RATURE
intitr, ' | i il expose que
ni lui ni - it quoi q i linal, qu'il
veut poarlanl me modération équilable; et cette
! rat ion li st le, du moment où il est admis que le
font «ju*im. Richelieu pourtant a durement
l'on s'attendrait à trouver quelque molde
I t<.ut an moins, plume de celui
qui i ie des nobles contre Louis XIV. Mais
■lue la no soit pas avili.-, ce n'est
lie empii te sur ['autorité royale. I! ne rêve point la
n de la féodalité; il loue Richelieu d'avoir abattu
Is qui balançait et obscurcissait le pouvoir
: ain. et de les avoir réduits à leur juste mesure d'honneur
et de distinction. I! aindrait pas si on les avait 1
dans celte juste mesure. Mais précisément on les en a dépos-
continuanl l'œuvre de Richelieu, on l'a fa
fois la partie du Parallèle qui est i à Louis XIV ne
: ait que cette rancune, pour ainsi dire, personm :
leur moderne en sérail médiocrement touché. Mais le règnejqui
vil l'avilissement de la noblesse vif aussi la révocation de L'édit
le lamentable des protestants - de ceux qui restaient. Pour peindre « • - .ur flétrir un acte si contraire a la fois
aux droits de la conscience et aux intérêt- de L'Etat, Saint- Simon trouve des accents I qui émeuvent. Il se souvient, vrai, du tableau déjà tracé dans ses Mémoires, mais il lui donne ici une forme plu- . I | issi m Longtemps contenu- ■ !•• Main te non, contre du roi, surtout Louvois, le mauvais génie du pèg
promis d'être calme, ta -an- précautions
oratoires qu'il abord- Le règne du grand roi.
. - agit d'an monarris la cour duquel j'ai | plus nomb
- L'habitude «lu plus religieux ivenl a fait
<t nourri en moi 1' in prince qui a été j>l>.
larenirmème par la leclnre, qui I
I dont la terreur duw t
ner bientôt : un Saint-Simon •ait plus S
La sincérité et l'impartialité de Saint-Simon. — En quelle mesure il peut être un historien.
Le Parallèle prouve que Saint-Simon n'est pas incapable de composer une œuvre bien équilibrée et relativement mesurée, mais aussi que la passion maîtrisée se fait jour tôt ou tard par quelque endroit, passion généreuse ou passion personnelle. Cette passion se devine alors même qu'elle ne se manifeste pas, et met en défiance le lecteur impartial, qui ne se croit pas obligé de mettre Louis XIII au-dessus de Louis XIV parce que Louis XIII a fait Claude de Saint-Simon duc et pair, et parce que Louis XIV a refusé à Louis de Saint-Simon la charge de capitaine de ses gardes. Saint-Simon lui-même, dans ses Mimoires, n'essaye pas d'être impartial : « Je le ferais, dit-il, vainement. » Mais il est l'homme des contradictions, et d'ailleurs il assure qu'il a réussi à se tenir en garde contre ses affections et ses aversions, et encore plus contre celles-ci, qu'il s'est défié de soi comme d'un ennemi, qu'il s'est efforcé de rendre une exacte justice et de faire surnager à tout la vérité la plus pure. « C'est de cette manière, conclut-il, que je puis assurer que j'ai été entièrement impartial. » L'est-il autant qu'il s'en flatte? Veut-il l'être? peut-il l'être?
Il veut l'être, à coup sûr, et Villemain n'a pas eu tort de louer « cette entière sincérité de l'écrivain, cette àme mise à nu par le récit dans un travail solitaire qui ne s'adresse qu'à l'avenir ». — « Vous êtes très vrai, » lui disait déjà Pontehartrain. Quoi qu'on pense de la vérité des peintures, on ne saurait mettre en doute la sincérité du peintre. L'envieux, le méchant, le lâche qu'imagine Louis Veuillo.t1, n'est que l'invention mélo-
1. « A mesure que je vieillis et que Saint-Simon devient populaire, mon estime pour lui diminue. Certes, ses Mémoires sont un beau pays et plantureux à merveille ; mais il y a des fondrières et des bêtes venimeuses', et je n'aime pas à me
""> ij'^ — '^" — -■»•#—«-■•*, "i .-nni v.u gcure. ucs lieues nauimes veulent le jour. Saint-Simon se cache ; il fabrique sa prétendue histoire en secret, comme on fabri-
COURS DE LITTERATURE d un homme aussi fo éi ité que
Saint-Simon pouvait l'< ment il faut distin-
ici entre des - nctes. La sincéi ité, '-1
'âme; la véi il il ne dépend
le rhomme même, quand i! esl vrai moralement, de
au point il<- vue de la vérité historique, car il voil 1»-^
sses jugés -il -• - rancunes, à moins qu'il ne
à l'impassibilité de l'historien, un effort
dont le tn Saint-Simon esl incapable. Jusque dans
ur pourtant la - - retrouve. Il dit ce qu'il a vu,
me il l'a vu. L*a-t-il bien vu? Toute la question esl là.
