partie ; ur mieux g ;ïort de l'enfant, il composait lui
même les textes de - : el jour \ jour il avait
— - l'y faire participer — un dictionnaire
de la langue latine, où le sens et la valeur d
[] s'interdisait et il interdisait formellement à tout le mon exercices qui pouvaient présenter un caractère d'abstraction, « de peur de rebuter, par des opérations purement intellectuelles, un esprit parcimpatient et où l'imagination prévalait encore beaucoup». Pour la grammaire. : pour la rhétorique, de bons modèles, point de
En histoire, des extraits bien faits, des dialogues mettant en scène, avec les personne id es qui avaient agité leur temps, et les
circonstances dée lesquelles Us avaient joué un rôle; en morale,
des fictions, comme le Té ilrer le futur dauphin -
obligations de roi et à l'instruire en le récréant '.
Tout ne serait pas, sans doule, à louer dans cette méthode d'instruction, qui atténue singulièrement L'effort, si elle ue I supprime pas ; peut-être n'est-elle pas moins superficielle qu'elle est séduisante. Si elle se détourne, avec raison, de curiosité pure, elle semble méconnaître la valeur de ce qui
■-■ vraie. Tout y revient à L'histoire, môme la religion, qui
-•■îée surtout au moyen de l'exposition historique; et
l'histoire, à son tour, réduite aux exemples, y revient à la mo-
. Il e-t vrai que les bon- historiens français faisaient défaut;
qu'on avait sous la main, étant « assez ridicules » pour
divertir le prince, n'étaient pas toujours écartés. Mais cette ins-
F par le cardinal de Bausset. J.
FENELON 9
truction était plus antique, au fond, que moderne ; les thème s étaient pris dans les Métamorphoses d'Ovide ; les versions dans Térence et dans Horace et Virgile, auteurs chers à Fénelon. On reconnaît là son goût délicat et pourtant un peu libre, qui le rendait peu sensible aux inconvénients de certaines lectures prématurées, comme pouvait l'être celle des Confessions de saint Augustin.
Au reste, Fénelon s'était surtout réservé le rôle d'éducateur; c'est l'abbé Fleury qui était chargé de l'instruction proprement dite. Quelles difficultés rencontrait cette éducation et quel en fut le succès, on Fa dit bien souvent, et il semble à peine utile de le redire : un passage de Saint-Simon suffit à faire comprendre et ce que fut le duc de Bourgogne avant 1683, et ce que Fénelon fit de lui.
Le duc de Bourgogne naquit terrible , et dans sa première jeunesse fit trembler. Dur, colère jusqu'aux derniers emportements, incapable de souffrir les moindres résistances sans entrer dans des fougues à faire craindre que tout ne se rompit dans son corps, c'est ce dant j'ai été souvent témoin : opiniâtre à l'excès, passionné pour tous les plaisirs, la bonne chère, la chasse avec fureur, la musique avec une sorte de ravissement;... souvent farouche, naturellement porté à la cruauté, barbare en raillerie, saisissant les ridicules avec une justesse qui assommait; de la hauteur des cieux, il ne regardait les hommes que comme des atomes avec qui il n'avait aucune ressemblance, quels qu'ils fussent. A peine les princes ses frères lui paraissaient interna '■diaires entre lui et le genre humain...
Le prodige, c'est qu'en très peu de temps la direction et la grâce firent un autre homme et changèrent tant et de si redoutables défauts en vertus parfaitement contraires. De cet abîme on vit sortir un prince affable, doux, humain, généreux, patient, modeste, humble et austère pour lui.
