‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 145 sur 228 · Boissier, Saint-Simon, p. 40 ei passim · texte numérisé non relu

Boissier, Saint-Simon, p. 40 ei passim

oelon et Saint-Simon, j s par h%s ducs de B

villien . furent ravis de découvrir l'un chez

L'antre des - identiques sur la réformation de ll-

•i partiel] - orn< i le despol isme du

urqueetdi pouvoir excessif des ministres, en

ssif abaissement. Ce fut comme, un point lumineux dans la fie de .Saint-Simon; il tenait sa revanche, et d'avance il la savourait. On sait quelle catastrophe nouvelle la Lui arracha, après de Longues années, L'émotion qu'il en ressentit est encore toute vive : - La France tomba enfin sous ce dernier châtiment : Dieu lui montra un prince qu'elle ne méritait pas. La terre n'en était pas digne : il était déjà mûr pour la bienheureuse éternité... Plaise à la mis.'ii- Dieu que je le voie éternellement dans la place où sa bonU ! mis! »

Que valaient au juste ces plans de gouvernement dont ses poches étaient gonflées quand il passait chez le duc de Bour- en aurions peut-être une tivs haute idée si

Saint-Simon n'avait, sous la Régence, traversé le pouvoir. 11

il parfois montré, même dans les moments diffi l'ami de Philippe d'Orléans, si diiîén-nt de lui pourtant par son caractère »-t par ses mœurs. I.e régent, capable d'estim<

:me, mais non pas de s'abandonner tout à fait à sa direction, lui donna une première satisfaction en instituant ces

ds conseils, composés surtout de gentilshommes, et dont Saint-Simon avait rêvé de substituer l'autorité réglée à l'autorité arbitraire des secrétain.-s d'État. Saint-Simon fit lui-même partie du conseil de régence. Mais quel usage fit-il de son crédit au moment où s'offrait l'occasion de se montrer un véri-

homme d'Etat? Il supplia le régent de permettre q\ ducs et pairs restassent couvert- devant le parlement. Il pro-

. il est vrai, une mesure plus sérieuse, la convocation des êraux tous les cinq ans. Mais on n'est point à la veille t Saint-Simon n'est pas Mirabeau. Dans la pen- Saint-Simon, les états ne devaient être qu'un -< corps de plaignants et suppliants ». Leur seul droit était d'adresser d'hum-

remontrances au roi. Mais on leur permettait aussi d'as-

er la responsabilité de i odieuses, telles que la

banquero iment conseillée par Saint-Simon. Il n'était

Liberté politique ni de tolérance religieux Saint-Simon, si éloquent adversaire de la révocation de l'édit de Nantes dans II, dans la pratiqua

SAINT-SIMON s^;

rappel des proteslanls. Au reste, l'institution des conseils ne dura que trois ans, et le régime détesté par Saint-Simon fut rétabli.

Une autre satisfaction donnée par le régent à Saint-Simon, ce fat son envoi en Espagne comme ambassadeur pour en ramener l'infante, destinée d'abord au jeune Louis XV. Il quitta Versailles le 6 octobre 1721, à demi ruiné par les dép nécessaires pour soutenir son rang à l'étranger. A Baronne, il se « creva » d'huîtres vertes; mais de Bayonne à Madrid, il fit maigre chère dans les auberges de la route. A Madrid, il lui fallut danser à la cour « avec trois cents livres de dorure sur le corps », et prendre part aux ennuyeuses chasses du roi, toujours les mêmes. Les sermons espagnols, les conversations et les repas de tous ces mangeurs d'ail, font croître en lui une irrésistible nostalgie. « Je pétille de m'en aller, » écrit-il au régent.

Quand il fut revenu, pourtant, le régent, dominé par Dubois et si différent de lui, d'ailleurs, par les mœurs et le caractère, lui témoigna une froideur significative. Bien que la toute-puissance d'un Dubois fût plus propre que toute autre à soulever dans l'àme de Saint-Simon ces révoltes du rang et de la vertu dont parle Taine, l'ami sincère du régent n'avait jamais heurté de frontle valet du régent, devenu premier minisire et cardinal. On assure même qu'avant le voyage d'Espagne tous deux s'étaient embrassés avec une cordialité apparente; mais aucun d'eux n'était dupe de ces démonstrations, et le portrait de Dubois est un des plus tristement vivants que Saint-Simon ait tracés : « C'était un petit homme maigre, effilé, chafouin, à perruque blonde, à mine de fouine... Tous les vices combattaient en lui à qui en demeurerait le maître. Ils y faisaient un bruit et un combat continuel entre eux... » Saint-Simon ne disputa pas le régent à Dubois. Il s'éloigna de la cour; mais bientôt Dubois mourut, suivi de près par le régent (1723), et la retraite de Saint-Simon dans ses terres fut définitive. Il avait alors quarante-huit ans, et depuis une trentaine d'années, avec d'assez longues interruptions sous la régence, il avait recueilli par écrit tout ce qu'il avait vu et entendu de notable, sans pourtant songer peut-être à laisser après lui une histoire suivie. En 1729, il sentit plus que le désir, le besoin d'être historien. Les Mémoires de Dangeau, mort en 1720, lui furent communiqués alors par le duc de Luynes, petit-fils de l'auteur. Il lut avec stupéfaction d'abord ce journal du courtisan

