C. de Litt. — Bossuet (Sermons
moral, que Poi
dans l'âme du sainl partagée entre les plaisirs du monde et
n ven un mon le supérieur; le troisième rejette la vie
à l'un ièi e-plan, ou ue s'en s.-i t du moins que pour aboutir vite
à l'instruction religieuse el morale, qui devient l'essentiel,
Loul du discours. Dans le 3e de ses Dialogues sur l'é-
Fénelon semble avoir voulu concilier • es trois métho-
. donnant une définition du panégyrique idéal :
Le meilleur moyen de louer le i
. donae du qui Instruit,
• qui touche... Il faudrait peindre le sainl au naturel, le montrer ce qu'il a ndi lions et dans les principa-
le faire an tissa des faits principaux: [ne ce fut un récit coi: . vif, plein de
i Irai? que chaque mol donnai une haute idée des «aints, et fùl une instruction j»-ur l'auditeur. A cela j'ajouterais toutes i morales que je croirais les plu- convenables. Ne croyez-vous pas qu'un discours .rait une noble et aimable simplicité? Ne croyez-vous pas q . . seraient mieux connues, <-t les peuples plus
-vous pas m -'les de l'éloquence que nou-
. - - irait plus éloquent que tous ces p riques guindés qu'on voit d'ordinaire?
Mai- B sa t. avant lui, s'était prononcé avec assez de netour qu'on sache de quel côté il penchait. Dans le pa i rique de saint Franr-ois d'Assise [1652), il se propose de faire voir leurs de la pauvre!
-. afin de le faire avec plus de fruit, laissons, laissons, s'il vous plaît,
du style panégyrique ; ils ne tient point en peine qu'on les entende, pourvu qu'ils reconnaissent qu'on les admire. Pour non-, qui sommes ici dans la chaire du Sauveur
la simplicité de son Évangile et repaissons nos âmes
. Puisque nous faisons dans l'Eglise les panégyriques des
rer leurs vertus, qui sont déjà couronnées, que pour
en proposer l'exemple, il vaut mieux que non» retranchions quelque chose
temps pour tirer quelque utilité de sa vie. Que choisirons-nous, chrétiens, dans les actions de saint I Jue chacun prenne pour soi ce qu'il sent en sa conscience
lui devoir être le plus utile; et moi, pour l'édification je vous pro-
poserai ce qui me semble le plus profitable au salut de tous.
-vrique ainsi réduit au sermon, mais au sermon illus-
ple,est moins attrayant pour le lecteurmoderne
et profane. (Test ainsi pourtant que l'avaientconço les Pères, dont
et fut l'admirateur et le disciple. Saint Jean Chrysostome
et saint Augustin nous ont laissé moins des panégyriques que
des homélies peu amples et peu expressives. Saint Bernard les suit, excepté quand il peut peindre de traits précis la vie des personnages qu'il a connus, tels que le moine Humbert et saint Malachie. Même quand on descend au xvie et au début du xvn«
siècle, le panégyrique garde quelque chose d'uniformément moral et vague. Les oraisons panégyriques du futur cardinal de Retz, consacrées à saint Charles Borromée et à saint Louis1, si elles valent mieux que celles du zélé P. Lejeune et de Fél P. Senault, restent aussi générales. Est-ce en raison de cette médiocrité commune que le cardinal Maury a prononcé cet arrêt : « L'orateur panégyriste ri est probablement pas encore né pour la France? » Maury n'ose pas affirmer trop catégoriquement, car il a prononcé lui-même, devant l'Académie et devant l'Assemblée du clergé, les panégyriques de saint Louis et de saint Augustin. Mais, tout en affirmant que ce genre est demeuré inculte dans le champ de l'éloquence, que tout y est neuf encore pour le talent, en l'absence de tout chef-d'œuvre, il estime les panégyriques de Rourdaloue, et donne la première place clans le genre à ce sermonnaire dont les dix-sept panégyriques sont oubliés aujourd'hui.
Tout, sans doute, n'est pas admirable dans les premiers panégyriques de Bossuet. S'il est vrai, qu'il ait prononcé à vingtdeux ans (1649), à Metz, le panégyrique de saint Gorgon, on excuse sans peine les fautes de goût dont ce discours est semé. Le supplice du saint, couché par ordre du tyran sur un gril rougi au feu, est décrit avec une sorte de réalisme complaisant.
Gorgon gisait sur un lit de charbons ardents, fondant de tous côtés par la force du feu, et nourrissant de ses entrailles une flamme pâle qui le dévorait... Il s'élevait à l'entour de lui une vapeur noire, que le tyran humait pour contenter son avidité2...
Le Panégyrique de saint François d'Assise, prononcé trois ans après celui de saint Gorgon, marque un progrès notable du goût et du style. La composition en est mal équilibrée, la conception du plan trop ambitieuse, le goût encore mal affermi.
i. On cite la péroraison du panégyrique de saint Louis : « Ou est la grandeur de la France? Où est cette florissante noblesse? Où est cette puissante armre? Où est ce grand monarque, qui commandait à tant de logions ? » Et au même moment que je fais ces demandes, il me semble que j'entends les vois confuses et ramassées de tous les hommes qui ont vécu dans les quatre siècles écoulés depuis sa mort, qui me répondent qu'il règne dans les cieux.
2. Bossuet avait même appuyé d'abord sur les « exhalaisons infectes qui. dan? le supplice du saint, « sortaient de la graisse de son corps rôti .
