‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 17 sur 228 · Sainte-Beuve, Xouveaux Lundis, t. II · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, Xouveaux Lundis, t. II

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. nous touchons déjà au ^énie français et à ialisles qui vit naître les Pensées de Le la Rochefoucauld. Y toucher, ce génie latin. On pourrait même dire, . que, si Bossuet est, dans une large mesure, un latin, c'est qu'il est un génie éminemment français et itif, plus que tout autre, peut-être, du grand siècle [ue. 11 y aurait une étude curieuse et assez nouvelle à - : - rigines françaises du génie de Bossuet. Mais, pour re, il faudrait mieux connaître que nous ne les connaisses françaises qu'il a faites. Elles sont, j'imagin , plus nombreuses et plus décisives qu'on ne le croit d'ordinaire. Par l'admirable discours de réception dont il a été parlé plus haut, on voit que Bossuet est fort au courant non seulement et de ce que doit être le rôle de l'Académie, au main de l'histoire de Vaugelas, mais, d'une manière générale, de L'histoire de la langue française. Un écrit précieux, ■ lecture des écrivains et des Pèrt $ de l'Église, pour '/■, adressé au cardinal de Bouillon, alors jeune, est le seul morceau de « critique » profane que nous ayons de encore est-il destiné à instruire un orateur sacré. Il y juge avec équité Balzac, si admiré de son temps, si décrié . m Selon ce que je puis juger par le peu de lectures que j'ai fait des livres français, les Œuvres diverses de Balzac ent donner quelque idée du style fin et tourné délicatement. Il \ a pe . sées, mais il apprend par là même à donner plusieurs formes à une idée simple. Au reste, il le faut bientôt laisser, le a •• du monde le plus vicieux, qu'il est le plus atfecté et le plus contraint. Mais il parle très proprement, et a enrichi la langue de belles locutions et de phi - nobles. » On voit que Bossuet avait réfléchi

sur l'art d'écrire, qu'il avait étudié les modèles et en avait vu le faible comme le fort. Il loue ensuite les Provinciales de Pascal, la gravité et la grandeur des livres de Port-Royal, mais il observe que le style des écrivains jansénistes « a peu de variété ». On ne sera pas étonné que, parmi les poètes, « la force et la véhémence » de Corneille l'attirent, bien qu'il trouve « plus de justesse et de régularité » chez Racine. C'est qu'il appartient, par ses commencements, à l'époque de Corneille (il avait seize ans quand fut joué Polyeucte) et qu'il a vécu au temps où Racine, Boileau et Louis XIV polissaient, épuraient, énervaient peut-être un peu la langue française. Aussi a-t-il retenu les qualités viriles de Richelieu en y mêlant les qualités harmonieuses du siècle de Louis XIV. C'est son propre génie et son propre style qu'il définissait sans le savoir, dans son Discours à l'Académie, lorsqu'il découvrait dans les ouvrages français de ce temps « la hardiesse qui convient à la liberté mêlée à la retenue, qui est l'effet du jugement et du choix: . la « majesté romaine » jointe à la délicatesse attique, mais à une délicatesse qui n'éteint pas « le feu des esprits » et n'affaiblit pas la vigueur du style.

Comment Bossuet combine ces éléments si divers pour en former un style plus admirable encore par son unité que par sa variété, il semble malaisé, et, d'ailleurs, assez peu utile de le dire : c'est en le lisant, en le relisant plutôt, qu'on le sent. Chez lui, comme chez ce Démosthène si bien loué par Fénelon, l'art de l'orateur et de l'écrivain est d'autant plus grand qu'il ne se laisse pas apercevoir. Connait-il même les procédés de l'art? Nisard se refuse à le croire.

Bossuet est l'écrivain le plu8 naturel et le plus varié de son temps, parce qu'il ne pense jamais à lui, mais toujours à la chose dont il traite. Or c'est là le secret du naturel et de la variété. Bossuet ne se montre nulle part avec la même physionomie; il prend, pour ainsi dire, celle de chaque sujet. Qui'l s'agisse delà vérité religieuse ou de la vérité humaine, il parait toujours saisi, comme malgré lui, de quelque objet qui est hors de lui, et qu'il n'est pas libre de ne pas voir tel qu'il est. De là ces mouvements si naturels, si soudain?, si peu attendus à mesure que le voile se lève et lui découvre quelque partie cachée de la vérité. Il n'a pas une forme particulière, un procédé... Jamais écrivain plus élevé n'a fait moins d'efforts pour l'être et n'a su plus facilement descendre. C'est par là qu'il est si varié. Au lieu de donner sa forme aux choses, ce sont toutes les choses tour à tour qui lui donnent la leur.

Bossuet est proprement sans art. Il semble qu'il se soit peint dans un portrait de saint Paul, un des plus beaux qu'il ait tracés : « Son discours, dit-il, bien loin de couler avec cette douceur agréable, avec cette égalité tempérée que nous admirons dans les orateurs, parait inégal et sans suite à ceux qui

qui ont, dit

; tint Paul : il connaît

grand ait. celui qui se subordonne à la vérité urté plus intelligible et une vigueur plus persuaa

BIBLIOGRAPHIE

TEXTES

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1. Lecture instructive et pénible. Dans ses Lettres (16 mars 1865), Doudan s'égaye aux dépens du « terrible » Floquet : « Je dis terrible, parce qu'il écrit si horriblement mal que c'est une souffrance de traverser ce style prétentieux pour arriver à des faits intéressants. »

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