C. de Litt. — Bossuet [Sen/tons). o
- DE LITTÉRATURE Dieu prés os de
d'oub)iei ce n'est pas man-
s tutenir des libertés anciennes : « Nous
j contraire, s t inviolable que nous conser-
qu'on voudrait n - - un nom qui no - si s
■ ce plaidoyer, plus habile adroits, qu'éloquei i une
- n • clairvoyante et ferme.
.ce qui doit finir finisse Men-
mpu l'uni; ul en tant d-> moi al plu*
.: i li mort. Ah ! pre-
: nous
as savoir ni la religion. lements, ni
ment ce qu'ils ign uipent
:trine, qui pour toute autorité ont leur hardie--- . ••( pour ... opposons à ces esprits lé.
a tuveauté, la pierre sur laquelle nous son.
les si . - : -- - -"iit renferm . ne des choses. Marchons dans les sentiers - marchons dans les anciennes mœurs, comme nous voum&rcher dans l'ancienne foi.
Peu api embre), Bossuet écrivait au cardinal d'Es-
trées : << Je puis dirv- que tout le monde jugea que le sermon
ntait respectueux pour les deux puissances, p Lcifique, de bonne
intenti .... I ut ce qu'on pourrait dite en rigueur, c'est qu'il
. de remuer si souvent ces matières, et surtout
et devant le peuple. » Et il se rassurait en se
; idanl que, loin de scandaliser le peuple, il l'avait édifié.
qu'il pressentait n'était peut-être pas cependant tout
a fait imaginaire. En tout cas, il se trompait quand il montrait
Louis XIV préoccupé avant tout d'affermir l'autorité sacrée de
'. Plus tard il s'aperçut do contraire et s'en plaignit.
oeuvre oratoire, qui ne s'étend guère au delà de ce
qui fut la grande période du grand règne, ne reflète pas les
le la fin; et c'est pourquoi elle nous lai---, elle aussi,
. .d-iii solennelle et de sereine unité.
xr
Les progrès du génie de Bossuet. — L'art
dans la composition et dans le style.
« Ni l'art, ni la nature, ni Dieu même, ne produisent pas tout à coup leurs grands ouvrages ; ils ne s'avancent que pas à pas : l'on crayonne avant de peindre, l'on dessine avant de bâtir, et les chefs-d'œuvre enfin sont précédés par des coups d'essai. » (Premier Sermon sur la nativité de la Vierge.) Ces paroles de Bossuet sont vraies de Bossuet lui-même. Au xvine siècle, cependant, un panégyriste de Bossuet, le P. de Neuville, s'écriait, dans un parallèle entre Bossuet et Bourdaloue, plus facilement imitable : « Mais un Bossuet, passez-moi ces expressions, il naît tout entier : il ne se forme point par des développements, par des accroissements successifs. » Le P. de Neuville avait tort, car, ces accroissements successifs, on pourrait les noter et les compter en suivant les degrés successifs par lesquels a passé le génie oratoire de Bossuet.
Les sermons de la première manière, surtout les sermons prêches à Metz, ont une vigueur encore mal disciplinée. A vingtquatre ans, Bossuet prononce le sermon sur la Bonté et la Rigueur de Dieu, ébauche encore imparfaite du Discours sur l'histoire universelle. L'exorde traîne; les citations du grave, du grand Tertullien, de l'admirable Origène, du saint apôtre Paul, sont multipliées à l'excès. Le seul Tertullien est cité huit fois dans les premières pages. On sent que l'élève de Navarre, le jeune chanoine de Metz, étale avec complaisance cette érudition théologique. Les transitions sont pesantes : « Et en voici la raison prise de l'épître aux Hébreux, dont je m'en vais tâcher de vous exposer la doctrine; et rendez-vous, s'il vous plait, attentifs... Arrêtons-nous ici, chrétiens, et sur cette considération, avec l'aide de Dieu, entrons dans notre deuxième partie... Je m'en vais donc employer le reste de cet entretien à vous représenter, si je puis, les ruines de Jérusalem, encore toutes fumantes du feu de la colère divine, et comme vous avez reconnu, dans notre première partie, etc. Le plus grand crime des Juifs n'est pas d'avoir fait mourir le Sauveur : cela vous étonne, je le prévoyais bien; mais je ne m'en dédis pourtant pas ; au contraire, je prétends bien vous le faire avouer à vous-
ommenl cela? Dans in 1 - Jéru-
salem
I -ur talellitet, mari pour qui |iour ilu pain, il- eussent été trop ins l'histoire, et que jem'aba- - ic-là qu'une femme déna- - détournez \ I lillir et de le manger. Action . pn dite to
- pourraient ur fureur et leur désespoir, et la prodi- 5 leurs ice de
ris le venin, la peste et là mort?
