‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 36 sur 228 · C. de Litt. — Bossue r Sermons · texte numérisé non relu

C. de Litt. — Bossue r Sermons

ible où .

Intervalle n distin-

rait-OH

ii aurait | ii -, quand je serais

■: l'homme un principe d'origine céleste et qui n'appréhende j i iption. Sur celle seule remarque tourne,

pour ainsi dire, le sermon de Bossuet, et le tableau change : L'homme qui es! maintenant éclai

Je ne suis pas d- ceux qui : les connaissances huma

sans admiration ces mer-

. •• pour pénétrer la nature, ni lant

l'art a trourées pour l'accommoder à notre usage.

face dumonde:ila su dompter par l'esprit les

: ir la force; il a su discipliner leur humeur

ntraindre leur liberté indocile. Il a même fléchi par adrest

ires inanimées: la terre n'a-t- - : .. industrie à

lui donner des aliments plus convenables, les plantes à corriger en sa faveur

• mer en remèdes pour l'arnour

us raconter comme il sait mén ments,

miracles qu'il fait faire tous les jours aux plus inlrai-

ux dire au feu et à l'eau, ces denz grands ennemis qui s'accor-

p rations si utile -

lus? il esl m mté jusqu'aux cieux : pour marcher plus sûrement, il a

appris aux astr.-s à le gu «ges ; pour mesurer plus également

à rendre compte, pour ainsi dire, >i laissons ii la rhétorique cette longue et scrupuleuse énumèration, et contentons-

[ue, Dieu ayant forme l'homme, dit l'oracle

. • chef de l'unirei -. .j'une si noble institution, quoi-

• par son crime, il lui a laissé un certain instinct de chercher ce

qui lui manque dai . ,Je la nature. C'est pourquoi, si je l'ose

dire, il fouille partout hardiment, comme dans son bien, et il n'y a aucune

- où il n'ait industrie.

1 1 Dieu, qui appartient à la période

et avait déjà esquissé ce développement; mais

quelle largeur et quelle franchise il le traite ici, et comme

on se sent loin de Pascal, bien qu'on croie encon- le retrouver

la conclusion à laquelle le « théologien « fait aboutir ce

beau développement moral: - Pensez maintenant comment

aurait pu prendre un tel ascendant une créature m faible et si

aux insultes de toutes les autre elle n'avait <-n -on '-[.rit une ire à toute la nature

. souffle immortel de l'Espril de Dieu, un rayon de

... Que -'il est ainsi, chré- ■ ■ n ! n est pas

capable d'éteindre un si beau rayon, celte partie de nous-mêmes, de notre être, qui porte un caractère si noble de la puisdivine qui la soutient; et qu'ainsi notre àme, supérieure au monde et à toutes les vertus qui le composent, n'a rien à craindre que de son auteur? » Pascal ne proclamerait pas son admiration pour « ces "règles immuables des mœurs que la raison a posées », Pascal ne résoudrait pas l'origine de notre nature avec cette paisible certitude. Les sages du monde font de l'homme tantôt un Dieu, tantôt un rien, tantôt un prodige inexplicable. Mais Bossuet tient son explication et ne doute pas un seul moment qu'elle ne réponde à tout.

Il n'y a plus que la foi qui puisse expliquer une si grande énigme. You^ vous trompez, sages du siècle; l'homme n'est pas les délices de la nature, puisqu'elle l'outrage en tant de manières; l'homme ne peut non plus être son rebut, puisqu'il a quelque chose en lui qui vaut mieux que la nature ellemême... D'uù vient donc cette discordance? et pourquoi vois-je ces parties si mal rapportées? C'est que l'homme a voulu bâtir à sa mode sur l'ouvrage de son Créateur, et il s'est éloigné du plan : ainsi, contre la régularité du premier dessein, l'immortel et le corruptible, le spirituel et le charnel, l'auge et la bête, en un mot, se sont trouvés tout à coup unis. Voilà le mot de l'énigme, voilà le dégagement de tout l'embarras : la foinous arendusànous-mèmes. e t nos faiblesses honteuses ne peuvent plus nous cacher notre dignité naturelle...

