‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 115 sur 228 · Lettre à Mmc de Glapion, 4 avril · texte numérisé non relu

Lettre à Mmc de Glapion, 4 avril

. I in peu! 1' [uand elle

trisl naturellement '. Elle avait de

tmême, surtout au temps de sa jeunesse, un esprit

amusant au derniei nnemi Saint-Simon qui

b mble-t-il, que la contrainte d'une

bligalion qu'elle s'impose elle-

. jette une teinte pi lis sombre sur sou

sur son langage. Jeune, elle a déjà l'idée d'une

fatalité qui la prédestine à ne pas connaître le bonheur ni le

g bientôt uue idée Use, confirmée par sa fortune

. |i m tins en m >ins, en effet, à mesure

elle est libre et maltresse d'elle-même. Gouvernante des en-

- de M- de Montespan, elle se voit plus assujettie qu'elle

ne Tétaitdans sa condition précaire déjeune veuve. Épouse du

-inon reine, elle va respirer enfin? Jamais elle ne fut plus

' cet esclavage, elle semble chercher les occasions

de nous en faire connaître le poids accablant.

Le \rdo et IViuuii «le la vie à la cour. — .11"" de Maiii!eiion. le roi, les courtisans. — L'histoire morale clio/ M"" ie Maiiitenon.

Elle en parle trop, et toujours sur le même ton. Jamais

femme, avant M duDeifant, n'avait eu cette profondeur dans

- "iment de l'ennui : < Je m'ennuie ici à la mort'». Ce n'est

i cri qui lui échappe dans un jour de mélancolie, c'est

rain de tous les joui

que ne puis-je vous faire voir l'ennui qui dévore les grands, et la peine qu'ils ont à remplir leurs joc

n <le tristesse dans une fortune qu'on aurait

peine a imaginer, et qu'il n'y a que le secours de bi>.*u qui m'empêche d'y

succomber? J'ai été jeune et jolie: j'ai goûté des pinisirs, j'ai été aimée

.'. : dans un àse un peu plui mis le

sprit; je suis venue à la faveur, et je vous proteste, ma

:.lle, que tou3 ces états laissent un vide affreux, une inquiétude, une

'■' dei - -

M. de Villette, 23 octobi ; lus tard, lettre à l'abbé Gobe-

lin, juin

. doc de Noiille? .tainebleau. IL octobre 17

lassitude, une envie de connaître autre chose, parce qu'en ton ne satisfait entièrement1.

Ici, la confidence se tourne en leçon morale; ailleurs, elle a l'accent d'une plainte continue, qui lasse à la longue. Autour d'elle princes et courtisans aussi s'ennuient, mais parce qu'ils sont blasés : « Ils ne sont ordinairement contents nulle part, et s'ennuient de tout à force de chercher du plaisir; ils n'en peuvent trouver; ils vont de palais en palais, à Meudon, à Marly, à Rambouillet, à Fontainebleau, dans le dessein de se divertir; ce sont des lieux admirables, mais eux s'y ennuient, parce que l'on s'accoutume à tout2. » C'est dès le début qu'elle hait la vie de cour. Alors même qu'elle n'était que gouvernante des enfants de Mme de Montespan, elle connaissait bien ce « pays », et elle en faisait de vives peintures à des amies comme Mme de Sévigné. Quand elle voit de plus près la cour, ses petitesses et ses mensonges :j, elle sent croître son mépris pour une existence si opposée à celle que toute sa vie elle a rêvée. Et ce n'est pas seulement sa sincérité, dont elle parle volontiers1, qui est choquée, c'est sa raison. Elle dont la « folie » est de vouloir faire entendre raison à tout le monde, elle succombe à la tristesse de n'entendre dire autour d'elle « rien de raisonnable... Le chapitre des pois dure toujours : l'impatience d'en manger, le plaisir d'en avoir mangé, et la joie d'espérer d'en manger encore, sont les trois points que j'entends traiter depuis quatre jours. » Elle qui déteste tout ce qui est inutile, il faut qu'elle subisse ce « véritable martyre » de passer son temps en inutilités. Elle qui aime la société, et n'aime qu'elle5, elle n'en peut plus avoir dans cette foule indifférente et affairée. Elle se résigne parce qu'on lui dit sans cesse que Dieu la veut où elle est, mais c'est sans illusion qu'elle regarde et juge cette comédie triste où elle-même doit jouer son rôle. Où les autres ne voient qu'un palais enchanté, elle ne voit que le décor trompeur d'un théâtre où se jouent des pièces tort

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