C. de Litt. — fénelon
Lionne parait pas avoir été jamais il
sulpici ri comme lai, missionnaire au Canada, devait y mourir du jeune abbé semble avoir été enthous
i de la lettre, écrite à un correspondant incertain, où il annonce son projet de se consacrer aux misât.
cidents ont t lujours retardé a retour;! I
. iseigneur, - . ■ s'en faut qu
n médite plus g moi ; le
sultan • spire en liberté, l'Ég
rinthe va refleurir : la voix de l'Apôtre :■'
transport'- dans ces beaux lieux et parmi ces ruines précieuses, pour y recueilli: - plus curieux monument?, l'esprit même de l'antiquité. Je ch> . -à saint Paul annonça aux Bages du monde le inconnu. Mais le :
cendre au Pirée, où Socrate fait le ; publique. Je monte au double
: <lu Parnasse; je cueille les lauriers de Delphes
. Quand est-ce que le sang des Turcs se mêlera avec celui
sur les plaines de Marat bon, pou. Grèce entière à la
. à la philosophie et aux beaux-arts, qui la regardent comme leui
Ai va, beata
Petamus arva, divites et insulas1.
Je ne t'oublierai pas, ô île cons * - visions du disciple
O heureuse Pathmos, j'irai baiser sur ta terre li Apôtre,
et je croirai voir les cieux ouverts! Là, je me sentirai saisi d'indignation
le faux prophète quia voulu dével s ora :lea du véritable; et je
.'.. qui, bien loin de précipiter l'E.dise comme Ba-
!a rend victorieuse. Je vois déjà le schisme qui
nt et l'Occident qui se réunis qui soupire jusqu'aux
qui voit renaître le jour après une ?i longue nuit; la
terre, sancti:. son sang, délivrée de
- - ■fanateurs et revêtue d'une nouvelle gloin nfants d'Abraham,
ice de toute la terre, et plus nombreux que I tirmament, qui, ra maître
l'ils ont perc . rection. En
voilà ; . aise d'apprendre que c*est ici ma
dernière lettre, et la fin de mesenlb . qui vous importunent peut-
être.
Il ireusement pour les lettres, cette ardeur juvénile, qui
i l'un des traits caractéristiques <]>,• Fénelon, se tournera
vers d'autres objets. Il a eu le temps de voir déjà le monde,
et une occasion va lui être offerte d'étudier de plus près les
âmes.
I. • fiasrnonsles campagnes, les riche3 campagnes des îles Fortunées, n [Bouat, ■ le I'.ithn. pli fait le SUy
FENELOX
Féuelon supérieur des XouvellesCatholiques(16i58-l 689). Ses premiers ouvrages.
Les espérances qu'il avait fait naître s'étaient tellement affermies déjà, qu'il se vit confier, à vingt-sept ans, le poste délicat de supérieur des Nouvelles Catholiques. Il avait affaire à des femmes nouvellement converties du protestantisme au catholicisme. Là il dépense sans compter toutes les ressources d'un esprit simple et d'un cœur chaud. Xon seulement il réussit pleinement dans sa tâche, mais il nous a laissé un livre admirable qui nous instruit des moyens par lesquels il y a réussi : c'est le traité de Y Éducation des filles (1687), publié à la fin de cette période décennale si bien remplie, comme pour en résumer l'expérience. Au reste, il a ses heures de loisir et comme de vacances, où son intelligence se détend et s'égaye. En 1681, il vint prendre possession de son prieuré de Carenac, que lui avait cédé l'évêque de Sarlat, son oncle, et il fait de cette entrée solennelle une bien plaisante relation à sa cousine, la marquise de Laval.