eni ig le que la robuste, à la Corneille, g ementar-
chaîq e ton surtout qui est peu mesuré : quand
- tet ne dira plus toul crûment que les ; illeries; il adoucira le ton de [uel il accable le peuple « monstrueux » des , l'on sent, comme l'a dit Gandar, quelque chose des - .I.i moyen agi . Le génie puissant, mais parfois emphatique, de Tertullien, exerça sur lui, dan cbmm its, une influence fâcheuse : en 1661 encore,
dans le sermon sur la souffrances, il admirai!
trop ce d - modèle quand il décrivait l'enfer, « ces
mon'- - qui nourrissent dans leurs entrailles des feux
immortels, qui vomissent des tourbillons d'une Qamme obs- .iii. et ténébreuse, et que Tertullien appelle élégamment, pour raison, les cheminées de l'enfer . Quelques-uns des - latins eussent contribué peut-être à développer chez lui qu'on devine plutôt qu'on ne la saisil - œuvres du début; mais c'est à saint Augustin surtout qu'il s'attacha, et saint Augustin est plus simple, c'estrt que Tertullien; et les Pères grecs, comme saint Jean Chrysostome, donnèrent de meilleures les de distinction et de sobriété, à celui ni| agnons et les témoins de ses études appellent lui-méi . ;. celui qui cite en ^rec saint i :ianze d > »nd sermon sur la Providence.
g nie de iet,que l'on compare ce second sermon 1662] au premier,
prêché six ans auparavant. Dans le premier, qui manque, non pas d'élan, mais de netteté, de suit" logique, de proportion, Bossuet sait mal encore définir son sujet, le diviser, le d lopperde l'intérieur, pour ainsi parler, et sans en sortir. Exemples, idées, affluent; mais l'orateur ne sent pas le besoin de choisir ou n'a pas la force d'exclure. Quelques développements même semblent parasites, comme le développement, fin jusqu'à la subtilité, sur les trois causes d'affliction et les trois manières d'en profiter. Dans le second discours tout est plus sobre et plus clair, mieux ordonné, mieux suivi, des principes à la conclusion; l'ensemble est à la fois plus sévère et plus harmonieux.
C'est celte année 1662 qui marque le point de maturité du génie de Bossuel : dans un sermon comme le sermon sur la Mort, il n'a plus les défauts de la jeunesse, mais il en retient les qualités vives. Il est moins àpremenl théologien et plus profondément moraliste. On ne retrouve plus que rarement des phrases qui éveillent le sourire, comme celle-ci : « Si vous savez entendre, ô mortels! comme vous êtes composés, et combien vous abondez en humeurs peccanles, vous comprendrez aisément que cette conduite vous est nécessaire. » (Soumission à la loi de Dieu, 1666.) Lorsqu'il abandonne la chaire et que, sans cesser d'être grand orateur, il se montre surtout grand écrivain et grand évêque, il a atteint les sommets d'où l'on ne peut plus que redescendre. Mais tout nous donne à croire que l'auteur des Oraisons funèbres n'en serait pas redescendu de sitôt. Pour s'en convaincre, il suffirait de lire tel sermon que Bossuet vieillissant a composé pour une occasion exceptionnelle, même imprévue, par exemple le second sermon pour le jour de Pâques, sur les Effets delà résurrection de Jésus-Christ. dit le Christus resurgens 1681), prononcé devant la cour, un peu long, mais admirable de composition et d'équilibre entre la vigueur et l'onction, la doctrine et la morale, les leçons générales et les applications particulières aux circonstances et aux personnes. D'ailleurs, ce n'est pas toujours dans ces hauteurs que se maintient le génie de Bossuet : plus souple qu'on ne le croit, il sait se plier aux multiples exigences de la prédication selon les auditoires, et, comme on dirait aujourd'hui, les milieux. Je ne sais si l'on peut distinguer, sans artifices, aussi nettement qu'on l'a fait, les trois manières de Bossuet : la première plutôt didactique et théologique , la seconde plutôt philosophique et morale, la troisième plutôt homilétique et comme
attendrie par le voisinage de la vieillesse1. Mais il est certain que les sermons sur la P u V Ambition, d'une part,
et, de l'autre, l'instruction familii \ Ursulinesde
nblei aienl venir de deux orateurs difl'on n'était averti du caractère nouveau, moins solennel el plus louchant, que revêtit l'éloquence du prélal retiré dans - cela étonne et cela plaît.
