‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 204 sur 228 · C. de Litt. — fénelon {Lettre à VAcad · texte numérisé non relu

C. de Litt. — fénelon {Lettre à VAcad

• que et de Français, dans un diocèse nouvelle inent annexé, qui était souvent Le théâtre de la : mis àde nouvelles espérances, auxquelles la morl

du grand dauphin 17 1 1 donna l'essor, Fénelon avait autre chose a taire, sans doute, qu'à prendre parti dans un débat littéraire, d'ailleurs apaisé. .Mais, précisément à l'heure ou <■• - • -j érances politiques renaissaient, ce débat littéraire se rouvrait, non plus entre Boileau et Perrault, mais entre Mme Daeier et Lamotte. En tTli. Mme Daeier avait publié sa traduction de l'Iliade; celle d-? VO devait paraître qu'eu 1719. Lamotte se taisait

encore; il attendait la mort de Boileau; mais il préparait, lui aussi, sa traduction d'Homère, une traduction de vingt-quatre chants réduits à douze. Le 9 septembre 1713, Fénelon lui écrivait, avec cette insen-ible ironie qui lui est propre, et qui peut r pour llatlerie lorsqu'on n'y regarde pas de près, mais qui ne trompait pas toujours Lamotte lui-même, puisqu'il y reconnabsait « des leçons sous l'apparence d'éloges » :

On m'a dit que vous allez donner au public one traduction d'il. mi.

... -. . ind ;• parler notre langue. Je ne doute point ni de la fidélité de la version, ni de la masiiificen

vous aura obligation de lui faire connaître la simplicil

mœurs antiques, et la □ laquelle les passions sont exprimées dans

de tableau. Cette entreprise est digne de vous ; mais comme

tes capable d'atteindre à ce qui est original, j'aurais souhaité que vous

i fait un p-jème nouveau, où vous auriez rn-'-lé de grandes leçons avec

tes peintures. J'aimerais mieux vous voir un nouvel Homère que la

luirait, que de vous voir le traducteur d'Homère m

Lamotte ne comprit qu'à moitié ces trop fins sous-entendus, ces conseils indirects qu'il faut deviner, ces épigrainmes qui se font caressantes, car il s'attache, dans sa réponse, à détromper Fénelon. Non. il ne faut point s'attendre à beaucoup de fidélité de la part du traducteur d'Homère : il n'a pas cru qu'une traduction fidèle de Vttiade put être agréable en fran- . Partout il a trouvé, du moins par rapport au temps mi il vit. « de grands défauts joints à de grandes beautés». - -il tenu à une imitation très libre»; parfois e tout à fait original . D'ailleurs, il se défend d'avoir altéré le sens 'lu poème : s'il l'a fort abrégé, il a prétendu « rendre toute l'action, tous les sentiments, tous les - ». Il se faisait illusion, et Mm- Daeier le lui fit bientôt voir.

Précisément, M. Daeier succéda, le 0 novembre 171

Régnier-Desmarais comme secrétaire perpétuel de l'Académie. Dans l'ardeur de sa bonne volonté un peu candide, il entreprit défaire travailler l'Académie. Fénelon n'entra pas avec moins de candeur dans ses vues. C'est pour obéir à la délibération académique du 23 novembre 1713 que Fénelon, il le déclare au début, composa son Mémoire sur les occupations de l'A mie française. L'Académie était, semble-t-il, sinon désœuvrée, du moins dégoûtée de la besogne peu glorieuse h laquelle elle se voyait réduite. Fénelon sentait, plus vivement qu'elle encore, le besoin de réveiller et d'attirer par l'attrait d'une besogne nouvelle « un grand nombre d'académiciens, à qui, dit-il, la longue et pesante uniformité de notre ancien travail ne laisse pas de paraître ennuyeuse ». Il répondit avec empressement à l'appel de l'Académie, qui ouvrait une sorte d'enquête, et priait ses membres d'y prendre part. L'occasion de l'envoi du Mémoire et de la Lettre n'est donc pas la même, et l'on ne trouve dans le Mémoire que peu de traces de la querelle des anciens et des modernes; mais le plan est le même, ou peu s'en faut, et certains passages sont presque identiques.

En effet, les deux premières et principales parties de la Lettre à l'Académie, l'une grammaticale, l'autre littéraire, correspondent aux deux divisions que Fénelon établit, dès le début, dans son Mémoire.

1° Occupation de l'Académie pendant qu'elle travaille encore au dictionnaire ; partie qui correspond aux premiers chapitres de la Lettre à l'Académie, sur la langue. Fénelon conseille de pousser le travail du dictionnaire au point de perfection « dont peut être susceptible le dictionnaire d'une langue vivante, c'està-dire sujette aux changements ».

Mais c'est une occupation véritablement digne de l'Académie. Les mauvaises plaisanteries des ignorants, et sur le temps qu'on y emploie, et sur les mots que l'on y trouve, n'empêcheront pas que ce ne soit le meilleur et le plus parfait ouvrage qui ait été fait en ce genre-là jusqu'à présent. Je crois que cela ne suffit pas encore, et que pour rendre ce grand ouvrage aussi utile qu'il le peut être, il faut y joindre un recueil très ample et très exact de toutes les remarques que l'on peut faire sur la langue française, et commencer dès aujourd'hui à y travailler avec succès.

Il faudrait convenir que tous les académiciens qui sont à Paris seraient obligés d'apporter par écrit ou d'envoyer chaque jour d'assemblée une question sur la langue, telle qu'ils jugeraient à propos, sans même se mettre en peine de savoir si elle aurait déjà été traitée parle P. Bouhours, par Ménage ou par d'autres. On en doit seulement excepter celles de Vaugelas. qui ont été revues par l'Académie, aux sages décisions de laquelle il faut se tenir...

La meilleure manière de trouver aisément des questions et d'en rendre

l'examen doublera ins nos bons

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