La fin du sermon est écourtée, incomplète, et le sermon luimême, très bref, a du être élargi et fortifié encore par la parole vive d'un tel orateur. On n'en admire que davantage cette ampleur sans diffusion, cette composition sobre et riche, tant d'élan et tant de modération, celle dialectique robuste d'où s'épanche celte poésie. On a discuté la question de savoir dans quelle mesure Bossuet avait subi l'influence janséniste. S'il eût été janséniste en quelque mesure, c'est ici surtout qu'il l'eût fait ou laissé paraître. Ce n'est pas un sermon janséniste que le sermon sur la Mort. Il est vrai qu'entre ce sermon et les Pensées de Pascal, les ressemblances de fond et même de forme sont nombreuses et frappantes. Quelques biographes et critiques ne se sont pas contentés de les relever; ils en ont conclu, les uns que Pascal s'était souvenu de Bossuet, les autres que Bossuet avait imité Pascal. Est-ce Pascal qui s'est souvenu de Bossuet? L'abbé Ledieu, secrétaire de Bossuet, assure que le carême des Carmélites (1661) fut très suivi par MM. de Port-Royal, qui étaient « les plus vifs à exciter les applaudissements1 ». Le

1. On applaudissait Bossuet dans l'église même, et ce détail n'est peut-être pas inutile pour la pleine intelligence de son génie oratoire : on n'imagine pas Bourdaloue applaudi.

iirieux, n

[listes, pe ttîrei l'at-

■ ■ 5. tën to 1 quand il écril : Pascal lui

a al était là. a Les .unis,

plus ému, plus étonné ore. Pascal allait bientôt

sei mon sur la Mort.

te continuelles, et il ne sortait que ur, ni Péi ier, assure que < pendant les quatre den s ne 1658-1662) il était travaille] rage. Les dei nièi •

n'y a. rien dit qu'il n'eût <iit -.n écril auparavant sous une autre forme, par exemple

Enfin — et il est surprenant ! n'y ait pas song si, par impossible, Pascal

rême des Carmélites en 1661, il est certain <|u'il n'a i - u hume en 161

dont le sermon sui la Mort fait partie.

t qui a ira il? Par une sorte de revan-

i {a«'-ten<lu. Mais les I irenl éditées qu'en 1670, et Bossuet prêcha sa dernière station • n manuscrit des Pensées a. pu être communiqué I n'aurait pu l'être qu'après la mort de Pascal, -à-dire quelques mois après le sermon prononcé. Bossuet il fort la délit ••. la véhémence d< - P

ir les cons-il< qu'il donna au cardinal melon. Il est probaite la valeur des Pensées, mais [u'ila pu lr-s lire, et il sembh certain qu'il s'en sou\i non pour la Pi

i Va 1675). Au surplus, après Havet, Gan-

dai 1 i omraune que ces deûi chré-

ts ont puisé leur inspiration : à la source des Kcri! • des Pères, et plus particulièremerit

at Paul f-t de saint Augustin, leurs maîtres de prédilection. " En fallait-il plus, dit Gandar, pour expliquer les rencontres de leoi gies de leur 1 a r

analogies, d'ailleurs, ne doivent pas f'-tre exagérées, et l'on n'en plus tii contre iginalité de

le contre i : eut-être la div<

LES SERMONS DE lîOSSl/ET 6:

de leur génie n'a été plus manifeste que lorsqu'il leur i rive de dite les mêmes choses presque dans les mêmes termes

Cossue! peintre et historien des mœurs de son temps.

Bien qu'il se maintienne à dessein dans la région des idées générales et descende moins volontiers que Bourdaloue aux applications particulières, Bossuet ne peut se défendre de peindre et de condamner surtout les vices dont il a les exemples sous les yeux. Et, sans doute, il ne songeait pas à fournir des documents aux futurs historiens des mœurs du xvii0 siècle, mais il a été d'avance, malgré lui, l'un de ces historiens moralistes. La noblesse s'est groupée, à la cour, autour du roi, et le culte ancien de l'honneur est peu à peu sacrifié à l'ambition des honneurs que le roi distribue. « Quel siècle a-t-on vu où la vanité ait été plus désordonnée? Quand est-ce qu'on a étalé plus de titres, plus de couronnes, plus de vaine magnificence? Quelle condition n'a pas oublié ses bornes? Qui n'a pu avoir la grandeur a voulu néanmoins la contrefaire... Les vanités ne permettent même pas de payer ses dettes. » (Honneur.) De l'honneur véritable il n'est resté qu'un faux point d'honneur : malgré les lois et l'Église, comme il y a dans le duel « quelque montre de courage », le monde y applaudit, et l'invincible fermeté du prince semble impuissante à déraciner « une coutume barbare qui prodigue malheureusement le plus beau sang d'un grand royaume ». {Honneur du monde et Justice.) La fureur d'un jeu ruineux décide en un moment du sort des familles, tantôt relevées par un heureux hasard, tantôt précipitées dans l'abîme (Loi de Dieu, Résurrection deJéms-Cfirist. etc.). On tient tout dans l'indifférence, sauf les plaisirs et les affaires, tout, même la loi divine, et les esprits forts sont moins redoutables que ces indifférents qui « ne savent s'ils croient ou s'ils ne croient pas, tout prêts à vous avouer ce qu'il vous plaira, pourvu que vous les laissiez agir à leur mode et passer la vie à leur gré». (Divinité de la religion.) D'autres, «que leurs plaisirs engagent, et cependant que leur conscience inquiète, qui ne peuvent approuver ni changer leur vie », se confessent sans nécessité («il n'y a aucun tribunal devant lequel il se dise plus de faussetés que devant celui de la pénitence »), font un usage

