‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 35 sur 228 · RATURE · texte numérisé non relu

RATURE

qu'il semble avoir de i c'est aux faveurs de La for-

. mais il sait m

m porte pas aux il : au li<Mi de la satire dédai-

ï vei seraient, il nous donne une

mde sur les deux conditions

bonheui : pouvoir ce qu'on veut, vouloir ce qu'il

faut; sur I ,qui est malade lorsqu'elle n'est ;

rai, bien ordi ire que la puissance

ité. Et qu'( st-ce donc que la

!ip (]0.

- luveor que vous ce que

mortalité qui nom

. Pai mi tant de fragi-

rtaine-

ment un -1 grand '. but quelque chose : et que tro;.

ir t oir le nom de

lisa rice du

loin que <lV,ier la vie à un homme :

mourir un mortel, que de hâter <!>■ quelques

se précipite d'elle-même? Ne croyez donc

imais trouver <lu pouvoir où règne la morta-

- déve1op| ts généraux, qui naissent d'eux-

mémes, il i : aits particuliers à la cour, et très har-

ms leur discrétion même. !1 n'y a point de plus i:rand

: soi-même que d'avoir autorité sur

:i soi I de la d e, plus on rend ses

tmes des enfants qui avons

«l'un lut difficulté ou la crainte... La puis-

le principe le plus ordinaire de l'égarement. •• Et ces

ippementa j'ai liculiers, à leur tour, s*<

lopjx - LUX.

public, ils s'érigent en

il qu'ils . eux, que di litent!

! Au milieu de i - ctaari-

imour du monde,

,t arrivés au

but.il faut li ne marchent qu'à pas de plomb, et qui

. ' at comme un songe ton:

Par conséquent, chrétiens, sans soupirerardemment après une plus grande puissance, songeons à rendre bon compte de tout le pouvoir que Dieu nous confie. Un fleuve, pour faire du bien, n'a que faire de pass rds ni

d'inonder la campagne : en coulant paisiblement dans son lit. il m; busse pas d'arroser la terre et de présenter ses eaux aux peuples pour la commodité publique. Ainsi, sans nous mettre en peine de nous déborder par des pensées ambitieuses, tâchons de nous étendre bien loin par des sentiments de bonté ; et, dans des emplois, bornés, ayons une charité infinie.

Ce qui est surtout remarquable dans ce sermon, tout moral par le sujet, c'est combien la leçon morale y est inséparable de la leçon religieuse. Dans le second point, Bossuet s'attache à démontrer que « la fortune, trompeuse en toute autre chose, est du moins sincère en ceci qu'elle ne nous cache pas ses tromperies ». Il peint un de ces politiques habiles et entendus qui croient soutenir éternellement la fortune de leur maison en s'appuyant sur des charges considérables, sur des richesses immenses, soutiens fragiles autant que magnifiques. Mais tout à coup, comme pris d'un scrupule, il s'interrompt et s'écrie : « C'est trop parler de la fortune dans la chaire de vérité. Écoute, homme sage, homme prévoyant, qui étends si loin aux siècles futurs les précautions de la prudence; c'est Dieu même qui te va parler. » Et il laisse parler Dieu par l'organe d'Ézéchiel. Mais si l'allégorie d'Assur et du cèdre du Liban n'est qu'un emprunt magnifiquement paraphrasé, le développement tout dramatique qui suit n'appartient qu'à Bossuet.

O homme, que penses-tu faire? et pourquoi te travailles-tu vainement? Mais je saurai bien m'affermir et profiter de l'exemple des autres; j'étudierai le défaut de leur politique et le faible de leur conduite, et c'est là que j'apporterai le remède. Folle précaution; car ceux-là ont-ils profité de l'exemple de ceux qui les précèdent? O homme, ne te trompe pas, l'avenir a des événements trop bizarres ; et les pertes et les ruines entrent par trop d'endroits dans la fortune des hommes, pour pouvoirètre arrêtées de toutes parts. Tu arrêtes cette eau d'un côté, elle pénètre de l'autre ; elle bouillonne même par-dessous la terre. Vous croyez être bien muni aux environs, le fondement manque par en bas, un coup de foudre frappe par en haut. — Mais je jouirai de mon travail. — Eh quoi! pour dix ans de vie ! — Mais je regarde ma postérité et mon nom. — Mais peut-être que ta postérité n'en jouira pas. — Mais peut-être aussi qu'elle en jouira. — Et tant de sueurs, et tant de travaux, et tant de crimes, et tant d'injustices, sans pouvoir arracher de la fortune, à laquelle tu te dévoues, qu'un misérable peut-être! Regarde qu'il n'y a rien d'assuré pour toi; non pas même un tombeau pour graver dessus tes titres superbes, seuls restes de ta grandeur abattue. L'avarice ou la négligence de tes héritiers le refuseront peut-être à ta mémoire; tant on pensera peu à toi quelques années après ta mort. Ce qu'il y a d'assuré, c'est la peine de tes rapines, la vengeance éternelle de les concussions et de ton ambition infinie. O les dignes restes de ta grandeur! 6 les belles suites de ta fortune! ô folie, ô illusion, ô étrange aveuglement des enfants des hommes!