H raille doucement ces religieuses qui ne sauraient demeurer une heure dans leurcelluleen repose! en silence, qui ont hâte i -unir poui cause] . el de quoi, sinon des défauts de leurs sœui -
mastère pour voir si le silence - lieux où il doit être gardé, hélas ! qu'est* deux peti ici tmi> autres eu peloton,
tenii ensemble, à la dérobée, tandis peut-être que l'on devi n ou à une autre observance, si donc Jésus-
leur allait faire cette demande :
. - - le? » Qui sunt hi sermoncs quos confertis ad
urraient-elles dire avec vérité : Nouspar- N us parlons des moyens pour arriver klapratiqui pour nous encourager les un
souvent de . i ar la plupart de tous i - avec cette amie,
lui dire tous vos
- n loul ce qui vous choque et vus contrarie : c'est de
- prétendus déplaisirs que vous dites avoir
reçu- : - ne pouvez souffrir. C'est là où l'on murmure,
où l'onse plaint à tort et à ti... onduite des officières de la maison.
itrôle toutes choses ; la supérieure même n*<
■ sa manière d'agir : enfin l'on n le-ci, celle-là, encore celui-li
pointilleuse que la
aanl toujours que je lui
mple, une parole innocemment et bonnement,
avoir intention de lui faire de la peine : cependant elle s'en choque el B'aigrit.
Or je veux que vo int eu intention de l'attaquer; toutefois, vous
qui avez un nain Aie, vous devez en conscience
li, parleur incapacité défaire autremefl cbappenl souvent malgré eux...
Il faut peu immunauté dans une tri
ition dans I qu'ils s'imaginent
me souviens
rnoi-ii Paris, où j'ai
uses «l'une manière plaisante et fort à la cava-
[ui produit un si méchant effet, si ce n'est
l'imprudence et l'ii ui ont parlé au parloir
t. M. Braoetière. Introduction d ... de Hossuet.
Bossuet, sans doute, n'a pas écrit ces homélies induis et souvent improvisées; mais elles ont été pieusement el lement recueillies : il s'attachait alors, nous apprend l'abbé Ledieu, à parler « d'une manière simple et populaire ».
Sa langue même pourrait être l'objet d'une sorte d'étude historique comme celle à laquelle on a soumis jusqu'à son orthographe et son écriture pour établir la chronologie des sermons. Nous ne pouvons entrer ici dans ce détail; il nous suffira d'indiquer sommairement les traits généraux de la langue et du style de Bossuet dans les sermons. Quelques mots de cette langue, surtout dans les premiers, ont vieilli : « Que ne puis-je vous expliquer à cette audience... » [Nativité;) « Il n'y a rien de plus beau dans les personnages publics qu'une oreille toujours ouverte et une audience facile... » (Justice. « Cette doctrine est bien digne de votre audience. » (Compassion de la sainte Vierge.) « Il choppe à chaque pas. » (Nativité.) « C'est vouloir déserter la cour. » (Ambition.) « Un énigme. — Encore qu'un Dieu irrité ne paraisse jamais aux hommes qu'avec un appareil étonnant, toutefois il n'est jamais plus terrible qu'en l'état que je dois le représenter. » (Fondements de la vengeance divine.) « Quel fut donc l'événement de cette guerre? » (Effets de la résurrection de Jésus-Christ.) « Sainte Vierge, impétrez-nous la charité. » Compassion de la sainte Vierge.) « La détestable manie des libertins. » (Bonté et Rigueur de Dieu.) « La navire. — Venez vanter votre honneur du monde à la face de ce Dieu rassasié, soûlé d'opprobres. » (Honneur du monde.) L'excellent français de Bossuet est puisé à la source antique à la fois et à la source populaire. Ce sont des mots ou des tours latins que ceux-ci : « Vous pensez vous être munis (fortifiés, protégés) d'un côté... La source de tous les maux, c'est qu'ils nous éloignent de Dieu, pour lequel si notre cœur ne nous dit pas que nous sommes faits, il n'y a point de paroles qui puissent guérir notre aveuglement. » [Amour des plaisirs.) « Les passions s'écoulent souvent, il est véritable, mais une autre succède en la place. » [Ardeur de la pénitence.) « Une image si vive, si expresse, si présente. » (Devoirs des rois.) « Songer à leur satisfaire... Pour nous composer selon (nous régler sur) Dieu. » (Ambition.) « Je n'y vois ni règle ni véritable conduite pour la composer. » (Loi de Dieu.) Mais c'est de la source populaire que sortent tant de locutions d'une simplicité que les puristes d'alors ont pu juger triviale: « Il enrage quand... Une douleur enragée... Le jeûne fortifie et engraisse l'âme. » \ Démons.) «Il a dessein, dit excel-
i 01 RS DE l.ll rÉRATURE
lemment saint Jean Chrysostome, d - »n qu'il nous
pendanl qu'il la détroit et qu'il la renvi
lue Ion règne était
: du m -h. i de ta raine pompe
ton triomphe «l'un joui '. Il nm < r du mon
lient. Dans 1'- sei mon sur la
i d'abord dit de Jésus
immobil h il- de cette canaille».