Oui, Madame, n'en doutez pas, je suis un homme destiné à des entrées magnifiques. Vous savez celle qu'on rn'a faite à Bellac, dans votre gouvernement; je vais vous raconter celle dont on m'a honoré en ce lieu. M. de Rouftillac, pour la noblesse ; M. Rose, curé, pour le clergé ; M. Rigaudie, prieur des moines, pour le corps monastique, et les fermiers de céans pour le tiers état, viennent jusqu'à Sarlat me rendre leurs hommages. Je marche accompagné majestueusement de tous ces députés ; j'arrive au port de Carenac, et j'aperçois le quai bordé de tout le peuple en foule. Deux bateaux, pleins de l'élite des bourgeois, s'avancent, et en même temps je découvre que, par un stratagème galant, les troupes de ce lieu les plus aguerries, s'étaient cachées dans ce coin de la belle île que vous connaissez : delà, elles vinrent en bon ordre de bataille me saluer, avec beaucoup de mousquetades. L'air est déjà tout obscurci par la fumée de tant de coups, et l'on n'entend plus que le bruit affreux du salpêtre. Le fougueux coursier que je monte, animé d'une noble ardeur, veut se jeter dans l'eau ; mais moi, plus modéré, je mets pied à terre. Au bruit de la mousqueterie est ajouté celui des tainbuurs. Je passe la belle rivière de Dordogne, presque toute couverte de bateaux qui accompagnent le mien. Au bord, m'attendent gravement tous les vénérables moines en corps ; leur harangue est pleine d'éloges sublimes ; ma réponse a quelque chose de grand et de doux. Cette foule immense se fond pour m'ouvrir un chemin; chacun a les yeux attentifs, pour lire dans les miens quelle sera sa destinée. Je mont^ ainsi jusqu'au château, d'une marche lente et mesurée, afin de me prêter pour un peu plus de temps à la
.:.'• publiqui . ises font rel lama-
ut leur
■ plus vif et de plue --il discours ? il me compara us les autn - plus radieux
i ; delà ho ,\ i léments
is - - naenl par le commencement du
tait déjà couché, i t.'pour achevi r la comparaison d-' - : ! • or me préparer à en faire de même.
■ narration si leste est, en même temps, vers la lin, une
d'excellente critique; e! c'est la Qnesse du critique encore,
autant que la me ironie^du narrateur, qui apparaît dans une
autre lettre, postérieure de quelques jours à la première et
datée de la petite ville d'issi^eac. Comme la première, elle est
écrite par quelqu'un qui a dû lire les Plaideurs et qui, long-
ins lnLeUir à l'Académie, jugera sansinduL
i leurs modernes, profanes ou sa»
.ii sujet heureux pour écrire
. -i vous n'ai
eu cel - Je nus aventun - jours
de la vie ne -• ni : el de triomphe. Mon entrée à Care-
suivie d'aucun événi ment méi si pai-
.mit .-.ucune variété pour embellir l'histoire. J'ai qui tûS ce
il trou\er ici M. de Sarlat, et j'ai passé à Sarlat en venant.
Je m'> arrêté un jour. ] oui y entendre plaider une cause i
j ai les Cicérone de la ville. 1 eui> plaidoyers ne manquèrent pas de com-
oir ensuite tout di .
le délu; e jusqu'au fait. 11 était question de donner du pain, par provj
: :ants qui n'en avaient pas. L'orateur, qui s'était ebargé de parler ans tit, rnéla judicieusement dan- son plaidoyer beaucoup de
.!• b Métamorphoses oie. Ce mélange, Bi con- Dl applaudi par les auditeurs de bon goût. Chacun croyait que let rs i' ni ! i nn< chère, et qu'un- [uence allait fondei à jamais leur cuisine. Biais, ô caprice de la fortune! quoique l'avocat eût obtenu tant de h purent obtenir du pain. < n appointa la < chicane, qu'il fut ordonné à de plaider à g t gravement du tribunal, pu. . Je in'y en allai aussi, et je partis eusuite pour apj . 1 1er à] is arrivé ici presque incognito, pour
- du matin, je si..
.1 n'y a ni . cérémonie dont je pu galer.
réjouir M"« de Laval, vous lairç pari le riié-
rédicaleur de village répandit naguère sur nous, ses audi- .1 est juste i la chaire plus que le 1 .