Ce « prodige », c'est Fénelon qui l'a réalisé plus que « la grâce». Il est vrai que la nature du duc de Bourgogne n'était pas ingrate comme celle du Dauphin, son père. Saint-Simon lui accorde un esprit brillant et pénétrant, qui se manifeste par des reparties justes et profondes. Mais comment cette volonté fougueuse a-t-elle subi le joug d'une règle? Gomment cet orgueil a-t-il été vaincu au point de donner de sa propre défaite les témoignages que nous avons conservés? « Je promets, foi de prince, à M. l'abbé de Fénelon, de faire sur-le-champ ce qu'il m'ordonnera, de lui obéir dans le moment qu'il me défendra quelque chose, et si j'y manque, je me soumets à toutes sortes de punitions et de déshonneur. Fait à Versailles, le 29 novembre IG%9. Signé : LOUIS.» C'est que Fénelon, au lieu d'attaquer de front cette nature « terrible », commença par en étudier les ressorts, et sut tirer parti des instincts généreux qui, outrés,
to COURS DE LITTERATURE
ienl tournés en défauts. En faisant jouer, par exemple, Le • sa :t de l'honneur, il le maniait à s in fait appel au
sentiment qu'il ir de prince, à la crainte qu'il a ik'
déplaire \ Louis M. - urdelui ta conspiration
du silence el de la terreur où delà compassion simulé*
5 nt qu'à la hâte et en tremblant, aux as les objets sur Lesquels pourrai!
.. sont retirés; il est abandonnée ses remords. Par- Ion ne dédaigne pas de jouer son n '•■ de le Main tenon, dans une de ces comédies qui aboutissent à une leçon morale, el dont Rousseau fera un si large usage pour l'éducation de son Emile; tel ce petit drame intim--. admirablement combiné, qui suivit le mol échappé au royal élève : « Je sais qui je suis et qui vous êtes. > Silence, longue froideur, disel triste, menaces de démission, refus de céder aux premières instances de l'élè vi mt, tout est mis en œuvre, jusqu'à la confusion et à l'humiliation définitive du cou- . Et le même enfant qui avait laissé échapper ce propos hautain ira jusqu'à dire plus tard, passant d'un extrême à l'autre : « Je laisse derrière la porte le duc de Bourgogne; je ne suis plus avec vous que le petit Louis. »
Pour venir à bout d'un tel caractère, il avait fallu un caractère non moins personnel au fond, mais dont la volonté persévérant»- s'enveloppait de douceur, et qui se faisait pardonner sa ténacité à force de souplesse. Il avait fallu aussi la finesse pratique d'un homme qui, selon le mot de Saint-Simon, «se mettait à la portée de chacun sans se faire jamais sentir ». L'éducation du duc de Bourgogne fut merveilleusement appro- . non seulement au caractère de l'élève, mais aux diverses circonstances de sa vie. Les Fables s'adressent à un enfant, les h un adolescent, le Télémaque a on homme déjà.
Premier dejçré de l'édiiealion : les « Fables ». — Les fables destinées à l'enfant. — i'enelon el la Fontaine fabulistes.
l Fables sont habilement graduées, de façon >ndre à t i moraux, presque à tous les inci-
dents »UCC€
On a imprimé les Fables et les Dialogues sans y observer un ordre et une . Fénelon ne les composait que pour la circonstance et pour le moment : mais il serait facile d'en suivre, pour ainsi dire, la chronologie, en les comparant au progrès que l'âge et l'instruction devaient amener dans l'éducation
du duc de Bourgogne. On observera que ces fables et ces dialogues ne conviennent qu'à un prince, et à un prince destiné à régner l.
Il y a pourtant des fables qui conviennent à tous les enfants sans distinction, car elles semblent ne viser aucun but précis, si ce n'est d'amuser l'imagination. Ce sont de vrais contes de fées : « Il y avait une fois une reine si vieille, si vieille qu'elle n'avait plus ni dents ni cheveux... 11 y avait une fois une reine nommée Gisèle, qui avait beaucoup d'esprit et un grand royaume... II y avait une fois un roi et une reine qui n'avaient point d'enfants. » Là sont multipliées les peintures fraîches, un peu banales, de la vie rustique, des danses sur l'herbe ou la fougère le long d'un clair ruisseau, des prairies semées de fleurs où les bergers rêveurs jouent de la flûte à l'ombre des ormeaux. Près de ces paysans idéalisés, voici les hideux personnages chers à nos conteurs populaires : la vieille crasseuse, chassieuse, puante, aux yeux bordés d'écarlate, barbue : « Elle tousse à crever, elle crache sur son menton ; elle a au nez une roupie gluante qu'elle essuie avec sa manche. » Voici même les hommes à onze bouches, hauts de dix pieds, les ogres. Mélange singulier, mais bien vraiment enfantin, de réalisme et de merveilleux! Parfois, dans son désir d'être naïf, le fabuliste semble*verser dans la puérilité, comme dans le Voyage a l'Ile des Plaisirs, ile de sucre, avec des montagnes de compote, des rochers de sucre candi et de caramel et des rivières de sirop. Mais allez à la conclusion, vous verrez que tout le récit n'est qu'une allégorie, un peu longue et fade, il est vrai, mais instructive en somme : «Je conclus que les plaisirs des sens, quelque variés, quelque faciles qu'ils soient, avilissent et ne rendent point heureux. »
La leçon morale n'est pas toujours déguisée sous ce vêtement trop aimable : elle est quelquefois annoncée dès le titre, comme pour la fable l'Ourse et son Petit : la patience et l'éducation corrigent bien des défauts; ou bien elle ressort clairement de tout le récit, à tel point qu'il est à peine besoin de l'énoncer à la fin. Là peut-être est la principale différence entre Fénelon et la Fontaine fabulistes ; ces fables en prose, que ne relève point la grâce variée de la versification, ni le charme abandonné des
i. De Bausset, Histoire de Fénelon.
