‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 149 sur 228 · C. de Litt. — Mmo de Maintenus et St-Simok · texte numérisé non relu

C. de Litt. — Mmo de Maintenus et St-Simok

air il blance qui lujourd'hui font illusion. Telle

: ' ainsi éternellement

attachée à la mémoire de lel personnage peu Sainl-

n : -'M vaiu la critique en démontrerai! la fausseté, mx yenx

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s matériaux im - S tint-Simon les mel en œuvi

i qu'il peut. Mais quand écrit-il? Il esl vieux déjà quand mmence la rédaction de : les souvenirs <&e m

3se et de s - mûr affluent de tous son esprit,

mais : - ntiis et même inexacts. Il est vrai qu'il peut se .'ix notes prises autrefois; mais, outre qu'elles respirent encore la passion qui les a dictées, elles manquent de lien entn- îvent de précision au moins chronologique,

- dnt-Simon, curieux surtout d'observations morales, laisse tomber les faits intermédiaires qui ne lui semblent point significatifs, tient peu de compté s, el regarderait comme un pédantisme le souci de la précision minutieuse. Bien des ann' i :itre l'observation et la rédaction défini

ont modifiées dans l'intervalle, et, quoique

l'historien ici soit de ceax qui sont les moins susceptibl

sformation, on ne lit point sans inquiétude une œuvre qui

n'a ni Le caractère des Mémoires ordinaires, puisque l'auteur y

fait entrer beaucoup de choses qu'il n'a ni vues ni entendues

. ni le caractère de l'histoire proprement dite,

puisque bien des pages y ont comme un accent de revanche per-

Kst-il un historien, celui qui savoure si délicieusement

une vengeance si longtemps attendue, dans ce récit du Lit de

justice du 26 août 1718, où le régent, conseillé précisément par

Saint-Simon, imposa au parlement la déchéance du duc du

Maine et des princes légitimés? Il est diflicile, quand on juge

Saint-Simon, de ne pas citer ce morceau caractéristique, où

Ire plaisir ànou< prouver combien le lecteur ami

de La vérité pure doit se tenir en garde contre les transports

• historien eni -

- qu'on ne peut exprimer, te 1 1 refuser le salut,

. tandis qu'assis et cou-.

!8 situations et ces postui

i , ience la cause de ceux qui, véritablement et d'effet, sont latéral

vas élection du tiers état. Mes yeux fichés, collés sur ces bourgeois su parcouraient tout ce grand banc à genoux ou debout, et les amples de ces fourrures ondoyantes à chaque génuflexion longue et redoub! ' ne finissait que par le commandement du roi par la bouche du gar sceaux, vil petit-gris1 qui voudrait contrefaire l'hermine en peinture, et ces tètes découvertes et humiliées à la hauteur de nos pieds. La remontrance finie, le garde des sceaux monta au roi, puis, sans reprendre aucun avis, se remit en place, jeta les yeux sur le premier président, et prononça : Le roi veut être obéi, et obéi sur-le-champ. Ce grand mot fut un coup de toudre qui atterra présidents et conseillers de la façon la plus marquée. Tous baissèrent la tète, et la plupart furent longtemps sans la relever...

Enfin le garde des sceaux ouvrit la bouche, et dès la première période il annonça la chute d'un des frères- et la conservation de l'autre. L'effet de cette période sur tous les visages fut inexprimable. Le premier président perdit toute contenance, son visage si suffisant et si audacieux fut saisi d'un mouvement convulsif, l'excès seul de sa rage le préserva de l'évanouissement. Ce fut bien pis à la lecture delà déclaration... L'attention était générale, tenait chacun immobile pour n'en pas perdre un mot, et les yeux sur le greffier qui lisait. Vers le tiers de cette lecture, le premier président, grinçant le peu de dents qui lui restaient, se laissa tomber le front sur son bâton qu'il tenait à deux mains, et, en cette singulière posture, acheva d'entendre cette lecture si accablante pour lui, si résurrective pour nous.

Moi cependant je me mourais de joie: j'en étais à craindre la défaillance; mon cœur, dilaté à l'excès, ne trouvait plus d'espace à s'étendre. La violence que je me faisais pour ne rien laisser échapper était infinie, et néanmoins ce tourment était délicieux... Je triomphais, je me vengeais, je nageais dans ma vengeance, je jouissais du plein accomplissement des désirs les plus véhéments et les plus continus de toute ma vie. J'étais tenté de ne me plus soucier de rien; toutefois je ne laissais pas d'entendre cette vivifiante lecture dont tous les mots résonnaient sur mon cœur, comme l'archet sur un instrument, et d'examiner en même temps les impressions différentes qu'elle faisait sur chacun. Au premier mot que le garde des sceaux dit de cette affaire, les yeux des deux évèques pairs3 rencontrèrent les miens. Jamais je n'ai vu surprise pareille à la leur. J'avalai par les yeux un délicieux trait de leur joie, et je détournai le mien des leurs, de peur de succomber à ce surcroît, et je n'osai plus les regarder...

. Pendant l'enregistrement je promenais mes yeux doucement de toutes parts , et si je les contraignis avec constance, je ne pus résister à la tentation de m'en dédommager sur le premier président ; je l'accablai donc à cent reprises, dans la séance, de mes regards assenés et for/ongés* avec persévérance. L'insulte, te mépris, le dédain, le triomphe, lai furent lances de mes yeux jusqu'en ses moelles: souvent il baissait la vue quand il attrapait mes regards; une fois ou deux il fixa le sien sur moi, et je me plus à l'outrager par des sourires dérobés, mais noirs, qui achevèrent de le confondre. Je me baignais dans sa rage et je me détectais à le lui faire sentir. Je me jouais de lui quelquefois avec mes deux voisins, en le leur montrant d'un clin d'oeil, quand il pouvait s'en apercevoir ; en un mot, je m'espaçai sur lui sans ménagement aucun autant qu'il me fut possible.

i. Opposition de la fourrure grise d'un écureuil du Nord appelé petit-pris, et de l'Iiermine qui est toute blanche. — En peinture, par une fausse apparence. -. L'un des frères, le duc du Maine ; l'autre, le comte de Toulouse.

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