‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 159 sur 228 · VI II · texte numérisé non relu

VI II

Le «lisrnnrs «1<* lôiM-ptioii «l<- I riiclon à l'Acaih'iiiio française.

!" 15 juin de la même année, la Ri tns son discours : « Tou-

dernier choix, si digne de vous? Quelles cl

- rrent dites dans la place où je me trouve! Je m'en sou-

- ce que vous avez entendu, comment osé-je paromment daignez-vous m'entendre? » C'était établir une le lien entre son discours et celui de Fénelon ; tous deux, en effet, ont plus d'un trait commun.

- is vouloir rabaisser le mérite original de la Bruyère, il mis de constater que le véritable novateur, dai

si Fénelon. Avant lui, Ton ne ?'oil guère que

ii ait tenté de rendre plus précis et plus vivant le

discours d > avait pour sujet l'institution de

tais, en somme, ne sortait pas des généralités.

Félelon, le premier, osa en sortir. Ce sont là sans doute les

miciens » dont parle la Bruyère dans la Préface

- d discours, et qui lui avaient, dit-il, frayé le chemin. 11 est vrai qu'au contraire de la Bruyère, Fénelon insiste longuement sur l'éloge de son prédécesseur; mais ce prédécesseur était I • et louer L'historien de l'Académie, c'était s'offrir l'occasion naturelle de retracer a grands traits cette histoire

- lui. Si Ion met à part l'éloge obligé de Richelieu1 et du ioi, on s'aperçoit que la biographie de Pellisson fait le fond du discours, i. -' qu'un cadre commode

: ^traits, trop rapidement esquissés, des écrivains de la .ière moitié du siècle. R l'héritier de l'barmonie

de Malherbe; V - donl l'oreille fut si délicate pour

la pureté de la langue -, est cité non loin de Voiture, <• touaccompagné des £ - les plus légères ». (On voit combien fut vivace cette renommée de Voiture, mort depuis si l] Corneille, a grand et hardi dans ses caractè-

'. L'él •:-•■ de Richelieu est ici plus fr.-mc q

louvenir, ] r eii mple lorsqu'il dit, & peu prèa comme <i;ins le XXIV, que le temps, qui i Lt croître le nom de

FÉNELON -jo

res où est marquée une main de maître », y est traité moins sévèrement que dans la Lettre à l'Académie. Seulement Fénelon ne parle et ne veut parler que des morts; moins audacieux que la Bruyère, il s'arrête à temps : « Mais je m'engage insensiblement au delà de mes bornes; en parlant des morts, je m'approche trop des vivants, dont je blesserais la modestie par mes louanges. »

En dépit de ces précautions prudentes, la véritable pensée de Fénelon n'est pas difficile à saisir, et l'esprit de son discours n'est pas autre que celui dont est pénétré le discours de la Bruyère : tous deux, en glorifiant les auteurs du xvne siècle» glorifient surtout les écrivains polis, naturels, vrais, qui ont su se plier au joug de la règle et de la raison. C'est ce que Fénelon montre clairement dans le passage le plus remarquable de son discours, d'ailleurs plus bref que celui de la Bruyère.

Depuis que des hommes savants et judicieux ont remonté aux véritables règles, on n'abuse plus, comme on le faisait autrefois, de l'esprit et de la parole; on a pris un genre d'écrire plus simple, plus naturel, plus court, plus nerveux, plus précis. On ne s'attache plus aux paroles que pour exprimer toute la force des pensées, et l'on n'admet que les pensées vraies, solides, concluantes pour le sujet où l'on se renferme. L'érudition, autrefois si fastueuse, ne se montre plus que pour le besoin ; l'esprit même se cache, parce que toute la perfection de l'art consiste à imiter si naïvement la simple nature, qu'on le prenne pour elle. Ainsi on ne donne plus le nom d'esprit à une imagination éblouissante ; on le réserve pour un génie réglé et correct, qui tourne tout on sentiments, qui suit pas à pas la nature toujours simple et gracieuse, qui ramène toutes les pensées aux principes de la raison et qui ne trouve beau que ce qui est véritable. On a senti même en nos jours que le style fleuri, quelque doux et quelque agréable qu'il soit, ne peut jamais s'élever au-dessus du genre médiocre, et que le vrai genre sublime, dédaignant tous les ornements empruntés, ne se trouve que dans la simplicité.

En définissant ce génie réglé, correct, raisonnable, du xvne siècle, en y faisant entrer tant de « sentiment », Fénelon, sans le vouloir, définit surtout son propre génie. Le simple, le vrai, le naturel, voilà les mots qui reviennent sans cesse sous sa plume, voilà l'idéal qu'il proposera aux écrivains dans sa Lettre à l 'Académie, douze ans après. « On retranche du discours tous les ornements affectés, » voilà pour lui le grand mérite des contemporains. Déjà il ne conçoit la parole que comme le vêtement de la pensée ; déjà il a l'horreur du style tleuri, des traits éblouissants ; déjà il rr'imagine pas un sublime en dehors de la simplicité. Telle est la ressemblance essentielle qui rapproche le Discours de la Lettre. Il serait facile de signaler aussi quel-

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