firme l'abbé Vaillant, ne se lit qu'une l"is dans
lans un si l sermon sur la I ;i 166 1 : mais dans le quatrième, prêché à Sainttin en i • si remplacé par troupe furiei ! tait peut-être ici légitime; mais l'influence de llir cette langui er me et hardie, mplicité ai n'est-elle ]>as biblique s Pères n'y était-il pas pour quelque Main, <lu moins, qu'on rencontre a chaque pas les sermons non seulement les souvenirs, mais le ton de ; temple suffira, pris dans le sermon sur les Déni U; ]>>u% de l'autoriU ■}i]"i !'-• 'J; nflé par une arrogance extraordilil qu'il avait affecté la divinité. 1 . .lit-il.
Haut.
• nUmenta d'une créature, du pila au fond -. Il tomba «lu ri. .
qu'un ,,.c in, toug
•. il conspira avec eux de soulever .
L'imagination naturellement biblique de Bossuef a donné à
Les mouvements de la p< Dint d'idées abstraites qui ne s'animent : le jeûne et l'oraison -ont Les < deux ailes sur lesquelles le chrétien se >ur roler a Dieu /- . Les ; i bessi - sont
rend insensiblement Vrovipea de plaisir qui nous est resté pour tempérer par queb; imertumes infinies de la vie, ce n'est
qu'uni f iltedejoie . Quelquefois l'image-, fort)
Pour produire un repentir sincère, il faut i en tr jusqu'aux fondements. Divin
igion.) « Ainsi nous allons toujours, tirant après nous cette longue chaîne traînante de notre espérance, a Un finale.) Tantôt elle s'élargit en comparaison. « La loi est déchirée; l'Evangile, le christianisme, n'est en nos mœurs qu'à demi : nous cousons à cette pourpre royale un vieux lambeau de mondanité. » [Intégrité de la pénitence.) Tantôt elle devient allégorie, esquissée ou développée : « Écoulez de quelle force on frappe à la porte; on la rompra bientôt si l'on n'ouvre. » {Impénitence finale.) « J'irai, avec l'assistance divine, reconnaître cet ennemi qui s'avance si résolument contre nous, pour vous faire un rapport fidèle de sa marche et de ses desseins. » Démons. « Comme un homme de condition médiocre qui avait accès à la cour par une personne de crédit qui le lui donnait, ii parlait et était écouté, et les entrées lui étaient ouvertes. Tout d'un coup son protecteur se retire, et on ne le connaît plus : tous les passages sont inaccessibles ; et de sa bonne fortune passée, il ne lui reste que l'étonnement de se voir si fort éloigné. 11 en est ainsi arrivé à l'homme... De même qu'un grand orateur plein de hautes conceptions, pour se rendre populaire et intelligible, se rabaisse par un discours simple à la capacité des esprits communs : comme un grand environné d'un éclat superbe qui étonne le simple peuple, et ne lui permet pas d'approcher, se rend populaire et familier par une facilité obligeante, qui, sans affaiblir l'autorité, rend la bonté accessible : ainsi la sagesse incréée, ainsi la majesté souveraine, se dépouille de son éclal, de son immensité et de sa puissance, pour se communiquer aux mortels et relever le courage et les espérances de notre nature abattue. » (Mystère de la Nativité.)
Ce dernier passage offre l'exemple d'une double comparaison. Ces comparaisons, ces images géminées, ne sont pas rares chez Bossuet : s'il péchait, ce serait plutôt par excès de richesse : « Ah! pour détourner ce coup de foudre, pour vous mettre à couvert de cette malédiction inévitable, jetez-vous sous l'aile de la pauvreté. » (Êminente Dignité des pauvres. La première image ne suffirait-elle pas? Il en est qui sont trop familières peut-être à Bossuet; on trouve une de celles-là répétée dans un passage célèbre du Panégyrique de saint Bernard et dans les sermons sur la Compassion de la Vierge, sur l'Ambition, sur la Vigilance, sur Y Amour des plaisirs: «La charité, ce vin nouveau de la loi nouvelle... La puissance est semblable à un vin fumeux qui fait sentir sa force aux plus sobres... Elle (la coupe de la colère divine) est, dit-il (Isaïe), remplie d'un
breuvage qu'il veut faire boire aui pécheurs, mais d'un breu-
miue un vin nouveau, qui leur monte à la tête
et qui les enivi [ueje sais, chrétiei que la
i l'attrait s, el pi ise de ce vin
fumeux, ne peul plus se répondre d'elle-même ni savoir où
st une image biblique, sans doute,
- g près avoir
. - . pour rendre sensible la vérité aux
>eu.\ mém s de ses auditeurs, sait parler « simplement et sans
Is. .Mais cette poésie abondante de l'expi - si ça «'i là surabondante, en par-
ticulier dans les sermons de la - . Plus tard, dans le
e ii l'impt niU na finale, par exemple, il se contient, et, s un développemenl tout constellé d'images, il s'arrête [uement, et tourne court: 0 quelles chaînes ! ô quel esclavag - par ordi .
