Lettres de nov. 1770 et du 0 janv
1. Avec quatre volumes de supplément en 1780, et une réédition en treize volu-
at i-*i! : - mon,
ien, donn d'édi-
tion complète, à bien d
M. ChérueJ, el ••••lui ci a seulemcnl jeté les oionumenl iprise «I»' nos jours par
ienl forl nom-
i>nt plus d'un siècle devaient < a ■ un
soin trop jaloux au dépôt des ! ma parler
-. il y avait là beaucoup de documents antérieurs à
laetion définith des M a qui y avaient servi, par
otices sur les d - iries, sur les confesseurs
du roi, sur Bossuet. Les duchés-pairies étaient, on le sait, la
upation et superstition de Saint-Simon, a Ma
:i la plus vive et la plu- chère, dit-il, esl celle de ma <li-
t de mon rang. Ma fortune ne ra que bien loin a]
idre les privilèges de son rang qu'il -
d'abord historien, et la première histoire qu'il conçut fut foute
n que ses contemporains, suivant Les bu-
:inaient qu'un duc et pair se fit le laborieux suc-
]r du P. Anselme, ou le consultaient avec déférence sur
milles, sur les complica- • nial et des préséances. Ces questions, qui nous paraissent aujourd'hui si puériles, avaient alors leur intérêt et même leur importance. Au fond, comme l'a fort bien démontré M. Boissier, il s'agissait de savoir si quelque droit i .ance en dehors de l'autorité i • aie. On n'attend pas <! - -Simon qu'il devine et revendique les droits du peuple; mais il connaît dans Le détail ceux de la nobless que tant <1" courtisans font bon marché des leurs. résolu à ne pas aliénei une parcelle des siens. Il avait--- raisons aussi pour aimer peu les confesseur- «lu :i particulier le Tellier. dont il nous trace un portrait sai- ■;t :
Un matin qu'il n'y avait point de con neurs
araienl
. -eut. il ne l'était jamais ipelaîf ainsi
lets inférieurs. Tellier <"'tait île taille médiocre,
. lintien d'un franc paysan, avec des yeux
gantelet, en vingt et un volumes
d'an travers farouche qui eussent fait peur au coin d'un bois et qui lui donnaient une physionomie affreuse, fausse, profonde, toute telle enfin qu'il était au dedans. Il entra avec embarras, n'approcha, appelé, qn' et pauses, et dit fort bas très peu de eboses au roi. A son nom, le roi lui demanda s'il était parent de M. le Tellier. Tout aussitôt le voilà plongé par tprre el à répondre avec un air confus qu'il est bien éloigné d'un tel honneur et qu'il n'est que le fils d'un pauvre paysan, fermier d'auprès de Vire en Basse-Normandie; et, cela dit, autre plongeon. Fagon, premier médecin, tout COUrbé sur son bâton, à côté de Blouin, premier valet de chambre et gouverneur de Versailles, tous deux seuls dans le coin du cabinet, voyaient et entendaient tout. Il avait fixé ses yeux sur le jésuite. A cette première réponse, il se tourna par vis à Blouin : « Monsieur, lui dit-il en lui montrant le confesseur, quel sacre .'... » et se replia tout de suite sur son bâton à examiner la suite de cette première entrevue, qui ne dura que fort peu.
Bien différent est le portrait de Bossuet, « doux, humain, affable, de facile accès,... rien d'austère, de pédant, de composé, gai, poli, fort aimable, quoique toujours et avec tous ce qu'il était et par son caractère et par sa vertu, et ne faisant jamais sentir aucune supériorité à personne ».
