‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 33 sur 228 · Dans une contenance sérieuse et paisible · texte numérisé non relu

Dans une contenance sérieuse et paisible

celui qui croit avoir le présent tellement ;'■ soi, quan : mnera

inonde, dans • - - - irte que la jeun sse, qu

et pour les plaisirs, ah ! elle ne trouve rien

ai rit. tout lui applaudit. Bile n'a i ipérience

nx du monde, ni dea '. - arrivent : de là vient qu'elle

bannit la crainte et I ea de tontes

ii conduit.

Il y eption, sinon une peinture, au moins us

qui<>»- historique dans le premier Panégyrique de saint Frari- Pau s en 1651 el • 1660. Louis XI y est

entrei ses forteresses et environné de ses

des, toujours tremblant, toujours inquiet », toujours en conti . qui saura bien rendre tant de précautions inu-

tiles. Dans 1 nsemble, d'ailleurs, ce panégyrique est un pur sermon sur l'amour de Dieu el la pénitence : il s'achève sur un beau cri de défi jeté aux libertins railleurs : Vive le Seigneur tout-puissant, en la présence duquel je pari"! On n'a plus le gyrique de sainl Thomas d'Aquin (1657); mais on a delà ux de saint Victor et de sainte Thérèse. Dans le premier, comme l'observe M. Rébelliau, Bossuet n'a pas encore entièrement rompu avec la rhétorique profane; mais M. (iandar compare les deux panégyriques du P. Senaull el de Bossuet, prononcés tous deux dans la célèbre abbaye de Saint-Victor» et fait ressortir l'écrasante supériorité de Bossuet, qui subordonna les détails physiques à l\-xpressiou de la beauté morale. gyrique de saint se, prononcé ;i Metz devant la

rein*- mère révéla l'éloquence de Bossuet au gazetier Loret, qui lui prédit

Qu'un jour son éloquc-nce ex Ferait un grand bruit dans l'Eglise.

•t. peu mystique par nature, avait à peindre ici des « trans-

inconnus au monde » et « cet'" divin»- maladie d'amour »

dont Thérèse brûla pour son épou 11 le fait avec har-

andeur, en multipliant toutefois les précautions né-

mnez pas... Je voua ?ois étonnés,

fidèles... I! y a, en effet, des choses qui étonnent, mais rien

qui e it Bossuet me! de mesure dans l'expression des

irs les plus passionnées, el le poète vient au secours du

théologien, par exemple quand Pâme deThi - lueant

peu à peu des liens du corps pour aspirer vers Dieu, est comparée à un oiseau « qui, battant des ailes, secoue l'humidité qui les rend pesantes ou dissipe le froid qui les engourdi! C'est aussi devant Anne d'Autriche, et sur sa demande, que fut prêché le second panégyrique de saint Joseph 1661). Le panégyrique de sainte Catherine1 est curieux par l'exposition des idées de Bossuet sur la science en général, et, en particulier, sur l'instruction des femmes. La science, présent du Ciel, est « la lumière de l'entendement, le guide de la volonté, la nourrice de la vertu, l'àme de la vérité, la compagne de la sagesse, la mère des bons conseils; en un mot, l'àme de l'esprit et la maîtresse de la vie humaine. » Mais elle se gâte entre les mains de l'homme par l'usage qu'il en fait, quand son orgueil lui fait adorer ses propres pensées et s'élever contre la science de Dieu. A ces curieux qui se repaissent d'une spéculation stérile et oisive, Bossuet oppose Catherine : dès son enfance elle avait appris « toutes les sciences curieuses qui peuvent ou égayer, ou polir, ou enfin illuminer un esprit bien l'ait »; mais Dieu lui avait appris à les soumettre à la foi. « La vérité est un bien commun : quiconque la possède la doit à ses frères, » mais sans songer à se faire paraître soi-même en la faisant paraître. C'est ce que trop de femmes oublient.

Les dames modestes et chrétiennes voudront bien entendre en ce lieu les vérités de leur sexe. Leur plus grand malheur, chrétiens, c'est qu'ordinairement le désir de plaire est leur passion dominante ; et comme, pour le malheur des hommes, elles n'y réussissent que trop facilement, il ne faut pas s'étonner si leur vanité est souvent extrême, étant nourrie et fortifiée par une complaisance presque universelle. Qui ne voit avec quelle pompe elles étalent celte beauté qui ne fait que colorer la superficie? Que si elles se sentent dans l'esprit quelques avantages plus considérables, combien les voit-on empressées à les faire éclater dans leurs entretiens! et quel parait leur triomphe, lorsqu'elles s'imaginent charmer tout le monde! C'est la raison principale pour laquelle, si je ne me trompe, on les exclut des sciences; parce que, quand elles pourraient les acquérir, elles auraient trop de peine à les porter : de sorte que si on leur défend cette application, ce n'est pas tant, à mon avis, dans la crainte d'engager leur esprit aune entreprise trop haute, que dans celle d'exposer leur humilité à une épreuve trop dangereuse.

Catherine savait que « la science chrétienne ne se doit jamais produire au dehors, pour se faire admirer elle-même »; elle savait aussi que l'ennemie capitale de la vérité, c'est la philosophie, et c'est pour confondre la philosophie qu'elle s'était

1. Il y a deux panégyriques de sainte Catherine de Sienne : l'un prêché en 1661, sans doute, l'autre en 1663.

l;> DE LITTÉRATURE

in s traite d stvrai: En-

l'ei reur, tou-

rerl quelques r y ons de I i ei il

troisième point, à relever la dignité des

, \ qui voudraient lui'- servir aux

les dons de l'esprit. Toul ce panégyrique,

imble, piquant en le ses détails,

me une opposition de la vraie »-i d-- la Fausa

. celle dn docteur el du prédicateur, que Bossue! étudie dTabord chez François de Sales 1662 .

lue ;i étudié, -cience

lumin beaucoup plus ardenU . quoi-

qu'il - • bi"n mieux couverlir. C'ost que sa sci

plein- •• brillait que pour échauffer. Des trait- de flamn-

:it pénétrer «lui- '. : tarait que

ntre bi<-n plus avant que la lumière : celle-ci ne fait qu'effleurer .1! la surface; la chaleur pénètre jusqu'aux entrailles, pour en tirer des fruits merveilleux et y produire des richesses inestima!':

Il vante ensuite l'autorité de François de Sales comme évéque, son Ini lef-d'œuvre de piété et de

prudi - - conseils : enfin sa « conduite »

dans la direction do- âmes. Dans • •-•'t'- dernière partie, il accommode avec une adresse bien délicate à un auditoire de rele qu'il fait du caractère d'un « laboureur spirituel » enclin par nature àla colère, adouci lentement par l'huile

de la douceur chrétienne. Quand il définit cette simple et sans fard, cet air de cordialité tempérée, cette méthode d-- l.i impatissante qui. en s'ouvrant le cœur, tâche

de regagner l'esprit qui s'éloigm et <<-iiiIpI<' emprun-

ter au saint qu'il Ion-- ses qualité- i<-- plus insinuantes. Au contraire, le panégyrique de saint Sulpice 1 0»'» i } est une -

ire des mœurs hautaines et luxueuses du clergé au temps du saint, et aus-i et Burtout au temps de Bossu

-tiques, qui

- • : echer- . table, dont la religion rougit pour eux! Comment le fasl

.ir le parallèle '!•• la ou

de l'hu -

qui leui mém ■ de leurs co - ' Ont-

ilfl donc oublié avec qu leur interdit l'esprit de

domination, et combien il leur recommande la douceur et la condescendance, dont il leur a donné de si grands exemples ?

Mais que prétendent les ecclésiastiques qui, loin d'imiter le zèle de saint Sulpice pour ruiner l'esprit du monde, semblent, au contraire, par une vie toute profane, n'être appliqués qu'à le faire vivre, l'étendre el l'affermir? Croient-ils que, par des mœurs si opposées à celles cle nos pères, ils se rendront plus recommandables dans le monde, qu'ils cultivent avec tant de soin? Mais ce monde même, dont ils veulent se montrer amis et obtenir la considération, les méprise souverainement, parce qu'il sait quelle doit être la vie d'un ministre des autels; et, aveugles qu'ils sont, ils ne voient pas qu'il ne fait effort, pour les entraîner dans ses mœurs dépravées, qu'afin de les avilir et les dégrader, et de faire rejaillir ensuite, sur la religion qu'ils doivent maintenir, l'opprobre dont il les aura couverts... Hélas ! mes frères, si le cœur sacerdotal de saint Sulpice était si vivement touché d'en voir, dans ces heureux temps, qui ne cherchaient dans l'honneur du sacerdoce, destiné à la ruine du monde, qu'un moyen de s'y avancer et d'y faire fortune ; quels seraient ses larmes et ses sanglots aujourd'hui, où l'on en voit si peu qui entrent dans le ministère avec un désir sincère de s'y consacrer entièrement au service de l'Église, et de se sacrifier pour Jésus-Christ? Oui, nous devons le dire avec douleur et confusion, ceux qui semblent porter la croix la portent de manière qu'ils ont plus de part à sa gloire que de société avec ses souffrances. Ils ignorent sans doute pourquoi ils sont prêtres...