Avant d'affirmer qu'il est an méchant el une âme basse
ut établir qu'il a dit du mal de tout le monde, de parti I pour le plaisir d'en dire. C'< si ce qu'on ne fera pas. Au mépris de la bassesse il sait allier l'admiration de la vraie grandeur. Il flétrit un la Feuiilade, âme de boue, ■ le plus solidement malhonnête homme qui ail paru depuis long . mais il parle avec respect d'un Vauban :
nomme de son siècle, le plus Bimple, le plnfl •..•lit fort l'ail - -n même temps u
. pour ne pas dire brutal el féroce1; il n'était rien plu* doux, plus compatissant, plus obi:
; lieux sans nulle politesse, et le plus ménager de la avec un-; valeur qui prenait tout sur lui et donnait tout auxaul g... !•comme il l'était, il avait toute sa vie été touché de la misère du peuple.
/ mots, qui feront bientôt fortune, sont
i Saint-Simon. Ils étonnent sous sa plume, parce .te uniquement préoccupé de faire resj son nom • '-.Il jette pourtant plus d'un regard sur les
. la Fiance et du peuple de France. On n'est bon roi, on n'e=t honnête hommme a - u que si, dans la m< a autorité, on le bien public. El même c'<
pour lui une sorte de critérium, comme nous disons, beaucoup plutôt que la n - - esl né honnête
homm - race et la générosité d'âme étant faites
oir bien fermé, La postérité ouvrira le tiroir, et ses ennemis
• -. Il *it cinq troublé de Quelques
morgue <lo duc • t là, t. II. p.
land il admh - ; oints faibles. Il est vrai que Van bai
I i a. de ;i mince. L'admiration .
SAINT-SIMON 9g
pour s'allier1, mais son indifférence à l'endroit du bien public Je fait déchoir de ce titre; tel autre ne semblait pas destiné par sa naissance à l'être, mais l'est devenu, grâce à son dévouement éclairé au bien public. Ce bien public un peu vague, où la haute aristocratie avait sa large part, le peuple aussi la sienne, plus restreinte sans doute ; où il y avait du Boulainvilliers et du Fénelon, un prince, le duc de Bourgogne, allait en assurer le règne; Saint-Simon pleure sa mort avec de vraies larmes, que le bien public, nous l'avouons, n'est pas seul à faire couler. Pour n'être pas entièrement désintéressée, sa douleur n'en est pas moins sincère, et, n'eût-on crue cet exemple à citer, on ne peut plus dire que les Mémoires sont, de la première à la dernière ligue, un livre de haine, une satire monotone. M. Chéruel a même observé qu'il y a des pages gracieuses à côté de pages émues, et que certains portraits de femmes ont de la légèreté et de la fraîcheur2. 11 cite le portrait de la duchesse de Bourgogne, où il y a, en effet, de la poésie, malgré le réalisme un peu brutal de certains détails : cette « marche de déesse sur les nuées », ces grâces qui naissent d'elles-mêmes sous tous les pas de la princesse, cette légèreté de nymphe qui la porte partout, comme un tourbillon qui remplit plusieurs lieux à la l'ois, et qui y donne le mouvement et la vie, ces traits et d'autres analogues semblent être de la Fontaine. On la voit « causante, sautante, voltigeante » autour de Louis XIV vieilli et de Mme de Maintenon ennuyée, « tantôt perchée sur le bras du fauteuil de l'un ou de l'autre, tantôt se jouant sur leurs genoux », les caressant, les chiffonnant, fouillant leurs papiers et décachetant leurs lettres, les forçant enfin à sourire; et l'on aime, avec Saint-Simon, cette petite fée consolatrice, âme des derniers plaisirs de la cour, « toujours portée à obliger, à servir, à excuser, à bien faire », et il semble qu'elle partie, un ennui morne pèse sur cette fin d'un grand règne, qui s'achève sans grâce comme sans gloire.
Le regard a trop rarement, sans doute, clans l'œuvre si âpre de Saint-Simon, la joie de se reposer sur de belles figures fraîches, qui ne grimacent point, et sur des tableaux dont la