exacl nis, il De put s'empêcher d'en couvrir les

notes h enfin il en lit prendi •• une c

Pend --H cinq ans, il l'étudia de près, avi c fureui et

ision. Bien médiocre était la valeur littéraire et n l'œuvre, m lis non sa valeur comme document historique et chronologique. C'était un cadre admirable où Saint-Simon désormais pouvait disposer avec ordre mvenirs jetés jusque-là an peu pêle-mêle. Vers 1739, sans livre toujou - i is le perdre jamais de vue, il commença et à ivd: personnelles. C'est en 1745 qu'il récit du règne «le Louis XIV, et qu'il écrit son

sujet cher à son cœur et où il semble avoir voulu dégager la philosophie politique de >nn ouvia-.'. si le plus passionné des historiens peut avoir quelque chose de commun aw<- un philosophe.

En dehors d-- ce plaisir et de ce devoir, la fin de sa vie fut

plutôt triste. 11 vivait à l'écart de la cour; mais son isolement

m péchait pas de voir la misère grandissante du peuple et

de la dénoncer au cardinal de Fleury, non sans lui demander

de jeter sa Lettre au feu1. En 17^:5, il fut frappé au cœur par

femme: plus tard, il demandera, dans son tes-

nt, que leurs d*-ux cercueils soient réunis par des crarn-

rmais inséparables. En 1746, il voyait mourir

son fils aîné, le «lue de Kuffec; en 17o.'j, son fils cadet, peu

avant sa propre mort. Sa fille aînée était contrefaite et fut mal

mariée au besogneux prince de Chimay. Le vide se faisait peu

i à l'hôtel de la rue d«* Grenelle, et Saint-Simon y mourait

lui-même le 2 mars 1755, quatre ans après avoir terminé son

œuvre.

Histoire des papiers do Saint-Simon. — Le « Parallèle des trois premiers ISourhons ».

Les a (liés avaient été apposés à Paris, au domicile de Saint- 'i, et à la Ferté-Vidaïne. Nous avons l'ordonnance royale ! décembre 1760, qui enjoignit de transporter tou< lei la mort2 au ministère des Affaires 'liangères.

5a il ité étant informée qu< teritt troaréf

Simon, tonde son décès, U plupart desqaeli

Ces papiers étaient de deux sortes: les M les autres

manuscrits. Tous avaient été légués par testament à un Saint- Simon, cousin du duc, évèque de Metz. Mais Saint-.^ commandait en même temps à son exécuteur testament d'Aguesseau, de payer ses dettes aussitôt que faire se pourrait. Or ces dettes étaient considérables, et les créanciers avides. A leurs yeux, sans doute, ces écritures ne représentaient pas une fortune, mais seulement un gage. Il ne faudrait pas croire toutefois que l'importance des Mémoires de Saint-Simon ait été alors absolument méconnue. Chargé par Choiseul de l'examen général des papiers de Saint-Simon, l'abbé de Voisenon publia, en 1762, des Extraits des Mémoires. Choiseul lui-même en fit prendre une copie, ce qui n'était ni une mince besogne ni un mince témoignage d'estime. Exilé à Chanteloup, il en laissa prendre connaissance à Mme du Deffand. Celle-ci écrivait à Walpole : « >"ous faisons une lecture, l'après-dinée, des Mémoires de M. de Saint-Simon, où il m'est impossible de ne pas vous regretter : vous y auriez des plaisirs indicibles... Je suis désespérée de ne pouvoir vous faire lire les Mémoires de Saint- Simon; le dernier volume, que je ne fais qu'achever, m'a causé des plaisirs infinis; il vous mettrait hors de vous1. » Il est vrai que l'attrait de la médisance et peut-être du scandale était pour quelque chose dans le plaisir de celte épicurienne délicate, que l'enthousiasme faisait rarement sortir des bornes de la froide raison. Elle déclare, en effet, que les portraits sont mal faits, que le style est abominable et que le livre n'est pas d'un homme d'esprit, ce qui prouve qu'il y a un autre esprit que celui de Voltaire. Il est donc probable que les Mémoires de Saint-Simon, publiés alors dans leur entier, eussent soulevé moins d'admiration que de surprise. Mais on ne les publia qu'avec précaution et par fragments. Duclos, historiographe de France, les connut aussi et en fit des Extraits, comme Voisenon. Marmonlel s'en servit largement pour son Histoire de la régence. Ce sont encore des Extraits que Soulavie éditera en trois volumes-, à la veille de la Révolution .1788). Il faudra

le service du roi et de l'Etat, ont été renfermés dans plusieurs caisses, ordonne que sur la simple représentation du présent ordre, et nonobstant toutes oppositions laites ou à l'aire, lesdites caisses et manuscrits, en l'état où ils sont, ensemble les clefs desdites caisses, seront remis au sieur Le Dran. premier commis du dépôt des Affaires étrangères... Fait à Versailles, le 21 décembre 1760. — Signé : Louis.— Cùoisecl. »

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