint tout entier.

rieur à la mauvaise fortune, les épreuves de toute espèce que j'ai

genre m'ont endurci à l'indigence et au malheur et ne m'ont

lisibilité que pour ceux qui me ressemblent; à force de privations,

suis accoutumé sans effort à me contenter du plus étroit nécessaire, et

is même en état de partager mon peu de fortune avec d'honnêtes gens

plus pauvres que moi. J'ai commencé, comme les autres hommes, par désï-

rer les place- et les richesses: j'ai fini par y renoncer absolument, et, de jour

en jour, je m'en trouve mieux. La vie retirée et assez obscure que je m

1. Il faut dire qu'ils le lui rendaient. On connaît les vers méchants de Gilbcr contre

Ce froid d'Alembert. chancelier «lu Pai oui se croit un grand homme el fit une prél

Le Dix-Huitième Siècle.)

Sous une périphrase étouffant ma franchise

Au lieu «te d'Alembert, faut-il donc que je dise :

« C'est ce joli peiant. géomètre orateur,

De VEncyclopédù ange conservateur,

Dans l'histoire chargé d'inhnmei -

Grand homme, car il fait leurs extraits mortuaires ?

i Apologie.)

parfaitement conforme à mon caractère, à mon amour extrême pour l'indépendance, et peut-être même à un peu d'éloignement que les événements de ma vie m'ont inspiré pour les hommes. La retraite ou le régime que me prescrivent mon état et mon goût m'ont procuré la santé la plus parfaite et la plus égale, c'est-à-dire le premier bien d'un philosophe; entin, j'ai le bonheur de jouir d'un petit nombre d'amis, dont le commerce et la confiance font la consolation et le charme de ma vie...

Je ne dois rien, il est vrai, au gouvernement de France, dont je crains tout sans en rien espérer; mais je dois quelque chose à ma nation, qui m'a récompensé, autant qu'il est en elle, par son estime, et que je ne pourrais abandonner sans une espèce d'ingratitude...

En transmettant une copie de cette lettre à son amie Mme du Defîand;22 déc. 1752), il ajoutait : « Je me contenterai que la postérité lise sur mon tombeau : « ïl fut estimé des honnêtes « gens, et est mort pauvre, parce qu'il l'a bien voulu. » Il lui adressait en même temps son Essai sur la société des gens de l ttres, où, se séparant de Voltaire sur ce point, il engage les écrivains et les philosophes à vivre indépendants de la tutelle avilissante des Mécènes, mais unis entre eux pour « donner la loi au reste de la nation sur les matières de goût et de philosophie ». Cette lettre à Mme du DetFand donnait l'exemple de l'indépendance dont le livre donnait la théorie. Mme du Detïand lui avait demandé de citer dans le Discours préliminaire son intime ami, le président Hénault, auteur d'un Abrégé chronologique de l'histoire de France. Avec courtoisie, mais avec fermeté, il s'excuse de ne pouvoir le faire.

Ce que vous me demandez pour lui est impossible, et je puis vous assurer qu'il est bien impossible, puisque je ne fais pas cela pour vous. En premier lieu, le Discours préliminaire est imprimé, il y a plus de six semaines : ainsi je ne pourrais pas l'y fourrer aujourd'hui, même quand je le voud condlieu, pensez-vous de bonne foi, Madame, que dans un ouvrage destiné à célébrer les grands génies de la nation et les ouvrages qui ont véritablement contribué aux progrès des lettres ei des sciences, je doive parler de l' 'Abrège chronologique? C'est un ouvrage utile, j'en conviens, et assez commode; mais voilà tout en vérité ; c'est là ce que l<v> gens de lettres en pensent, c'est là ce qu'on en dira quand le président m1 sera plu- : et quand je oe serai plus, moi, je suis jaloux qu'on ne me reproche pas d'avoir donné d'éloges excès personne. Si vous prenez la peine de relire mon Discours préliminaire, verrez que je n'y ai loué Fontenelle que sur la méthode. Pi clarté et la précision avec laquelle il a su traiter des matières difficiles : et c'est là en eti vrai talent; Buffon, que sur la noblesse et l'élévation avec laquelle' il a écrit les vérités philosophiques : et cela est vrai ; Maupertuis, que sur l'avantage qu'il a d'avoir été le premier sectateur de Newton eu France : el cela est vrai; Voltaire1, que sur son talent éminent pour écrire: et cela est vrai : le président de Montesquieu, que sur le cas qu'on fait dans tout.' l'Europe, el avec justice, de Y Esprit des lois : et cela est vrai; Rameau, que sur ses symphonies livres : cela est vrai. En un mot, Madame, je puis vous assurer qu'en écrivant

cet ouvrage j'avais à chaque ligne la postérité devant mes yeux, et j'ai tâché de ne porter que des jugements qui fussent ratifiés par elle. *

En 1759, après la mort de Maupertuis, président de (académie de Berlin, Frédéric revint à la charge. D'Alerabert ne consentit qu'à faire, plus tard, le voyage de Berlin; le roi et le philosophe se virent de plus près; le roi estima plus encore le philosophe, le philosophe admira plus encore le roi, mais resta libre. N'ayant pas eu les naïves illusions de Voltaire, il ne connut pas son amer désenchantement. Catherine, à son tour, essaya de le conquérir, et n'y parvint pas. Ce fut quelquefois un Alceste que d'Alembert, et quelquefois aussi un sectaire, mais ce fut toujours un homme. Sa tendresse obstinée et douloureuse pour Mlle Lespinasse prouve assez que ce géomètre avait un cœur fait pour aimer et pour soutfrir. Depuis le moment où il la rencontra chez Mme du Defïand, qui se brouilla bientôt avec elle, c'est-à-dire avec lui, il fui son ami passionné, sa chose. Quand elle mourut (1774), il demeura longtemps inconsolable de l'avoir perdue : on a retrouvé dans ses papiers, après sa propre mort, l'éloquente expression de ce désespoir. Sa sensibilité était d'autant plus profonde qu'elle était plus concentrée et se dépensait moins en paroles.

