‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 113 sur 228 · I- ylos, Il juin · texte numérisé non relu

I- ylos, Il juin

L,e caractère «le M""' «le Maintenon.

Cette vie est un chef-d'œuvre, personne n'en disconvient. Chef-d'œuvre d'habileté? ou de vertu? ou de toutes les deux ensemble? Il semble que Mme de Maintenon elle-même nous suggère la réponse quand elle dit, quand elle répète, car c'est une de ses maximes favorites : « Rien d'habile comme de n'avoir point tort... On ne comprend point assez combien il est habile de n'avoir rien à se reprocher, ni rien à cacher et rien à craindre1. » Cela est habile, en effet, et l'on peut s'en apercevoir à l'épreuve; mais il n'est pas bon d'en être trop sur à l'avance : la vertu n'est pas un placement avantageux; si elle n'est pas pleinement spontanée, elle n'est plus la vertu.

Les héroïnes cornéliennes ont un sentiment très vif et très élevé de l'honneur, qu'elles appellent leur « gloire », et cette gloire, elles la font consister à s'anoblir sans cesse en se sacrifiant. Mme de Maintenon met la sienne à s'imposer de plus en plus à l'estime publique et à conquérir la « considération ». Voici comment, en 1690, sur sa prière, Fénelon traçait le portrait moral de celte pénitente2 qui se croyait humble parce qu'elle voulait le paraître :

Vous êtes ingénue et naturelle : de là vient que vous faites très bien, sans avoir besoin d'y penser, à l'égard de ceux pour qui vous avez du goût et de l'estime, mais trop froidement dès que ce goût vous manque. Quand vous ctes sèche, votre sécheresse va assez loin. Je m'imagine qu'il y a clans votre fond de la promptitude et de la lenteur. Ce qui vous blesse, vous blesse vivement.

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