‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 41 sur 228 · C. de Litt. — Bossuet [Sermons · texte numérisé non relu

C. de Litt. — Bossuet [Sermons

i OURS DE LITTERATURE

d'un coup de maître, au cœ ir de son sujel : mais il investi! la . >r même ni aui l'art, par des approches suc-

cheminements réguliers, toujours les mèn lopper par [Intérieur, c'esl dominer le développement, en m soutenir I élan, d'où la justesse unie an mouvement, la i puissance. h»'-wlopper

par rextérieur, sacrifier l'essentiel à l'acces-

dl, c'est procéder par énumérations et - . Les plus beaux développements de liassillon ne sont guère que des amplifications i''lnquentes : tel ce morceau souveni détaché du discours Pour la bénédiction des drapeaux ht régirru i I nal :

onages de théâtre. Tout

rtout que représentations ; el tout ce qu'un y

de mieux établi n'est l'affaire que d*une scène. Qui

' Une fatale révolution, une rapidité que

ine tout dans les abîmes de l'éternil \ méra-

t >ut va *e perdre dans ce gouffre : toul y entre, cl rien n'en

q ont frayé le chemin, isle frayer dans

qui viennent après nous. Ainsi les aouvellent;

ainsi l s monde change sans cesse ; ainsi les morts el lès rivants se

raplacenl continuellement. Rien ne demeure; tout •

est toujours le mêrn nées ne finissent point.

sages >s siècles coule devant ses yeux, et il voit avec un

I 'le fureur de faibles mortels, dans le temps même qu'ils

sont en : le cours fatal, l'insulter en passant, profiter de ce seul

moment pour déshonorer son nom, et tomber au sortir de là entre les mains

: Me sa justice. Et faisons, après cela, 'les projets de

fortun^ .a ; nourrissons notre cœur de mille espérances flatteuses ;

frais des mesures infinies pour n"iis ménager un instant

:ie seule démarche pour atteindre à une

félicité qui ne finit point. C'est une fureur dont on ne croirait pas l'homme

capable, si l'expérience de tous les jours n'y était.

Voilà de ces morceaux, admirables d'ailleurs de forme, dont Nisard a pu «lue- que les idées s'y pressent plutôt qu'elles ne s'y suivent, liassillon, il est vrai, n*y achète l'élégance continue et la noblesse du style qu'au prix de bien des abstractions et des périphrases. Mais il a aussi dans l'expression une certaine langueur, parfois une certaine mélancolie, qui ne nous déplait pas. Sa monotonie elle-même n'est pas sans charme : tout coule, rien ne surprend; mais on s'abandonne à ce flot

1. Voyez 1 ~ plans Hos sermons du Petit Carême dans le Précis de littérature à» M« G ison. On y trouvera aussi une excellente comparaison entre

Bonrd ' -.Ion et un jugement 'I ensemble, le plus mesuré peut-être qui

tranquille. « Massillon, a dit M. Legouvé, a une admirable richesse de mots, mais il a une incroyable pauvreté de tours. Son dictionnaire est magnifique, sa syntaxe étroite et boi Dan? Bossuet, le style est sans cesse relevé par une variété de tournures qui donnent, pour ainsi dire, à chaque phrase une physionomie particulière; dans la Fontaine, autant de autant de tours différents; mais, pour Massillon, dès qu'il en a pris un, il le garde souvent pendant deux pages. C'est comme un rail où il est engrené, c'est comme un canot sur lequel il s'embarque, et vous voilà embarqué avec lui. De là une monotonie qui pèse sur le lecteur, et l'avertit. » Sur le lecteur qui lit à haute voix, surtout, et c'est ce lecteur que M. Legouvé a en vue. Pour le lecteur ordinaire, il sent l'abus à la longue ; mais il n'est pas insensible d'abord à cette plénitude de développement et de style que Sainte-Beuve a heureusement caractérisée :

Massillon possède au plus haut degré l'art du développement ; on pourrait même dire que c'est 1k son talent presque tout entier... Il semble être né exprès pour justifier le mot de Cicéron : Summa autem tous eloquentiœ est amplificare rem ornando. « Le comble et la perfection del'éloquence, c'est d'amplifier le sujet en l'ornant et le décorant. » ... Chaque développement chez Massillon, chaque strophe oratoire, se compose d'une suite de pensées et de phrases, d'ordinaire assez courtes, se reproduisant d'elles-mêmes, naissant l'une de l'autre, s'appelant, se succédant, sans traits aigus, sans images trop saillantes ni communes, et marchant avec nombre et mélodie comme les parties d'un même tout. C'est un groupe en mouvement, c'est un concert naturel, harmonieux,.. Massillon a, plus qu'aucun orateur, la source en lui et la fécondité du développement moral ; et toutes les grâces, toutes les facilités de la diction, viennent s'y joindre d'elles-mêmes, tellement que sa période longue et pleine se compose d'une suite de membres et de redoublements unis par je ne sais quel lien insensible, comme un flot large et plein qui se composerait d'une suite de petites ondes.

Ampère distingue trois âges dans l'histoire de l'éloquence sacrée : celui de Bossuet, qui crée et organise; celui du plein développement, avec Bourdaloue; celui de l'épanouissement extrême et d'une sorte de fertilité d'automne, avec Massillon. M. Brunetière voit dans l'aimable et vertueux évêque de Clermont, non pas le dernier des sermonnaires du xvne siècle, mais le premier des prédicateurs du xvine, le premier clans l'ordre des dates, le seul par le talent, un héritier de Fénelon, qui, lui aussi, par l'esprit, est déjà du xvnie siècle1. 11 est inutile d'exagérer la décadence de l'éloquence sacrée au xvne siècle. Elle ne s'est

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