‹ Cours de littérature (volume 2)Chapitre 66 sur 68 · Bertrand, la Fin du classicisme · texte numérisé non relu

Bertrand, la Fin du classicisme

■i. Rebeliiau, Choix de poésies ; Bachetle, 1888.

plie « un peu trop morcelée et hachée pour que l'effet en soit grandiose » ; mais en revanche il rajeunit heureusement l'alexandrin et il fait voyager la césure à presque toutes les places du vers :

Son cri victorieux Aprèslai'epyH. Tonne. {Jeu de paume, str. 12.)

Le genre humain d'espérance et d'orgueil

— -2- Sourit... (Jeu de paume, str. 1 2.)

Et près des bois marchait, faible, et sur une pierre

— :{- S'asseyait. (Aveugle, 6.)

Ils s'assemblaient : leur seuil, méconnaissant leurs pas.

— ; Les rejette. Jeu de paume, str. 6.) '.'■ Le quadrupède Hélops fuit... iveugle, 244.)

— h Ils n'ont pas entendu ma voix... Aveugle, 111.)

— 9« Puis aussi les maisons joyeuses, les troupeaux...

Aveugle, 179.)

— i' ■ [.'insolent quadrupède en vain s'écrie; il tombe...

(Aveugle, 225.)

On a souvent observé, d'autre part, que par sa façon de lancer d'un seul jet certains vers pleins et sonores, ou de leur donner un tour artistique, une sorte de relief sculptural, par son souci de la forme savante et de la perfection technique, Chénier est l'ancêtre, sinon des grands romantiques, au moins des parnassiens, dont quelques-uns ne sont pas restés trop audessous de leurs maîtres.

Pour ce qui est de l'inspiration, il ne faut pas vouloir trop prouver, lorsqu'il s'agit d'une poésie aussi composite que celle d'André Chénier. Il est clair qu'un jeune épicurien, qui fut, sinon athée avec délices, comme l'a prétendu un de ses contemporains, du moins païen avec candeur; dont l'ambition suprême était de marcher sur les traces de Lucrèce et de Buffon, ne peut rien avoir d'un mystique, ni même, a proprement parler, d'un idéaliste. On peinerait donc vainement à rechercher dans ses œuvres et ses fragments d'ceuvres l'expression d'un des « états d'àme » familiers à Lamartine. « Lisez ses Él^ijie*, et dites si ces vers ont rien de l'accent du Lac, par exemple, ou du Vallon1.* Cela est trop certain, Lamartine ne ressemble à personne. Certains tours, sinon certains accents lamartiniens, se rencontrent, il est vrai, de loin en loin, même dans les Élégies :

souffre un moment encor; tout n'est que changement. L axe tourne, mon cœur; souffre encore un moment.

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