an plaisir de citer ces deux lettres si 1
FENELON 5
! si gaies, qui nous révèlent un Fénelon jeune, ami Je la raillerie. Ce ne sont là que les distractions d'un esprit grave, à qui les graves occupations ne manquaient pas. C'est le 6 janvier lGS.i qu'il prononce, dans l'église des Missions, son célèbre sermon pour la fêle de l'Epiphanie, devant les ambassadeurs siamois : il y traçait le tableau ému des progrès de la foi dans le nouveau monde, et glorifiait « ces hommes qui vont porter jusqu'au bout du monde les lumières de la vérité * ». Lui-même, l'année suivante, acceptait une mission moins lointaine, mais aussi redoutable à bien des égards. 11 s'agissait, au lendemain de la révocation de l'édit de Nantes, de ramener au catholicisme ou d'y afTermirles protestants de l'Aunis et de la Saintonge. Sur la manière dont Fénelon s'est acquitté de cette mission, les avis diffèrent. Les uns vantent sa douceur et sa tolérance, et font de lui presque un prêtre philosophe; c'est sous ces traits que M.-J. Chénier, dans une pièce de circonstance, nous présentera l'ancien missionnaire de Saintonge devenu prélat. Les autres ont vu en lui un persécuteur, odieux allié des dragons. Il y a un juste milieu à tenir entre ces opinions extrêmes. Fénelon est de son temps, et n'a rien d'un Voltaire. Comme ses contemporains, il a voulu qu'on joignit la rigueur des peines aux secours de la persuasion chrétienne ; il a dénoncé les huguenots qui tentaient de s'enfuir; il a proposé qu'on déportât au Canada quelques-uns de leurs chefs. Et pourtant de plus cruels lui ont reproché un excès de longanimité et de patience. C'est que, par la grâce de ses procédés, il s'était insinué dans la confiance des persécutés, qui ne pouvaient se résoudre à voir en lui un ennemi. « Il serait important, disait-il, de leur faire trouver en France quelque douceur de vie qui leur ôtàt la fantaisie d'en sortir. »
Tout n'est donc pas illusion dans l'opinion du xvnr3 siècle sur le tolérantisme de Fénelon : M. Janet l'a fort bien montré. Une lettre au duc de Beauvilliers, postérieure à ce temps, nous donne, ce semble, la note juste : « Le bruit public dece pays est que le conseil sur les affaires des huguenots, où vous entrez, ne prend que des partis derigueur : ce n'est pas là le vrai esprit de l'Évangile. L'œuvre de Dieu sur les cœurs ne se fait point par violence-.» De Saintonge mèniî il écrit qu'il faut « des
1 . Les sermons de Fénelon seront appréciés dans le fascicule consacré aux Di a -
-2. En 1888, il écrit au même duc de Baauvilliers, à propos des jansénistes, qu*il n'aimait pas : Il faut Les attaquer; pour mieux dire, les réprimer ave: modération
. qui insinuent la doctrine, ... d< - prédicat i el qui u lalenl d'instruire celui de
v*atti: - peuples [ui expliquent simplement
tous les dimanches le texte de l'Éi une autorité douce
et insinuante... Si on voulait Faire abjurer aux huguenots le christiai isme - t suivre l'Âlcoran, il n'y aurai I qu'à leur montrer Ces dernières paroles sont adi i ss ssuet,
qui île bonne heure avait su, il le d'il à la marquisede Laval, ivrir i un mérite qui se cachait si bien ». Fénelon avait fait plus d'un séjour à Germigny, campagne des évéques . Ifeaux, ou il lisait l'écriture el lesPères dans la compagnie L, des abbés de Langeron et Fleury. Dans une Lettre badine du 8 mars 1686, il se déclare prêt à aller « jusqu'à quelque grosse hérésie, pour obtenir une heure de disgrâce « qui le ramène à Germigny. Ce ton enjoué dut parfois étonner et liais tous deux ne voyaient alors que ce qui les rapprochait. C'est, dit-on, à la prière de Bossuet que Fénelon écrivit d'abord une réfutation du Traité de la nature et de la du P. Malebranche, qui fut soumise àl'évêque de Meaux et annotée par lui; puis un Traité du mil urs 1088).
Nous avons perdu un autre livre écrit à cette époque; c'estune nagne, héros chrétien que Fénelon opposait aux - du paganisme, héros véritable, dont il préférait la vertu, mêlée de quelques imperfections, à la vertu chimérique des de roman. Il le préférait même à saint Louis, parce que Gharlemagne a eu l'avantage « d'avoir toujours été heureux dans ses entreprises », ce qui le rend « un modèle bien plus ble - pour un jeune prince. Dans une lettre au duc de illiers, il donne quelques détails sur ce livre, qui ne dut Ire imprimé, et qui fut sans doute anéanti dans l'incendie du palais archiépiscopal de Cambrai en 1697. Il n'est pas sans intérêt de voir comment le futur auteur de la Lettre à F Académie juge les historiens français de Gharlemagne.
