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ni engager aucun combat, sans une pleine suret'' que votre armée sera victorieuse ; et que cette recherche d'une sûreté impossible vous fait temporiser et perdre les plus importantes occasions. Je suia très convaincu', Monseigneur que la vérité des laits est entièrement contraire à ces tenterai]
mais il s'agit de détromper ceux qui en sont prévenus. On dit même qi maximes scrupuleuses vont jusqu'à ralentir votre zèle pour la conservation des conquêtes du roi, et l'on ne manque pas d'attribuer ce scrupule aux instructions que je vous ai données dans votre enfance. Vous savez, Monseigneur, combien j'ai toujours été éloigné de vouloir vous inspirer de tels sentiments ; mais il ne s'asit nullement de moi, qui ne mérite d'être compté pour lien : il s'agit de l'État et des armes du roi, que je suis sûr que vous voulez soutenir avec toute la fermeté et la vigueur possibles ' .
Fénelon dresse là, pour ainsi dire, le catalogue des griefs du public. « de plus en plus déchaîné » contre le duc, « jusque dans les gazettes ». Il le reprend souvent ailleurs par le détail. Le prince a, dit-on, « une dévotion sombre, timide, scrupuleuse » ; il la faut rendre douce, simple, commode, sociable, car « un grand prince ne doit pas servir Dieu de la même façon qu'un simple particulier... » et ne saurait, à la cour ou à l'armée, « régler les hommes comme des religieux ». Est-ce Fénelon qui la lui a inspirée? Ce qui est certain, c'est qu'il ne cesse de lui recommander une piété qui convienne à son état et qui lui élargisse le cœur. L'a-t-il fait toujours, et ne s'aperçut-il pas un peu tard qu'il avait à élever un prince, non un novice ? Qui peut le savoir ? Tout au plus est-on en droit de conjecturer que les ecclésiastiques ne sont peut-être pas les meilleurs précepteurs des princes, car ils veulent tous préparer « des fils de saint Louis », et saint Louis est une exception parmi les rois.
Le public reproche ensuite au jeune duc son caractère irrésolu, faible et renfermé. Lui-même, le duc reconnaît ce qu'il y a d'indécis dans son caractère- ; il avoue aussi, sans le savoir, ce qu'il y a de faible, en le consultant, dans cette même lettre, sur ce point grave : est -il « absolument mal de loger dans une abbaye de filles » ? Ailleurs il écrit qu'il pardonne à ceux qui lui veulent et lui font du mal et prie pour eux tous les jours de sa vie, même les jours de bataille. Cette charité chrétienne de l'élève dépasse, je le crains, celle du précepteur. Mais le précepteur n'y est-il pour rien ? Je me le demande lorsque je le vois recommander avant tout à chacun de ses amis ou de ses pénitents de vivre avec les hommes comme