ir politique. Ah! que la politique esl dang - grands doivent craindre

qu'el)-' ne se mêle toujours trop avant dans le culte qu'ils ren-

Comme la piété, la vertu esl mondaine el loute d*aj :

vertus : l'une esl la rentable el la chrétienne, sévère, . -.it Incapable d< ■tu du monde : il l'ho- - pour la form<' ; mais il ne la •

la faveur des hommes; d'ail si elle ne s'embarque d [uelque inti s e qu'on l'aille chercher dans son cabinet.

itu.

. plus accommodant!' et plus douce : une vertu : ,ii trop austère, mais à l'opinion,

à 1 humeur -• une vertu de commerce : elle prendra bien

le ne manquer pas toujours is il y aura des occ

int scrupuli ira bien faire sa cour aux dépens

d'autr. • - : | |a vertu de

. ou plutôt sque Bpécieux sous lequel ils

. // 'l'iritr du mo

Dans cette vie tout extérieure, ce qu'on estime avant tout, rit, la raillerie ûneel ingénieuse, la médisance même, pour peu qu'elle an me grande vertu dans le

irdivertii ication évangélique, Hon-

npation «les honnêtes gens « qui sont 'udier de lions mots pour avoir L'applaudissedu beau moud- . I. i />,'■ u.] De là cette passion pour qu'on dit épuré: « Les spectacles sont devenus hons, par.»' qu'on a ôté les excès grossiers pour insinuer plus i-- cœurs le poison le plus délicat et le plus Fon i nu n ngeanee dix ine. De là cet en-

gouement pour les œuvres de l'espril et pour les hommes qui en rivent : ces é ru dits glorieui et querelleurs, les Trissotin el ►ronte, ces de littérature . B — tel les traite de Lien haut ; mais il esl trop de son temps, quoi qu'il fasse, pour ne pas rendre un hommage public à l'esprit au moment où il condamne les beaux esprits qui l'avilissent.

- dons de l'in-

sprits. .1 la vérité,

il» /mit un des p/us beaux

ornement» du monde. Mais qui les pourrait supporter lorsque, aussitôt qu'ils se

' lient, ils fatiguent tout - el de

leur? dits, et que, parce qu'ils savent arranger des nmt?. mesurer un vers nu arrondir une période, ils pensent avoir droit de - iter sans tin,

et de décider de tout souverainement? 0 justesse dan- la vie, ô égalité dans les mœurs, ô mesure dans les passions, riches et véritable? ornements de la

nature raisonnable, quand est-ce que nou? apprendrons à vous estimer"? Mais laissons les beaux esprits dans leurs disputes de mots, dans leur commerce de louantes qu'ils se vendent les uns aux autres à pareil prix, et dans leurs cabales tyranniques, qui veulent usurper l'empire de la réputation et des lettres. Je voudrais n'avoir que ces plaintes, je ne les porterais pas dans cette chaire. Mais dois-je dissimuler leurs délicatesses et leurs jalousies? Leurs Ouvrages leur semblent sacrés : y reprendre seulement un mot, c'est leur faire une blessure mortelle. C'est là que la vanité, qui semble naturellement n'être qu'enjouée, devient cruelle et impitoyable. La satire sort bientôt des premières bornes, et d'une guerre de mots elle passe à des libelles diffamatoires, à des accusations outrageuses contre les mœurs et les personnes. Là on ne regarde plus combien les traits sont envenimés, pourvu qu'ils soientlancés avec art, ou combien les plaies sont mortelles à l'honneur, pourvu que les morsures soient ingénieuses. Honneur.)