lure, tanl la conclusion tturellement du discours rit de L'homme est

• nilé : qu'il la cherche donc, non dans les biens |

-. 'aiment, en Dieu.

M us si surtout dans le - irmon sur la Mort, prêché au : >2 1 [n'éclate cette vigueur sans brutalité

»lu gé B - [uel sujet prêtait davantage aux grands

i d'horreur, au réalisme du détail ou de la mort est familière aux préelle n'a inspiré qu'un sermon à Bossuet, au fond de tous uons on Ta retrouvée1. Des 1648,

i ingl et un ans, il composait cette étonnante méditala /'/ rie, qu'il aura sous les yeux plus tard

t de Vlmpénitei tr /"jour de

i Dijon le 15 avril 1894, M. Brunetièreamon-

i !•• la mort se rattache à l'idée de la Providence :

le b mort q I -le longues années, — je dis pendant

- ttr.f. comme il nous arrive à tous, précisément quand

il faui; son; de La rie, le précepteur du dauphin, le conseiller

d'Etat le 1« daupbine, «e laissera surprendre an charme de l'activité,

- enfin, pendant de g est i ette idée de la mort que Bossuet

autant d'insistance que Victor

-. Nous mourons tous, et nous mourons tous les jours. Nous

es manières, et comme à chaque instant. La mort se glisse, elle

r l'air que nous respirons, par la nourriture

que nous prenons. Klle nous assiège, elle nous investit. L'ombre importune et me-

t iules nos joies : l'amertume en empoisonne tous nos plaisirs;

I n corrompt toutes nos espérances. « 0 Niort, éloigne-toi! Hais

linuti urait l'empêcher d'approcher tous les jours davantage. Nous lui

lemaode par elle ce peu de matière quelle nous a

Oui. telle est bien l'idée maîtresse, l'une au moins di tresses

et. [tour en ! Haut la remarque, si vous voulez

son incomparable supériorité dans V Oraison funè-

Nul, comme lui, n'a goûté la mort, aucun Hasearon ni aucun Flé-

-'. pourquoi nul, si ce n'est p tut-étre Victor Hugo, ne l'a célébrée

• lui.

; Providence, complète et achève l'idée de la

mort dans la philosophie >n l'équilibi • mn-z mieus, et fina-

nphe.Aui y-ut de Bossuet, philosophiquement et indépendamment

• lion, la mort pourrait suffire a prouver la i

Tout commence en ce mon le et tout finit ail!

- : il f-st d'Hugo, dans sa Tristeste (TCHympio. Sur ceux qu'elle enlève ibbm sur cens qu'elle traîne dans une longue ago-

si la mort n'impliqu lit pas pour miem dire — un d tonel de Du

: r , rexistence nous lui ions le droit o le, ce n'est pas la

mort qui! n i immortalité. Mais, inversement,

telque p irt. et ces r liso

- iilemeiit l'aiguillon ir m •■, • oie lut comme qui le ti iomphal

lorsqu'il composera ses sermons et ses oraisons funèbres, et dont une sorte de refrain fait ressortir encore le caractère tout logique.

C'est bien peu de chose que l'homme, et tout ce qui a fin est bien peu de chose. Le temps viendra où cet homme qui nous semblait si grand ne sera plus, où il sera comme l'enfant qui est encore à naître, où il ne sera rien. Si longtemps qu'on soit au monde, y serait-on mille ans, il en faut venir là. Il n'y a que le temps de ma vie qui me fait différent de ce qui ne fut jamais. Cette différence est bien petite, puisque à la fin je serai encore confondu avec ce qui n'est point : ce qui arrivera le jour où il ne paraîtra pas seulement que j'aie été, et où peu m'importera combien de temps j'aie été. puUqueje ne serai plus. J'entre dans la vie avec la loi d'en sortir, je viens faire mon personnage, je viens me montrer comme les autres; après il faudra disparaître. J'en vois passer devant moi, d'autres me verront passer; ceux-là mêmes donneront à leur successeur le même spectacle ; et tous enfin se viendront confondre dans le néant. Ma vie est de quatre-vingts ans tout au plus, prenons-en cent : qu'il y a eu de temps où je n'étais pas ! qu'il y en a où je ne serai point ! et que j'occupe peu de place dans ce grand abîme des ans! Je ne suis rien ; ce petit intervalle n'est pas capable de me distinguer du néant où il faut que j'aille. Je ne suis venu que pour faire nombre: encore n'avaiton que faire de moi, et la comédie ne se serait pas moins bien jouée, quand je serais demeuré derrière le théâtre...

Ma carrière est de quatre-vingts ans tout au plus; et pour aller là, par combien de périls faut-il passer ! par combien de maladies ! ... La mort nous dresse diverses embûches; si nous échappons l'une, nous tomberons en une autre; à la fin il faut venir entre ses mains. Il me semble que je vois un arbre battu des vents; il y a des feuilles qui tombent à chaque moment; les unes résistent plus, les autres moins : que s'il y en a qui échappent de l'orage, toujours l'hiver viendra, qui les flétrira et les fera tomber. Ou. comme, dans une grande tempête, les uns sont soudainement suffoqués, les autres flottent sur un ais abandonné aux vagues; et lorsqu'ils croient avoir duré longtemps, un flot les pousse contre un écueil, et les brise... Ma carrière est de quatre-vingts ans tout au plus, et de ces quatre-vingts ans, combien y en a-t-il que je compte pendant ma vie? Le sommeil est plus semblable à la mort; l'enfance est la vie d'une bête. Combien de temps voudrais-je avoir effacé de mon adolescence? et quand je serai le plus âgé, combien encore? Voyons à quoi tout cela se réduit : qu'est-ce que je compterai donc? car tout cela n'en est déjà pas. Le temps où j'ai eu quelque contentement, où j'ai acquis quelque honneur? mais combien ce temps est-il clairsemé dans ma vie ! C'est comme des clous attachés à une longue muraille, dans quelque distance; vous diriez que cela occupe bien de la place ; amassez-les, il n'y en a pas pour emplir la main...

Eh bien! mon âme, est-ce donc si grand'chose que cette vie? et si cette vie est si peu de chose parce qu'elle passe, qu'est-ce que les plaisirs qui ne tiennent pas toute la vie, et qui passent en un moment ?

Que l'on compare à celte ébauche, où se révèle un génie naïf et jeane, mais déjà pourtant si grave et si profond, une autre esquisse, postérieure de trente-sept ans, celle du sermon prêché le jour de Pâques de 168o, on mesurera le progrès accompli, mais toujours dans le même sens.

g DE LITTÉRATURE

■ un précip

• tée, il faut

che ! marche ' i a

ivitn-

- je pouvais éviter

; il f;uit marcher, il faut c->urir. Rapidité des

ta qui - fl"ur< qui passent, etc. < m vou- .1 voit tomber derrière soi tonl inévitable ruine! « >u - - :it. >\\\'<>n '•

l'on perd en les goûtant.

tu approches du gouffre affreux. Déjà

• Qeui a moine bril-

13 prairies moins riantes, 1rs eaux inoins

le la mort. On commen

sentir. Mais il faul aller sur le bord;

- yeux. Il faut marcher.

