Voir l'étude sur les Sermons, p. 49 et suivantes
■•une selon sa distance; ainsi, dans l'ordre des siècles, il faut avoir certains temps marqués par qo - ment
auquel on rapporte tmit </"• .
d'uni . [uisigniû , parce qu'on s'arrête là pour
eonsid l'un lien de repos fout ce qui es! arrivé de-
vant ou api s..- Où Bossue! voit modestement un m
- anachronisme^ nous voyons, nous, autre chose. Ce <[u<- Buffon devait faire pour L'histoire naturelle, Bossuet 1^ ivant pour l'histoire politique et religieuse : il on certain nombre de pierres numéraires sur la route éternelle du temps ». En la divisant, il ['éclairait, non seulement parce qu'il allumait des flambeaux — pour : encore comme Buffon — aux points les plus obscurs de ce immense qu'elle embrasse, mais parce qu'il concentrait la lumière sur les grands événements près desquels une foule d'autres n'ont qu'une valeur relative, soit qu'ils prépaies grands, soit qu'ils en découlent; en un mot, parce qu'il donnait à l'histoire sa perspective. Mais cette vue de pénie pouvait être gâtée par l'esprit de système, et, d'autre part, la science chronologique de Bossuet, même celle de son temps, s wez sôre pour que tout danger d'erreur fût écarté, qu'il ait demandé, dit-on, à Benaudot et à Thoynard des - ignements chronologiques, bien que le Discours ait mérité l'admiration et les éloges du savant Mabillon1, les erreurs ares : en faisant de Sésoslris, par exemple, le vainqueur de Roboam, Bossuet commet une confusion de qua- :les.
S se plaçant à un point de vue tout moral et religieux, instruisant un prince, non un savant, I; -inquiétait
j de chronologie ■>. Il avoue que tel endroit, celui de C embrouillé, par la difficulté d<
lier l'histoire profane avec l'histoire sainte. S'il adopte une chronologie, c'est qu'elle est « plus conforme à l'Ecriture», qui a été dictée par le Saint-Esprit. « Je ne prétends plus, seigneur, dit-il à la fin de la septième époque, vous emlans 1 suite des difficultés de chronologie, qui vous sont très peu nécessaires. » Et à la fin de la douzième : « Vous 1er les anachronismes qui brouillent l'ordre des affaissa disputer d îs entre les savants. » I donc de parti pris epteur, Bossuet s'interdit les re-
1. Mabilloi gliabocchi, I- 31 mars 1681, presque aussitôt après qu'eut
première édition : ■■ Rien n'est plus beau que ce D
DISCOURS SUR L'HISTOIRE UiNIVERSELLE 9
cherches érudites, et que, prêtre, il marche à travers les broussailles de la chronologie l'œil fixé sur l'Écriture qui le guide. Les « savants » ne trouveront donc pas ici leur compte : ils contesteront jusqu'à la manière dont Bossuet distribue en époques ce qu'il appelle les âges du monde, et il faut avouer que plus d'une de ces divisions est factice. Mais le lecteur, qui ne se préoccupe pas avant tout d'exactitude, est saisi, entraîné par le mouvement large et continu du développement oratoire, qu'il suit, sans trop d'effort, de la première époque à la douzième.
Première époque : Adam, ou la création. — On n'accepterait pas sans réserve ce que dit Bossuet de Noé, qu'il conserva les premiers arts appris par les hommes, et venus avec eux de l'Orient.
Deuxième époque : Noé, ou le déluge. — Il semble qu'il y ait quelque ressouvenir de Lucrèce dans la manière dont Bossuet montre comment s'établirent les lois et les empires, comment se polirent les mœurs, comment la terre, dabord forêt immense, fut cultivée. « On s'instruit à prendre certains animaux, à apprivoiser les autres, et à les accoutumer au service. On eut d'abord à combattre les bêtes farouches... Avec les animaux, l'homme sut encore adoucir les fruits et les plantes; il plia jusqu'aux métaux à son usage, et peu à peu il y fit servir toute la nature. »
Troisième époque : La vocation d'Abraham, ou le commencement du peuple de Dieu et de l'alliance. — Dieu, voyant que les peuples l'oublient et se corrompent, commence à se séparer un peuple élu, et choisit Abraham pour en être la tige.
Quatrième époque : Moïse, ou la loi écrite.
Cinquième époque : La prise de Troie.
Sixième époque : Salomon, ou le temple achevé.
Septième époque : Romulus, ou Rome fondée.
Huitième époque : Cyrus, ou les Juifs rétablis. — La lin de cette époque nous ramène d'Orient en Grèce, puis de la philosophie grecque aux vertus romaines : « Les Romains avaient dans le même temps une autre espèce de philosophie, qui ne consistait point en disputes ni en discours, mais dans la frugalité, dans la pauvreté, dans les travaux de la vie rustique et dans ceux de la guerre, où ils faisaient leur gloire de celle de leur patrie et du nom romain : ce qui les rendit enfin maîtres de l'Italie et de Carthage. »
Xeuvième époque : Scipion, ou Carthage vaincue. — Les arts
de la G ssenl I les R un tins , qui se
contentaient jusque-là desavoir la go , la politique el l'agriculture. Leurs conqu ssent; leurs i
s les affaiblissent : Le séditieui Iribunal de '
nos <.i icchus, un des premiers hommes de Rome, le lit périr :
t'-ut / sénat le tua par la main - \ ... Autant
que la face de la république paraissait belle au dehors par les
conquêtes, autant était-elle défigurée par l'ambition désordoo-
ses citoyens et j ses g -intestines. » On obser-
que le Litre de cette époque, comme il arrive parfois chez
; -pond assez inexactement à ce qu'il contient, car il
rmine sur le morceau fameux ou est grande
d'Auguste, prélude de la naissance du Christ :
Tout c»'de à la fortune de César : Alexandrie lui ouvre Bea portes; l*É-
Rome tend les bras - us le titre d'empereui maître de tout l'Empire : il dompte vers les Pyrém - - ntabres et les Astur. s; l'Ethiopie lui demande la paix; les Parthes ép
tés lui renToienl
romain*: les Indes recherchent son alliance; ses armes - ..'..r aux
- et aux Grisons, que 1 ne peuvent défendre; la Pan-
nonie le reconnaît; la Germanie le redoute, et le ses lois: vic-
torieux par terre et par mer. il ferme le temple de Janua : tout l'univers rit en paix, et Jésus-Christ lient nu momie.