. comme on l'a «lit, une « méditation plus qu'un panémais une méditation pleine de t ivement, de fougue
même p u endi Qtre le plus insens
hôm; s s sages i siècles, mais le p] plus
intelligent, le plus avisé selon la justice de Dieu », buvant o à ■ traits l'ignominie i , renonçai mille,
: sainte brutalité d'un Polyeucte, il ne songe à rien voiler, à rien tempérer en ses emportements. On sent la ité d'une foi pieuse dans l'allégorie du mariage mystique .<• la Pauvreté; mais de cette théologie entho 19 - ^illit un beau développement moral sur les devoirs des riches envers les p
■7. tort de traiter les p :in que voua le Bâchiez, Bi nous voulions mon- 08 trouverions peut-être qu'ils n'auraient pas [ue vous possédez. La nature, ou plutôt, pour parler plus chrétiennement. Dieu, le Père commun des hommes, a commencement un droit égal à tous ses >r toutes les
lonl ils "nt besoin poui ration de leur vie. Aucun de n<»us ne
peut-- vanter l'être pi [ue les autres par la nature ; mais l'insa-
tiable d permis que cette belle fraternité pût durer long-
ode. Il a fallu venir au parlât:'' et à la propriété, qui a causé
i pas dire par là, mes frère*, que vous ne soyez que les dispensateurs des riche— ;ue je prétends. Car, ce •tant fait d'un commun consentement de toutes les nations, ol été autorisé par la loi divine, vous êtes les m i propriétaii portion qui vous est échue : mais sachez que, -i vous en tables propriétaire- selon la jo ronsidérer qu^ comme dispensateurs devant la justice de Dieu, qui vous en fera
,'il ait abandonné 1" -"in des pau-
ncore que \ z destitués de toutes choses, gardez-vous bien
de croire qu'ils aient tout a fait perdu ce droit si naturel qu'il- <>nt de prendre
dans la mas^e commune tout ce qui leur est n N >n, non, ô riche»
. fait lever son soleil, ni qu'il re, ni qu'il fait profiter dans son sein une si grande dive: - • nt leur part aussi bien que l
C'est avec la même énergie qu'il attaque ces prêtres de vocation douteuse qui courent à l'onction sacrée « sans y être ap- . avec une hardiesse, une précipitation qui fait frémir la religion - ; les soldats impitoyables, les juges corrompus. C'est avec une émotion Bincére qu'il compare le temps où vivait le saint au temps ou vivent ses auditeurs, et qu'il jette tout autour de lui an regard sur les campagnes désertes el les bourgs • tblement désolés.
Le même barme de jeunesse, avec quelque chose de plus
mûr, respire dans le Panégyrique de saint Bernard (1653), le plus beau des panégyriques de Bossuel après celui de saint Paul. Là aussi, sans doute, on relève des traces d'inexpérience : exorde long el embarrassé, division pénible, développement çà et là trop Sèchement théologique, lin écourtée. Là aussi le lecteur moderne ne trouve pas tout ce qu'il espère y trouver. Comme Bossuet n'a pas songé à nous peindre en saint François un contemplateur attendri de la nature, un amant de la vie universelle, il ne songe pas à caractériser dans le détail le grand rôle joué par saint Bernard à celte époque des croisades. Ln revanche, la liberté vigoureuse, mais tempérée, avec laquelle le saint censurait les mœurs dépravées de son siècle, lui fournit l'occasion d'une vive sortie contre les réformateurs emportés du xvic siècle. Mais ce qu'il s'attache à faire sentir au cœur plus qu'à montrer aux yeux, c'est comment Bernard, « ce jeune pêcheur », savait prendre les âmes « dans les filets de Jésus ». Ici, la physionomie de son héros était si fortement personnelle, si connue de tous, qu'il n'a pu s'empêcher de la peindre; mais la peinture qu'il en a faite est surtout morale. Comment ne pas citer, dans ce beau portrait moral de saint Bernard, l'admirable développement, oratoire et poétique à la fois, sur la jeunesse?
Vous dirai-je en ce lieu ce que c'est qu'un jeune homme de vingt-deux ans"? Quelle ardeur, quelle impatience, quelle impétuosité de désirs! Cette force, cette vigueur, ce sang chaud et bouillant, semblable à un vin fumeux, ne leur permet rien de rassis ni de modéré. Dans les âges suivants on commence à prendre son pli, les passions s'appliquent à quelques objets, et alors celle qui domine ralentit du moins la fureur des autres : au lieu que cette verte jeunesse n'ayant rien encore de fixe ni d'arrêté, en cela même qu'elle n'a point de passion dominante par-dessus les autres, elle est emportée, elle est agitée tour à tour de toutes les tempêtes des passions, avec une incroyable violence. Là les folles amours, là le luxe, l'ambition et le vain désir de paraître exercent leur empire sans résistance. Tout s'y fait par une chaleur inconsidérée : et comment accoutumer à la règle, à la solitude, à la discipline, cet âge qui ne se plaît que dans le mouvement et dans le désordre, qui n'est presque jamais dan- une action composée1, « et qui n'a honte que de la modération et de la pudeur » "? El pudet non esse impudentem.
Certes, quand nous nous voyons penchants sur le retour de notre âge, que nous comptons déjà une longue suite de nos ans écoulés, que nos forces se diminuent-, et que, le passé occupant la partie la plus considérable de notre vie, nous ne tenons plus au monde que par un avenir incertain : ah ! le présent ne nous touche plus guère. Mais la jeunesse, qui ne songe pas que rien lui soit encore échappé, qui sent sa vigueur entière et présente, ne songe aussi qu'au présent et y attache toutes ses pensées. Dites-moi, je vous prie,