Pour les défaille de cette histoire, il? sont grands, Bans parler de ceux que
j'y ai :. e inaux de celte vie ne Bavent ni raconter, ni choi-
mble, ni montrer l'enchaînement des affaires, de
qu'ils ne nous ont laissé que des faits vagues, dépouillés de toutes
constances qui peuvent frapper et intéresser le lecteur, enfin entre-
'une ennuyeuse uniformité. C'est toujours la même chose,
• oo ils sont Éridemiseï t répréhe conduite ar-
me pour la vérité, e»l do préjugé qui déshonore la
FENELON 7
toujours une campagne contre les Saxon?, qui sont vaincus, comme ils l'avaient été les autres années; puis des fêtes solennisées, avec un pari tenu. Ce qu'on serait le plus curieux de savoir est ce que les histori manquent jamais de taire. Point de fil d'histoire; presque jamais d'affaires qui s'engagent les unes dans les autres, et qui se fassent lire par l'envie de voir le dénouement. A cela quel remède? On ne peut point suppléer à ce qui manque, et il vaut mieux laisser une histoire dans toute sa sécheresse, que i' aux dépens de la vérité. Mais voilà une lettre qui ressemble à une préface, et j'aperçois que je prends le vrai ton d'auteur.
ïll Féiielon précepteur du duc de Bourgogne (1689-1695).
Comme il l'observe dans celte lettre, il ne songeait guère, en écrivant cette histoire de Charlemagne, qu'il pourrait proposer unjour ce modèle auducde Bourgogne devenu son élève; mais on y voit aussi que le duc de Reauvilliers était dans la confidence dubiographe. C'est Beauvilliers, sans doute, désigné comme gouverneur du jeune duc, qui proposa Fénelon comme précepteur (16 août 1089). Le choix du roi fut généralement approuvé; Mme de Sévigné y applaudit; Bossuet se félicita de voir l'abbé de Fénelon fixé à la cour.
On dit que Bossuet tint plus tard à s'assurer des résultats obtenus par un précepteur si différent de lui, et qu'il en fut émerveillé. Il dut surtout en être surpris ; car ce « Père de l'Église » était, à côté de Fénelon, malgré la différence des âges, un pédagogue encore novice. Pour ce morne et vulgaire Dauphin, qui fut le père du duc de Bourgogne, il avait tracé le plan le plus vaste, et le plus admirable en soi, d'instruction encyclopédique. Seulement, ce plan, et les admirables ouvrages qui en sont sortis, sont allés tout droit à la postérité en passant très haut au-dessus de la tête du Grand Dauphin, qui écoutait vaguement sans comprendre. Fénelon n'a pas cru qu'il suffit, selon l'expression de Sainte-Beuve, de faire son devoir avec ampleur et majesté, et de passer outre. Il n'a jamais perdu de vue son élève : si l'on peut lui reprocher quelque chose au contraire, c'est d'être trop entré dans le détail d'une instruction, ou plutôt d'une éducation minutieuse où tout était prévu, réglé, dosé, pour ainsi dire, à l'avance. Mais si l'on fait la part des exagérations dans cette pédagogie à la fois si souple et si oppressive, il n'en faut pas moins reconnaître que c'est la véritable méthode pédagogique, la méthode progressive, pro-
poiti ii pratique, pn sque in-
l'instruction j i I dite y lient assez pou
: dans la Littérature el dans l'histoire. - uvenl fournir. Mais.
-. rien de sèchement didactique: pour aimable cl pratique, la méthode doit être van
qui attache sou-. ^ularité absolue, >i ru::
pouri' niants, disait-il, c'est qu'elle leur est pins commode qu'une
linuelle à pi -a cette su-
1e le petit princ ■. P.-P., — c'est ainsi qu'il led par a) : \r dans une c
utile, il lui faisait abandonner l'étude, il lui épargnait toute contrainte, le porterez doucement à continuer ce qu'il a entrepris, écrivait-il à l'abbé Fleury, qui le secondait eu qualité de sous- précepteur. Il faut accourcir le temps du travail et en diversifier . ivertirez à
tables i établir de? e