Onj le loisir, d'ailleurs, de s'apercevoir d'un certain
luxe de coul< . de draperies flottantes, car le courant
oratoir.- qui passe en dessous est, malgré tout, rapide et vous entraine. El i e mouvem rai se traduit par des mouvement particuliers, dont le plus fréquent et le plus véhément est Buvez, buvez, ù pécheurs, buvez jusqu'à la derivalez tout jusqu'à la lie. » Vigii Voulez
la pénitence, coulez comme un torrent, ondes bienheure >ur des plaisirs. «Eh bien, ô superbe, ô petit
dieu, voici le grand Dieu vivant, qui s'abaisse pour te confon- /'/ L'ironie, mais plus rarement, ou la
mélancoli' que l'apostrophe el l'invective, l'exclama-
ii auraient d'un peu monotone ; car l'orateur n'a pas toujours u cette voix de tonnerre que Dieu donne aux prédicateurs quand il veut br i-'i les rochers et fendre les cœurs de pierre le la résurrt etion de Jésus-l h, ist. « Le beau
de christianisme! s'écrie-t-il dans le môme sermon en raillant les chrétiens mon lains. Et, sur un ion bien différent : < Vous êtes attend' urs, jiendant ces solennités (fête
;'ix pleines d'une douleur qui console el d'une tristesse si douce que, pour peu qu'on s'y abandonne, elle guérit toute- les autr< Ces divers mou-
nts de l'âme composent < ssuel appelle « la chaleur
ordinaire du discours « .\m .il s'y mêle plu-
oul dramatiques, qui font corps avec Ja démonstration morale : oui êjes-vous? On ne vous connaît
pas. — Mais je suis cet homme si chéri, auquel tout le grand monde applaudissait, et qui était si bien reçu dans tout compagnies. — On ne sait pas ici qui vous êtes. » {Honneur du monde.) Ce ne sont 'point là de ces procédés que combine un art réfléchi1. L'art de Bossuet ne s'ignore pas, sans doute, mais ne se cherche pas. Auprès d'enseigner, qu'est-ce que plaire? A la fin du discours pour la Profession de foi de Mlle de la Vallière (1675), Bossuet, alors au comble de la gloire, s'effaçait devant le prédicateur invisible qui prêche dans le fond des cœurs : « Ne songez point, disait-il, au prédicateur qui vous a parlé, ni s'il vous a bien dit, ni s'il a mal dit : qu'importe qu'ait dit un homme mortel? »
Des divers jugements portés snr Bossuet sermoimaire. Histoire de ses serinons.
On lui ferait donc injure en le considérant proprement comme un « artiste » de génie. Et toutefois il connaissait les ressources de l'art, et il les employait, quand il s agissait de rendre la doctrine plus persuasive et plus vivante. Il a passé, dans l'âge mûr, la revue de ses sermons de jeunesse ; il les à allégés, simplifiés, fortifiés, abrégeant, par exemple, le sermon des Démons, coupant tel passage, d'une beauté un peu hasardée, où les démons eux-mêmes prenaient la parole ; il a développé, au contraire, le sermon sur VÉminente Dignité des pauvres. On a retrouvé des cahiers de Remarques morales et d'Extraits des Pères, vrais trésors de souvenirs et de citations où Bossuet puisait à pleines mains; car Bossuet, malgré une mémoire et une sûreté
1. « On n'en a pas fini avec les beautés de ces sermons, quand on a admiré la doctrine et la morale dont Bossuet élève les maximes à la hauteur des dogmes. Il reste ce qui n'a pas de nom dans la critique, l'élan, la force, l'enthousiasme du prédicateur ; l'image visible et pourtant indescriptible de son àme ; cette liberté si fière, cette fougue, qui s'accommodent du langage le plus exact ; cette abondance qui ne se permet pas plus une expression vague qu'une pensée vulgaire. Je m'étonne qu'on ait eu le courage de remarquer dans les sermons de Bossuet le manque •d'une certaine correction extérieure, comme celle de Fléchier par exemple, chez qui la propriété du langage est sacrifiée à l'euphonie, et le génie de la langue à la grammaire. C'est plus qu'un style, c'est l'image même d'un homme de génie sortant du recueillement où il a préparé son àme plutôt que ses paroles, et jetant de fougue sur le papier des pensées dont il est plein et des expressions qui vont s'y ajuster d'elles-mêmes. Ses ébauches sont aussi étonnantes que ses sermons les plus achetés. Tout le nécessaire y est, et en perfection. Le fini donnera autre chose, mais ne remplacera pas la naïve beauté de ce premier travail. » (Nisahd.J
LOrdinaires, ne se livrait jamais entièrement aux l'improvisation, et l'abbé Lebarq a même prouvé qu'avant d'entrer dans la composition < irs d'une de ses
principal< s, il en avail arrêté dans son esprit la
aalériaux qu'il avait ainsi amassés, il ne se : . ir. 11 s'en réservait le choix, nous apprend l'abbé Ledieu, dans la chaleur de l'improvisation, rmons mêmes qu'il avail écrits tout entiers, il les prolil rart ment tels qu'il les avait écrits, et ses commenta- , de non- faire observer que nous ne les avons ut prêches. Mais s'il y lût revenu pour leur donner une forme définitive, il n'eût pu leur donner ni la vie de la parole et de l'action oratoires, ni même ce caractère < imparfait qu'ils ont aujourd'hui, et que- nous préférons à la ■ ion.