■ >mbé, tou ni, tout est

Entre ces deux morceaux dont l'inspiration est la même, mais le ton si différent, se place le sermon de 1662, dont le texte, simple el , esl cette parole de Jean : Domine, veni et

ii>l>\ - g ir venez et voyez, » prononcée auprès du lom- Boss alors igé de trente-cinq ans, est dans la plénitude de son uénie oratoire. Jamais il n'a été plus fort, i is aussi il n'a été plus mesuré. Le début, tiré du

où parle lîossuet, suffit à donner le ton au discours t-il permis aujourd'hui d'ouvrir un tom- 'it la cour, et : si délicats ne seront-ils point

offensés par un objet ^i funèbre? » La division n'est pas moins simple que le texte et que l'exorde : c'est la division même de l'oraison funèbre de Henriette d'Angleterre. Cest aussi le point irde et juge la nature humaine; mais quelle différence dans l'accent, plein de mépris ou d'angoisse chez Pascal, d'une tristesse majestueuse et contenue chez Bossu et !

arez donc, ô mortels, el voyez dans 1»,- tombea . qu<- l'human . iir dans on m sme objet la fin de os, el le

/ voir toul ensemble la dissolution ni de votre i voir le triomphe de !

.]•• tu répands roi

île nous fait . imer Bon o

/"""' rnluir? toute*

tes pensées à un juiHe tempérament, tu lui apprends ces deux vérités, qui lui ouvrent les yeux pour se bien connaître: qu'il esl infiniment méprisable en tant qu'il passe, et infiniment estimable en tant qu'il aboutit à l'élernité.

Ce « juste tempérament » auquel Bossue t veut ramener l'homme, il ne s'en écarte jamais lui-même; ces deux vérités qu'il oppose, il les concilie. Tandis que Pascal s'acharne à mettre à nu, avec une complaisance amère, les misères humaines, Bossuet embrasse du même coup d'œil et la petitesse de l'homme et sa grandeur. Si l'on dégage cette première partie de quelques développements théologiques, très rapidement traités d'ailleurs, sur la nature du composé, qui se remarque surtout dans la dissolution de ses parties ou sur les rapports de l'accident et de la substance, de l'accessoire et du principal (ce raisonnement n'est peut-être pas aussi « invincible » que le dit Bossuet), on n'a plus qu'à admirer et qu'à citer :

Qu'est-ce que cent ans? qu'est-ce que mille ans, puisqu'un seul moment les efface? Multipliez vos jours, comme les cerfs que la fable ou l'histoire de la nature fait vivre durant tant de siècles; durez autant que ces grands chênes sous lesquels nos ancêtres se sont reposés, et qui donneront encore de l'ombre à notre postérité; entassez dans cet espace, qui parait immense, honneurs, richesses, plaisirs; que vous profitera cet amas, puisque le dernier souffle de la mort, tout faible, tout languissant, abattra tout à coup cette vaine pompe avec la même facilité qu'un château de cartes, vain amusement des enfants? Que vous servira d'avoir tant écrit dans ce livre, d'en avoir rempli toutes les pages de beaux caractères, puisque enfin une seule rature doit tout effacer ? Encore une rature laisserait-elle quelques traces, du moins, d'elle-même; au lieu que ce dernier moment qui effacera d'un seul trait toute notre vie, s'ira perdre lui-même avec tout le reste dans le gouffre du néant: il n'y aura plus sur la terre aucun vestige de ce que nous sommes. La chair changera de nature; le corps prendra un autre nom; « même celui de cadavre ne lui demeurera pas longtemps; il deviendra, dit Tertullien, un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue : tant il est vrai que tout meurt en lui. jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ses malheureux restes.

Qu'est-ce donc que ma substance, ô grand Dieu! J'entre dans la vie pour en sortir bientôt; je viens me montrer comme les autres ; après, il faudra disparaître. Tout nous appelle à la mort : la nature, comme si elle était presque envieuse du bien qu'elle nous a fait, nous déclare souvent et nous fait signifier qu'elle ne peut pas nous laisser longtemps ce peu de matière qu'elle nous prête, qui ne doit pas demeurer dans les mêmes mains, et qui doit être éternellement dans le commerce : elle en a besoin pour d'autres formes, elle la redemande pour d'autres ouvrages.

Cette recrue continuelle du genre humain, je veux dire les enfants qui naissent, à mesure qu'ils croissent et qu'ils s'avancent, semblent nous pousser de l'épaule, et nous dire : Retirez-vous, c'est maintenant notre tour. Ainsi, comme nous en voyons passer d'autres devant nous, d'autres nous verront passer, qui doivent à leurs successeurs Je même spectacle. O Dieu ! encore une fois, qu'est-ce que de nous? Si je jette la vue devant moi, quel espace

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