Il y a donc plusieurs d'Alembert : il y a l'enfant trouvé, qui, sans déclamer contre la société, et sans la fuir, comme Rousseau, trouve « que la distribution des fortunes est d'une inégalité monstrueuse », qu'il est aussi atroce qu'absurde de voir les uns regorger de superflu, et les aulres manquer du nécessaire. Il y a le savant, qui, très jeune, s'éleva très haut, et que la postérité a maintenu dans son estime à cette hauteur. Il y a le philosophe voltairien, qui avait horreur, peut-être à l'excès, de toute métaphysique, et qui s'était créé une morale indépendante de tout dogme. Il y a le secrétaire perpétuel de l'Académie française, qui, à ce titre, pendant la dernière partie de sa vie, joua un rôle important, mettant son influence au service de ses passions philosophiques, mais donnant aussi, presque à la veille de la Révolution, une haute idée de ce que pouvait déjà l'homme de pensée, sans protecteurs, par le seul ascendant de son talent et de son caractère. Il y a. enfin, l'homme, raisonnable avant tout, mais non pas d'une raison inexorablement froide, l'homme de tête et de cœur, aimé d'amis qu'il aimait assez virilement pour se croire tenu de ne jamais leur cacher la vérité; un homme aimable, qui finit par s'aigrir; un

homme estimable, à coup sûr, qui se trompait souvent, mais ne songeait pas à tromper; ardent à défendre sa foi philosophique, ardent à combattre la foi religieuse chez les autres; toujours prêt à accepter ou à déclarer la guerre, et toujours soupirant pour la paix ; audacieux dans la pensée, et, dans la conduite, circonspect jusqu'à la timidité.

Chez l'encyclopédiste, la plupart de ces traits assez divers se retrouveront. Le savant apportera dans le Discours sa méthode et sa clarté ordinaires, nécessaires surtout ici pour corriger le défaut de méthode et de suite d'articles confusément groupés selon les hasards de l'ordre alphabétique : le philosophe, sa foi dans le progrès indéfini de la raison humaine, sa certitude à la fois sévère et enthousiaste, mais aussi ses idées préconçues et une tendance dangereuse à méconnaître ce dont il est insuffisamment informé ou ce qu'il est mal fait pour comprendre. L'homme, d'autre part, bon ou mauvais, s'y révélera, nous le verrons; mais, dans le Discours, ce sont ses qualités surtout qui seront en lumière; dans la suite de l'entreprise, les défauts du caractère se feront mieux connaître, et l'on s'expliquera mieux, après l'énergie confiante de son premier élan, ses hésitations, ses scrupules, ses défaillances.

Denis Diderot (1? 13-1 7*1). — Son caraetère, son rôle, son universalité.

Au contraire, à mesure que d'Alembert s'efface, Diderot passe au premier plan. Il avait ce que d'Alembert n'avait pas, l'audace à la fois fougueuse et persévérante, la force de sympathie qui attire et entraine tout, l'irrésistible expansion de la vie.

Il était plus âgé de quatre ans que d'Alembert, étant né à Langres en octobre 1713. Lui-même a défini le tempérament de ses compatriotes.

Les habitants de ce paya ont beaucoup d'esprit, trop de vivacité, une inconstance de girouette? ; cela vient, je crois, des vicissitudes de leur atmosphère, qui passe en vingt-quatre heures du froid au chaud, du câline à l'orage, du serein au pluvieux, il est impossible que ces effets ne se fassent sentir sur eux, et que leurs Ames soient quelque temps de suite dans une même assiette. Elles s'accoutument ainsi, dès la plus tendre enfance, à tourner à

tout vent. La tète d'un Langrois est sur ses épaules comme un coq d'église au haut d'un clocher : elle n'est jamais fixe dans un point; et si elle revient à celui qu'elle a quitté, ce n'est pas pour s'y arrêter. Avec une rapidité surprenante dans les mouvements, dans les désirs, dans les projets, dans les fantaisies, dan- les idées, ils ont le parler lent. Pour moi, je suis de mon pays; seulement le séjour de la capitale et l'application assidue m'ont un peu corrigé. Je suis constant dans mes goûts; ce qui m'a plu une fois me plaît toujours, parce que mon choix est toujours motivé : que je haïsse ou que j'aime, je sais pourquoi. Il est vrai que je suis porté naturellement à négliger les défauts et à m'enthousiasmer des qualité- .

La mobilité, chez lui, était surtout dans le tempérament. L'esprit aussi, sans doute, passait avec rapidité d'une idée à une autre idée, d'une étude à une autre étude; mais il pensait toujours, et toujours travaillait. Vieillard, il écrivait, dans son Essai sur les règnes de Claude et de Néron, un admirable éloge du travail, où il semble bien qu'il se souvienne de sa propre vie, si laborieuse jusqu'en ses fantaisies : « Travaillons donc : le travail, entre autres avantages, a celui de raccourcir les journées et d'étendre la vie... Lisons donc tant que nos yeux nous le permettront, et tâchons d'être au moins les égaux de nos enfants. Plutôt s'user que se rouiller. »

Vers IToO, pourtant, il n'est que le fils du coutelier de Langres, ancien et brillant élève du collège des jésuites de sa ville natale, puis du collège d'Harcourt, mais bientôt dévoyé, brouillé avec un père qu'il adorait2, réduit à vivre d'expédients à Paris, pendant une dizaine d'années (1733-1743), mari d'une

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