‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 168 sur 228 · Lettre au chevalier Destouches, 1" DOV · texte numérisé non relu

Lettre au chevalier Destouches, 1" DOV

FENELON

La correspondance avec le duc de Bourgogne. Les idées politiques de Fénelou.

Les deuils successifs qui attristèrent ces dernières années avaient été (sauf la mort de l'abbé de Langeron) précédés par un deuil plus poignant encore : en 1712, le duc de Bourgogne était mort. Toute l'œuvre passée de Fénelon, toutes les espérances de son œuvre future s'écroulaient.

Pendant cinq ans, la disgrâce de Fénelon avait interrompu toute relation entre le précepteur et l'élève. Enfin celui-ci, nommé au commandement de l'armée de Flandre, traversa Cambrai en avril 1702, vit ou plutôt entrevit l'archevêque, en public, et un petit quart d'heure. Il l'avait déjà assuré, par une lettre secrète, de sa fidèle affection. A vrai dire, Fénelon ne l'avait jamais tout à fait perdu de vue : ses amis, les ducs de Chevreuse et de Beauvilliers, le tenaient au courant de tout. Mais c'est seulement quelques années plus tard, en 1708, que les relations entre Fénelon et le duc de Bourgogne reprennent quelque activité. On assiste alors à ce spectacle curieux d'un général qui rend compte à un archevêque de ses opérations militaires comme de ses scrupules moraux, et d'un archevêque qui se fait avec empressement et le directeur de conscience et le collaborateur, presque le premier lieutenant d'un général. Quelle idée cette correspondance nous laisse-t-elle de tous deux? On l'a dit trop bien pour que je sois tenté de le dire autrement.

Chose singulière ! on prend avec Saint-Simon une idée, une impression du •duc de Bourgogne bien plus grande et plus favorable qu'avec Fénelon. Soit que ce dernier, dans l'éloignement, n'ait point assez connu les qualités tardivement développées et les mérites supérieurs qu'on a loués dans ce jeune prince ; soit qu'à titre d'ancien précepteur, il ait été trop disposé à le juger jusqu'au bout comme un enfant ; soit qu'à ce titre de maître et de précepteur toujours, il se soit montré plus sévère et plus exigeant envers lui, comme un habile et consciencieux artiste l'est pour son propre ouvrage, il est certain que les lettres de Fénelon qui traitent du duc de Bourgogne sont continuellement remplies des censures les plus précises et les plus nettement articulées, excepté les dernières de ces lettres , qui se rapportent aux huit derniers mois de la vie du prince. Ce n'est que dans une lettre du 27 juillet 1711 (et le prince mourut le 18 février 1712, que Fénelon, écrivant au duc de Chevreuse, dit pour la première fois : « J'entends dire que M. le Dauphin fait

. qui lui attire des critiques, est le seul

upule surlesminu:

qu'il i. lier ni par vous, ni par moi, ni par ancui

'.ut encore Ivait-il au duc les maximes en spéculation et des bons p

• i égalera mpli de puéri-

trop renfermé. On ajoute qu'il demeure content

dit que Mme la duc - jjne fait fort bien pour le soutenir, mais qu'il

•^ux qu'il ail besoin d'être Boutenu par ell ...

- - lettres de Fénelon où il parle du prince, il y a <1 -ux pinion même de Fénelon et des

pinion publique, qu'il recueille avec anxiété

: ut l'écho direct et presque offensant, pour l'avertir,

en tenir compte. Fénelon ne croit donc pas tout ce

qu'il rapporte, mais il j . l'en Informer le jeune prince, pour

qu'il avise à conjurer ces faux bruits et à détruire ces préventions injuri

:uelle, après tout, dépendent même les grands de la terre. bose pouvait être nécessaire pour convaincre de la pi !' >n le iiûoelon et de sa haute rectitude morale, cette i pondance avec le duc de B sujet suffii :mer la

. au point de vue humain et à celui de la cour, il n'est rien de plus :reant, de plus blessant même ni de plus âpre en fait de : il n'y a rien là qui tende à ménag le crédit par au-

cune flatterie ni louange. Il fallait que le duc de Bourgogne eût et.'- bien maté et dompté dans sa nature première pour ne pas regimber contre de tels qui entraient plus avant que l'épiderme et qui piquaient jusqu'au cœur l.

point délicat, c'est de savoir si c'est la nature de prince ou l'éducation donnée par Fénelon qui doit être déclarée responsable de certaines puérilités ou défaillances. M. Nisard a vite tranché la question en affirmant que l'éducation est responsable de tout. Du vivant tnêm I telon, plus d'un l'affirmait déjà, et Fénelon n'ignorait pas le reproche, puisqu'il l'écarté en affectant de le mépriser.

Il me revient par le bruit public qu'on dit que vous vous ressentez de l'éducation qu'on vous a donnée ; que vous avez une dévotion faible, timide et scrupuleuse sur des bag odant que vous sentiel pour

air la grandeur de votre rang et la gloire - du i"i. <)n ajoute

se, inappliqué, ; l'une vie par-

. votre goût vou- - gens qui ont de l'éléva-

de l'audace ; que vous vous accoutumez miens de donner votre conits faihles et craintifs, qui ne peuvent va juedes

voulez jamais rieu hasarder,.

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