tsanee de Jésus-Christ. — Nous voilà enfin arrivés a ces temps, tant désirés par nos pères, de la venue du Messie. » Cette époque s'étend bien au delà de la • naissance de Jésus-Christ », et comprend l'histoire presque entier* ;ipereurs romain-, surtout au point de vue de
leur conduite envers les chrétiens. Antonin et Marc-Aurèle sont opposés dans un court et nerveux parallèle, l'anarchie impériale et militaire y est marquée de quelques traits expressifs : « L'empire, mis à l'encan par l'armée, trouva un acheteur. Le jurisconsulte Didius Julianus hasarda ce hardi marché: il lui en coûta la vie... Florien fut tué, et Probus forcé par les soldats à recevoir l'empire, encore qu'il les menaçât de les faire vivre dans l'ordre. »
pu: Constantin, ou la paix de l'Église. —Cette
époque aboutit à la glorification des rois de France, d'abord
tleux Pharamondj Qls.de Marcomir: a La monarchie de
e, la plus ancienne et la plus noble de toutes celles qui
sont au monde, commença sous lui »; puis de Charlemaimi-.
Douzième époque : Charlemagne, ou l'établissement du nouvel empire. — Le bel éloge de Charlemagne qui couronne la onzième époque couronne aussi la première partie du Discours, car la douzième époque n'est qu'une conclusion rapide, où Bossuet écarte encore, dédaigneusement, les disputes des chronologistes, mais en résumant ce qu'il a fait déjà et en annonçant ce qu'il va faire : « Voilà, Monseigneur, les douze époques que j'ai suivies dans cet abrégé. J'ai attaché à chacune d'elles les faits principaux qui en dépendent. Vous pouvez maintenant, sans beaucoup de peine, disposer, selon Tordre des temps, les grands événements de l'histoire ancienne, et les ranger, pour ainsi dire, chacun sous l'étendard... Mais le vrai dessein de cet abrégé n'est pas de vous expliquer l'ordre des temps, quoiqu'il soit absolument nécessaire pour lier toutes les histoires et en montrer le rapport. Je vous ai dit, Monseigneur, que mon principal objet est de vous faire considérer, dans l'ordre des temps, la suite du peuple de Dieu et celle des grands empires. »
On reste un peu ébloui, étourdi, comme le dauphin devait l'être. Ce mélange perpétuel de l'histoire profane et de l'histoire sacrée, cette disproportion entre les développements, selon qu'ils intéressent plus ou moins le dessein principal, tout religieux, inquiètent çà et là le lecteur. On est surpris, par exemple, de voir si peu de lignes consacrées à un Lycurgue, et tant de pages consacrées aux petits rois du peuple élu. Mais c'est qu'il est le peuple élu. Au fond, les Époques contiennent en germe la Suite de la religion. Mais, parce que l'histoire y est déjà conçue au point de vue théologique, elle n'en reste pas moins digne d'attention et d'admiration, même pour l'historien.
Seconde partie. — La « Suite de la religion ».
C'est ici qu'est, dans la pensée de Bossuet, le cœur même du livre. L'intérêt s'est déplacé pour nous, et nous allons tout droit aux Empires; mais Bossuet n'est pas pressé d'y arriver, et il ne songe nullement à abréger en faveur du lecteur profane les longs détails qu'il croit nous devoir sur les prophéties, sur les hérésies, sur le dogme. Il entend n'en rien oublier et
rion adoo lême ■ ■ ces règles terribles de la jus-
; ;• Iles 1 1 race humain.' est maudite dans
son origine . I ptenr, historien seulement parce
qu'il . s'il Qe peut pas el ne veut pas
être l'histoire proprement «lit'-, comment
pourrait-il l'être quand il s'agit d'écrire l'histoire sainte et
siastiqoe? !>■ -s le premier chapitre de cette se-
i] en marque avec précision le principe et le but :
si l'antiquité de la religion lui donne tant d'autorité,
sa suite, e sans interruption et sans altération durant
iant de s les, et malgré tant d'obstacles survenus, fait voir
manifestement que la main de Dieu la soutient. » Et voici la
conclusion du chapitre xxvi : Si l'on considère l'histoire de
. -e, on verra que, toutes les fois qu'une hérésie l'a dimi-
. elle a réparé ses pertes, et en s'étendant au dehors, et
en augmentant au dedans la lumière et la piété, pendant qu'on
a vu - i des coins écartés les branches coupées. Les
oeuvres des hommes ont péri malgré l'enfer qui les soutenait: