‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 40 sur 228 · Dictionnaire philosophique, art. Éloquence · texte numérisé non relu

Dictionnaire philosophique, art. Éloquence

haul qi ni j" >ur rien

- irracheut ; d'attrait i

1er à la . qu'on j ad

tint, et qui n'acceptent l'une injuste l"i :

. brille mneur

ichent

11 est vi.ii que Massillon c'avait pas subi trop longuement encore l'influence de ce I air amollissanl qu'il disail respirer

Cel ait , remarque Sainte-Be

ir son éloquence même, et, prélat, il en avait

h >se. Lonis XH pourtant lui adres-

- délicat: « Mon Père, j'ai entendu de grands ora-

chapelle, j'en ai été forl content; pour vous,

- fois que je vous ai entendu, j'ai été fort mécontent

li-méme. Qu tnd I" grand roi mourut, c'est Massillon,

on le sait, qui prononça son oraison funèbre, et l'on sait aussi

qu'il le lit sans complaisance, car beaucoup ne connaissent de

Massillon que le début <le ce discours :

i, et dans ces • surtout, où

rre; plus leur gloire et l>'ur puissant it alors, elles rendent nommai grandeur,

qu'il est, et l'homme n'est plus rien de tout ce

qu'il Cl

Nommé deuxans après itit évéque de Clermont, Massillon mit le sa réputation en prêchant devant Louis XV

mons qui composent le Petit Carêrrn 1718). j donrelit , dont la célébrité s'est amoindrie, on

ne peut s'empèchei ce roi de huit ans, entre

- d I XIV qui vient de finir et la Révolution, qui

re plus d'un demi-siècle. Et qu'enseigne Massillon à ce petit-fils de Louis XIV ! A dét< - »ire sanglante des conquérants, a taire régner non le roi, mais la loi, car choix de la nation > qui mit d'abord le sceptre aux

l'n minislèr." qu'on ne devrait •i tremblant, on le brig-o idace. On i - . i dana le temple d*-

tète «lu troupeau sans ment de celui auquel il appartient; <-t comme on en a pris le soin »ans vocation <-t ■•-J"it, on J-.- 'onduit sans édification et sans fruit, et souvent même avec

mains de leurs ancêtres, et il doit son autorité au « couinent libre » de ces sujets. Quel fléau pour la terre qu'un mauvais roi! Quel avenir il prépare à son pays et à si - seiirs!

Si, loin d'être les protecteurs de sa faib) ads et les ministi

rois en sont eux-mêmes les oppresseurs ; s'ils ne sont plus que connu tuteurs barbares qui dépouillent eux-mêmes leur pupilles, grand Dieu ! les clameurs du pauvre et de l'opprimé monteront devant vous; vous maudirez ces races cruelles ; vous lancerez vos foudres sur les géants ; vous renverserez tout cet édifice d'orgueil, d'injustice et de prospérité qui s'était él les débris de tant de malheureux, et leur postérité sera ensevelie sons ses ruines.

Il y a plus d'une de ces prophéties dans le Petit Carême; et Massillon parait bien n'y être pas en tout un rhéteur. Cela dit, on est à son aise non seulement pour blâmer certaines faiblesses morales de Massillon1, mais pour reconnaître sa faiblesse oratoire relative quand on le compare à Bossuet et même à Bourdaloue. Sa morale est tout humaine, et l'on dirait parfois que c'est la morale de l'intérêt, tant il s'applique à nous prouver que notre intérêt même nous commandcde fuir le mal. Pourquoi les grands doivent-ils respecter la religion? C'est parce que l'intérêt de l'État y est engagé, parce que le culte a de la majesté, parce que les païens ont respecté même une religion à laquelle ils ne croyaient pas. Dans le Sermon sur la Mort, il dira, comme un philosophe pourrait le dire : « Ici, mes frères, je ne demande en tout que la raison; » et il exposera quelles sont les conséquences naturelles que le bon sens tout seul doit tirer de l'incertitude de la mort. Dans ce même sermon, au lieu d'adresser, comme Bossuet, ses auditeurs à la mort, qui leur enseignera ce qu'ils sont, il développe des tableaux profanes : le pécheur à son lit de mort, l'attitude de l'héritier, la mort du pécheur, la mort du juste. La division de ce sermon, si forte et vraie chez Bossuet, est tout artificielle chez Massillon : la mort incertaine, la mort certaine : c'est presque un jeu de mots. M. Brunetière Ta très bien dit, la division du sermon pour Massillon est une méthode d'invention, non d'exposition: s'il divise le sujet, c'est pour en découvrir successivement les ressources; aussi ses plans, qui dépendent de ces divisions, sont-ils toujours en surface. « 11 compose par le dehors. Il ne s'établit pas d'abord, comme Bossuet et comme Bourdaloue,

1. En 1720, il accepta d'être le consécrateur du cardinal Dubois, peut-être, conjecture H. Gazier, pour hâter la paii de l'Eglise ; mais toute excuse d'une telle défaillance serait insuffisante.

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