‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 158 sur 228 · I. Ci - - tant in · texte numérisé non relu

I. Ci - - tant in

: m;- sur les mœurs, la civilisation. Us livres de I' Chine, et critiqua i'architei titre chinoise, ou toflt est « confus et chargé de petits ornements qui ne sont ni nobles ni naturels. •

FENELON

Mbrcure. — J'espère que s'il peut se défaire du badinage et de la m. il fera grand fracas un jour. Il a la colère et les pleurs d'Achille ; il p bien en avoir le courage ; il est assez mutin pour lui ressembler. On dit qu'il (ihne 1rs Muses, qu'il a un Chiron, un PhœaLv... Je crois qu'il aimera la paix et qu'il saura faire la guerre. On voit en lui les commencements d'un grand prince, comme on remarque dans un bouton de rose naissante ce que promet une belle fleur.

Pour que ces espérances n'avortent pas, qu'enseignera surtout à ce roi futur le précepteur choisi par Louis XIV? A être aussi différent que possible de Louis XIV. Le despotisme, « souvent plus funeste aux souverains qu'aux peuples », est attaqué, flétri presque à chaque page. « Ah ! s'écrie Xerxès, los rois qui peuvent tout (je le vois bien, mais, hélas! je le vois trop tard) sont livrés à toutes leurs passions. » Alcibiade condamne avec une netteté vigoureuse la monarchie absolue chez les Perses.

Leurs rois, encensés comme des idoles, ne sauraient être honnêtes gens ni connaître la vérité; l'humanité ne peut soutenir avec modération une puissance aussi désordonnée que la leur. Ils s'imaginent que tout est fait pour eux ; ils se jouent du bien, de l'honneur et de la vie des autres hommes. Rien ne marque tant de barbarie dans une nation que cette forme de gouvernement ; car il n'y a plus de lois, et la volonté d'un seul homme dont on flatte toutes les passions est la loi unique.

Cette préoccupation constante né va pas sans quelque naïveté, au moins dans la conduite des dialogues. Éclairé par Platon, Denys le Tyran déclare que, s'il revenait au monde, il se ferait aimer par son peuple. Philippe II reconnaît et déplore son ((imbécillité ». Parmi les rois de France, il en est un dont Fénelon semble s'être appliqué à faire le type même du tyran : c'est Louis XI : son histoire et sa politique fournissent le sujet de six dialogues : il est successivement mis en face des cardinaux Bessarion et de la Balue, de Philippe de Commines, de Charles de Bourgogne, de Louis XII, de l'empereur Maximilien. La fin du dialogue entre Louis XI et Commines ne manque ni de vivacité ni de grandeur.

Commines. — Tout cela n'est-il pas vrai? pouvais-je le taire ?

Louis. — Vous pouviez n'en rien dire.

Commines. — Vous pouviez n'en rien faire.

Louis. — Mais cela était fait, et il ne fallait pas le dire.

Commines. — Mais cela était fait, et je ne pouvais le cacher à la postérité.

Louis. — Quoi ! ne peut-on pas cacher certaines choses?

Commines. — Hé ! croyez-vous qu'un roi puisse être caché après sa mort comme vous cachiez certaines intrigues pendant votre vie ? Je n'aurais rien sauvé pour vous par mon silence, et je me serais déshonoré. Contentez-vous que je pouvais dire bien pi? et être cru ; mais je ne l'ai pas voulu faire.

l. — Quoi ! l'hit!

stérile, liielk* il? d ;x ■ 1 1 i î veulent qu'on n •

Tune seule ressource,

I' urquoi Louis XII est opposé el pré < I • \l. :1 nous ' aisé de le deviner s'il ne nous rapprenait lui -m ae suis fait aimer; j'ai vécu en paix sans manquer de pa- - répandre de sang, sans rainer mon peuple. » l'n bon ix yeux de lénelon, non seulement un roi juste el modéré dans sa puissance, mais un roi pacifique. Lisez Les titres des dialogues où Numa converse avec liomulus, Louis XII François Ior : | d'un roi sag et pacifique

