C. de Litt. — Bossuet {Disc, sur l'hist. univ
chaqu aux auti
idence onl donn
- inteté de la religi : pétaelle ; le s mpire, nous pouvons, sur l<'ur exemple,
moyens de soutenir les leur nature :
s soutient
attachée aux choses humaine?, et qu'il faut porter plus
Le DU - oe fut donc achevé que vers la fin du précepto-
ncore ne le fut-il que sous sa forme actuelle, car Bossuet
n'a pas écrit l'histoire de la France depuis Charlemagne, et il
faut assurément le regretter. La première partie «lu Dis
te! que nous l'avons, c'est-à-dire la plus ingrate, est la seule
que le dauphin ait d'abord connue et apprise. On «lit qu'en 1854
lémie française refusa de couronner, sous sa première
forme, V Essai sur Tite-LitH de Taine, parce qu'on y li-.ut cette
phrase I! résumait L'histoire avec un grand sens, et dans
un grand stjh ur un enfant, el la parcourait à
précipités. » Ce jugement dédaigneux est-il entièrement juste,
a p p 1 ; première partie si rapide, mais si vigoureuse
dan» sa concision? Il semble qu'il faille un esprit assez mùr
déjà pour la saisir et la goûter dans son ensemble. En tout cas,
f bien pour cet enfant, un fils de France, non pour la pos-
. qu'il '-rivait celte œuvre, non pas d'histoire pure, mais
d'éducation d'un prince par l'histoire. Dans son Traité il la
re la vaine curiosité des historiens, du moins de ceux qui ne sont pas avant tout des moralis
que ii * te insatiable avidité de savoir l'hi-
inciens peu-
adne entrer dans les délibérations du sénat romain, dans les
ils ambitieux d'ir. ou d'un César, dans - politi-
ir en tirer quelque exemple utile, n tu
lie humaine, n la bomu heure: il le faut souffrir et même louer, pourvu qu'un
apporte à cette recherche une certaine sobriété. Mai imme on te
• |uedans la plupart des curieux, \ ginafion de ces
vain? objets, qu'y ;i-t-ii de plus futile qn
plu=, que de rechercher toutes les folies qui ont passé dans la t<'-te d'un mortel, •1er avec tant de soin que Dieu a détru
tout cet attirail de la vanité, qui de lui-rri longé dans le néant d'où il était sorti ?
Celui qui pensait et disait cela de l'histoire ne saurait être un historien proprement dit ; il ne peut avoir ni concevoir même la noble curiosité de ceux qui cherchent le vrai pour le vrai. Mais son rôle n'est pas ici de tirer des exemples historiques une leçon générale ; il la lui faut très particulière, et l'on comprendrait mal la nature de ce livre si l'on ne précisait d'abord quel résultat il doit atteindre.
Le Discour* est avant tout un ouvrage d'éducation destiné à former l'esprit d'un élève, élève qui sera roi, successeur de rois "« toujours orthodoxes » et, de tous les rois, prédits le plus clairement par les prophéties. Il faut lui faire connaître que « la seule Église catholique remplit tous les siècles précédents par une suite qui ne peut lui être contestée », et que sa force fait la force de la monarchie qui a toujours mis sa gloire à la protéger. Quelquefois cette pensée revêt des formes presque naïves : pour ôter au jeune prince toute velléité d'indépendance vis-à-vis de l'Eglise, son précepteur lui cite les exemples de Saùl, dont la chute est causée par sa présomption à sacrifier sans les prêtres, et d'Osias « frappé de la lèpre et tant de fois repris dans l'Écriture pour avoir en ses derniers jours osé entreprendre sur l'office sacerdotal, et, contre la défense de la loi, avoir lui-même offert de l'encens sur l'autel des parfums ». C'est ce qui explique cette importance donnée, dans la première partie, aux affaires religieuses, alors que certains faits essentiels sont exposés en quelques lignes, surtout ce développement extraordinaire de la seconde partie, la Suite de la religion, la seule vraiment essentielle dans l'esprit de Bossuet, on le voit bien par la conclusion, qui est si bien d'un évêque parlant au fils de Louis XIV. L'ordre dans les conseils du Ciel; l'ordre dans les conseils de la terre; entre le roi du ciel et les rois de la terre, l'Église intermédiaire et vraiment souveraine, puisque la puissance royale vient de Dieu, et que l'esprit de Dieu vit dans l'Église, voilà toute la conception.