Au reste, il i geail pas. Seul, le sermon sur Y Unité <i
l'Église a été imprimé avec son consentement, et nous avons vu quel a aractère exceptionnel, impersonnel, pour
ainsi dire, de ce sermon. C'est en dehors de lui que fut livré au public le sermon pour la Profession de foi de M de la Vallière. •ut. Il était si peu ambitieux de la gloire littéraire, qu'il transportait souvent d'un sermon à l'autre d'importants I ippements, non de ceux qui avaient particulièrement plu, mais de ceux qui lui paraissaient les plus propres à mettre ■ m la vérité qu'il enseignait. Un lieu commun sur l'inconst mce des choses humaines se retrouve à la fois, remarque Sainte-Beuve, dans le troisième sermon int, dans les sermons sur V Amour des plaisirs et sur V Ambition. Uualre discours précédents entrent dans la >osition du sermon sur la Soumissûmà la volonté àe Dieu non seulement Uossuet ne souhaitait pas l'immons, mais il la renflait, pour ainsi «lier. impossible, à tel point que l'abbé Ledieu, son secrétaire, ignore le deux cents morceaux oratoires plus ou moins complets. Ceux qu'il connaît ou qu'il soupçonne, enme armoire particulière a l'évêché de Meaux, ne sont, a l'en croire, que des feuilles volantes, où sont inscrits çà in raisonnement, une division. Il le disait surtout des se] mons de la jeunesse; mais que Bossuetait laissé ignoment accumulé à son secrétaire et confident, preuve bien forte d'un absolu renoncement à toute vanité?
Et u'est-ce pas aussi une des taisons principales qui expliquent comment Bossuet lui-même a réussi à persuader au public qu'il n'était pas un sermonnaire de premier ordre l ? A la vérité, on semble exagérer l'inditrérence du public à son égard. Qu'on fasse bon marché des louanges plus ou moins banales que prodiguaient les journaux d'alors à Bossuet aussi bien qu'à un abbé Broart ou qu'à M. le Roux, j'y consens : l'approbation de la Gazette (22 mars 1662 [Mort] et nov. 1669 Conditions nécessaires pour être heureiix]), du Mercure galant {Effets de la résurrection de J.-C, 1681), des gazetiers Loret et Mayolas, pèse légèrement, en effet, dans la balance. Et l'on nous dit, d'autre part, que Bossuet ne fut invité à prêcher à la cour, en tout, que quatre fois en dix ans, soit trois fois de moins que Mascaron et une fois de moins que Bourdaloue, en un même laps de temps. Il serait pourtant excessif de prétendre que la haute société de ce temps ait méconnu absolument le génie oratoire de Bossuet. Si, dans la lettre souvent citée du 5 juin 1675, Mme de Sévigné parait dépaysée par l'austérité voulue du sermon pour la Profession de foi de Mlle de la Vallière (avec un peu de franchise le lecteur moderne avouerait que son impression est bien encore à peu près celle des auditeurs contemporains), il est d'autres passages de sa correspondance où elle rend pleine justice à celui qui, selon Bussy, ne pouvait rien faire que de beau. Mme de la Fayette, dans l'Histoire de Madame, vante cette éloquence, cet esprit de religion qui paraissent dans
1. Je ne dois pas omettre ici l'explication originale de cet insuccès relatif de Bossuet sermonnaire, donnée par M. Brunetière dans sa conférence de Dijon, déjà citée :
« Est-ce qu'à mon tour je veux insinuer par là que Bossuet n'a pas eu de réputation en son temps comme prédicateur? ?s~on, sans doute : et je consens que ses contemporains l'aient écouté, l'aient suivi; je consens qu'ils l'eussent applaudi si le respect du saint lieu l'eût permis. Mais, en l'estimant, nous avons le droit de dire et le <hagrin de constater qu'on ne l'a pas estimé fort au-dessus d'un Mascaron ou d'un Fléchier: on l'a même estime plutôt au-dessous d'un Bourdaloue et d'un Massillon; et je vous en ai donné la vraie raison ou du moins la principale. Car ni sa théologie, quoi qu'on ait pu en dire, n'avait rien qui passât les lumières de ses auditoires, les plus curieux qu'il y ait jamais eus de belles discussions, ni l'autorité de sa parole dominatrice n'avait rien de trop impérieux dans le seul temps de notre histoire où nous avons senti le prix de l'ordre et de la discipline. Mais il était trop lyrique '. Son éloquence avait quelque chose de trop personnel pour un siècle où ce que l'on mettait au-dessus de tout, c'était la raison, dans ce qu'elle a de plus raisonnable, et entendez par là de plus « universel », de plus « général », de plus « commun ». Elle avait quelque chose de trop ■ mouvementé », de trop libre, et par conséquent de trop irrégulier pour un siècle ou l'originalité même ne consistait qu'à exprimer supérieurement les idées de tout le monde. Ht elle avait enfin quelque chose de trop éclatant pour un siècle qui, s'il avait fait quelque différence entre Pascal et le sage Xicole, ce n'eût certes pas été pour préférer Pascal; et qui, de tant de grands écrivains, n'en a salué qu'un seul du nom de grand, et ce n'est pas Bossuet, puisque «'est Antoine Arnauld. »
is les dis i - rit-Simon assure que Bossuel
fui toujou s ec une nouvelle admiration ».
Floquel cite les I lus significatifs encore, des
prédicateurs contemporains : Mascaron, dan.- ['Oraison funèbre Jadame, prononcée au Val-d , disait que dans la
bouc!. ssuel la vérité esl aussi belle que puissante; l-'io-
.1 le jour du sa t, pari ail a peu
de même du bruit qu'a fait l'Évangile dans la bouche du M : : Il iet, le P. Bouhours, l'abbé Tallemant, l'abbé ibbé Faydit, le mellenl au premier rang des prédicateurs. Il assi lion, dans ['Oraison funèbre du dauphin, appelle '.■m l'homme de tous les talents et de toutes les - I'. de la Rue, qui prononça l'oraison funèbre de Bossuet, a Père de l'Église, comme la Bruyère l'avait traité, -tu abondance, sa variété, son onction sans aifectation ni . En prononçant son éloge devant L'Académie, l'abbé de Choisy n'oublie pas le sermonnaire : «Tantôt majestueux et tranquille comme un grand Ûeuve, l'orateur nous conduisait d'un..- manière douce ••! presque insensible à la connaissance de Ité; tantôt rapide, impétueux comme un torrent, il formait les esprits, entraînait les cœurs et m- uous permettait que l'admiration et le silence. » Quand il fut reçu à cette même Académie 1671 . le directeur, Charpentier, l'avait félicité d'avoir remporté les applaudissements de toute la France par ses ations et d'avoir paru dans la chaire avec tant il. Quand il mourut, son successeur à l'Académie, l'abbé ignac, 1'- compara à saint Jean Chrysostome. Il est vrai que l'abbé Clérembault, alors directeur, tout en reconnaissant quVn peu de temps Bossuet avait obscurci tous ses égaux, ajoutait : • Méditant des victoires contre les ennemis de L'Église, M. de Meaux laissa obtenir à ses rivaux le premier rang dans e sacrée. » Ce qui revient à dire : il futle premier des évêques, il M-- d le premier des prédicateurs,
'est a peu d-- chose pi es aussi ce que dit Voltaire Lorsqu'il • •dit la phrase si souvent et si vainement discutée : « Quand Bourdaloue parut, Bossuet ne passa plus pour le premier prédicat* effet, ne lut plus regardé par le public, et cela rtain; mais, pour ne plus être regardé comme le premier prédicateur, il tant apparemment n'avoir gardé comme J«- dernier. Les témoignages contradictoires en apparence qu'on allègue de- part et d'autre prouvent, ce semble, deux choses : la première, c'est que Bossuet
n'a pas été aussi dédaigné par ses contemporains que certains Je disent; la seconde, c'est qu'un moment est venu où la gloire du sermonnaire s'est fondue dans la gloire accrue de l'évêque de Condom et de Meaux, de l'auteur des Oraisons funèbres et du Discours sur l'histoire universelle, pendant qu'un autre, uniquement sermonnaire, occupait et gardait longtemps la place laissée vide. A-t-on préféré pourtant Bourdaloue à Bossuel ? Il n'est pas impossible, et nos critiques n'ont pas manqué de nous expliquer pourquoi Bossuet devait plus étonner, moins frapper le public du xvne siècle :
Bourdaloue n'a pas, comme Bossuet, les foudres à son commandement et la main pleine d'éclairs, pas plus qu'il n'a, comme Massillon, l'urne de parfums qui s'épanche. Bourdaloue, c'est l'orateur qu'il faut être quand on veut prêcher trente-quatre ans de suite et être utile; il ne s'agit pas de tout dissiper d'abord, de s'illustrer par des exploits, d'avoir des saillies qui étonnent, qui ravissent et auxquelles on applaudit, mais de durer, d'édifier avec sûreté, de recommencer sans cesse, d'être avec son talent comme avec une armée qui n'a pas seulement à gagner une ou deux batailles, mais à s'établir au cœur du pays ennemi et à y vivre. C'est la merveille à laquelle a su atteindre celui que ses contemporains appelaient le grand Bourdaloue, et que nous nous obstinons à ne plus appeler que l'estimable et judicieux Bourdaloue... Il a été un grand orateur, et il n'est qu'un bon écrivain...