[ions personnelles ou de ! . sonl trop ouvertement
didactiques. Il ne faut demander, Bans doute, à I énelon que ce qu'il a voulu faii qu'il a voulu faire, il l'a bien l'ait. Nous
is qu'il comprenait, qu'il aimait la Fontaine1, avec qui le doc de Bourgog - m intermédiaire, noua des relations,
êchang - de fables. Ce qu'il avait, lui, ram-
ure, ce n'était point l'ample comédie « dont la scène ast l'univers •>; et pourtant « hommes, dieux, animaux », tiennent leur r«Me dan? ses fables comme dans celles de la Fontaine ; les traits des personnages ne sont pas assez précis, l'action n'est pas assez vive, le tour n'est pas assez piquant. Tout y est pénétrant et doux, d'une douceur un peu molle et lente, relevée parfois d'un demi-sourire ; car Fénelon a beaucoup d'esprit, mais cet esprit est, pour ainsi dire, baigné de sentiment, là, une velléité de malice : « Ce chagrin augmenta ses maux; les médecins qui étaient sans cesse autour d'elle les rent aus>i. » Plus souvent, des réminiscences : nous reconnaissons dom Milis, « si vénérable par son maintien modeste et par sa majestueuse fourrure », et Rodilardus, qui lait de la nation souriquoise, et les pigeons : « Leurs cœurs étaient tendres, le plumage de leurs cous était chan- ... o Mais, si l'on veut mesurer la distance qui sépare Fénelon de la Fontaine, que l'on compare aux Deux Pigeons du fabuliste profane le Pigeon puni de son inquiétude du moraliste chrétien.
' le Gange, Fénelon loue, sans grande précision, les apologues * ingénieux - dePilpay. Mais, bien que tel de ses -, qui a pour héros le Persan Alibée, semble un conte des Mille et une nuit*, ce n'est pas des Orientaux qu'il s'inspire d'ordinaire. Il ne leur a pas pris, comme la Fontaine, le sentiment de la vie universelle. Aussi ses tableaux de la nature sontils assez vagues ; il aime plutôt à peindre les jardins « délicieux *> où se promènent les jeunes princes, « au retour des zéphyrs, lorsque toute la nature se ranime ». En revanche, il a ressaisi quelque chose de la simplicité grecque. Ces deux amples récils, " 'ésichton, les A\ ■ ntun - d'Aristonoùs, semblent l'Hachés du Télémaque. Voici, dans le premier, le portrait de la jeune Poéménis :
A la voir, on eût cru que c'était la jeune Diane sortie de l'ile flottante où elle-
1. Y E&ccicale de la Fontaine l'éloge vivement senti qu'il fait «lu
fabuliste, en un latin charmant, à la fois oraison funèbre du poète et exercice destine .< l'élète.
naquit. Ses cheveux blonds étaient noués négligemment derrière sa tête ; quelques-uns, échappés, flottaient sur son couau gré des vents. Ellen'avait qu'une robe légère, avec une ceinture qui la relevait un peu, pour être plus en étal d'agir. Sans parure, elle effaçait tout ce qu'on peut voir de plus beau, et elle ne le savait pas ; elle n'avait même jamais songé à se regarder sur le bord des fontaines ; elle ne voyait que sa famille et ne songeait qu'à travailler.
