Lettre à Burigny, 12 septembre
cette nation, sur laquelle Hi-'u sTét
et visible par les - - -. qui fut toujours
rebelle à s:i loi, dont l'existence politique précède la venu
-S gneur, devait ni que pussenl invoquer des
peuples catholiques ayant l'Église pour guide immortel et le Calvaire pour point de départ. > Un homme, de nos
iple juif de ces mépris diversement ii mais
.a même | s îrail une partie de a l'his-
toire du peuple d'Israël, Ernest Renan, n'a pas épargné les ironies à l'ouvrage de Bossuet : « UHUi Bos-
suet. s'écrie-t-il, n'a plus, dans l'état actuel des études historiques, aucune partie qui tienne debout. Mais le livre esî sique : tant pis pour l'histoire ! Mommsen aura beau faire, il n'aura pas raison de ce beau style et de ces habitudes enracinées1. » Ce jugement est dur : si Bossuet est souvent plus orateur qu'historien, plus théologien que philosophe, le Discours n'en est pas moins, comme l'a justement affirmé Au§ Comte, le premier effort qui ait été tenté pour introduire nn^ suite logique dans les faits historiques, et c'est pour cela qu'on peut dégag i livre, sinon une philosophie universelle-
ment acceptable, du moins une certaine philosophie de l'histoire, qui a sa grandeur.
Ne cherchons don.- pas et ne vantons pas seulement dans le
rs les mérites de l'orateur et de l'écrivain. Nous en trouverions, certes, qui sont uniques. Cette admirable harmonie du plan, cet enchaînement ininterrompu, tantôt déclaré, tantôt ^ecret, toujours suivi: cette rigueur du raisonnement et cette . ces traits soudains qui éclatent dans l'ampleur du développement, ces rétlexions morales qui tleuris-ent du sujet m*' m-, et de la destinée des peuples nous ramènen' destinée de l'homme ; ce large courant de la parole qui entraîne rnéiiié ceux qui voudraient résister, tout cela, c'est Bossi,
-t que lui. A ne considérer que le style, combien de con-
j! ! i, avec une énergie presque réaliste, Bossuet s'indis hommes s'assouvissent de cadavres », mal dé^ni-
i- les raffinements de leurs tables. Ici, c'est avec une attendrie qu'il caractérise la prédication de Jésus : « Ces! du lait pour les enfants, et tout ensemble du [tain pour les forts. » La langue du /' t, en particulier, mériterait une élu
part. Tantôt s'y détache un mot pris dans toute sa force êtj mo-
logique : « Le sens humain abruti ne pouvait plus s'élever aux choses intellectuelles... Moïse était envoyé pour réveiller par des récompenses temporelles les hommes sensuels et abrutis. » Tantôt c'est le sens latin tout pur qui revit dans le mot français : « L'empire de la mer, que leur république affectait... La voix du Rédempteur excitera toute la terre... Tout était soigneusement écrit, tout était digéré par l'ordre des temps... La Palestine ne méritait pas de terminer tous leurs vœux... Les Juifs n'ont conservé de leurs anciens livres la mémoire d'aucune action qui notât sa vie. » L'étude de la composition, l'étude de l'expression, dans le Discours, peut être faite avec grand profit; mais, si l'on s'y bornait, on serait injuste pour une œuvre qui en a suscité d'autres, animées d'un esprit tout différent : sans le Discour* sur l'histoire universelle, qui sait si nous aurions les Considérations de Montesquieu et V Essai sur les mœurs de Voltaire ?
lilIîLlOOHAlMIIK
TEXTES
Éditions Gazeau Librairie des Bibliophiles , Jac-
quiuet Beiin .
LIVRES
Baussr De — Histoire de Bossuet ; 4 vol. in-12,Beaucé-Rusand, 1828; t. I --.1. IV, p. 283 à 301.
s P. de la . — Bossuet et la Bible, p. 2 sqq. riÈRE. — Étude* critiques sur la littérature française, 5 série (la l tet) et 6e série, p. 220-222; Hachette.
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— Nouveaux Ei Calmann-Lévy,