‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 111 sur 228 · C. de Litt. — Mme de Maintenon et St-Simon · texte numérisé non relu

C. de Litt. — Mme de Maintenon et St-Simon

COURS DE l.l rTÉRÀTURE

d'avoii été embrassée que d tux I mère, el seulement

au front.

Après un voyage à La Martinique, pendant lequel la jeune Françoise, m ilade el cons dérée comme morte, faillit être jetée à la mer, elle perdit son père 1 < • * T . puis sa mère 1650 . Avant la morl de celle-ci, elle avait été recueilli a tante

M de Villette. qu'elle aima toujours tendrement, puis par une autre tante, M- de Neuillant, dont Le souvenir ne lui •

ss cher. Pendant ces années d'une jeune--' sans indélance et le plus souvent - a gaieté, sa religion ne fut moins incertaine que sa vie : catholique de naissance, elle fut tour à tour protestante ■ M de Villette, puis catho- M,ue de Neuillant. Quand elle rejoignit sa mère a Paris, ce fut pour la voir mourir. Seule désormais, belle el pauvre, elle n'échappa aux humiliations et aux périls de la mi- ir un mariage héroïque avec le poète bur-

- irron, beaucoup plus âgé qu'elle et infirme (1652 . lilieu de mœurs faciles, elle se fii v--\ ■■ ter. .Mai- à la mort de Searron 1660 elle se retrouva pauvre, vécut dandeux couvents en pensionnaire libre, qui fréquentait au dehors 'Albret, les d'Heudicourt, reçut de la i< ine mère une pension de d»jux mille livres, se mêla davantage au monde, mais sans jamais en être la prisonnière., mérita enfin l'éloge du chevalier de Méré, un connaisseur délicat, qui lajugeait « douce, reconnais fidèle, modeste, intelligente... Mme de

. lé, meilleur juge encore, si peu indulgente pour toutes i ne sont pas Mme de Grignan, ne ménage pas . a i M'1'- Searron: « Nous soupons tous les soirs avec M - i:: •: : elle a L'esprit aimable et merveilleusement droit... Mm" Searron, qui soupe ici tous les soirs et dont la cornpagnie est déli —joue avec votre fille... Elle

est habillée modestement et magnifiquement, comme une femme qui passe sa vie ave, des personnes de qualité; elle est aimable, belle, bonne et négligée: on cause fort bien avec elle1.

Mai- quand M11" de Sévigné fait d'elle cet éloge sans réserve,

: on s'achemine lentement a .1" plus hautes desli-

. elle a consenti à se charger de l'éducation des

a de M de Montespan et du roi. Il est vrai que poui

e elle a exigé un ordre formel du roi; mais il semble

Lien qu'elle l'ait fait sans scrupule. « Le poste n'avait rien qui, pour le temps, put blesser la délicatesse, » et assurément « elle était loin de penser qu'après Dieu Mme de Montespan dût être la première cause de sa belle fortune1 ». Ses qualités sérieuses et discrètes l'avaient désignée pour une fonction aussi difficile, qui la prit tout entière, non sans quelques compensations et consolations toutefois. In sentiment nouveau s'éveilla en elle. « Vous savez, écrit-elle longtemps après2, que j'ai le malheur de connaître les sentiments des mères. » La gouvernante, en effet, aima en mère ces enfants qui n'étaient pas les siens, et principalement l'ainé, le duc du Maine : « C'est la plus jolie créature du monde, et qui surprend vingt fois le jour par son esprit... Je ne puis lui savoir les moindres peines sans souffrir pour le moins autant3. » Mais la vraie mère, Mme de Montespan, n'était pas faite pour lui plaire de même. Le roi lui-même plaisantait sur « le badinage des Mortemari », quand la favorite « attelait six souris à un petit chariot de filigrane, et s'en faisait mordre ses belles mains 4 ». A la frivolité elle joignait la sécheresse moqueuse : « Elle est incapable d'amitié, et je ne puis m'en passer; elle ne saurait trouver en moi les oppositions qu'elle y trouve sans me haïr3. » La patience et l'adresse que Mme Scarron dut déployer alors ne ramenèrent pas à elle Mme de Montespan, mais lentement lui conquirent l'estime, puis la sympathie de Louis XIV, d'abord peu favorable. En 1675, elle reçut de lui en toute propriété la terre et le marquisat de Maintenon, et la marquise de Mainlenon, dès lors, rejeta dans l'ombre la veuve Scarron, sauf pour les malveillants qui aimeront encore à feuilleter parfois, selon l'expression de Mme de Sévigné, ce « premier tome » d'une vie peu banale. En 1680, quand l'éducation des princes fut terminée, elle fut nommée dame d'atour de la dauphine.

Mais comment pouvait-elle espérer s'élever plus haut? Il était inouï déjà que dans cette lutte sourde qui se poursuivit entre elle et sa « protectrice » Mmc de Montespan, elle eût su prendre dès le début et garder jusqu'à la fin l'avantage : il y avait fallu ce qu'un de ses admirateurs appelle « un manège consommé ». Quelques-uns ont jugé plus sévèrement ce jeu

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