I. Janet, Fénelon
BIBLIOGRAPHIE
TEXTES
Édit. Compayré (Picard et Kaan), Defodou (Hachette), Gasté (Colin', Gréard (librairie des bibliophiles), Rousselot Delagrave), de Sacy (Techener).
LIVRES
Bizos. — Ff'nelon éducateztr; Lecène , in-8° (classiques populaires •1889, chap. 1".
Compayré. — Histoire critique des doctrines de l'éducation; Hachette, 2 vol. in-8°, t. 1er, ]iv. m, p. 368 à 375. — Art. Fénelon dans le Dictionnaire pédagogique.
Gréard. — L'Éducation des femmes par les femmes, p. 1 à 75; Hachette, in-12.
Janet. — Lectures variées; Delagrave, in-12, 1890 ; p. 99 à 102.
— Fénelon, Hachette, in-16, 1892, chap. II, p. 19 à 36.
Nisard. — Histoire de la littérature française; Didot, in-12, 10e éd.,
Michelet. — Louis XIV et la révocation de VÉdit de Nantes; Chamerot,
3e éd., 1863, chap. xxn.
Rousselot. — Histoire de V éducation des femmes, 2 vol. in-12; Perdu.
1885, t. Ier,p. 385 à 441.
— La Pédagogie féminine; 2 vol., 1883; Delagrave. Sainte-Beuve. — Portraits de femmes; Garnier, in-12; p. 241.
— Port-Royal; Hachette, in-12; III, 512; V, 47.
Villemain. — Tableau de la littérature au dix-huitième siècle; Didier. nouv. éd., 1854, in-8°; t. II, 24e leçon, p. 276 à 279.
JUGEMENTS
Ceux qui ne cherchent dans un livre que des idées philosophiques, c'est-à-dire des idées qui sortent de la sphère des maximes communes et des conceptions modernes, pourraient être assez contents de l'auteur de V Éducation des filles, s'ils avaient le courage de lire avec quelque réflexion un ouvrage
>n ne trouve ni faste, ni morgue,, ni emphase; ils apercevraient peut être, parmi tant d'idées modestes et sans prétention, des vues extrêmement profondes: ils reconnaîtraient que
Ion avait étudié l'esprit humain en philosophe. A la vérité, r ivain n'est plus éloigné du ton doctoral et sentencieux ; il ne fait point le penseur; il sème d'une main légère, dans cet écrit, des idées fortes, et ne se tourmente pas pour les faire remarquer : il semble qu'elles ne lui coûtent rien; elles coulent de sa plume sans effort et sans bruit, tandis que la plu-
;le nos philosophes n'accouchent d'une sentence qu'avec des convulsions et des cris.
Dussault, Annale* littéraires, 1801.
Dans VÉdueati L'aimable condescendance de Fé-
nelon va jusqu'à donner des leçons de goût et de grâce.
De Féletz, Mélanges, t. IV.
qu'on a dit de l'influence du christianisme sur l'éducation ^'applique surtout à l'éducation des femmes : il les instruit et re, comme il les a jadis émancipées. C'est là ce qui donne tant de vérité au petit livre de Fénelon. Rien de plus simple en apparence, et la perfection même du langage disparait sous la grâce facile. Mais est-il un conseil qui soit oublié, ition qui ne soit prise, un défaut qui ne soit indiqué l
Surtout on sent cette extrême pureté de la pensée, celte pudeur de l'imagination, que rien ne peut remplacer dans un tel sujet.
Villemain, Tableau de la littérature au dix-huitième siècle,
22e leçon; Didier.
Le sens du réel est un des traits les plus caractéristiques de la pédagogie générale de Fénelon. Il est le premier à convenir que, dans son traité, il a sacrifié un peu à l'idéal : « Quani on entreprend un ouvrage sur la meilleure éducation qu'on peut donner aux enfants, ce n'est pas pour donner des règles imparfaites. » J.-J. Rousseau dira de même, soixante ans plus lard, dans la préface de Y Emile : a J'aimerais mieux suivre en tout la pratique établie que d'en prendre une bonne à dimi. » Mais Fénelon ne propose « ce qui lui semble parfait que pour qu'en s'efîorçant d'y atteindre on arrive à quelque chose de mieux que ce qui se fait d'ordinaire ». J.-J. Rousseau se place systématiquement dans l'absolu. Il isole son élève du reste du monde et le transporte avec lui entre ciel et terre. Emile ne serait nulle part mieux que dans une « île déserte ». Sa vie n'est qu'une sorte d'artifice; J.-J. Rousseau ne compte ni avec les imperfections de la nature ni avec les difficultés de la vie sociale. Tout autre est la théorie chez Fénelon. Qu'il s'agisse de la mère, de la gouvernante ou de l'enfant, la pratique des choses humaines l'a habitué à faire en tout la part de l'humanité, et il la fait.
Octave Gré\rd, l'Éducation des femme* par les femmes ; Hachette.
Avec quelle candeur Fénelon applique à la pédagogie cette imagination qui, selon le mot de Villemain, lui échappe de toutes parts! C'est presque avec l'affection d'une mère qu'il décrit l'enfant, son âme à peine éclose, son intelligence indécise et vague encore, jetant les premières lueurs, ses lèvres balbutiant les premières paroles, ses pieds timides essayant les premiers pas. Ce profond amour de l'enfance, si différent delà
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manière un pea du:-- el m stique demi la Bruyère
parle de l'enfant, donne au livre de Fénelon cette vivant-'d'analyse, ce charme s< duisant, celte douce chaleur qui nous pénètre et nous échauffe.
Bizo?, Fénelon ; Lecène.
LETTRES
Mme de Lambert (1647-1733) avait écrit à Fénelon qu'elle s'était inspirée, pour élever sa fille et son fils, des idées de l'auteur du Traité sur L'éducation des filles et du Têlémaque. On supposera que Fénelon répond à la marquise de Lambert pour la remercier de ce double éloge, le plus délicat et le plus complet qu'il pût souhaiter.
(Sèvres. — Examen d'admission, 188o.)
Dans une lettre qu'il adresse à un de ses anciens élèves, récemment attaché aune école comme stagiaire, un instituteur explique et développe cette pensée de Fénelon : « La curiosité des enfants est un penchant de la nature qui va comme au devant de l'instruction : ne manquez pas d'en profiter. »
(Seine.— Brevet supérieur. — Aspirants, 1890.)
Une parente de Fénelon entend dire qu'il prépare un traité sur l'éducation des filles. Elle lui écrit pour s'informer, un peu ironiquement, de ses véritables intentions, et elle avoue que pour elle elle s'en tient, jusqu'à nouvel ordre, aux Femmes savantes de Molière .
On fera, soit la lettre de cette parente (Mm0 de Laval, par exemple), soit la réponse de Fénelon.
Mm3 de Beauvilliers écrit à Fénelon pour lui demander des conseils sur l'éducation de ses filles.
Après avoir lu le mémoire sur l' Éducation des filles, et observé