JOL'BERT
Cet homme dit ce qu'il veut : rien n'est au-dessus ni au dessous de lui.
J. de Maistre.
La gloire de Bossuet est devenue l'une df-s religions de la
o la reconnaît, on la proclame, on s'honore soi-même
en v apportant chaque jour un nouveau tribut, en lui trouvant
de nouvelles raisons d'être et de s'accroître ; on ne la discute
plus.
Nisaed, Eist Ire delà littérature française, Didot.
'lit formé pour le sacerdoce, pour le pontificat,
pour L'autel, pour la robe traînante, pour la tiare. Aucun autre
lieu, aucune autre fonction, aucun autre costume ne siéent à
nature. L'imagination ne saurait se représenter Bossuet
sous l'habit laïque. Il est né pontife... Il naquit, il vécut, il mourut dans le temple. Son existence ne fut qu'un discours.
Lamartine, Entretiens, VIII.
M. Nisard nous dit qu' « il n'y a pas d'écrivain qui ait eu plus souvent et plus naturellement raison. Bossuet tombe toujours sur le vrai. » Cependant il reconnaît que Bossuet s'est trompé sur deux points : « Il s'est trompé quand il a cru le protestantisme incompatible avec de grandes sociétés réglées et prospères; il s'est trompé quand il a vu l'idéal des gouvernements clans la royauté absolue tempérée par des lois fondamentales. » Mais ce ne sont pas là deux petites erreurs, à ce qu'il me semble, et je ne crois pas qu'on puisse dire que celui qui les a commises soit toujours tombé sur le vrai. S'avoir pas deviné la grandeur des sociétés protestantes ni la grandeur des sociétés libres, c'est avoir eu les yeux fermés sur les plus grands faits des temps modernes, sur l'esprit moderne lui-même, tel qu'il est sorti du xvic siècle, génie momentanément interrompu dans ses destinées par la halte glorieuse de Louis XIV, mais qui devait en avoir de tout autres que celles que rêvait Bossuet. P. Janet, Lectures variées de littérature et de morale; Delaçrave.