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xvmc siècle, el surtout par ce qu'ils avaient, pour ainsi dire, de momentané, de faux même çà et là. Dès 1 7 1 0 , dans sa Dissertation sur l'Iliade, l'abbé Terrasson, convaincu que la valeur d'un poème a pour mesure son influence moralisatrice, d rait le Télémaque supérieur à toutes les épopées antiques, attendu que « si le bonheur du genre humain pouvait naître d'un poème, il naîtrait de celui-là. » Voltaire, il est vrai, n'était pas dupe, et préférait aux tristes vertus de Salente les plaisirs raffinés de Paris :
Or maintenant, Monsieur du Télémaque, Vantez-nous bien votre petite Ithaque, Votre Salente et vos mur- malheureux, Où vos Cretois, tristement vertueux.
Pauvres d'effet et riches d'abstinence, Manquent de tout pour avoir l'abondance : J'admire fort votre style flatteur, Et votre prose, encor qu'un peu traînante : Mais, mon ami, je consens de grand cœur D'être fessé dans vos murs de Salente.
Si je vais là pour chercher mon bonheur.
Mais, dans le Siècle de Louis XIV, l'auteur du Mondain accuse la rigueur des critiques d'un goût sévère qui n'ont pas épargné « un des beaux monuments d'un siècle florissant ». Moins lyrique d'ordinaire, d'Alembertne contient pas son admiration, sa vénération, quand il louche à Fénelon et au Télémaque.
Ce livre a fort augmenté de prix dans notre siècle, qui, plus éclaire que le précédent sur les vrais principes du bonheur des États, semble les renfermer dans ces deux mots: Agriculture et Tolérance. Il voudrait élever des autels au citoyen qui a tant recommandé la première et à l'évèque qui a tant pratiqué la seconde * .
C'est ce Fénelon idéalisé que M.-J. Chénier travestissait en philosophe sur la scène. Tout le xvme siècle, en un mot, a pensé du Télémaque ce qu'en pensait Saey, censeur royal, lorsqu'il signait le privilège de 1716: a Ce poème épique, quoique en prose, met notre nation en état de n'avoir rien à envier de ce côté-là aux Grecs et aux Romains... Trop heureuse la nation pour qui cet ouvrage pourra former quelque jour un Télémaque et un Mentor! » Il n'est pas fort étonnant qu'à la fin de ce siècle Fénelon ait paru vaguement révolutionnaire auxeours d'Europe ébranlées par la Révolution; mais il est piquant de Je voir défendu par Joseph de Maistre.