Tout panégyrique finit donc par se réduire à la leçon morale, c'est-à-dire au sermon, plus ou moins didactique, plus ou moins critique. C'est l'éloge de la charité militante qui fait le fond du panégyrique de saint Pierre Psolasque (1665), ce fondateur de l'ordre de la Merci, Dans le panégyrique de saint André (1668), à la simple et forte piété des chrétiens des premiers temps, « tels que les engendrait le sang des martyrs, tels que les formaient les persécutions », s'oppose la piété bâtarde des demi-chrétiens, des chrétiens mondains et séculiers, qui est toute dans les discours et dans « un extérieur contrefait », et l'orateur se rit de cette piété à la mode. Mais voici que dans le panégyrique de saint Thomas de Cantorbéry, contemporain du précédent, apparaît déjà l'évêque futur, le futur Père de l'Église. C'est la défense des droits de l'Église qui en fait le sujet. « Malheur à ceux qui la troublent, ou qui se mêlent dans cette céleste administration, ou qui osent en usurper la moindre partie! C'est une injustice inouïe de vouloir profiter des dépouilles de cette épouse du Roi des rois, à cause seulement qu'elle est étrangère, el qu'elle n'est pas armée. Son Dieu prendra en main sa querelle, et sera un rude vengeur contre ceux qui oseront porter leurs mains sacrilèges sur l'arche de son alliance. » L'Église « n'a aucun droit qui relève de la puissance des hommes », et les rois du monde ont signalé leur zèle envers elle en lui accordant des privilèges; mais ces privi-

ii œnl plus qu'ils né enl mu- t ai la force, el peut-être

sur h - - par l'inclination ou par les bienfaits. I l

plus sûre el plus v< : < Ile leur a

fait un trône dans i s - yeux

de Dieu même : elle a fail un des ai lieles de sa foi de la sûreté

de leurs ; - - s, el une partie de sa religion de l'o-

est due. » Toul ce développement sur « l'im-

mua; corde qui doit être entre l'empire et le

uteur de la Politique tu-, ./,■ /'/•>,

même do Dm - 'hisl un • • - lie : Ib-ndons

i l'incomparable piété de nos mo-

narq . irétiens. Comme ils ont vu que Jésus-Christ ne

Èglis si autorisée, leur propre autorité

ne leur a pas été plus chère que l'autorité de I Eglise. Ne

semble-t-il pas que Bossue! définisse par avance la manière

dont il entendra son devoir épiscopal, lorsqu'il écrit de saint

Thon 11 a joint la fermeté avec le respect.

s mgé qu'il était évéque, il n'a jamais oublié qu'il

était sujet?

I. Vluquenee de la chaire dans les Panégyriques. Le panégyrique de sain! Paul.

M nie dans ces derniers panégyriques, le goût n'est pas solumenf sûr. Par exemple, dans 1" panégyrique de saint Ki ai, Bossuet avait écrit: ■ Pourquoi vois-je

ce cilice inséparable de votre corps, que l'on pourrait prendre pour une autre peau qui se serait formée sur la premii i Dans le panégyrique de saint Thomas de Canlorbéry, il reprend détail, Lout matériel, et il y appuie : < Après qu'on a dépouillé le saint martyr, eu découvre un autre martyre non moins admirable, qui est le martyre de sa pénitence, un cilice affreux tout )■' nin ... khi ru méprit ru point cette

lice lui percé la peau, et il est -i attaché à sa peau, qu'il

qu'il soit un p au autour de son corps. ■ Si ces

sdivisions parfois encore sont un peu sub-

lenl antithétiques, les transitions péni-

LES PANÉGYRIQUES DE BOSSUET 3:j

blés : « Cette distinction étant supposée, tirons maintenant cette conséquence... » (Panégyrique de saint François de Sales. Certaines expressions bibliques sont encore mal fondues dans le texte :

« Mes enfants bien-aimés, dit notre Maître à ses chers disciples, qu'il est difticile que les riches puissent être sauvés ! Je vous dis en vérité qu'il est plus aisé de passer un cable ou un chameau par l'ouverture d'une aiguille. » Ne voua étonnez pas de cette façon de parler, qui nous parait extraordinaire. C'était un proverbe parmi les Hébreux, par lequel ils exprimaient ordinairement les choses qu'ils croyaient impossibles ; comme qui dirait parmi nous : Plutôt le ciel tomberait, ou quelque autre semblable expression. Mais ce n'est pas là où il faut s'arrêter. (Panégyrique de saint François d'Assise.)