ible •> celle tfun conquérant. — 11 mut. mieux êtn père ventant paisiblement un royaume, que '/-• /'</grandir par des conquêt s. Fénelon ne s'est-il pas aperçu que a seuls titres, écrits à ce moment, étaient des épigrammes? Ne lui prêtons pas une candeur si invraisemblable; mais recon- • tns que les modèles proposés au duc de Bourgogne n'é- ' pas toujours des .Numa ni des Louis XII. Le vaillant Henri IV a tous les honneurs de la comparaison avec Henri III el même avec le pape Sixte-Quint. Mais il n'est pas un conquérant, et on le loue surtout d'avoir mis toute sa gloire à soulager ses peuples. Non que toutes les guerres soient également condamnées, bien qu'elles soient toutes des guerres « civiles »; faire la guerre que malgré soi, à la dernière extrémité, pour repousser la violence de l'ennemi ». ix doit donc être l'état normal d'une nation; la souveraineté pacifique de la loi y doit être seule toute-puissante : al tâcher de mener justement les peuples par l'autorité I." dialogue XXII. Dion et Grêlon, porte ce titre significatif: Dans un sauverai • im e qui a*< <e sont les lois. « Il ne faut pas que l'homme règne, dit Gélon; il faut qu'il se contente de faire régner les lois. S'il prend la royauté pour lui, il la gâte et se perd lui-même; il ne doit me pour le maintien des lois et le bien des peuse demande de quel air Louis XIV aurait lu ces dia- 3, tait- pour préparer au trône son petit-fils. Lt, sans être XIV, on peut juger qu'il y a une part de chimère dans . largement, parfois si naïvement humaines. Dans le XIII, intitulé : Idét juste les lois propres " rendre wt le boa et heureux, Solon dit à Justinien :

Je ne vendrais ni dispositions par testament, ni adoptions, ni exhêrédations ni substitutions, ni emprunts, ni ventes, ni échanges. Jeu [u'une

étendue très bornée de terre dans chaque famille; que ce bien fût inaliénable et que le magistrat le partageât également aux enfants selon la loi, après la mort du père. Quand les familles se multiplieraient trop à proportion de l'étendue des terres, j'enverrais une partie du peuple faire une colonie dans quelque île déserte. Moyennant cette règle courte et simple, je me passerais de t. -ut votre fatras de lois, et je ne songerais qu'à régler les mœurs, qu'à élever la jeunesse à la sobriété, au travail, à la patience, au mépris delà mollesse, au courage contre les douleurs et contre la mort. Gela vaudrait mieux que dé subsister sur les contrats ou sur les tutelles.

Les sociétés modernes sont peut-être plus compliquées que Solon et Fénelon ne l'imaginent. Et, de même que la législation, la politique moderne a peut-être ses secrets et ses complications nécessaires. Fénelon réprouve, avec raison, les maximes machiavéliques que l'influence italienne a introduites en France à l'époque d'un Henri III; il n'a pas tort de mettre en doute que l'art de dissimuler soit l'art de régner; mais, dans son goût ingénu pour la simplicité, la loyauté, l'équité, il ne rend pas suffisamment justice au gouvernement ferme et fier d'un Richelieu. Car il ne.se contente pas de tracer le portrait idéal du roi; il trace aussi celui du ministre selon son cœur, et ce ministre paraît lui ressembler singulièrement à lui-même. Dans quatre dialogues successifs, la politique de Richelieu est discutée, leplus souvent condamnée. L'exemple même des grands ministres étrangers est invoqué contre lui : Ximénès, désintéressé,, modeste, n'a regardé que le bien public; Oxenstiern a pratiqué la politique des honnêtes gens et s'est rendu populaire, tandis que Richelieu, en pratiquant la politique sans scrupule, s'est rendu odieux. On va jusqu'à faire remarquer que Richelieu, mauvais prêtre, a relevé les protestants à l'étranger. Ailleurs nous devinons que l'aristocratie humiliée et frappée lui garde rancune, et que cette rancune trouve en Fénelon comme un dernier et dangereux interprète. Mais Fénelon est trop fin et. au fond, trop juste pour méconnaître entièrement les hautes qualités d'un Richelieu. Aussi le relève-il par une comparaison avec Mazarin, et nous fait-il admirer alors le grand homme en face du grand comédien.

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