La satire, dans les sermons de Bossuet, n'est pas si directement ni surtout si àprement personnelle; mais c'est bien la satire, et les exemples individuels, s'il eût voulu les invoquer, ne lui eussent pas fait défaut, lorsqu'il s'écriait : « Ne proposez plus à une jeunesse imprudente les dignités de l'Église, comme un moyen de piquer son ambition, ou comme la juste couronne des études de cinq ou six ans, qui ne sont qu'un faible commencement de leurs exercices. Qu'ils apprennent plutôt à fuir, à trembler, et du moins à travailler pour l'Église, avant que de gouverner l'Église. » N'est-ce pas à la vanité et à la corruption de ces guides aveugles qu'il faut s'en prendre des progrès de la Réforme à l'âge précédent? « Ces sentinelles endormies ont laissé entrer l'ennemi, et la foi ancienne s'est anéantie parla négligence de ceux qui en étaient les dépositaires. » (Sur le* Effets de la résurrection de Jésus-Christ.) C'est avec la même hardiesse qu'est censurée l'abondance où vivent les communautés religieuses : « Combien de centaines de familles subsisteraient honnêtement de ce qui suffit à peine pour la dépense d'une seule communauté, qui fait profession de renoncer aux biens du siècle pour embrasser la pauvreté! Quelle dérision! quel renversement! » (Sur les obligations de l'état religieux.)

Quand il ne craint pas de s'attaquer aux grands, à leur brillante frivolité, à leur sécheresse de cœur, Bossuet, presque toujours, — et c'est son honneur, — fait un retour sur la triste condition des petits. C'est cette pitié pour les misérables qui anime d'une si audacieuse éloquence le sermon sur YÉmincnte Dignité des pauvres (1059).

■ nt tout \r fardeau, et

;i plai-

• m . j erraet-

■ ■nr «/»■ justice .-car. «tant tous |»<'-t ris

grande différence entre >\c la

m- d'un côté la joie, la faveur, l'af-

de? Pourquoi cet homme -i fortuné vivrait- il

pourrait-il contenter jus [u'aux désira les plus

inutil - ndanl que ce misérable, homme toutefois

; luvre famille, ni soulager la . galilé, pourrait-on justifier la Pro- - que Dieu met en) but un

autre;. t pourvu au besoin des pauvres, et remis

hréliens, qu'il a établi son :

.r 1>" pauvres : où il ordonne que 1' supplée au défaut, >'t donne des assignations aux n.'-o-ssiteux

Du des opulents. Kntr-'z. mi - na celte pena

ne poi roua accablera.

•vaut la cour, qu'il a prêché le sermon sur rifHfx (662 , intitulé dans le manuscrit le sermon

'lu M . Il n'épargne pas ces riches que leur grandeur

rend dédaigneux; leur abondance, secs; leur félicité, insensibles, -iit tous les jours non tant de pauvres et de misérables, que la misère elle-même et la pauvreté en personne, pleurante et gémissante à leur porte... C'est pourquoi ils meurent de faim; oui, messieurs, ils meurent de faim Iles, dans les campagnes, à la porte et aux environs de vo> hôtels; nul ne rouit à Leur aide. Hélas! il- ne vms demandent que le superflu, quelques miettes «le votif table, quels de vr.tre grande ••lift»-. Jamais on n'a opposé avec plus d< l'espi it <lu monde, qui tarit la source de la comd, l'esprit chrétien, esprit de tendresse et de fraternité. i donc pas juste de ne voir qu'un évêque de cour en cet orateur qui ?oyail dans les prédicateurs <!•- L'Évangile « les ii res . v rmon \> ur le 3 dimanche /' .11 serait plu- injuste encore de sous i re à ce i ■ de Joseph <!<• Ifaislre : Les souffrances du peuple ne lui arrachèrent jamais un seul cri1. » Cette affirmation ne ré- - i la -impie lecture des deui péroraisons du serbui V Impénitence finale, où Bossuet s'efforce d'attendrir Louis XIV sur les misères el la patience de ses peuples.

ivait, sans doute, que, pour être efficaces a la cour, ses

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