Cette conception apparaît très clairement dès l'Avant-Propos, qui marque le dessein général de l'ouvrage et sa division en trois parties : « Quand l'histoire serait inutile aux autres hommes, il faudrait la faire lire aux princes. Il n'y a pas de meilleur moyen de leur découvrir ce que peuvent les passions et les intérêts, les temps et les conjonctures, les bons et les mauvais conseils... D'ailleurs, il serait honteux, je ne dis pas à un prince, mais en général à tout honnête homme, d'ignorer le genre humain et les changements mémorables que la suite
mpsa faits dans le mond . I dauphin a lu déjà beaucoup d'histoires anciennes el modernes, surtoul L'histoire du peuple il" Dieu, qui fai! le fondement de la religion ». Mais . tfondraienl dans s spril bien peu capable, on t, d'une longue attention . si l'on ne prenait soin de lui tenter distinctement, mais en raccourci, toute la suite . qui se développera « en peu d'heures ■ devant - seulement la suite des empires qu'on lui fera voir, c -si la suite de la religion, car /</ religion cl /• gouvernement politique sont tes deux points sur lesquels roulent lescholussi, ne sut'tira-t-il pas, pour mettre entre ses mains le fil des atlaires de l'univers, de lui faire parcourir, dans une première partie, les époques principales de l'histoire universelle, sans y regarder autre chose que l'ordre des temps; il faudra reprendre en particulier, dans une seconde et une troisième partie, les faits qui éclairent la durée perpétuelle de la religion, el ceux qui découvrent les cause- des grands changements arrivés dans les empires. « Vous admirerez /" tuitedes lus les atfaires de la religion; vous verrez aussi l'enchaineraent des affaires humaines, et par là vous connaîtrez avec combien de réflexion et de prévoyance elles doivent être gouvernées. »
L*Mée dr la Pro\id<nce avant Bossurt rt dans Bossnrt
Tout cet Avant-Propos, — c'est trop peu dire, — tout ce livre est dominé par une grande idée, celle d'une Providence toujours présente, toujours active, qui gouverne le monde. « Bossuet, a dit M. Brunelière1, est éminemment le philosophe ou le théolode la Providence. Son œuvre entière, vue d'assez haut, n'est qu'une apologie de la religion chrétienne par le moyen de la Providence. H est vrai que l'originalité de Bossuet, qui met sa gloire a ne rien inventer, consiste surtout à avoir donné plus d'ampleur aux vues de son maître préféré, saint Augustin, à en avoir fait des applications plus diverses, à y avoir savamment ramené la religion chrétienne loul entière. La Cité de Dieu, Villemain l'a très bien vu, est le premier essai du Discours sur Vhntoin univ< rselle.
Mais pourquoi Bossuet s'est-il attaché à cette doctrine plutôt qu'à toute autre? C'est ce que le même M. Brunetière explique en démontrant que, de tous les dogmes, celui de la Providence était celui qui convenait le mieux à la nature de son génie : « En même temps qu'un dogme et qu'une morale, sa religion était une politique aussi. Ce n'est pas tout pour lui que d'enseigner ou de prêcher les hommes : il se croit également investi ditdroit, ou chargé de l'obligation de les conduire. Aussi ce qu'il a vu d'abord dans le dogme de la Providence, et ce qu'il s'est d'abord efforcé d'en bien dégager, c'est l'idée de gouvernement, et, pour user de ses propres expressions, ce sont les « maximes d'État » de la « politique du Ciel »... Les rois sont comme des dieux, et Dieu est le roi des rois. » Évidemment, comme il y avait une affinité secrète entre le pessimisme de Pascal et la sévérité ou la dureté du dogme de la chute, il y en aune entre le dogme de la Providence et le goût comme inné de Bossuet pour la règle, pour l'ordre, pour l'unité. » Cela est si évident même que la philosophie de Bossuet, si l'on accordait qu'il en a une, pourrait être caractérisée ainsi : « L'ordre est la manifestation de Dieu. L'ordre est Dieu lui-même. » Cette conception tout intellectualiste, qui, d'ailleurs, n'est pas particulière à Bossuet, car on la retrouve chez Malebranche, est imposée à l'auteur du Discours par l'esprit d'une époque rationaliste et cartésienne, et par la nature de son propre esprit, autant que par une longue tradition hébraïque et chrétienne.
De même qu'il y eut dans l'antiquitéun peuple à part qui, sous l'inspiration et la conduite de Moïse, garda nette et distincte l'idée d'un Dieu créateur et toujours présent, gouvernant directement le monde, tandis que tous les peuples à l'entour égaraient cette idée, pour eux confuse, dans les nuages de la fantaisie, ou l'étouffaient sous les fantômes de l'imagination et la noyaient dans le luxe exubérant de la nature, de même Bossuet, entre les modernes, a ressaisi plus qu'aucun cette pensée simple d'ordre, d'autorité, d'unité, de gouvernement continuel de la Providence, et il l'applique à tous sans efforts et comme par une déduction invincible. Bossuet, c'est le génie hébreu, étendu, fécondé par le christianisme, et ouvert à toutes les acquisitions de l'intelligence, mais retenant quelque chose de l'interdiction souveraine, et fermant exactement son vaste horizon là oà pour lui finit la lumière. De geste et de ton, il tient d'un Moïse '.
Ce n'est pas le lieu d'examiner par quel intermédiaire cette idée de la Providence fut transmise jusqu'à Bossuet2. On n'en