‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 212 sur 228 · Voyez le fascicule des Dialogues sur Véloquenee · texte numérisé non relu

Voyez le fascicule des Dialogues sur Véloquenee

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■ la parole - ne doivent parler qu'en apôti

Emouvoir, convertir, voila l'essentiel de leur tâche, ou plutôt voilà leur tâche tout en S . - istin pleur

habitants d'Hippon ors, il esl sûr du succès; et

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>u tûmes barbares : « Je ne crus avoir rien g ç ndant

entendis que leurs acclamalio raiquand

lamalions montraient que je les avais

l un de saint Auqu'il (ai - - d'une éloquence

LETTRE A L'ACADÉMIE :;l

rieuse el efficace ». — « Le véritable orateur n'orne son discours que de vérités lumineuses, que de sentiments nobles, que

d'expressions fortes et proportionnées à ce qu'il lâche d'inspirer; il pense, il sent, et la parole suit. « Il ne dépend point des paroles, dit saint Augustin; mais les paroles dépendent de lui. »

Près de trente ans se sont écoulés entre les Dialoyues sur Véloquence et la Lettre à l'Académie. La doctrine sur la prédication chrétienne reste pourtant la même. C'est qu'elle n'est point particulière à Lénelon. Bossuet, l'avait déjà exposée avec beaucoup de force, et, avant Bossuet un autre grand évêque, dont l'éloquence onctueuse devait plaire à Fénelon, mais qui parfois peut-être eût été trop tleuri à son gré, saint François de Sales, avait écrit : « 11 y a une autre sorte de délectation, qui ne dépend pas de l'enseigner et émouvoir. C'est un certain chatouillement d'oreilles, qui provient d'une certaine élégance séculière, mondaine et profane, de certaines curiosités, agencement de traits, de paroles, bref, qui dépend entièiement de l'artifice; et quant à celle-ci, je nie fort et ferme qu'un prédicateur y doive penser; il la faut laisser aux orateurs du monde, aux charlatans et courtisans qui s'y amusent. Ils ne prèchenl pas Jésus-Christ crucifié, mais ils se prêchent eux-mêmes. » Il est vrai que saint François de Sales n'interdit pas de mêler quelques souvenirs profanes aux commentaires des textes sacrés; mais « il s'en faut servir comme l'on fait des champignons, fort peu, pour seulement réveiller l'appétit ». Toujours le ministre de l'Évangile doit « parler aiïectionnément et dévotement, simplement et candidement », sans préoccupation profane, car « le souverain artifice est de n'avoir point d'artifice1 ». La doctrine de Bossuet et de Fénelon n'est-elle pas tout entière contenue dans ce mot?

Ce qui est particulier à Fénelon, c'est l'accent dont sont animées ses critiques, assez semblables, dans la Lettre, aux critiques des Dialogues. Avec quelques précautions, mais aussi avec franchise, il observe que les ministres de la parole de Dieu « ne sont pas tous également humbles et détachés », et il ne craint pas d'y insister : « De jeunes gens sans réputation se hâtent de prêcher : le public s'imagine voir qu'ils cherchent moins la gloire de Dieu que la leur, et qu'ils sont plus occupés de leur fortune que du salut des âmes. Us parlent en orateurs

1. Lettre à L'archevêque de Bourges sur la vraie manière de prêcher.

brillants plutôt qu'en ministres de Jésus-Chris! el en dispensa' les mys - ostentation de

• annonçait Jésus crucifié, dans

-imons qui corn : tant de milliers d'hommes.

ora de saint Pierre, nous avons, ;i peu de clique près,

gyrique de saint Paul. Ici, d'ailleurs,

. iique, comme dans ses propres Dialo-

on oppose sans cesse à la rhétorique d»-s prédica-

- contemporains l'éloquence grave et simple des Pèi

se, dont il reconnaît les défauts, mais qui ont agi pins

encore qu'ils n'ont parlé : vi saint Augustin eût affaibli son

irs par les ornements affectés du genre ileuri, il ne serait

Lis parvenu à corriger les peuples d'Hippone et de I

genre fleuri qu'il en veut surtout : <■ (Jue pourrait-on croire d'un prédicateur qui viendrait montrer aux surs le jugement de Dieu pendant sur leurs têtes, et l'en- - is leurs pied-, avec les jeux de mots les plus afs .. Un i sa innaire apostolique ne doit point faire de la parole de Dieu une parole vaine el pleine d'ornements affec- :i le remarque : deux phrases si voisines Tune de l'autre se terminent par le même mot caractéristique. C'est que, | - jsu9 tout, l'affectation t'ait horreur à Fénelon : pour :nbattre et l'écraser, il fait appel, non seulement aux Pères, mais aux écrivains de l'antiquité profane, aux orateurs comme Démosthènes, comme les Romains eux-mêmes, et il