Peut-être cette égalité solide, forte et continue de Bourdaloue, sans tant d'audace ni d'éclat, atteignait-elle plus sûrement la masse moyenne des auditeurs. Bossuet, dans la sphère supérieure de l'épiscopat, demeurait l'oracle, le docteur, un Père moderne de l'Eglise, le grand orateur qui intervenait aux heures funèbres et majestueuses, qui reparaissait quelquefois dans la chaire à la demande du monarque, ou pour solenniser les assemblées du clergé, laissant chaque fois de sa parole un souvenir imposant et mémorable. Cependant, Bourdaloue continua d'être pour le siècle le prédicateur ordinaire par excellence, celui qui donnait un cours continuel de christianisme moral et pratique, et qui distribuait à tous les fidèles sous la forme la plus saine le pain quotidien...
Qu'avec cette abondance sans superflu, cet éclat sans faux brillants, tant de traits hardis, de figures vives et naturelles, tant d'art pour attirer l'imagination aux subtilités de la théologie; qu'avec d'éminentes qualités extérieures, une physionomie noble, un regard doux et perçant, un accent passionné, un geste imposant, Bossuet, à l'apparition de Bourdaloue, ait cessé de passer pour le premier prédicateur, comment l'expliquer, sinon parce que le génie de Bourdaloue le tenait plus près de l'auditoire et que Bossuet lui parlait de trop haut?... Cette éloquence originale, un peu abrupte, unissant tous les contraires, passant de la théologie la plus haute à une familiarité toute populaire,pleine d'images, de mouvements, de brusqueries sublimes, n'était peutêtre pas en harmonie avec les tendances d'une époque qui en toutes choses sentait surtout le besoin de la règle, de la discipline, de la perfection mesurée et soutenue1.
1. Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. IX et X; Xisard, Histoire de lalittéra~ ture française ; Feugère. Bourdaloue, sa Vie et sa Prédication.
COURS DE LITTERÀTDRE
Que I son viva
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a »ns d ■ Bossuel , on en parle . Rien de plus \ aenls
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a; L'abbé Trublet insinue que manque | ' : on ne v<
i appuyé que parle philosophe d'Alemberl. >ns tout nouvellement et incomplètement publiés, boiteux, mut: quelque dédain par les Bossuet à j.i.-.l de l'ép ^que, il dira : « Les sermons qu'on a imprid'une multitude immense, sont plutôt les »ses d - tnd maître que des tableaux terminés; ils n'eu -"Ht que plus précieux pour ceux qui aimenl à voir dans t rapides les traits hardis d'une louche la premi ithousiasme créateur1, sait voir par une image éli u B ssuet remetiant ! de l'éloquence chrétienne aux mains de Bourdalou re surpris ni jaloux que son disciple s'élançât que lui ».
A i léjà, les sermons étaient sortis d'une lon- Aprèslai Bossuet, la plus grande partie tux mains neveu, l'abbé Bossuet, celui qui i i son oncle el le roi à Home, pendant la quedu quiétisme, el qui s'y montra diplomate si peu scrupuleux. Cet abbé fut évêque de Troyes en 171". Il n'ignora pas la valeur, au moins pratique, puisqu'on assure qu'il en lit plus d'une fois usai."' pour soi pro- : lis il ne la connut pas tout entière, puisqu'il njcoup s'égarèrent. A la sèrenl aux mains de Ghasot, premier président du parlement de Metz, petit- I a iet, puis • 1751 . Vers 1763, Fabb» I. ■ lit été chargé de procurer une édition des sermons, et il en avait recueilli un certain nombre, quand il mourut lui-m -' alors que dom Deforis, bénédictin de l'abbaye