Mais l'ouvrage capital de Saint-Simon en dehors des Mémoires, c'est le Parallèle des trois premiers rois Bourbons, composé, nous l'avons dit, vers 1745, alors que Saint-Simon avait atteint la pleine maturité de son talent. 11 se recueillit pour l'écrire et s'efforça de se maîtriser pour composer une œuvre d'histoire désintéressée et aussi une œuvre d'art. Y a-t-il réussi? Comme artiste peut-être, du moins aux yeux de ceux qui croient que la vie peut être à la fois intense et harmonieuse. Mais les passions de l'homme se sont contenues, ne se sont pas domptées; et c'est justement pourquoi il est bon de ne pas séparer ce Parallèle des Mémoires; on ne trouve que là dans l'œuvre entière une sérénité relative ; mais, si l'accent est moins fébrile et si le style est moins emporté, l'esprit est partout le même; le Parallèle est plutôt une préface des Mémoires, écrite après coup. C'est l'histoire résumée d'une dynastie dont Saint-Simon admire les origines, d'autant plus qu'il entend opposer Henri IV et Louis XIII à Louis XIV, et montrer le germe de décadence et de mort jusque dans l'omnipotence éclatante du roi. Qu'eût-il dit s'il eût vu s'achever le règne de Louis XV?
Il estime les trois premiers Bourbons dans la mesure où ils ont été rois. Henri IV a bien gouverné et n'a été gouverné par personne; Louis XIII parut l'être, et ne le fut pas; Louis XIV le fut toujours, et ne voulut point le paraître. Cette division était factice, mais répondait à un double dessein personnel et politique, dont Saint-Simon, il est vrai, n'a peut-être pas eu une
. Louis XIII étail le bienfaiteur de sa Faraille, mais mmée douteuse étail accablée par la gloire
n ministre Richelieu : il fallait le relever et montrer que,
môme à côté de Richelieu, il v avait place pour un vrai roi. De
Louis \IV. au >yail que la splendeur, et l'on
disait, ••!) l'opposant mentalement à Louis Mil : le grand roi.
tdeur, en éblouissant les yeux, trompait l'esprit;
nïiait que faiblesse, étant fondée sur l'injus-
Ainsi cette œuvre aux apparences impartiales n'est qu'un plaidoyer indirect et un réquisitoire adouci.
: indateur de la dynastie, Henri IV, sert là, pour ainsi dire, d'introducteur à son (ils Louis XIII, et quel introducteur plus séduisant? Bien qu'il rappelle la forte éducation donnée par
, d'Albret à son ûls, il dédaigne, lui le peintre par excel-
. de caractériser les grâces viriles de l'homme que fut Henri aii'-: mais il insiste sur la fermeté du roi et sur l'habileté du politique; sur l'abjuration, qui fut un coup do maître; sur l'édil d>> .Nantes, qui fut en outre un acte de patriotisme et d'équité. Il va jusqu'à excuser certaines faiblesses du Béarnais, en accusant sa femme Mario de Médicis et son entourage. C'est que le fut m Louis XIII a grandi dans ce milieu corrompu : quelle grandeur naturelle et quelle force de caractère ne lui a-t-il pas fallu pour échapper à tant d'intluences énervantes, pour rester capable de régner! Ici se place le portrait moral de Louis Mil, en bonne lumière, comme son image physique, Sculptée ou [teinte, occupait la place d'honneur au cœur de l'hôtel 'h' Grenelle ou «lu château de la Ferlé.