Ailleurs, une mythologie qui n'est pas tout entière de convention nous ramène tantôt à l'innocence de l'âge d'or, tantôt à ces temps merveilleux où, dans les eaux du Xanthe, « Apollon, au retour de lâchasse, couvert de poussière, a tant de fois plongé son corps et lavé ses beaux cheveux blonds ». Mais là même, ne nous hâtons pas de prononcer le nom d'Homère : tout cela est fénelonien au moins autant qu'homérique : voyez, dans les Aventures d'AHstonoùs, cette description des rivages de Délos, où Fénelon imagine de placer, aux bords de la mer, ces « petites collines toujours couvertes d'un gazon naissant et fleuri », ou celle des jardins d'Aristonoùs, si agréable d'ailleurs, mais si peu précise. La chimère de simplicité et de pureté pastorale qui a toujours hanté l'esprit de Fénelon se trahit ici déjà avant de s'épanouir dans le Télémaque, et c'est à Rousseau qu'on pense quelquefois plutôt qu'à la Fontaine. Celui-ci est aussi naïf, mais non pas aussi candide : sa naïveté robuste n'est point dupe des mots ni des utopies ; son observation a plus d'exactitude, et sa peinture plus de relief. Bien qu'il se tienne de préférence dans le domaine delà morale pratique, il lui arrive d'aborder de hautes questions que Fénelon néglige et devait négliger : plus sainement substantielles toujours, ses fables sont donc aussi, quand il le faut, plus élevées. Et peut-être qu'en plaisant davantage il instruit mieux, précisément parce qu'il ne découvre pas à tout propos sa volonté arrêtée d'instruire. Mais, ne l'oublions pas, Fénelon ne voulait plaire qu'au duc de Bourgogne, il ne voulait instruire que lui, et puisqu'il a réussi à l'attacher, aie transformer, que peut-on vouloir de plus? Quelque chose de plus vif et de plus viril? Ce serait lui demander de n'être plus Fénelon.
Los raMea Aestlaéea :m prisée* — Souplesse et Ingéniosité
de la péda^o^ic.
Si les faMesde Fénelon, coi comme œuvre d'art pur.
b inattaquables, elles sont bien près de l'être, eonsi-
mme œuvre de - gie, d'une pédagogie patiente,
. Qieuse et simple. Jamais Fénelon ne perd de vue qu'il a
affaire à un prince; et non pas à un prince quelconque, mais au
duc de Bourgogne, au petit-fils de Louis XIV. Ce n'es! pas sans
quelq niions qu'on pouvait lui faire entendre les axio-
d'une politique aussi nouvelle que celle-ci : que le vrai
bonheur des princes « consiste principalement à rendre heu-
tous ceui qui dépendent d'eux età lesgouverner avec sa-
. 3s ration » ; que leur premier devoir est de « soula-
leur peuple. Comment lui persuader, à ce prince qui ne
pétri du même limon que ses sujets, qu'il était
ur les servir? L'orgueil, voilà le premier obstacle qu'il
fallait surmonter. Fénelon écrivait alors le Jeuru B ccl us et le
. une fable d'un parfum tout antique, et d'autant plus
morale qu'elle n'est alourdie par aucune moralité.
Un jour, le jeune Bacctaus, que Silène instruisait, cherchait les Muses danun bocage dont le silence n'était troublé que par le bruit des fontaines et par lécha:. soleil n'en pouyai -ombre
verdure. L'enfant de Sémélé, pour étudier la langue des lil dans
un coin in vieux chêne, du trooe duquel plusieurs hom
d'or étaient nés. Il avait même autrefois rendu des oracles, et le temps n'avait tranchante fau\. . antique se
cachait un jeune Faune, qui prétait l'oreille aux vers que chantait l'enfant, ef qui marquait a Silène, par un ris moqueur, toutes les fautes que faisait son . - .1 bois souriaient aussi.