ie avec amertume : « Faut-il que les hommes charg parler en apôtres recueillent avec tant d'affectation les fleurs que Démosthènes, Manlins et Brutus ont foulées aux pieds? Faut-il croire que les ministres évangéliques sont moins sérieui ornent touchés du salut éternel des peuples, que Démosthènes ne l'était de la liberté de sa patrie, que Manlius n'avait d'ambition pour séduire la multitude, que Brutus n'avait de col pour aimer mieux la mort qu'une vie due au tyran? »

s) ce qu'avait écrit la Bruyère dans son chapitre de la Chain que dira bientôt .Massillon dans son Sermon sur la

Dieu. Seulement, la Bruyère est un satirique et peut rmetlre des hardiesses interdites à un évêque; Massillon n'a pas assez le {loûl de la simplicité sobre pour être vivement touché des abus de l'esprit et du style fleuri. Au contraire, ce qui donne aux critiques le Kénelon un accent persoun>l et pénétrant, c'est la sincérité profonde d'un esprit aussi vraiment i chrétien, qui associe aux Pères Platon h

ï ongin leurs devanciers, et réunit les deux traditions dans une doctrine commune : l'éloquence est l'art de prouver la vérité. C'est dans cette double antiquité, païenne et chrétienne, qu'il cherche et trouve son idéal-. Voilà pourquoi il montre un si injuste dédain de l'éloquence sacrée au xvir3 siècle ; voilà pourquoi il ne nomme même pas Bossuet et Bourdaloue, si fort au-dessus pourtant des mauvais prédicateurs qu'il raille, si dignes d'être comparés aux Pères de l'Église, si bien loués par la Bruyère. Rien qu'il eût parfois « le fiel de la colombe », on se refuse à croire que, seule, une rancune mesquine soit la cause d'un silence aussi étonnant. 11 n'avait, d'ailleurs, aucune raison d'envouloirà Bourdaloue, qu'il avait autrefois pris a partiedans les Dialogues, mais dont il venait de vanter la « perfection » dans le Mémoire sur les occupations de V Académie. L oubli est voulu, on n'en saurait douter; mais il vaut mieux 1 attribuer à une raison générale qu'à des motifs personnels. Bien qu au début de ce chapitre, Fénelon se défende « de vouloir préférer en général le génie des anciens orateurs à celui des modernes » , le chapitre entier n'est pourtant qu'une antithèse perpétuelle entre les deux éloquences, comme le livre tout entier n est qu'un plaidoyer indirect en faveur des anciens, seuls vraiment éloquents, parce que seuls ils sont vraiment simples C est là le côté faible et systématique de la thèse. Combien elle eut été plus solide si Fénelon l'avait appuyée d'exemples empruntes à deux grands orateurs pour qui la postérité avait commence déià, si à la médiocrité des uns il avait opposé les hautes qualités des autres, et fait voir que, lui aussi, son siècle avait pour ainsi dire, ses anciens, ses orateurs classiques, ses modèles de mâle et simple éloquence !

L'idéal platonicien et fénelonien dans le « Projet de rhétorique ».

Quidauid est in Platone, vivit in Augustino. Tout Platon revit enÀueustin. Le lecteur des Dialogues sur l'éloquence pouvait

le soupçonner déjà. Ces dialogues, tout chrétiens par le sentiment Lt tout platoniciens par l'idée générale Platon v es appelé a le plus éloquent écrivain de l'antiquité». On y * XeGoraias et le Phédoa, et c'est au Gorgias que lidee

analyse même

COURS DE LITTERATURE esl emprnntée. PUton a montré nue l'art pJ

l»'U Parait; Platon dit qu'un d^ "*<£l agit dans ràmeKu^J iWatonponr la théorie, Démosthènes pour l'exemol

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l°e très belle, a beaucoup de précfnu et p uscuneo, qu'ntUes dans la pratique », tandis ^elon^

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• - o.çque Boileau : . Arislote, dira-t-il.'fl, voir^uTvé a

1 philosophie esl le guide secret de l'esprit deLsIes ar s.

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une république bien poUcée.

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