Histoire des membres de l'Académie, t. Itr
qu'il ut, il i d'un siècle, pour celui
:: e de Menp »ur un républicain1.
D I a été jugé avec une sérénité plus
Impartiale. Et c tonne l'enthousiasme excessif appelle l'excessif
>t. comme le p >ème épique et didactique à la l'ois
. avait vieilli par plus d'un côté, l'ennui a succédé à
l'admiration et n'a pas tardé à éveiller la raillerie. Ce n'est <pn'
lentement qu'eu enu à une appréciation plus mesurée
des beau tés durables d'une œuvi e dont les contemporains avai< ni
trop admiré peut-él - res. Il est arrivé un
chacun de nous ce qui est arrivé à un critique grave et
candide de notre tem - / d'abord ennuyé. Le rôle
tout lui semblait froid.
linerve, qui pari-' : oeur, le pré< epteur, je dii et In bonne d'enfants?... Il n'y a aucune 'ù\u<\~ a t Mi-
Dieu.
- >uverneur □ plus haut. Téléraaqui
[u'il ne doive faire connaître à Mentor. Quand
il aime Antiope, il le cache à tout le monde, si ce n'est à Mentor. Au camp des
. I a aque commande ds, même a storetàPbî-
. l'ami d'Hercule. Tout le monde lui cède; il a quelque chose de divin.
. mettent a ses pieds pi :.
mis et enii au homme et plus qu'un homme. Revem;
- qu'un enfant. Il rougit, il trem gouverneur reprend son terrible ascendant; le vainqueur d'Adraste redevient
-te et soumis qui attend pour parler la permission de Bon n Quand on a lu le livre jusqu'au bout, il reste un grand doute d
récautions habiles de l'auteur, qui semble avoir prévu l'objeciraunprinc 3 ra-t-il jamais autre chose qu'uu
enfant aimable et docile? Minerve n'a-t-elle pas tort de remonter au ciel? Télémaqne roi aura tant besoin d'un premier ministre! Le duc d aurait été plus heu ir la terre.
Puis là même il découvre une sorte d'intérôt tout relatif, un ' historique et pédagogique.
v >ir, derrière le léger voile qui les cache, Fénelon et son - si on ouvrage purement romanesque, on
/ t rappelle jour par jour, heure par heure, la longue
lutte de Fénelon contre les déi
l. D- l'Eglise ga . II 12.
TÉLÉMÀQUE
patiences, ses hauteurs, ses colères redoutables, son mé
il pour le faste et pour le luxe. Seulement, il n'y a pas de ma maître fût-il Fénelon ou .Mentor, dont les gronderies ne fatigu ni à la 1
Voilà pour la pédagogie; voici pour l'histoire.
Louis XIV, qui, don* les trente premières années de son 1 . trouvé d'opposition nulle part, en trouve partout dans les tren! Le Tèlèmaque, que Fénelon en ait eu ou non le d le manifeste
de cette opposition. Louis XIV ne s'y trompa pas. L'effet en fut grand en France : il fut terrible à l'étranger. Tout ce côté du Tèlèmaque qui contribua tant à sa popularité est à peu près perdu pour nous. Il faut l'avoir pi • l'esprit néanmoins, si l'on veut bien comprendre ce livre. L'ouvi nelon est beau et séduisant, comme l'est toute opposition, qui n'a qu'il promettre; il est souvent taux et chimérique au même titre. En littérature, en morale, en politique, enreligion même, il présente un problème à résoudre : Est-ce un roman ou un poème ? Est-ce le rêve d'un utopiste ou le code d'un un pamphlet ou le résumé le plus pur de la politique des philosophes 1 ; - païen ou un ouvrage chrétien ? C'est tout cela ensemble,
accordé et fondu avec un art prodigieux, par un esprit à qui rien n'était impossible, et revêtu d'un style qui serait ce qu'il y a de plus beau et de plus enchanteur au monde, s'il n'y avait pas quelque chose de plus enchanteur encore, la grâce toute simple et la vérité naïve *.
Ces questions, bien d'autres que M. de Sacy se les sont posées. Combien y ont fait une réponse précise? Mais si le critique voyait et marquait avec netteté les faiblesses, il n'en passait pas moins de l'indifférence ennuyée à la curiosité, de la curiosité à la sympathie, et bientôt à l'admiration presque sans réserve. Plus tard encore, j'imagine, la pleine admiration a fait place à une admiration raisonnée, capable de sacrifier la partie vieillie d'une œuvre où les préoccupations du moment tiennent trop de place, pour goûter plus à son aise le charme sérieux d'une leçon que la grâce enveloppe et que le sourire presque partout éclaire d'une lumière douce.
Causes passagères tin succès. — La satire. — Les allusions. Sont-elles inconscientes? — L'opposant et l'utopiste.
Fénelon s'est toujours défendu d'avoir écrit une satire en écrivant Tèlèmaque. Dans une lettre latine au cardinal Gabrielli,