é .H jeun-, gracieux et folâtre; sa tète était couronnée de lierre et de pampre; lin ; de son épaule
gauche pendait sur son côté droit, en éebarpe, un feston d3 lierre ; et le jeune Bacchus se plaisait à roir ces feuillet - divinité. L
u-dessous delà ceinture, par la dépouille affreuse et hérissée d' uns lionne qu'il avait tuée dan- les forêts. Il tenait dans sa main une hou- :. lit derrière comme sejouant sur son
: lil comme Bacci t souffrir un rieur malin, toujoui
elles n'étaient pures el . il lui
dit d'un ton fier et impatient : « Comment oses-tu te moquer du lil- de Jupi-
tnouieir : « Hé! comment le fils de Jupi- - - 1— il faire quelque faut
FENELON i:;
La leçon de modestie est comprise. Mais si l'orgueil, en ce qu"il a d'excessif, est abaissé, il ne faut pas que le salutaire ressort de l'amour-propre soit brisé. Aussi le blâme est-il toujours tempéré par un éloge : on ne lui demande que d'adoucir son tempérament, de prendre plaisir à aimer les hommes et à se faire aimer d'eux : s'il y consent, on lui promet que toutes les grâces de l'esprit et du corps viendront l'orner en foule. C'est une flatterie bien délicate qu'exprime la fable le Rossignol et la Fauvette, avec une grâce poétique et légère; les deux oiseaux souhaitent que l'amour de la poésie rende le cœur du jeune prince aussi aimable qu'il est fier :
Il aime nos douces chansons; elles entrent dans son cœur, comme la rosée tombe sur nos gazons brûlés par le soleil. Que les dieux le modèrent et le rendent toujours fortuné ! qu'il tienne en sa main la corne d'abondance! que l'âge d'or revienne par lui ! que la sagesse se répande de son cœur sur tous les mortels ! et que les fleurs naissent sous ses pas!
Parfois même la louange va un peu loin et fait sourire : le jeune prince n'est-il pas associé à la gloire de Virgile pour avoir traduit l'épisoded'Aristée, au quatrième chant des Géorgiques? Mais le plus souvent louanges et blâmes, reproches et flatterie, sont combinés avec un art curieux. Lisez ce début du Fantasque1, vrai portrait individuel, marqué des traits les plus précis :
Qu'est-il donc arrivé de funeste à Mélanine ? Rien au dehors, tout au dedans. Ses affaires vont à souhait : tout le monde cherche à lui plaire. Quoi donc ? C'est que sa rate fume. Il se coucha hier les délices du genre humain; ce matin on est honteux pour lui, il faut le cacher. En se levant, le pli d'un chausson lui a déplu : toute la journée sera orageuse, et tout le monde en souffrira. Il fait peur, il fait pitié : il pleure comme un enfant, il rugit comme un lion. Une vapeur maligne et farouche trouble et noircit son imagination, comme l'encre de son écritoire barbouille ses doigts.
C'est un vrai « caractère » de la Bruyère, un peu diffus, mais amusant, parce qu'on le sent observé sur nature. Mais voyez comme insensiblement la satire est tempérée, comme, à côté des défauts qui font le présent si maussade, on indique les ressources qui permettent d'espérer un meilleur avenir : « Dans sa fureur la plus bizarre et la plus insensée, il est plaisant, élo-
1. Certaines éditions rangent le Fantasque, comme la Médaille, parmi les Opuscules divers ; mais le rapport eu est évident avec l'éducation du duc de Bourgogne.
queat, subtil, plein de tours nom. aux, quoiqu'il ne lui reste
me « 'iui' . . a gai le de ne
rien dire qui ne soit just< . s et ei tctement raisonnable : il
saurait bien en ] i - • * donner adroitement
le change... « esl que - fait d'éléments bons
et mauvais, qui semblent contrad - même
crise. « certaines personnes auxquelles
il doit plus qu'aux autres et qu'il parait aimer davantage...
des un moment, roici une autre scène. 11 a besoin de
tout le monde; il aime, on l'aime aussi: il Ûatte, il s'insinue,
il ensorcelle ceux qui ne pouvaient plus le souffrir... Ainsi
était ressaisi et réconforté celui qu'eût pu décourager et re-
la - heiesse d'une réprimande sans nuance et sans