Certains tableaux poétiques sont assez gauchement préparés : « J'aurais besoin d'emprunter ici les couleurs de la poésie, pour vous représenter vivement cette affreuse solitude, ce désert horrible et effroyable dans lequel il se retira. » (Panégyrique de saint Benoit.) Mais il a beaucoup réfléchi sur la prédication, sur sa méthode et son but. On a vu comment Bossuet entendait et définissait le panégyrique , dans le panégyrique de saint François de Sales. Dans ce même panégyrique, il indique en quelques mots brefs ce que doit être le sermon et ce qu'il ne doit pas être : « Beaucoup veulent monter dans les chaires pour y charmer les esprits par leur science et l'éclat de leurs pensées délicates ; mais peu s'étudient comme il faut à se rendre capables d'échauffer les cœurs par des sentiments de piété. » Auparavant il avait mieux caractérisé encore la véritable éloquence de la chaire, en caractérisant l'éloquence de saint Paul, de saint Bernard et des apôtres :

Saint Paul se glorifie qu'il prêchait, non point avec une éloquence affectée, ni par des discours de flatterie et de complaisance, mais seulement qu'il ornait ses sermons de la simplicité et de la vérité : qu'y a-t-il de plus ferme et de plus pénétrant que la simplicité de Bernard, qui captive tout entendement au service de la foi de Jésus? Lorsque les apôtres prêchaient Jésus-Christ, une ardeur céleste les transportait et paraissait tout visiblement dans la véhémence de leur action ; ce qui fait dire à l'apôtre saint Paul qu'il agissait hardiment en Notre-Seigneur, et que sa prédication était accompagnée de la démonstration de l'Esprit. Ainsi paraissait le zélé Bernard, qui, prêchant aux Allemands dans une langue qui leur était inconnue, ne laissait pas de les émouvoir, à cause qu'il leur parlait comme un homme venu du ciel, jaloux de l'honneur de Jésus.

... Mais ce qui était de plus divin dans les saints apôtres, c'était cette charité pour ceux qu'ils prêchaient. Ils étaient pères pour la conduite, et mères pour la tendresse, et nourrices pour la douceur : saint Paul prend toutes ces qualités. Ils reprenaient, ils avertissaient opportunément, importunément,

; RS DE UTTÊRÀTl RE

• lujoara :.t av.'f

l • temple de saint Paul surtout l'avait frappé, et le panégy- - j Mit Paul - seulement le plus complètement

issi •■••lui où il «! veloppe et de force lication

On t - sme que d - i ique

. Lssise, mais plus contenu, celte folie de la

Croix qui enivri I . s d'Assise au point de le isem-

mgue de la jeuness

composition et la forme dans les ora

funèbi le chose de plus parfait, mais aussi de

moins concis et de moins nerveux. C'est la justesse des propor-

it qui di~ - - pique, 1" plus •• atlique »

parrn: Bossuet. tous les développements sortent nalu-

:aent du texte choisi, emprunté à saint Paul lui-même :

mUatibus meis : quum > nim infirmer, tune

. — Je ne me plais que dans mes faiblesses : car

ne je me sens faible, c'est alors que je suis puissant. » El

ette « faiblesse toute-puissante » de l'apôtre que Bossuet

ians les trois emplois de l'apostolat : la prédication,

lescomba1-. - (meut ecclésiastique. « Il est puissant

il met la force de persuader dans iplicité du discours, puisqu'il n'espère vaincre qu'en souffrant, puisqu'il foru: servitude toute l'autorité de son ministère. Le P. Senault, dont le- Panégyriques avaient »:té impi - : i «lait ce genre comme ■• le chef-d'œu- , et qui ne croyait pas pouvoir inoins faire le comparer sainl Paul à Alexandre, distinguait dans sa vie quatre mil ation, sa prédicatio mort qui est son triomphe. Bourdaloue vante en Li lis points le de Paul à remplir son ministère, à l'honon r, i s'immoiur lui. Mais i : celle de Bossuet. vraiment

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