Louis XIII, enfoui comme dans un sépulcre depuis sa naissance H jusqu'à li mon du maréchal d'Ancre, scellé dans l'ignorance la pins profonde de lt-mis et de choses, même les plus communes, passa tout 'l'un coup du fond n1- ces ténèbres dans 1'' plu- gi and jour et le plus éblouissanl par un libérateur Luy- |ui n'avait ni la capacité ni encore moins la volonté de l'instruire. Ajoutons l'énormitéde ce qu'il eut de plus intimement proche, «•! on sentira i >ul ce qu'il eut à percer, à surmonter, pour se former lui-même au gouvernement, • •t de quels talents naturel- il fut doué p mi n'avoir du tout ce qu'il fut qu'à me. .!«■ crois avoir mis dans un assez grand joui' la nécessité où il fut de faire un premier mi:. i sage fermeté à le
i.i. comment il sut bien s'en servir sans en avoir jamais été gouverné ni par andes ni en petites chi •
int-Simon se garde bien, on le voit, de rabaisser Richelieu
au profit de Louis XIII : la gloire du roi se grossit à ses yeux >ire du ministre que le roi a su choisir et sou-
tenir; car Louis XIII a tout su, tout vu, tout approuvé de ce que faisait Richelieu. Dès lors, les grandes choses qui se sont accomplies à l'intérieur et à l'extérieur peuvent être présentées comme venant du seul Louis XIII :
Disons, avec la confiance que nous donne la vérité, qu'il faut une grande et bien singulière justesse de main pour tenir le timon au milieu de tant de princes et de grands si appuyés au dehors et au dedans, une manière d'Étal dans Sun État, uni, lié, hérissé de places fortes, soutenu des princes protestants au dehors, et au dedans par des chefs également habiles, factieux, établis et appuyés; enfin au milieu des plus dangereuses factions toujours renaissantes et des plus étranges complots dont l'âme, la source, la nourriture, résidaient dans sa mère, son épouse, et son frère, vingt ans son présomptif héritier.
Si du dedans on passe au dehors, on trouve ce même duc de Savoie qui s'était moqué jusqu'au bout de Henri IV, soutenu par toute la maison d'Autriche pour dépouiller entièrement le duc de Mantoue, se faire le dictateur de l'Italie, en tenir à jamais la porte fermée à la France et en conserver d'ouvertes chez elle pour poursuivre ses anciens desseins ; en même temps l'Empereur, devenu roi absolu de l'Allemagne parla bataille de Prague et l'exemple effrayant du Palatin; enfin l'Angleterre, laissant paisiblement opprimer son gendre, puis son beau-frère, tout occupé à profiter de la Rochelle pour perpétuer les troubles intérieurs et favoriser l'Espagne pour entrer en Picardie. Ce groupe étonne, il effraye; c'est pourtant de quoi Louis XIII vint à bout. Son épée désarma les huguenots, fit tomber la Rochelle, toutes leurs places de sûreté, les réduisit à la condition de sujets, abattit leurs chefs, brisa leurs unions étrangères. Aussitôt après, il vola au secours de Mantoue, empoisonna ce vieux serpent de l'excès de sa gloire, rendit la liberté à l'Italie par le traité de Quérasque et mit aussitôt après un frein à la puissance et au succès de l'Empereur par le traité avec la Suède, les victoires du grand Gustave-Adolphe et l'art incomparable de soutenir de si grandes choses avec les Suédois, après la mort de leur héros au milieu de ses triomphes, rep les Espagnols plus avant que chez eux, leur faire perdre le Portugal, et couronner de si grandes choses par la conquête du Roussillon en personne; plus que tout, s'être fait roi chez soi sans plus avoir à y compter avec personne, et s'être fait roi modéré, juste, père de ses sujets de tout rang et de tout ordre; et parmi tant de complots et de guerres civiles et étrangères, laisser son peuple à son aise, tranquille, heureux, sous l'abri de la protection et de la barrière des lois que ce grand prince aima, honora, protégea et n'enfreignit jamais.
Voilà le mot lâché; Louis XIII est « grand », tout comme Louis XIV, plus même que lui, si l'on va au fond des choses. Nous n'avons pas les mêmes motifs pour l'admirer et pour l'aimer; toutefois il se trouve que la sympathie n'a pas entièrement égaré ici Saint-Simon; il a vu clair dans ce règne aux teintes indécises qui semble plutôt le règne de Richelieu. En rendant à Louis XIII sa juste part (un peu élargie peut-être) dans ce que Richelieu a fait, il devançait les travaux de la critique historique moderne. Il n'était pas tenu à la même reconnaissance envers Richelieu, et il écrit même un curieux chapitre